Capture d’écran de la vidéo d’Inna Ouvaroff

Originellement écrit pour piano et saxophone, voici un extrait des « Tableaux de Provence » adapté pour orgue et saxophone par Anna Homenya et Dmitry Uvarov. L’occasion pour chacun de découvrir ou réentendre Paule Maurice, une compositrice guère prisée des programmateurs en quête de noms bankable.
Les amateurs de trouvailles harmoniques et d’ambiances goûtues le regretteront – mais ils auront, a minima, cette vidéo pour rêver au riche répertoire laissé par la créatrice !

 

Anna Homenya et Dmitry Uvarov (aperçu). Photo : Bertrand Ferrier.

Après avoir mis en ligne la première version YouTube de Tanets de Naji Hakim par Marie-Agnès Grall-Menet, en présence du compositeur…

 

 

… le festival Komm, Bach! est tout frétillant de présenter en création mondiale une miniature écrite spécialement par le chef et compositeur Nikita Sorokine pour le concert des Petites symphonies pour un nouveau monde. Bonne découverte ou réécoute de cette petite perle apte à pimper le collier de nos habitudes !

 

 

Ce n’était pas le premier concert collectif, mais c’était le premier concert doté d’ubiquité du festival Komm, Bach! : ce samedi 28 mars, a été diffusé pour la première fois sur YouTube le film des Petites symphonies pour un nouveau monde, avec six artistes internationaux. Voici le résultat.

 

 

Les curieux de belle musique peuvent prolonger l’expérience à travers les derniers disques des musiciens, comme…

Belles écoutes à chacun.

 

Vittorio Forte. Photo : Rozenn Douerin.

Le samedi 28 mars, à 20 h 30, le festival Komm, Bach! réunit six concertistes internationaux pour un concert exceptionnel diffusé sur YouTube et intitulé Petites symphonies pour un nouveau monde. Le concert s’articulera autour de pièces pour orgue et saxophone, présentés tantôt, et pivotera autour de pastilles distillées par pianos et clavecin. Quatre invités VIP ont accepté de participer au projet : aujourd’hui, nous allons découvrir les deux premiers (par ordre d’apparition à l’écran). Les deux suivants débarouleront demain.
Le premier nommé est un quasi habitué des habitués (j’ai pas fini) de ce site. Vittorio Forte est l’un des secrets les mieux gardés du piano virtuose et néanmoins musical, puissant et cependant subtil. En dépit de sa modestie envahissante, c’est un hénaurme pianiste, aussi brillant techniquement que généreux humainement, aussi curieux musicalement que sidérant digitalement. De ce grand escogriffe, il nous est même arrivé de dire plus que du bien, chose si rare paraît-il, çà et .

Photo : Bertrand Ferrier

Guidé par un pédagogue argentin, le zozo ne s’est consacré au piano qu’à 17 ans, quasiment à l’âge de la retraite chez certains. En quelques années, il a raflé moult prix de concours nationaux, avant d’aller se perfectionner auprès de pianistes prestigieux, de la trempe de György Sándor ou Mikhail Petukhov. En 1996, il glane le premier prix du concours international de Zumaia (en Espagne, évidemment), donc le droit de jouer son premier concerto avec orchestre – le mozartien Jeunehomme. En 1998, un nouveau concours lui permet de quitter l’Italie pour gagner les rives (françaises) du Léman. Une tournée de concerts européens passant par la Bulgarie et Toulon, si si, lui permet de décrocher une bourse.
De la sorte, le voici grenouillant au conservatoire de Lausanne, puis auprès d’hurluberlus notoires feat. Paul Badura-Skoda et Jean-Marc Luisada. Quant à François-René Duchable, c’est pire : il choisit Vittorio pour interpréter le Cinquième concerto dit « Empereur » de LvB avec rien moins que l’Orchestre de chambre de Lausanne.

Photo : Bertrand Ferrier

Le sommet ? Que nenni. L’Européen Forte continue de gagner des concours, d’intégrer des classes de maître spectaculaires avec, entre autres, des mentors de l’acabit d’un Andreas Staier ou d’un Menahem Pressler. Au Grand Prix Vlado Perlemuter, il récolte deux prix, dont le prix Chopin pour la meilleure interprétation d’une pièce du compositeur polonais. Lyrinx l’alpague, et son disque Clementi (ne vous fiez pas à la pochette pourrie, c’est wow) remporte, notamment 5 diapasons. S’ensuivent de nombreux enregistrements vite considérés comme des références, dont un disque Schumann, un disque Couperin-Chopin, un disque Carl Philip Emmanuel Bach, des intégrales et des récitals comme ce « Voyage mélodique de Schubert à Gershwin » qui alpague aussitôt ses cinq diapasons.
Ses innombrables récitals ne l’empêchent pas de délivrer de nombreuses classes de maître à son tour, et de susciter l’admiration incrédule de tous ceux qui assistent à ses concerts. Ne croyez rien au marketing : oui, Volodos, ça joue superbement ; mais Forte, c’est au moins aussi magnifique.

