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Faîtes de la musique – Le programme (3/3)

 

Sous le coup d’une menace d’extinction pour ses prochaines saisons, le festival Komm, Bach! a résolu de répondre à sa façon par un (possible) dernier concert YouTube en forme de feu d’artifice. Au programme : un cyberconcert, possiblement le dernier, d’une durée de 24 h, incluant

  • un florilège thématisé des dernières années de concerts ;
  • des vidéos non encore publiées issues des cent concerts fomentés depuis octobre 2016 ; et
  • des cyberconcerts inédits, offerts par les artistes passés par le festival.

Sur la platine du vidéo jockey, de l’orgue et pas que, du Bach et pas que, du partage et des propositions. Hauts les cœurs, et rendez-vous le lundi 21 juin, sur la chaîne YouTube du festival, dès la minuit du 21 juin ! Pour se mettre en appétit, après l’apéritif de huit heures proposé tantôt, puis le plat de huit heures expliqué ici, voici la set-list des huit ultimes heures du concert…

 

Troisième partie

 

Dix-septième concert : souvenirs d’Europe pour vingt doigts et quatre pieds (1 h 5’)

Extraits inédits du concert donné le 28 janvier 2017 par Hervé Désarbre et Julien Bret
inspiré par le quartier où est sise l’église Saint-André de l’Europe

  1. La rue de Saint-Pétersbourg | Valse et polka extraites de L’Âge d’or de Dmitri Chostakovitch (1906-1975)
  2. La rue de Rome | Tema con variazioni de Domenico Cimoso (1804-1878)
  3. La rue de Téhéran | « Sáki », extrait de la Suite persane de Roy Spaulding Stoughton (1884-1953)
  4. La rue de Vienne | Adagio en Ut de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
  5. La rue d’Amsterdam | Thème et variations sur « Zie ginds komt de Stoomboot » [Voici venir le bateau à vapeur, thème] de Klaas Bolt (1927-1990)
  6. La rue de Lisbonne | Allegro de la Toccata en sol mineur de João de Sousa Carvalho (1745-1799)
  7. La rue de Londres | Première diffusion de l’œuvre sur YouTube | « Oliver Twist », une suite de Julien Bret (né en 1974)
  8. Paris | Sonate parisienne de Julien Bret
  9. Bis anti-Brexit | Première diffusion du mouvement sur YouTube | Allegro de la sonate « L’entente cordiale » de Julien Bret

 

Dix-huitième concert : Vincent Crosnier repasse son Bach d’abord (55’)

Concert enregistré spécialement pour ces Faîtes de la musique

  1. Trio 1027a de Johann Sebastian Bach (1685-1750)
  2. Improvisation #1
  3. Choral « Erbarm dich mein, O Herre Gott » [Prends pitié de moi, ô mon Dieu] (BWV 721)
  4. Improvisation #2
  5. Choral « Wachet auf, ruft uns die Stimme » [« Réveillez-vous, nous crie la voix »] (BWV 645), connu comme le Choral du veilleur
  6. Improvisation #3
  7. Toccata et fugue en ré mineur (BWV 565)
  8. Improvisation #4
  9. Bonus track: vidéo inédite | Pascal- Henri Polo improvise au terme de son « concert des 3 B » (Bach, Böhm et Buxtehude)

 

Dix-neuvième concert : miscellanées-fantaisie (1 h)

« On n’est pas toujours sérieux quand on joue de la musique ! »

  1. Benjamin Pras joue « Bœuf bourguignon » de Pierre Cholley (né en 1962)
  2. Jean Dubois chante « J’rigole » de Jean Dubois (né en 1962)
  3. Marie-Agnès Grall-Menet joue « Tanets » de Naji Hakim (né en 1955)
  4. Emmanuelle Isenmann et Jorris Sauquet interprètent « Youkali (tango-habanera) » de Roger Fernay (1905-1983) et Kurt Weill (1900-1950)
  5. Pierre-Marie Bonafos et Bertrand Ferrier jouent « Miscellanées » de Bertrand Ferrier (né en 1977)
  6. Guy Angelloz et Gilles Rancitelli jouent « Humoresque » d’ Antonín Dvořák (1841-1904)
  7. Vidéo inédite | Marie-Colette Souka, Marcus Kouami et Bertrand Ferrier interprètent « Mawu ga, miekafu wo » [Grand Dieu, nous te bénissons] et « Yehowa enye kpola nye » [Yahvé est mon berger, rien ne me manque] extrait du concert « Johann Sebastian au Togo »
  8. Hervé Désarbre joue « North of the Border » de Stanley Willie (1919-2003)
  9. Emmanuelle Isenmann et Jorris Sauquet interprètent la « Danse macabre » de Camille Saint-Saëns (1835-1921)
  10. Vidéo enregistrée spécialement pour ces « Faîtes de la musique » | François-Xavier Grandjean joue « Show must go on » de Queen
  11. Vidéo enregistrée spécialement pour ces « Faîtes de la musique » | Pierre-Marie Bonafos improvise sur le thème de la Follia
  12. Aurélien Fillion joue la Première fantaisie de Jehan Alain (1911-1940)
  13. Esther Assuied transcrit et joue « Dream is collapsing » de Hans Zimmer (né en 1957)
  14. Vidéo inédite | Mickaël Koné et Bertrand Ferrier improvisent « We shouldn’t have knwon better »

 

Vingtième concert : exaltations/exultations (1 h)

  1. Vidéo inédite | Pascal-Henri Polo joue les Prélude et fugue en mi mineur de Dietrich Buxtehude (1637-1707)
  2. Jasmina Kulaglich joue la Sonate en fa mineur K 184 de Domenico Scarlatti (1695-1747)
  3. Vidéo enregistrée spécialement pour ces « Faîtes de la musique » | Jennifer Young et Vincent Crosnier interprètent l’Exsultate Jubilate K 165 de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
  4. Les Trompettes de Versailles interprètent l’Air pour le coucher du Roy de Jean-Baptiste Lully (1632-1687)
  5. Première diffusion intégrale | Gustave Cuypers et Bruno Beaufils de Guérigny jouent la Suite française de Bruno Beaufils de Guérigny. Ouverture | La chasse | Prière à Saint-Germain [vidéo enregistrée spécialement pour ces « Faîtes de la musique »] | Carillon
  6. Vittorio Forte joue « Ici, il fait bon », une mélodie de Sergueï V. Rachmaninoff (1873-1943), extraite des Quatorze romances op. 34 n°1, sur un texte de Glafira A. Galina (1870-1942) et dans une transcription d’Earl Wild (1915-2010)
  7. Vidéo enregistrée spécialement pour ces « Faîtes de la musique » | Midori Abe joue « Dieu parmi nous », extrait de La Nativité d’Olivier Messiaen (1908-1992)

