Photo : Bertrand Ferrier

En cette période que les pharaonistes présentent comme révolutionnaire, il est peut-être temps qu’une voix s’élève pour revendiquer ses privilèges et ses régimes spéciaux. Puisque personne ne se dévoue, autant que, sur ce post, résonne mon timbre.
Oui, en tant que titulaire d’un orgue parisien, nulle peur d’être décapité me le fera nier : je bénéficie d’une aura et d’un prestige qui me valent autant considération que récompenses. Les gens me remercient d’être moi, et les bougres, émus de frôler le maître – oui, moi –, tiennent à le manifester en me couvrant de dons dont (et non de dondons, grosses ou pas) (ni de dindons) (ni de Vincent Lindon, heureusement) la personnalisation tutoie le sublime. Cela m’aide, en dépit de ma position dominante, du moins en altitude quand je suis à la tribune, à rester oxymoriquement proche des gens. C’est précieux.
Parmi les monceaux de cadeaux qui me reviennent, j’en ai choisi deux qui illustrent fort bien mon propos, je crois.

Photo : Bertrand Ferrier

Premier choix, et c’est le cas de le dire, un repasse-cravate so british, déniché par une paroissienne sensible à cette élégance dont j’ai fait l’une de mes marques de fabrique. Généreux en diable, je le propose à la vente au prix de 50 €, port compris pour la France métropolitaine. Bien entendu, la somme éventuellement récoltée – moins les frais de cochon, faut pas abuser de ma bonté même sans catilinaires – sera intégralement reversée à l’une ou l’autre œuvre de la paroisse en question – et ceci n’est pas une blague.
Pour tous les passionnés souhaitant faire don de cet appareil vintage mais neuf à une personne portée sur la cravate et/ou le froissage-défroissage, voire souhaitant s’offrir un vrai beau cadeau, tutoyant le concept de vistemboire cher à Achille Talon, me contacter en cliquant sur l’enveloppe en haut de cette page.

Photo : Bertrand Ferrier

Le second choix n’est certes pas de la merde. Il rend hommage au don d’une apprentie organiste, élevée au lait de Jacques Pichard. Souhaitant me remercier pour l’avoir accueillie à la tribune à l’occasion d’une messe, elle m’a cédé ce magnifique sac pragois. Grâce à son esthétique quasi opticienne tant elle est portée sur la lunette, vous ne verrez plus jamais avec le même regard cette ville où il n’est point jusqu’aux sacs à crottes de chien qui ne soient culture. C’est pas le Paris de la répugnante héritière de l’autre Bertrand qui en pourrait dire autant.

Photo : Bertrand Ferrier

Hier soir, croyant entrer dans mon lit, j’entre dans un congélateur. Ce matin, croyant sortir dans la rue, je sors dans un congélateur. J’en déduis que mon pays, ce n’est pas un pays, c’est un congélateur.

La chose est établie : les critiques sont tous de grands malades.
Manteau sur la couenne, thermomètre dans la bouche
et ordonnance à portée de main, nous avons trouvé les ressources pour livrer,
enfin, au monde ébaubi, notre nouvelle recension.

C’est le carton dont chacun, tel Hectuel, parle ! Dans ma bibliothèque de nouveautés, j’ai donc choisi pour vous Édition limitée d’un auteur que nous connaissons tous mais qui reste toujours bleu, Lotus.
Le projet est classique : un propos dense (« résistant »), un fort volume (triple épaisseur), un grand souci de la langue (« fabriqué en France ») et la petite pointe de provocation qui caractérise l’artiste, surtout en ces temps de repli communautaire (« pur blanc pour plus de confort »). Certes, prétendre que l’on s’esclaffe à la lecture de ces pages blanches serait, d’évidence exagéré. Cependant, outre que le rire n’est pas obligatoire en art, que l’on sache, il y a, çà et là, certaines nuances de blanc qui feraient regretter à certaines leurs chères nuances de grès. Pas d’inquiétude, néanmoins, nous n’en dirons pas plus pour ne pas spoiler le suspense !
Sachez en bref que nous avons été touché par le professionnalisme dont fait preuve cette nouveauté éditoriale : une fois de plus, elle nous mouche – c’est vraiment une bonne à nez ! Le plus grand regret, et c’est bon signe, reste la brièveté du contenu, admise dès le titre (« édition limitée »). En somme, un produit qui convient à presque toutes les maladies en « ite », sauf à la phlébite, par exemple, ou à la grippe qui, elle, prend deux paix. Bonnes émotions à toutes et à tous.

– Mais non, monsieur le préposé à la maréchaussée, je n’ai pas trahi le Porto et les gambas, voyons ! Simplement, j’en étais au dessert. Alors, oui, je l’avoue, j’ai pensé qu’un frouitoudeuh, ça passerait.
– Un frouitoudeuh ? Arrête tes conneries. Y en a beaucoup, là. Quatre prunes, trois abricots, huit cerises… T’as les justificatifs d’achat ? Tu veux encore prétendre que c’est pour ta consommation personnelle ?
– Bon, et parfois, c’est la vérité, j’veux pas vous raconter d’histoire, je dépanne un copain ou deux. Vous voyez, je joue clair avec vous, sérieux.
– Voilà, tu deviens raisonnable. De toute façon, on va faire rentrer un végétarien pour la perkiz. Si y a encore d’autres fruizélgum, vaut mieux me le dire avant.
– Y a rien, monsieur le préposé, juré. À part quelques cornichons, mais ça compte pas.
– Des cornichons ! OK, tu pinces et t’appelles Bernard Valls du Cancer du Collomb, on en tient un bon.

Quand les démineurs parisiens ont su qu’il m’avait été apporté quelques périmées et feues bières Slavia des brasseries Demory, ils sont partis en vacances jusqu’à Pâques ou la Trinité. Trop d’anges heureux. « On peut être suicidaire sans être con », aurait stipulé l’un d’entre eux.

Doigts d'auteurMes doigts d’auteur.
Petits doigts d'auteurMes petits doigts d’auteur.
Gros doigts d'auteurMes gros doigts d’auteur (dans ton cul les pauvres).
Bien. Et maintenant, revenons à des choses pleines de sériosité.

C'est choueppeVoici une photo d’art intitulée : Sentiment d’inutilité. Nous ne voyons pas d’autre efffplicafion, bonfoir.

20160327_132020Un clou a cru que je lui faisais manière de doigt d’honneur. Il n’a pas apprécié.

20160303_225304Pas besoin d’être grand clerc pour voir que ce n’est pas grand-chose. Tu le sais bien, le temps passe, ce n’est pas grand-chose.

Lire le PQAu-dessus, une bibliothèque que certains trouvent « chiante ». Dessous, la bibliothèque du cul. Un autre style.

20150820_092813« Et on peut savoir ce que tu as fait, ce matin ?
– J’ai bien bossé. J’ai écrit des tartines. »