 

Jasmina Kulaglich. Photo : Laura Cortès, by courtesy of the model.

Jasmina Kulaglich est moins explosive. Plus intérieure. Pas moins volontaire, c’est un fait. À Belgrade, où la concurrence est rude, elle toque un Premier prix à l’unanimité au Conservatoire national supérieur de musique. Plus le Grand prix de l’université des arts. Plus le Premier prix au concours des jeunes pianistes serbes. Plus le Prix d’octobre de Belgrade. Rien que ça…
La jeune femme est volontaire, elle souhaite encore se perfectionner auprès – notamment – de disciples d’un certain Claudio Arrau. Son aura grandit et l’amène à se produire en France, en Suisse, en Italie et en Hollande.

 

 

Mais la dame n’est pas univoque. Soliste ? Soit. Chambriste itou. Elle se produit en petit comité – mais quel « petit » comité – avec les solistes et membres du Philhar de Radio France, de l’ONF, de l’Orchestre de Paris et de l’ONIF. Elle fracasse Londres avec l’Orchestre romantique européen, elle envahit le clavier devant l’Ensemble symphonique de Paris et l’Orchestre de chambre Dionysos. Elle gagne le New Jersey avec le trio Botticelli et la presse avec le trio Bohème, autour d’un excitant programme saisonnier disponible ici.
Chambriste, soit ? Soliste avant tout. Elle a notamment créé Byzantine Mosaic de Svetislav Božiċ, œuvre et disque inspirés par les monastères orthodoxes des Balkans. Le disque est un choc salué notamment par Radio Classique, France Musique et la Radio Suisse romande.

 

 

Critiques et experts se gobergent et s’écharpent pour savoir qui louera le mieux sa sonorité fruitée (si), sa sonorité idéale, son aisance diabolique, son intériorité sensible ou son don inné pour la beauté. Insatiable, la dame séduit la Radio Télévision de Belgrade et la Radio Suisse Romande qui l’enregistre avec admiration, et elle poursuit son projet musical doublement : d’une part en tant que prof (au Conservatoire à Rayonnement Régional d’Aubervilliers et au Pôle Sup’ 93), d’autre part en… mais oui, en participant au concert du 28 mars où, par ma foi, l’on vous attend !

Anna Homenya. Photo : Nikita Sorokine pour le festival Komm, Bach! (détail).

Le samedi 28 mars, à 20 h 30, le festival Komm, Bach! réunit six concertistes internationaux pour un concert exceptionnel diffusé sur YouTube et intitulé Petites symphonies pour un nouveau monde. Le concert s’articulera autour de pièces pour orgue et saxophone – nous présenterons leurs manipulateurs dans ce post. Il pivotera autour de pastilles distillées par pianos et clavecin – nous présenterons demain les VIP qui ont accepté de participer au projet.
Première à entrer en lice, Anna Homenya avait déjà coché la date et l’heure : elle devait se produire avec sa complice ce soir-là, en direct, pour un concert d’orgue à huit pieds et mains. Camille Déruelle étant contrainte de rester chez elle pour garder sa fille, Anna a décidé de maintenir sa participation avec un autre complice – un saxophoniste, pour changer. C’est une joyeuse nouvelle car la demoiselle vaut le coup d’oreilles.
En 2013, elle décroche le Premier prix d’orgue et de clavecin au conservatoire Rimsky-Korsakov de Saint-Pétersbourg et, dans la foulée, soutient son doctorat de musicologie – il porte sur les symphonies de Bruckner. Elle poursuit sa formation auprès de grands maîtres de l’orgue – comme Michel Bouvard et Louis Robilliard – et du clavcein – comme Christophe Rousset, Andrea Steier et Skip Sempé ; et elle la termine au Conservatoire à Rayonnement Régional de Paris, dans les classes de Christophe Mantoux (orgue) et Noëlle Spieth (clavecin). Parallèlement, elle multiplie les concerts DeLuxe en se faisant entendre à la Chapelle académique de Saint-Pétersbourg, à la Marienkirche de Stralsund, en Allemagne et, à Paris, aux grandes orgues des églises Saint-Séverin, Saint-Gervais, Saint-Augustin et des Billettes à Paris.