 

Vingt et unième concert : visages de la Beauté (56’)

  1. Vidéo enregistrée spécialement pour ces « Faîtes de la musique » | Jennifer Young et Emmanuelle Isenmann chantent « Duo seraphim » d’Alvise Balbi (ca 1570 – ca 1625)
  2. Vidéo inédite | Vincent Rigot joue le Prélude op. 29 de Gabriel Pierné (1863-1937)
  3. Vidéo enregistrée spécialement pour ces « Faîtes de la musique » | Gustave Cuypers et Bruno Beaufils de Guérigny jouent la Romance en Fa op. 36 de Camille Saint-Saëns (1835-1921)
  4. Vidéo enregistrée spécialement pour ces « Faîtes de la musique » | Emmanuelle Isenmann et Jennifer Young chantent « Miraculous Love’s Wounding », extrait des Canzonets à deux voix de Thomas Morley (ca 1557-1602)
  5. Vidéo inédite | Vincent Rigot joue le Deuxième choral de César Franck (1822-1890)
  6. Vidéo enregistrée spécialement pour ces « Faîtes de la musique » | Charlotte et Emmanuelle Isenmann interprètent « Ciel, air et vents » de Pierre de Ronsard (1524-1585) et Albert Roussel (1869-1937), extrait des Deux poèmes de Ronsard op. 26.
  7. Vidéo enregistrée spécialement pour ces « Faîtes de la musique » | Daniel Roth joue la Fugue sur le carillon des heures de la cathédrale de Soissons de Maurice Duruflé (1902-1986)
  8. Vidéo enregistrée spécialement pour ces « Faîtes de la musique » | Jennifer Young et Emmanuelle Isenmann chantent « When Lo, by break of the morning » extrait des Canzonets à deux voix de Thomas Morley (ca 1557 – 1602)
  9. Vidéo inédite | Vincent Rigot joue la Sortie en Mi bémol de Louis James Alfred Lefébure-Wély (1817-1870)
  10. Vidéo enregistrée spécialement pour ces « Faîtes de la musique » | Emmanuelle Isenmann et Jennifer Young chantent « Er ist’s » d’Eduard Mörike (1804-1875) et Hugo Distler (1908-1942)
  11. Vidéo enregistrée spécialement pour ces « Faîtes de la musique » | Daniel Roth joue le Lied extrait des 24 pièces en style libre op. 31 de Louis Vierne (1870-1937)
  12. Vidéo inédite | Michaël Koné et Bertrand Ferrier interprètent « Music for a while », composé par Henry Purcell (1659-1695)
  13. Vidéo enregistrée spécialement pour ces « Faîtes de la musique » | Vincent Rigot joue la « Gigue » de la Pastorale BWV 590 de Johann Sebastian Bach (1685-1750)

 

Vingt-deuxième concert : quatorze fragments d’Apocalypse (1 h 4’)

Orgue et électronique
Concert enregistré spécialement pour ces Faîtes de la musique
Avec Régis Saunier, récitant ; Jacques Bon, Behringer 2600 ; Bertrand Ferrier, orgue.

  1. La révélation
  2. Le ravissement
  3. Le livre
  4. Les anges
  5. La fumée
  6. Les sauterelles
  7. Les sept tonnerres
  8. La femme enceinte
  9. Le grand dragon
  10. Le léopard à dix cornes
  11. Le tonnerre
  12. Les harpes de Dieu
  13. La colère
  14. Le tabernacle

 

Vingt-troisième concert : Esther Assuied joue César Franck (1 h 15’)

Concert enregistré spécialement pour ces Faîtes de la musique

  1. Pièce héroïque
  2. Prière
  3. Les trois chorals
  4. Pastorale
  5. Prélude, fugue et variations

 

Vingt-quatrième concert : l’éternel come-back (45’)

Concert enregistré spécialement pour ces Faîtes de la musique

  1. Arthur Nicolas-Nauche joue la Quatrième sonate en trio en mi mineur BWV 528 de Johann Sebastian Bach (1685-1750). Adagio – Vivace|Andante|Un poco allegro
  2. Pierre-Marie Bonafos joue la Sarabande de la Partita en la mineur BWV 1013 de Johann Sebastian Bach
  3. Esther Assuied joue les Prélude et fugue en mi mineur BWV 548
  4. Arthur Nicolas-Nauche joue la Marche du veilleur de nuit extrait de Bach’s Memento de Charles-Marie Widor (1844-1937)
  5. Daniel Roth, qui a inauguré l’orgue restauré et donné le premier récital du festival, boucle la boucle en interprétant les Prélude et fugue BWV 541 de Johann Sebastian Bach

 

Moi quand… (2)

Debussy de la Lorette en Cornouailles. Photo : Bertrand Ferrier.

 

… un chantre me dit : « Non, même si personne ne chante, il faut que l’on prenne les cinq couplets, la défunte aimait beaucoup ce chant / – Mais elle est morte / – Oui ben c’est pas la faute du cantique, hein. »
Ou quand, rentré chez moi, je trouve un truc qui me gêne dans la poche : la clef de l’orgue que je dois donc retourner rendre à 1 h 30 de distance.
Ou quand on m’informe que, « pendant la bénédiction du corps et la sortie, on mettra une chanson de Renaud Hantson mais, si c’est trop court, merci de remplir avec l’orgue, pas trop fort, pour une fois. »
Ou quand [à suivre]…


Premier épisode ici.

