Ce samedi 16 novembre, pour fêter son soixante et onzième épisode (on est très fort en prétextes), le festival Komm, Bach! passe en mode breton avec le play-boy titulaire de Saint-Pierre de Montmartre, Michel Boédec, associé à sa fidèle récitante, Anne Le Coutour. Les deux hurluberlus viennent nous faire rêver, frissonner et vibrer entre narration, improvisations savantes mais bien quand même, et musique traditionnelle.
Pendant une heure tout rond, venez faire la nique au froid, à la pluie et à la haine de la culture manifestée par les hordes de Pharaon Ier de la Pensée complexe. Venez, donc, vous blottir dans une église chauffée, enveloppés par le folklore importé au cœur de Paris par deux passionnés, avec respect et originalité. Un écran géant permet de suivre en direct le concert au plus près des artistes. L’entrée et la sortie sont tout autant libres – que l’on donne pour soutenir les artistes et le festival, ou que l’on ne donne pas, on est les bienvenus. Et, à la fin, on peut discuter le coup avec les artistes, que l’on achète ou non leurs disques (dont le tout dernier album de Michel Boédec encensé dans Diapason par le grand organiste Vincent Genvrin en personne).
Pour vous impatienter comme nous, retrouvez d’ores et déjà le programme ci-dessous et préparez-vous à recevoir comme il faut le terrrible Ankou en l’église Saint-André de l’Europe, 24 bis, rue de Saint-Pétersbourg (Paris 8) !

Photo : Bertrand Ferrier

On va pas se mentir. D’après les maîtres, structurellement, un chien adore son maître. Rien que voir cette merveille de la nature, si généreuse en dépit de sa séquétude, est un bonheur de tous les moments pour l’animal. Sans rire.

Photo : Rozenn Douerin

Être plus proche du maître qu’un brin de paille ne l’est de son voisin de botte : voilà l’objectif de tous les instants que tâche de remplir le chien. Il ne peut supporter de se masquer à la vue de son maître, surtout pour lui signifier qu’il a faim ou que le deux-pattes est trop lent.

Photo : Rozenn Douerin

Bon, peut-être l’exemple photographié ici n’est-il pas nickel, nickel. Il n’empêche que cette confiance mutuelle rend le maître assez confiant pour laisser son esclave libre, même sur une six-voies très fréquentée.

Photo : Rozenn Douerin

Du coup, mieux vaut tirer (j’ai pas fini) le rideau. La sieste, c’est comme l’apéro : c’est toujours l’heure pour s’y astreindre. Sur ce point, au moins, homme et chien se retrouvent, na.

Photo : Bertrand Ferrier

 

Vie ou palet, tout, est dans le regard. (Pfff.) Photo : Rozenn Douerin.

En 1998, je n’avais pas regardé la finale de la Coupe du monde de foutchebol. Pas par snobisme : simplement, on discutait écriture et littérature dans un p’tit village du Gers à l’occasion d’un stage post-Prix du Jeune Écrivain.

Avant de scorer, avec mon garde du corps dit « le Gitan de Sicile ». Photo : Rozenn Douerin.

En 2018, je n’ai pas regardé la finale de la Coupe du monde de fouteboule. Toujours pas par snobisme, hélas : simplement, je participais à un tournoi de palet breton sur planche de bois – précision pour les spécialiss.

Bon, ça, c’était avant. Photo : Rozenn Douerin.

Oui, la France peut me rendre gras. Grâces, pardon.

Cela dit, je me souviens que, à un moment, ça s’est plutôt bien boutiqué. Du coup, des gens ont truqué des photos pour me décrédibiliser. Évidemment, il s’agit d’un montage.

Photo volée et truquée par Rozenn Douerin.

Oh, ça va. Allez, chantons pour fêter la Liesse populaire, et puis c’est marre.


La dame qui accueille les paroissiens m’avait pourtant prévenu : l’assimilé titulaire de ce grand coquillage n’est pas commode. En plus, pour un étranger et un Parisien de surcroît… J’ai répondu que ça devrait donc bien se passer car moi non plus, je suis plus buffet que commode (bref).
De fait, l’ex-accordeur de piano m’a accueilli comme une vedette et un ami ; j’ai pu jouer dans les meilleures conditions les soli de la messe, puis les répons, puis le chant final – ultimate signe de confiance s’il en est, les collègues confirmeront… afin de me chauffer avant le baptême pour lequel j’avais débarqué. Même si l’orgue, comme beaucoup de Wolf, n’est pas au complet, euphémisme, et même si sommier et transmission électrique souffrent, c’était bien, c’était chouette. Pour un peu, on se serait cru chez Lorette – merci, la Bretagne rennaise !

