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… et le matou revint

Peppone dans ses salons privés, en l’église Saint-André de l’Europe (Paris 8). Photo : Bertrand Ferrier.

 

Depuis mai 2018, il avait peu ou prou disparu. Voici que Peppone, le chat du curé, profite des nouveaux aménagements pour réintégrer les coulisses de l’église Saint-André de l’Europe. Youpi.

 

Taïaut !

 

Voici que vient de paraître le dernier livre de Sébastien Boussois, auquel j’ai prêté une main presque discrète lors de sa finalisation !
L’occasion de découvrir un monde merveilleux où l’on crée les plus grands tapis de fleurs du monde, où l’on accueille à bras ouverts les influenceuses les plus – sinon les mieux – refaites de l’univers, où le béton coule à flots, où les armements les plus fous et les techniques d’espionnage les plus pointues sont en forme olympique, et où l’objectif reste toujours d’écraser son voisin (pour commencer) et la démocratie – on se croirait presque chez nous, c’est dire.

Une charge virulente et informée, accessible à tous les lecteurs, experts ou curieux. On en peut acquérir quelque exemplaire chez son libraire ou en cliquant ici.

 

 

Like a virgin

Photo : Bertrand Ferrier

 

On me dit que ce genre de cliché pourrait faire du like en prouvant que je suis de gauche, fan de Belmondo et abonné à la presse mainstream islamo-gauchiste. Quoique souvent électrique, je n’étais pas au courant, mais le projet a l’air super. Aussi publié-je cet instantané, pensez.

 

Une photo qui fait du bruit

Photo : Jacques Bon

 

Cette photo a une histoire.
Dûment autorisés par le curé de Saint-André de l’Europe, Jack Good et moi-même estions en train de capter un concert pour orgue et machines électroniques autour de l’Apocalypse quand, soudain, des jeunes bien propres vinrent prier devant le maître-autel de l’église. Le fait eût pu réjouir, n’eût été leur souhait d’entonner des cantiques charismatiques en boucle. Bientôt, les belles âmes décidèrent de polluer davantage en ajoutant à leurs voix celles desdits cantiques, diffusés depuis YouTube via leur smartphone à pomme. Devant leur insistance à péter notre captation (créneau d’1 h 15 pour prestation d’1 h), nous nous résolûmes – surtout moi – à agir avec une violence superlative : improviser sur les grands jeux jusqu’à ce que les gougnafiers se cassassent.
Les connaisseurs noteront sur la photo, à droite, l’extrême délicatesse de l’organiste. Au cas où des paroissiens moins néfastes eussent été présents, le musicien a pris soin d’ôter le clairon (cinquième tirant en bas à gauche), qui eût sonné faux très vite.
Encore une victoire de la musique contre les hypocrites malotrus !
(Le résultat est disponible ici.)

 

Bien accompagné 24

Jamel à l’orgue de Sainte-Claire. Photo : Bertrand Ferrier.

 

Apparemment très sollicité cet été, Jamel le baroudeur a de nouveau été mandaté par la firme Sleepy & Partners pour jauger la granularité sonore de l’orgue de l’église Sainte-Claire (Paris 19). Quand nous lui avons demandé si le fait qu’il s’agisse d’un instrument électronique impliquait un repositionnement du process d’évaluation, il nous a répondu : « Il ne s’agit pas de préjuger de la granularité en tant que telle en stigmatisant a priori la spécificité ontologique d’un orgue. La fonctionnalité est tout aussi granulaire que l’historicité, si du moins l’on accepte de changer de logiciel et d’abandonner ce vieux programme où des classifications racisantes tendent à situer des instruments en oubliant le projet et le contexte socioéconomique qui les portent. »
Ainsi qu’on le devine sur la photo, l’expert ne semblait pas insensible au fait de tripatouiller l’instrument dont la titulaire n’est autre qu’Esther Assuied. Toutefois, il a tenu à spécifier : « Sans impacter structurellement l’échantillonnage appréciatif qu’il convient de filtrer objectivement et expérimentalement, il est certain que la contextualisation est amenée, et c’est fort sain, à colorer la spécificité d’un ressenti. » Puis il est parti d’un petit rire avant d’ajouter : « Je conçois que cela puisse surprendre, dans un monde souvent réduit à une présentation de l’évident comme contingent. Contrairement à ce que prétendait Socrate, nous ne prenons pas des ombres pour le réel. Nous faisons pire, car nous croyons a priori que le réel existe. Appliqué à notre objet d’étude, nous supputons que l’orgue existe en soi. C’est rassurant. Or, ce n’est pas parce que nous sommes en capacité d’évaluer sa granularité sonore que l’orgue existe. Permettez-moi de citer mon maître qui l’exprime ô combien mieux que moi. »

« Toute cette analyse n’implique nullement qu’il doive du tout y avoir un monde, une chose quelconque. (…) Si l’on consulte purement l’essence de la perception en général et celle des autres espèces d’intuition empiriques qui coopèrent à la perception, rien de tel ne peut en être conclu. »
(Edmund Husserl, « La conscience absolue comme résidu de l’anéantissement du monde » in : Idées directrices pour une phénoménologie, trad. Paul Ricœur, Gallimard [1950], « Tel » [1985], 1993, p. 160)

 

Jamel à l’orgue de Sainte-Claire. Photo : Bertrand Ferrier.