Le temps des lichettes

 

Dès la première date du nouveau spectacle, intitulé Consolatio, le phénomène Jann Halexander se confirme. Même si le processus semble bien en place (petites salles atypiques et sympathiques, public mixant fidèles et curieux, succession de dates au long desquelles le programme se lisse et se renouvelle), c’est joyeux de voir que les spectateurs sont toujours aussi avides d’entendre cet étrange olibrius, sorte d’Anne Sylvestre qui se prendrait pour une Mylène Ribeiro ou une Catherine Farmer à la sauce gabonaise. Articulé autour de ses nouvelles chansons, la première du récital 2021 sacrifiait à quelques « tubes » attendus (donc partiellement revisités) et au jeu des petites raretés.
Ce sera encore le cas ce week-end puisque le succès conduit l’artiste à proposer deux nouvelles dates, samedi et dimanche, pendant lesquelles Michael Bond fredonnera un drôle de western avec la vedette, tandis que Sebastyen Defiolle – le réalisateur du nouveau maxi Consolatio – gling-glinguera et que je ploum-ploumerai. Pour tous ceux à la recherche d’un moment sapide, original et malin, renseignements et billets ici.

 

 

 

On fait la reprise !

Jann Halexander et Bertrand Ferrier à la Rare Gallery (Paris 4), le 12 juin 2021. Première du spectacle « Consolatio ». Photo : capture d’écran / BF.

 

Les concerts sont de retour. Les spectateurs aussi. C’est chouette. Vivement que ça dure !

 

Successfull, at least 4

Extrait du spectacle « Bertrand Ferrier chante Michel Bühler » (29 octobre 2020, Théâtre du Gouvernail, Paris 19). Photo : Rozenn Douerin.

 

Six nouveaux titres parus sur l’album 44 ou presque dépassent déjà les 1000 écoutes sur Spotify, après les livraisons 1, 2 et 3. Les voici en tenue de concert.
Pour les apprécier dans leur version studio, c’est en streaming ou dans un écrin entre pimpant et coquet disponible ici.

 

1. Le nez de ton cul
(le 1er décembre 2020, sur le plateau d’IDF1)

 

 

2. Bonne surprise
(version originale, le 8 novembre 2011, avec Je m’appelle Firmin, à l’Angora, Paris 11)

 

 

3. L’homme qui pète
(le 28 avril 2015, à l’Espace Jemmapes, Paris 10)

 

 

4. Un RER B pour Venise
(version originale, le 1er mars 2014)

 

 

5. Tunisies intérieures
(le 3 juillet 2020, à l’Entre-deux, Angers)

 

 

6. L’écluseur de dernier verre
À découvrir sur le disque disponible ici (c’est vachement bien pensé, quelque part).

 

« Douce Frankreich » de Frank Gröninger (AlterPublishing)

 

Ne mentons pas : aucun Français ne se demande comment on peut être Allemand. Persan, oui. Persan, c’est compliqué. À moins d’être Persan, peut-être, et encore. Mais Allemand, non. Allemand, c’est pas compliqué. On voit très bien le concept. Curieusement, les Allemands le voient moins, sauf s’ils rêvent de vivre à Paris. En revanche, eux aussi savent très bien ce qu’est un Français, voire « un film typiquement français » (234). Comme nous. Nous, les Français, donc, on sait ce qu’est un Français. Et un Allemand. C’est peut-être l’intérêt de venir en France, pour un Allemand : comprendre, grâce à nous autres, moins ce qu’est un Français que ce qu’est un Allemand. Au moins par contraste. Comprendre qu’un Allemand est un type grand, blond, qui arrive à l’heure, qui aime la bière et qui parle avec un accent tellement typique qu’on pourrait le prendre pour un Espagnol ou pour un mec pas sympa, genre habitant de Berne.
Je synthétise un p’tit peu vite, comme si j’avais la pêche (235) ? Soit, mais on n’est pas si loin de la problématique qui a poussé Frank (sans « c ») Gröninger (avec un tréma, voir p. 100), prof d’allemand et d’« interculturel » dans les hautes sphères politiques entre autres, à profiter du Grand Confinement pour relater sa vie de parisophile germain. Le résultat s’appelle Douce Frankreich. Les aventures d’un Allemand à Paris. Il vient de paraître chez AlterPublishing et, si le titre bilingue évoque « Douce France », la seule chanson en allemand chantée pour le public français par Reinhard / Frederik Mey, il cache cette fois le témoignage d’un fanatique de la France, pays qui, dans son imaginaire liminaire, se résume d’abord aux coulisses de Paris, aux p’tites souris et aux femmes-oiseaux (25).

 

 

1.
Découvrir la France

Au cours de ses premières vacances hexagonales, Frank Gröninger découvre que la France est un espace étrange. Sauvage, même, parfois. Un espace où les tunnels et les clochards peuvent justifier un désir de canif (37), tandis que les transports en commun inspirent plutôt une envie de bombe (61) – à la guerre comme à la guerre ! Lors de son année de jeune homme au pair, l’exilé volontaire voltige de découvertes en découvertes. Contre ses papilles ébahies, le pays se transforme en temple de la gastronomie – non point grâce à la choucroute, dont l’auteur ne raffole pas, à l’instar d’un Gaston Kelman scandant chez Max Milo : Je suis noir et je n’aime pas le manioc. Le vin est apprécié de l’auteur sans pour autant être une passion, contrairement à sa collègue Ingrid (158). Tout juste constate-t-il qu’il est plaisant de siroter un peu de champ’ au mitan d’une revue dénudée, ou de retrouver son verre toujours plein quand on l’a déposé à moitié vide (164). En réalité, c’est surtout grâce au meilleur repas disponible sous nos latitudes que l’Allemand tombe en amour de la nourriture à la française : le goûter. « J’ai dû manger des kilos de Petits Écoliers au chocolat » (43), admet cet M&Msophile, 124, qui aura plus de mal à apprécier la madeleine de Proust.
La France, patrie de l’amour, apprend à son tour au nouveau venu la différence entre

  • une femme maquillée et une pute (on frôlera les putes bien plus tard, p. 198),
  • une putain et l’interjection homonyme,
  • la gestuelle de « dépêchez-vous » et celle de « fuck you »,

le tout pimenté par la découverte d’un mot hyperimportant : zizi. Cependant, avant de savoir tout sur le zizi, encore faut-il, a minima,

  • décrypter le sens de ce terme,
  • savoir qu’il peut aussi se retrouver sous forme de Zipfelchen, lors d’une escapade bavaroise du professeur Gröninger et de ses ouailles (200), et
  • ne le point confondre avec la chatte noire de Laurence Fruneau, presque entrevue p. 233.