Sur l’énorme marché des comiques, Yann Guillarme se place assurément parmi les plus fréquentables, c’est pas une insulte, en choisissant de représenter un humour communautaire plus attrayant que d’autres. Il ne joue pas l’Arabe ou le Noir brimé par ces salauds de bourgeois – des Blancoss, forcément cons et raciss ; il ne joue pas non plus le juif qui se sent opportunément insulté par le pape, les cathos et la hhhaine sournoise, rampante, sempervirens ; il n’est pas, enfin, une femme humiliée par le combo machiste ou un handicapé blessé par une société si hostile à la différence. Non, il est pire. Lui émarge chez les Bretons.
C’est la source de son sketch le plus connu, « Le bar breton », quintessence de son plaisir à jouer la comédie, à trouver des gimmicks vocaux (« c’est d’une violence ! », « j’avais une haleine solide », zappé hier, « tout est allé très vite », « c’est lui qui le fabrique lui-même », « ma mère était à l’intérieur », etc.) ou scéniques (le bouchon impossible à remettre après la chanson Roxane version troquet de l’Ouest) très personnels et à fricoter avec l’absurde inattendu (« c’est visuel, pour ceux qui nous écoutent », « f’est un nain qui arrive et dit : “Falut, les gars”, mais bon, c’est vrai, je sais pas faire l’accent des nains », « y avait même un vieux druide qui était là, en train de flageller les gens avec un Guy – enfin, le gars s’appelait Guy » et, au moins, tuitti quanti). Ainsi aspire-t-il, avec succès, et c’est pas un jeu de mots vu qu’il y a deux « c » dans ce « succès »-là (je suis pas Mr Weinstein, alas), à dépasser le stand-up basique grâce à un esprit fin, un savoir-jouer indubitable et un personnage sympathique que ses interactions, maîtrisées, avec le public campe avec astuce (Bretonne parisienne utilisée avec gentillesse, portable récalcitrant valorisé sans en faire trop, salutations polies du public à la sortie). Bref, c’est gouleyant.
Chemin faisant, on reconnaît certaines marques de fabrique préemptées par des compères bankable mais librement réinterprétées par l’artiste : on suppute que Yann Guillarme a souvent regardé, attention, on balance, un autre demi-Breton, alias Dieudonné M’Bala M’Bala – pas sous son versant polémique, calme-toi – et Franck Dubosc – par exemple sur la description de Caradec, sur la natalité ou le rapport entre armée et sexualité, même si on frôle aussi « l’impudeur de cette femme » typique d’un Patrick Timsit autour du thème-bateau, donc en soi un peu consternant, de l’accouchement vu par le papa. Ce concubinage artistique amuse plus qu’il ne déçoit : l’homme s’inscrit indubitablement dans la veine pas con, ça existe, de « Rire et chansons », surplombant une partie de la concurrence par sa personnalité plus incisive que d’autres – la mini-première partie de Fouad, qui essaye d’émarger dans l’ex-communauté des traders, permet, si besoin était, de sentir une abyssale différence de technique et, peut-être, de talent.

Yann Guillarme d’après Rozenn Douerin

Certes, on regrette çà et là certaine longueur sur des thèmes ayant déjà secoué les grains au moyen d’un van, donc ayant vanné (je voulais mettre un lien, peut-être mon côté SM, mais Muriel doit trop bien protéger ses dictionnaires). Ainsi du sketch sur la Bible, amusant mais n’ajoutant rien à l’excellent Bernard Joyet ou au beaucoup trop longuet Jérémy Ferrari ; ainsi aussi du sketch final, méchamment pompé sur « Les spermatos » de Barrier/Lelou, après que « L’enterrement » a inspiré Éric Antoine – qui du moins le citait dans le générique de fin de retransmission. Cependant, même cette dernière saynète a son intérêt, grâce à son postlude muet, une originalité très appréciable. Alors, oui, l’on regrette que les petites chansons remixées au début, amusantes, bouclent le spectacle avec une parodie pas terrible ; mais on applaudit le métier, la légèreté et le bon esprit du zozo. Je conseille donc de l’aller voir… ne serait-ce que pour mieux apprécier, dans quelque temps, ses prochains spectacles qui, on l’espère, développeront avec plus d’audace les qualités et les singularités de l’olibrius de l’Ouest et de Lyon.
Rens. : ici. Billets à réserver sur billetreduc.com, c’est quand même moins cher pour le même résultat. À quand la fin de cette arnaque ?

Petit matin. TGV. Révision du cours possible.

Petit matin. TGV. Révision du cours possible.

Sept ans que Catherine Daniel, Solenn Dupas et Jean-Paul Thomas m’invitent à faire souffrir les étudiants de l’UFR ALC de Rennes-2 en leur dévoilant les bûûûleverserants secrets de l’édition pour la jeunesse. Quitte à me lever à 04:30, je dis oui, merci.

Pause du midi.

Pause du midi.

L’important, c’est l’or-ga-ni-sa-tion (surtout pour le repas de midi).

Le "chargé de cours", version off.

Le « chargé de cours », version off.

Les étudiants sont sympa, parfois même mignons, quasi toujours tranquilles. Mais frémissant est aussi le TGV du retour, quand t’es seul ou quasi seul dans le demi-wagon de tête, et que tu kiffes la vaillebe en sirotant une banane dans l’édition de la Pléïade. Genre : YOLO, et Vian (comme l’eau, quasi).

TGV de retour. Paisibilité. Good vibes and whatever.

TGV de retour. Paisibilité. Good vibes and whatever.

Si ça s’trouve, quand le train s’arrête, tu pourrais même faire des photos stupéfiantes sans savoir comment.

Arrêt sur image pour le TGV de 18:35.

Arrêt sur image pour le TGV de 18:35.

D’où la question finale : est-ce que tu ne te la pètes pas un p’tit peu trop, you Bewtwand Fewwier ?
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