 

Après nous avoir partagé sa propension holistique à penser la granularité sonore, l’expert a refusé de nous en dire plus quant au contenu de son futur rapport. Selon lui, « chaque instant est un moment. Je dirais même que chaque instant est moment, plus qu’un moment. Comme disait Edmund, il est impossible, sur la base des expériences faites à un moment donné, et en se fondant sur cette règle (ou sur le système complexe de règles que celle-ci inclut), de déduire de façon unique comment doit se dérouler le cours ultérieur de l’expérience – je crois que c’est p. 482 dans l’édition que vous citâtes. Verbaliser la granularité sonore est une globalité qui impose de s’ouvrir aux infinies possibilités ouvertes qui constituent la richesse du contenu, si j’puis dire. »
L’aventure de la granularité sonore suit donc son cours. Mystérieuse. Nébuleuse. Mais – ou donc – vivante.


Retrouver Sleepy & Partners…

  1. … aux grandes orgues de la collégiale de Montmorency.
  2. … à l’église Saint-Marcel.
  3. … à l’église Sainte-Marie-Madeleine de Domont.
  4. … à l’église Saint-Martin de Groslay.
  5. … à l’église Saint-Louis de Vincennes.
  6. … à l’église Saint-Joseph d’Enghien-les-Bains.
  7. … sur l’orgue provisoire loué par Notre-Dame de Vincennes.
  8. … aux grandes orgues de la cathédrale de Gap.
  9. … aux grandes orgues de Sainte-Julienne de Namur puis de la cathédrale de Namur.
  10. … à l’église Notre-Dame de Beauchamp.
  11. … sur l’harmonium du temple protestant du Saint-Esprit.
  12. … à l’église de Taverny et à l’église de Bessancourt.
  13. … à l’église du Raincy.
  14. … à l’église de Notre-Dame du Rosaire.
  15. … aux grandes orgues de l’église Sainte-Marie des Batignolles.
  16. … aux grandes orgues de la chapelle du Val-de-Grâce.
  17. … aux grandes orgues de la basilique d’Argenteuil.
  18. … sur l’orgue Cattin de Notre-Dame de Vincennes.
  19. … sur l’orgue Mutin-Cavaillé-Coll de Saint-Georges de la Villette.
  20. … sur l’orgue Merklin de Saint-Dominique, une fois ou deux.
  21. … sur l’orgue Delmotte de Saint-André de l’Europe.
  22. … aux grandes orgues de la collégiale Saint-Jean de Pézenas.
  23. … aux orgues de l’Immaculée Conception.

 

Mettre le barreau

Porte de Pantin, 27 août 2021. Photo : Bertrand Ferrier.

 

Mettre la barre haut, c’est mignon. Visiblement, comme l’annonçait un avocat en fumant le cigare, mettre le barreau, c’est plus compliqué.
Dommage, juste à côté (sur le portail que l’on aperçoit), y avait le mode d’emploi.

 

Photo : Bertrand Ferrier

Promesse, en un mot

Photo : Rozenn Douerin

 

Quand on est organiste liturgique, il arrive souvent que, avant une cérémonie d’obsèques, l’on vous envoie le déroulé de la cérémonie. Cela vous permet de vous y préparer et, surtout, de proposer des ajustements en fonction de la liturgie, de la sensibilité religieuse – ou pas – de la famille, de la fluidité de la cérémonie, éventuellement des habitudes du lieu et du célébrant, etc.
Mais ça, c’était avant.
Désormais, c’est décidé : quand je lirai – toujours avec intérêt –
un déroulé de célébration, je ne donnerai plus de conseils du type : ce psaume n’est pas un psaume, c’est un chant que l’on pourrait mettre à un autre moment ; l’Ave Maria suivi du « Je vous salue, Marie », c’est un peu redondant à la file, glissons l’Ave Maria pendant la bénédiction du corps ; l’horripilante « prière de saint Augustin » après la le chant de communion et le chant d’action de grâces et avant le chant du dernier adieu et avant le chant pour la bénédiction de l’assemblée et avant le chant de sortie, peut-être, c’est peut-être beaucoup, surtout pour un moment chargé d’émotion comme les obsèques, etc.
Je jouerai le programme tel quel, dans la mesure de ce que j’estime être raisonnable.
En échange, on n’aura plus à me dire, après avoir reçu mes suggestions : c’est très intéressant mais on garde comme ça parce qu’on préfère, c’est pas grave parce qu’on nous connaît bien au niveau de la paroisse, maman voulait que ce soit comme ça, bien sûr que c’est un psaume vu que y a marqué psaume sur la partition de musique, ben pour l’enterrement de Papy on a fait ça et ça a posé de problème à personne alors je vois pas pourquoi ici on ferait pas pareil, etc.
Je perdrai moins de temps et, comme je dois être profondément amoral, je continuerai d’estimer que ma paye de quelque soixante euros brut, quelle que soit la durée de la célébration, est déjà bien méritée par les éventuels coups de fil de la famille et des autres musiciens, les échanges de courriels autour du programme, les déplacements, l’éventuel travail spécifique, accessoirement l’expérience et la disponibilité, etc.
Si nous devons parler, ce n’est pas obligé, Jean-Jacques Goldman – expert notamment ès matin, murailles et musique bonne, soit précisé en passant – l’avait compris avant tout l’monde, nous ne parlerons que de musique.
C’est bien, ça, la musique.
J’aurais dû y penser avant.

 

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