La France, terre de bravoure, est aussi le pays qui n’a fait que collaborer au génocide des israélites, et encore, par amitié pour le peuple allemand – elle n’a pas planifié leur massacre, elle. C’est donc la contrée où

  • un médecin juif peut « mettre à l’aise » son patient allemand car elle ne lui en veut pas, 59 ;
  • on n’est pas antisémite mais on sait bien que les juifs et les sous, bref (ha ! qui osera rappeler à sainte Muriel Robin de la Télévision française, évoquée pour un autre sujet p. 189, son « dictionnaire » qui ne lésinait pas – le mot est d’une économie de moyens excessive – à ouvrir cette veine), 46 ;
  • il peut être malaisant voire outrageant d’être Allemand et d’enseigner à de jeunes juifs (173) ; et
  • on peut croiser des bandes de nazis en train de bâfrer en attendant de jouer leur rôle dans un film de l’Éternel Patrick Bruel qui, lui, veut juste aller aux toilettes (104) ou aux chiottes, comme on dit en Tunisie (210).

Frank Gröninger s’aperçoit que la France, paradis des arts, est le seul lieu où l’on sait prononcer correctement, c’est-à-dire à la française, Van Gogh (« raison pour laquelle Vincent préférait se faire appeler Vincent », 54). Étant le cocon de la science, la France est aussi un havre idéal pour un Allemand qui veut apprendre

  • à se faire bégère,
  • à savourer le goût d’un antibiotique et
  • à se souvenir d’aller à la pharmacie avec une valise à roulettes (56).

Enfin, la France est la nation de la mode, de l’élégance et du chic. Partant, c’est le pays anti-merkélien par excellence, non-germanique par définition car « les Allemands choisissent leur chancelier comme ils choisissent leurs voitures : le critère esthétique vient derrière fonctionnalité, sécurité et qualité » (75).

 

2.
Découvrir Frank Gröninger

Au fil du texte, à travers moult anecdotes, souvent drôles mais pas que, Frank Gröninger ne décrit ni sa francisation ni son intégration. Plus finement, il montre ses découvertes, mutations et permanences identitaires compliquées, donc enrichies, par une autoanalyse bien moins égotiste que pertinente. Évidemment, au début, tout semble clair : « À l’étranger, on compare tout avec le pays natal et, une fois revenu, on fait l’inverse. » (93) Sauf que, à mesure que le temps passe, le narrateur se rend compte, presque à son corps défendant, que la notion de l’étranger évolue… et celle du « pays natal », soudain trop limitée, ne tarde pas à l’imiter – on se souvient que, quand Joe Dalton se promet de revenir dans une ville dont il a été chassé avec son combo de marlous fraternels, Averell renchérit : « Nous en ferons notre ville, notre ville natale » avant de se faire traiter d’imbécile.
La France est pour partie devenue le pays natal de Frank Gröninger car

  • elle le déconnecte des réalités de son pays (ainsi de son manque d’émotion quand tombe le mur de Berlin), au point qu’il s’escagasse au plus haut point quand on lui demande comment ça se passe, en Allemagne (291) ; et
  • elle le fait naître à un nouveau lui-même, peu à peu, bien au-delà du désir de Paris.

Pour réussir sa transition et dépasser le concept de binarité opposant l’origine allemande et le vécu français, l’auteur ne s’appuie guère sur la littérature hexagonale telle qu’on l’enseigne aux étudiants allemands (le Nouveau Roman ou Proust, que l’auteur espère mieux comprendre en allemand, sans sembler enthousiasmé par le résultat pour autant). Il privilégie l’appréhension d’une nouvelle temporalité, thème majeur donc récurrent du livre – temporalité

  • interne (selon ce que la vie nous a appris),
  • annuelle (rôle du cycle et, pour Frank Gröninger, de la préparation de Noël),
  • sociale (importance du retard),
  • logique (entre anticiper et attendre le dernier moment, le Français préfèrera souvent les affres de la seconde option),
  • professionnelle (espace-temps spécifique de la machine à café),
  • biographique (ainsi d’Ina contrainte à l’analepse régressive après avoir espéré être fécondée par un jeune et riche cadre, finissant épousée en Bavière par un ancien camarade de lycée, 114), etc.

Le temps n’est pas une ligne droite, une frise, une flèche : c’est un ressenti subjectif qui se nourrit des expériences de chaque individu. L’unicité diachronique n’est qu’une illusion, comme le sexe de Mme Germond qui loue au jeune assistant de langue à Louis-le-Grand un appartement à La Fourche, ou comme le sens, pourtant évident, de « Du bist salopp angezogen », de « große Bitte » (135), de tablettes de chocolat voire de pain, quand il faut le dessiner (275). Tout serait tellement simple si, comme Champ-Pierre, on pensait que, pour parler allemand, il suffissait te parler français afec l’accent qu’on imachine chermanique (159).
Vivre l’altérité, l’expérimenter en devenant un autre – et non un même-que-l’autre –, c’est apprendre puis réapprendre à accepter qu’une évidence puisse cacher un contresens et une certitude, une erreur. Mais il y a pis que l’opposition entre phénomène et noumène kantien, ou apparence et substance. Souvent, la vérité n’est pas tranchée. Elle ballotte. Se dandine. Se modifie. Hésite. Oscille. Devient vague ou polysémique. À son image, le livre est à son meilleur, selon nous, quand il s’attarde moins sur l’art de dépenser des billets gratuits en se dissimulant dans les toilettes d’un avion que quand il met en évidence le mouvement de balancier qui se crée entre les différentes composantes de la personnalité de l’auteur, tantôt Allemand en France, tantôt Français s’offusquant d’être rappelé à sa germanité, tantôt Allemand revenant au pays, tantôt Français regagnant le pays qu’il a adopté, etc.
Ces observations ne se font jamais par notation ex abrupto. Elles se construisent par une narration dont les épisodes, a priori anodins, revêtent en réalité une portée symbolique ou métaphorique, comme pendant ce voyage scolaire où Frank Gröninger se sent « entre-deux », ni prof, ni élève (139) ; comme aussi face au regard des siens, quand il travaille à Louis-le-Grand mais que ça ne dit rien à personne, ou quand il est engagé par Science-Po et qu’on est triste pour lui car ce n’est pas la Sorbonne (156). Néanmoins, petit à petit, l’auteur devient un Allemand à Paris comme tel autre un Englishman in New York : ses perceptions et son comportement ne sont plus si dissonants mais le demeurent assez pour donner un peu de sapidité au quotidien. Quand le narrateur intègre le ministère des Affaires étrangères, il découvre, parmi d’autres, les charmes

  • du management des fonctionnaires,
  • de la maladresse de Raffarin,
  • de hiérarchie dans la fonction publique, et
  • du chic canaille qui consiste à lire Mein Kampf chez M. l’ambassadeur, sur l’île Saint-Louis, en sirotant un savoureux Earl Grey.

Pour autant, qu’apprend-on de Frank-sans-c ? Peu de choses personnelles ou intimes. La question posée par le livre n’est pas là. Pour définir l’identité, tout se passe comme si l’auteur avait choisi

  • l’exploration contre la révélation,
  • l’interrogation contre la contemplation, et
  • la réflexion contre l’introspection factuelle.

Reste que, au détour de cette autobiographie partielle, grâce aux faits et gestes du narrateur, on apprend au moins – et ce n’est pas rien – qu’il ne faut jamais vivre avec un mari sourd. Jamais. C’est beaucoup trop dangereux et ça crée des courants d’air (208). Moi, ça ne risque pas de m’arriver, mais si je peux rendre service en diffusant cette vérité, terrible pour les sourds mais c’est pas ma faute, je m’y colle avec plaisir.

 

3.
Découvrir Douce Frankreich

Au terme de la lecture, on peut peu ne point pointer, et hop, le travail éditorial consternant d’AlterPublishing, qui se manifeste par exemple à travers

  • la mise en page calamiteuse (orthotypo très perfectible ; foliotage mal calibré ; caractères, corps et couleur d’encre variés, etc.) ;
  • la langue sporadiquement inégale qu’un éditeur digne aurait pu pousser l’auteur à repenser çà et là, ne serait-ce que parce que lui-même évoque la difficile distinction entre le passé simple et l’imparfait, par ex. ;
  • la relecture imparfaite (ainsi des répétitions du DMIS ou de la grand-mère à l’escargot) ;
  • l’économie rythmique du récit, et hop, parfois chaotique (ainsi de la première partie, peut-être un peu longuette, ou surtout de la dernière partie lâchant le fil narratif comme pour tasser in extremis ce qui n’a pu être mis jusque-là, ce qui suscite un déséquilibre certain et une possible frustration après la linéarité chronologique construite jusque-là).

Certes, cet aspect un peu brut de décoffrage peut coller au cliché d’un « premier livre écrit en français par un Français d’origine allemande » ; mais il ne rend pas justice du propos intelligent, drôle et stimulant proposé par l’auteur. Ce nonobstant, que les curieux se rassurent : en lisant Frank Gröninger, on ne finit pas par se demander comment on peut être Allemand. Faut pas exagérer. Ça, on l’a toujours su. On le sait depuis toujours. On est Français, vertuchou ! Par exemple, la bouffe allemande, c’est lourd, sinon, ce n’est pas de la bouffe allemande : même les énarques le savent, c’est dire (213).
En revanche, Douce Frankreich rend sensible l’idée que, peut-être, en dépit des évidences, ou à cause d’elles, ou grâce à elles, fût-ce à une époque où, en Occident, les flux migratoires relativisent de façon évidente la notion d’identité liée à un pays (l’auteur esquisse la question avec tact autour de la p. 223), habiter sa nationalité, avec

  • ses sous-entendus,
  • ses réalités,
  • ses faux-semblants,
  • ses singularités,
  • ses excès,
  • son autosatisfaction et
  • ses insatisfactions,

es ist ein weites Feld (185).
Par conséquent, si l’on a survécu à ce compte-rendu étouffe-chrétien (246), on pourra donc lire avec amusement et intérêt Douce Frankreich, écrit par celui qui est l’un de nos compatriotes depuis 2019, avant de compléter cette lecture par l’excellent Un Français en Chinafrique de Vincent Robin-Gazsity, qui creuse avec finesse et humour la question de trois frottements identitaires entre Français, Chinois et Gabonais.


Pour acheter Douce Frankreich de Frank Gröninger, c’est ici.
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Faîtes de la musique – Le programme (2/3)

 

Sous le coup d’une menace d’extinction pour ses prochaines saisons, le festival Komm, Bach! a résolu de répondre à sa façon par un (possible) dernier concert YouTube en forme de feu d’artifice. Au programme : un cyberconcert, possiblement le dernier, d’une durée de 24 h, incluant

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  • des vidéos non encore publiées issues des cent concerts fomentés depuis octobre 2016 ; et
  • des cyberconcerts inédits, offerts par les artistes passés par le festival.

Sur la platine du vidéo jockey, de l’orgue et pas que, du Bach et pas que, du partage et des propositions. Hauts les cœurs, et rendez-vous le lundi 21 juin, sur la chaîne YouTube du festival, dès la minuit du 21 juin ! Pour se mettre en appétit, après l’apéritif de huit heures proposé tantôt, voici la set-list de la deuxième partie de huit heures…

 

Deuxième partie
Les instruments du plaisir

 

Neuvième concert
Komm, Bach! fête l’orgue (1 h)

  1. Vincent Crosnier improvise sur la fin du Grand Déconfinement
  2. Hervé Désarbre joue « Gamay » extrait de la California Wine Suite de Hans Uwe Hielscher (né en 1945)
  3. Bruno Beaufils de Guérigny joue « Réflexion et lumière (Hommage à Albert Schweitzer) » de Robert Maximilian Helmschrott (né en 1938)
  4. François-Xavier Grandjean joue la Troisième toccata sur Big Ben, op. 154, de Jean-Marie Plum (1899-1944)
  5. Jean-Luc Thellin joue les Prélude et fugue BWV 539 de Johann Sebastian Bach (1685-1750)
  6. Bertrand Ferrier improvise sur les « Souvenirs des dernières joies du petit vieux qui ne reviendra plus prendre le soleil sur le banc en fumant son cigarillo»
  7. Georges Bessonnet joue le Troisième choral de César Franck (1833-1890)
  8. Benjamin Pras joue « Tico tico no Fubá » de Zequinha de Abreu (1880-1935)

Dixième concert
Komm, Bach! fête les claviers (1 h)

  1. Christian Chamorel joue l’Étude op. 104 n°1 de Felix Mendelssohn Bartholdy (1809-1847)
  2. Anna Homenya joue les Prélude et fugue en do dièse mineur (BWV 873) de Johann Sebastian Bach (1685-1750)
  3. Jasmina Kulaglich joue « Erdenklavier – Himmelklavier » (version n°2) de Peter Eötvös (né en 1944)
  4. Vittorio Forte joue « Как мне больно » [Chagrin de printemps] de Sergueï V. Rachmaninoff (1873-1943), extrait des Quatorze romances op. 34 n°1, sur un texte de Glafira A. Galina (1873-1942) et dans une transcription d’Earl Wild (1915-2010)
  5. Nicolas Horvath joue « Arteeman 8 » de Morteza Shirkoohi (né en 1978)
  6. Jasmina Kulaglich joue « Rêverie » de Claude-Achille Debussy (1862-1918)
  7. Jean-Luc Thellin joue trois extraits de la Deuxième suite anglaise en la mineur (BWV 807) de Johann Sebastian Bach : allemande…
  8. … courante et…
  9. sarabande
  10. Jasmina Kulaglich joue la Toccata, extraite de la Suite en trois mouvements d’Aram Khatchatourian (1903-1978)
  11. Anna Homenya joue « Les Grâces » de Jacques Duphly (1715-1789), extrait du Troisième livre des pièces pour clavecin
  12. Jasmina Kulaglich joue « Souvenirs des ancêtres » de Svetislav Božiċ (né en 1954)
  13. Nicolas Horvath joue « Une barque sur le Niger », extrait des Petits préludes pour les petites mains de Denis Levaillant (né en 1952)
  14. Jasmina Kulaglich joue « Lacrimosa », extrait du Requiem de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) transcrit par Mikako Matsumoto
  15. Nicolas Horvath joue « Arteeman 9 » Morteza Shirkoohi (né en 1978)
  16. Anna Homenya joue « Médée » de Jacques Duphly (1715-1789), extrait du Troisième livre des pièces pour clavecin
  17. Nicolas Horvath joue « Orphee’s Bedroom » composé par Philip Glass (né en 1937) et transcrit par Paul Barnes (né en 1961)
  18. Vittorio Forte joue « О, не тоскуй по мне! » [Oh, ne sois pas triste !], op. 14 n°8, mélodie de Sergueï V. Rachmaninoff (1873-1943) sur un texte d’Aleksei N. Apukhtin (1841-1893), transcrite par Earl Wild (1915-2010)

Onzième concert
Komm, Bach! fête les cordes (1 h)

  1. Cyrielle Golin joue « Und Salomo sprach » de Volker David Kirchner (1942-2020)
  2. Brett Douglas Deubner joue « Four outlines out of five » (création mondiale de la version pour alto) de Patrick O’Malley (né en 1989)
  3. Hannah Holman joue « Graduale on DDs » de Barry Lloyd Vercoe (né en 1937)
  4. Emmanuel Acurero joue « Now II », extrait de Profiles of light de Mathias Pintscher (né en 1971)
  5. Brett Douglas Deubner joue la Sonate pour alto de Franz Ezra Levy (1930-2017)
  6. Hannah Holman joue le Prélude de la Première suite pour violoncelle (BWV 1007) de Johann Sebastian Bach (1685-1750)
  7. Emmanuel Acurero joue « Quatre études brèves » de Bernd Alois Zimmermann (1918-1970)
  8. Brett Douglas Deubner joue « Trois miniatures » (création mondiale) de Judith Markovitch (née en 1949)
  9. Hannah Holman joue la Sarabande de la Cinquième suite pour violoncelle (BWV 1011) de Johann Sebastian Bach
  10. Laurent Valero et Bertrand Ferrier esquissent une « Sinfonietta improvvisata per la notte di Natale » en trois mouvements et pour quatre instruments

Douzième concert
Komm, Bach! fête les aérophones (1 h)

  1. Les Trompettes de Versailles jouent le Menuet pour le coucher du roy de Jean-Baptiste Lully (1632-1687)
  2. Dmitry Ouvaroff joue les deux derniers mouvements de la Sonatine pour clarinette de Csaba Deák (1932-2018)
  3. Guy Angelloz et Gilles Rancitelli jouent « Le vol du bourdon » de Nikolaï Rimsky-Korsakov (1844-1909)
  4. Pierre Makarenko et Christophe Guida jouent la Fantaisie pour hautbois et orgue en fa mineur (KWV 604) de Johann Ludwig Krebs (1713-1780)
  5. Jean-Michel Alhaits et Jean-Pierre Rolland jouent la Marche montagne
  6. Guy Angelloz joue le vingt-quatrième Caprice de Niccolò Paganini (1782-1840)
  7. Dmitry Ouvaroff et Anna Homenya jouent le Quatrième tango-étude d’Astor Piazzolla (1921-1992)
  8. Jacques Bon joue « Pan » extrait des Métamorphoses d’Ovide de Benjamin Britten (1913-1976)
  9. Jean-Michel Alhaits et Jean-Pierre Rolland jouent une Marche de la Renaissance
  10. Les Trompettes de Versailles jouent deux extraits d’Orfeo de Claudio Monteverdi (1567-1643), arrangés par Georges Bessonnet
  11. Guy Angelloz joue la Fantaisie hongroise de Joachim Andersen (1847-1905)
  12. Pierre Makarenko (hautbois) et Christophe Guida (orgue) jouent l’Adagio du Concerto en ré mineur BWV 156 de Johann Sebastian Bach (1685-1750)
  13. Dmitry Ouvaroff et Anna Homenya jouent « Des Alyscamps, l’âme soupire », extrait des Tableaux de Provence de Paule Maurice (1910-1967)
  14. Charlotte Isenmann improvise sur une œuvre de Javier Portuez filmée par Nicolas Fiery
  15. Pierre Makarenko et Christophe Guida jouent la Sinfonia de la cantate BWV 21, « Ich hatte viel Bekümmernis » (« J’avais grande affliction en mon coeur ») de Johann Sebastian Bach
  16. Vidéo inédite | Fabrice Dupray et Bertrand Ferrier jouent Svetsade Fragments (Fragments soudés) de Kristian Kristiansson (né en 1967). Création mondiale. [Motif (fragment) – En développement – Conflit – Orgue – En fusion – Trompette – Sous un piédestal – Vers l’explosion]

Treizième concert
Komm, Bach! fête les voix lyriques (1 h)

  1. Le chœur des Polysons, dirigé par Elisabeth Trigo et accompagné par Jorris Sauquet, interprètent « Cantate domino » de Jean-Christophe Rosaz (né en 1961)
  2. Jennifer Young chante « How merrily we live » de Michael East (ca. 1590-1648)
  3. Emmanuelle Isenmann et Jorris Sauquet interprètent « Youkali (tango-habanera) » de Roger Fernay (1905-1983) et Kurt Weill (1900-1950)
  4. Le chœur des Polysons, dirigé par Elisabeth Trigo et accompagné par Jorris Sauquet, interprètent « I have a dream » de Jean-Christophe Rosaz (with Martin Luther King)
  5. Ariane Zanatta et Coralie Amedjkane interprètent l’« Hymne à Saint-André » d’André Jolivet (1905-1974).
  6. Vidéo inédite | Michaël Koné et Bertrand Ferrier interprètent « Cold Song » de John Dryden (1631-1700) et Henry Purcell (1659-1695)
  7. Le chœur des Polysons, dirigé par Elisabeth Trigo et accompagné par Jorris Sauquet, interprètent la Prière des Pueri cantores pour la paix de Jean-Christophe Rosaz, d’après un texte attribué à saint François d’Assise
  8. Emmanuelle Isenmann et Jorris Sauquet interprètent l’Ave Maria de Louis Vierne (1870-1934)
  9. Vidéo inédite | Naoum Khoury et Bertrand Ferrier interprètent le Noël à l’enfant d’Henri Martin (dates inconnues)
  10. Le chœur des Polysons, dirigé par Elisabeth Trigo et accompagné par Jorris Sauquet, interprètent « Aube printanière » de Jean-Christophe Rosaz, d’après une comptine traditionnelle chinoise
  11. Ariane Zanatta et Coralie Amedjkane interprètent « Au matin », extrait des « Angélus » d’Ernest Eugène Coquin, dit Jean Lepovremoyne (1903-1970) et Louis Vierne (1870-1937)
  12. Emmanuelle Isenmann et Jorris Sauquet interprètent « Yeroushalayim shel zahav » de Naomi Shemer (1930-2004)
  13. Vidéo inédite | Tanaquil Ollivier et Bertrand Ferrier interprètent « Nun beut die Flur das frische Grün » [air de Gabriel], extrait de La Création de Joseph Haydn (1732-1809)
  14. Le chœur des Polysons, dirigé par Elisabeth Trigo et accompagné par Jorris Sauquet, interprètent « Jesu bleibet meine Freude » (extrait de la cantate BWV 147) de Martin Jahn (1620-1682) et Johann Sebastian Bach (1685-1750)
  15. Jennifer Young et Bertrand Ferrier interprètent « A nun takes the veil (Heaven-Haven) » de Gerald Manley Hopkins (1844-1889) et Samuel Barber (1910-1981)
  16. Emmanuelle Isenmann et Jorris Sauquet interprètent « Over the Rainbow » d’Isidore Hochberg dit Edgar Yipsel Harburg (1896-1981) et Harold Arlen (1905-1986)

Quatorzième concert
Komm, Bach! fête les voix chantantes (1 h)

  1. Jean Dubois chante « Il faut qu’j’te voie » de Jean Dubois
  2. Claudio Zaretti chante « Il y a » de Claudio Zaretti
  3. Jean Dubois chante « Jean Dubois » de Jean Dubois avec Jean Dubois
  4. Romain Watson chante « C’est tous les jours dimanche » de Romain Watson
  5. Jean Dubois chante « Le roi boiteux » de Georges Brassens (1921-1981) et Gustave Nadaud (1820-1893)
  6. Claudio Zaretti chante « Depuis le temps » de Claudio Zaretti
  7. Jean Dubois chante « Je rigole » de Jean Dubois
  8. Romain Watson chante « Notre secret » de Romain Watson
  9. Jean Dubois chante « Mon enfance » de Jacques Brel (1929-1978)
  10. Claudio Zaretti chante « Dans les gares » de Claudio Zaretti
  11. Jean Dubois chante « La petite plaque » de Yannick Le Nagard (né en 1966)
  12. Romain Watson chante « Wrapped in your arms » de Romain Watson
  13. Jean Dubois chante « Je chante » de Charles Trenet (1913-2001) et Paul Misraki (1908-1998)
  14. Claudio Zaretti chante « Liberté, ma statue »de Claudio Zaretti
  15. Jean Dubois chante « Splash » de Jean Dubois
  16. Romain Watson « One big family » de Romain Watson

Quinzième concert
Komm, Bach! fête la musique sans instrument fixe (1 h 30)
L’art de la transcription

  1. Esther Assuied joue et transcrit pour orgue le Concerto pour clavecin dit « dans le goût italien » (BWV 971) de Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Allegro – Andante – Presto
  2. Dmitry Ouvaroff et Anna Homenya jouent et transcrivent pour orgue et saxophone la Canzona de Sergueï Taneïev (1856-1915) pour clarinette et orchestre à corde
  3. François-Xavier Grandjean joue et transcrit pour orgue le Prélude en do dièse mineur pour piano, op.3 n°2, de Sergueï Rachmaninoff (1873-1943)
  4. Vidéo inédite | Michaël Koné et Bertrand Ferrier interprètent deux extraits du Nisi dominus d’Antonio Vivaldi (1678-1741), cantate pour voix soliste, viole d’amour et orchestre à cordes, transcrite pour contre-ténor et orgue
  5. Vittorio Forte joue « Как мне больно » [Chagrin de printemps], mélodie pour voix soliste et piano de Sergueï V. Rachmaninoff (1873-1943), extrait des Quatorze romances op. 34 n°1, sur un texte de Glafira A. Galina (1873-1942) et dans une transcription pour piano seul d’Earl Wild (1915-2010)
  6. Esther Assuied et Emmanuel Acurero jouent et transcrivent pour violoncelle et orgue l’Élégie pour violoncelle et piano de Gabriel Fauré (1845-1924)
  7. Jasmina Kulaglich joue le Lacrimosa extrait de la messe de la messe de Requiem pour solistes, chœur et orchestre de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) et Franz Xaver Süßmayr (1766-1803), transcrit par Mikako Matsumoto
  8. Marie-Agnès Grall-Menet interprète le Concerto en sol (BWV 592) de Johann Sebastian Bach, d’après un Concerto grosso pour violon, cordes et continuo de Johann Ernst de Saxe-Weimar 8 février 2020
  9. Vittorio Forte joue « О, не тоскуй по мне! » [Oh, ne sois pas triste !], op. 14 n°8, mélodie pour voix soliste et piano de Sergueï V. Rachmaninoff (1873-1943) sur un texte d’Aleksei N. Apukhtin (1841-1893), transcrite pour piano seul par Earl Wild (1915-2010)
  10. Jorris Sauquet joue « Le cygne » de Camille Saint-Saëns (1835-1921) extrait du Carnaval des animaux, suite pour ensemble instrumental, transcrit par Heinz-Peter Kortmann
  11. Brett Douglas Deubner joue « Four outlines out of five » pour hautbois de Patrick O’Malley (né en 1989), transcrit pour alto par le compositeur (première mondiale donnée à l’occasion du festival)
  12. Dmitry Ouvaroff et Anna Homenya jouent et transcrivent pour saxophone et orgue « Des alyscamps, l’âme soupire », extrait des Tableaux de Provence, suite pour saxophone et orchestre de Paule Maurice (1910-1967)
  13. Vittorio Forte joue « Ici, il fait bon », une mélodie pour voix soliste et piano de Sergueï V. Rachmaninoff, extraite des Quatorze romances op. 34 n°1, sur un texte de Glafira A. Galina et dans une transcription pour piano seul d’Earl Wild
  14. Esther Assuied transcrit et joue la Danse de la fée Dragée, extraite de Casse-noisette, ballet-féérie pour orchestre et chœur de Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893)
  15. Hervé Désarbre joue la Cavatine pour violon et orchestre op. 85 n°3 de Joachim Raff (1822-1882), transcrite pour orgue par Aloÿs Claussmann (1850-1926)
  16. Vittorio Forte joue« Муза » [La muse], mélodie pour voix soliste et piano de Sergueï V. Rachmaninoff (1873-1943) extraite des Quatorze romances op. 34 n°1, sur un texte d’Alexandre S. Pouchkine (1799-1837) et dans une transcription pour piano seul d’Earl Wild (1915-2010)
  17. Esther Assuied transcrit et interprète le Chœur des pèlerins, pour chœur et orchestre symphonique, extrait de l’opéra Tannhäuser de Richard Wagner (1813-1883)

Quinzième concert
Komm, Bach! fête l’improvisation, instrument des possibles (30’)

  1. Bertrand Ferrier improvise une suite en quatre mouvements sur « L’éveil du square des Batignolles »
  2. Charlotte Isenmann improvise sur une peinture de Javier Portuez filmée par Nicolas Fiery
  3. Bertrand Ferrier improvise une « Suite de la joie minaudante » en six mouvements
  4. Vincent Crosnier improvise sur le thème « Splendeurs de la catastrophe »

 

Une bath de conserve

Photo : Bertrand Ferrier

 

C’était un matin d’examen. J’allais applaudir une artiste iconique du festival Komm, Bach!. Elle donnait 50′ de programme, 100 % Schubert, afin de soutenir son master de pianoforte. Sachant que l’artiste déteste qu’autrui la prenne en photo, je cherchais un angle pour inventer une photo d’ambiance à l’extérieur.
Or, aveuglé par le soleil, j’étais en train de prendre des clichés au hasard quand deux « agents de sécurité », un pompier et un civil, m’ont interpelé pour me déconseiller fortement de continuer. Non que je n’eusse le droit de prendre des photos, mais il me serait interdit de les diffuser, sous peine d’être attaqué par Christian de Portzamparc, dont on apprend à cette occasion qu’il est « très chatouilleux » sur le respect de ses droits. (J’ai aussi appris plus tard, en attendant d’entrer dans l’auditorium, qu’il valait mieux travailler au Forum des images qu’au CNSMDP, en tant qu’agent de sécurité, car on y est payé double – ça n’a rien à voir, et cependant cela signe une matinée hautement instructive.)
Bien que l’abord de l’agent en civil eût été fort correct, je renonçai à lui expliquer que, à mon sens, il se plantait. En effet, l’article L.122-5 11° du Code de la propriété intellectuelle stipule, je crois, que sont autorisées « les reproductions et représentations d’œuvres architecturales et de sculptures, placées en permanence sur la voie publique, réalisées par des personnes physiques, à l’exclusion de tout usage à caractère commercial ». Il me semble que le cliché magnifique que je capturai entrait dans cette catégorie.
Après le départ de mes conseillers juridiques, je pris d’autres photographies, un tantinet moins pourries – plus eût constitué une performance davantage remarquable, je le confesse. Ce nonobstant, in fine, je préférai publier celle-ci, où l’on voit débarquer les bienveillants gardiens d’un droit illusoire quoique effrayant à souhait. Si, par le défi appâté, Christian vient à me poursuivre, je ne manquerai point de le signaler dans ces pages.
En attendant, je vous rassure, l’artiste a obtenu son master en décrochant la timbale de la mention Très Bien. Comme quoi, finalement, la photo n’est pas bonne, mais on peut y deviner le bonheur en personne et, à n’en pas douter, la bamboche qui fera frissonner la musicienne ce soir.

 

Best of the best

Photo : Bertrand Ferrier

 

Le nouveau disque de Jann Halexander est arrivé. Explorant une vaste palette de possibles chansonniques, l’opus 2021 est surtout désirable pour ses pistes 5 et 6, les meilleures, même si les autres sont tout aussi meilleures.
Envie de découvrir le disque en avant-première ? Profitez des dernières places disponibles pour le concert de lancement de l’album et de la tournée !

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