Insatiable, elle accumule les lauriers. Quelques exemples ? En 2017, elle est l’une des cinq finalistes du très prestigieux concours d’orgue de Dudelange (Luxembourg). En 2018, elle devient l’accompagnatrice de Quadrivium, un ensemble de musique baroque qui, avec le musée des Arts et métiers, déploie un programme de concerts autour des compositrices. Soliste, elle se plaît à travailler aussi en duo. Avec la claveciniste Tatsiana Khalevo, elle joue François Couperin à la Philharmonie de Minsk, en Biélorussie. En 2019, avec Camille Déruelle, elle s’aventure à Annecy pour une première expérience autour de l’orgue à huit pattes.
En 2019, elle participe au concert d’ouverture du festival Paris les Orgues parmi une pléiade d’organistes qui, à défaut d’être des chaussures, sont déjà des pointures connues et reconnues. La même année, elle joue au festival d’orgue de Murcia, en Espagne, fait ses débuts au Royaume-Uni sur l’orgue historique d’August Gern abrité à Leven, et est invitée comme professeur d’orgue à l’université de Saint Andrews, en Écosse. Parallèlement, elle est l’organiste de l’église parisienne de Sankt-Albert, grave la musique de Boris Tischchenko pour Naxos (disque paru début 2020), et enseigne piano et solfège à l’École russe des arts, cofondée en 2016 par Inna Ouvaroff – qui a réalisé plusieurs séquences des Petites symphonies pour un nouveau monde – et Dmitri Ouvaroff, le saxophoniste du concert.

Dmitri Ouvaroff à Saint-André de l’Europe. Photo : Inna Ouvaroff pour le festival Komm, Bach!.

Dmitri est né en 1985 à Apatity (en Russie, comme chacun feindra de le savoir). Il obtient son diplôme de saxophone – avec la mention Excellent, s’il vous plaît – au Collège d’État de musique de Saint-Pétersbourg Modeste Moussorgski, se spécialise en saxophone classique en terminant ses études au conservatoire Rimsky-Korsakov de Saint-Pétersbourg. Enfin, il ne termine pas vraiment puisque, en 2018, il soutient son master d’Arts, lettres et langues, mention musicologie à l’université de Versailles-Saint-Quentin.
Entre 2004 et 2014, il est lauréat d’une dizaine de concours internationaux. Dès 2006, il intègre l’Orchestre symphonique de la chapelle d’État de Saint-Pétersbourg. Rapidement, il est invité par les orchestres symphoniques du Mariinsky et de l’Académie philharmonique du Saint-Pétersbourg. Tout en peaufinant son art auprès de grands musiciens (dont Jean-Denis Michat, qui sera joué lors des Petites symphonies pour un nouveau monde), il se produit dans de grands festivals internationaux comme Aix-en-Provence et Vittenberg. En Italie, il se produit dans le cadre des « Jeunes talents de Saint-Pétersbourg » organisé par l’État russe. En Chine, il participe aux Journées de Saint-Pétersbourg. À Moscou, il joue pour le Festival de Pâques. À Paris, en sus d’avoir fondé et de diriger l’École russe des arts, il devient l’artiste de DAU, le projet acoquiné avec le festival de film de Berlin. Depuis cette année, il est lié à l’Orchestre symphonique de Palerme. Bref, ça joue.
À demain pour partir à la découverte des invités VIP !

 

 

Malgré la lutte contre le coronavirus et l’écrasement des libertés publiques, le festival Komm, Bach!, autoproclamé « plus petit festival international d’orgue-mais-pas-que », est heureux de propulser « 17 petites symphonies pour un nouveau monde » en toute salubrité publique puisque ce concert virtuel sera diffusé sur YouTube. Malgré la fermeture des frontières, il rassemblera des artistes russes, serbe, italien, suisse et même, folie, français (ce qui n’est pas exclusif des autres possibilités, et réciproquement).
Autour de pièces associant orgue et saxophone, des pastilles de clavecin et de piano contribueront à mêler des musiques ancienne et toute fraîche (incluant une création mondiale !), le tout offert avec grâce par les concertistes internationaux Jasmina Kulaglich, Vittorio Forte, Anna Homenya, Dmitri Ouvaroff, Christian Chamorel et Nicolas Horvath.
Au côté des vidéos signées par la réalisatrice Inna Ouvaroff, des capsules faites « en mode confinement », non pas comme à la maison mais à la maison, simplement, par les invités VIP, témoignent de la réalité du moment, dans un écrin conçu et réalisé en un temps record par la claviériste et artiste visuelle Esther Aliénor.
Ce film sera projeté pour la première fois le samedi 28 mars à 20 h 30 sur la chaîne YT du festival. Ne ratez pas cet événement exceptionnel et intime ! (Toutes infos sur l’événement FB.)

 

Anna Homenya en plein ménage. Photo : Bertrand Ferrier.

Après son passage à la tribune de Saint-André de l’Europe, sans renoncer à faire le buzz, Anna Homenya efface toute trace virale grâce à son stylo rayonnant magique.  Comme elle compte revenir (et que nous comptons sur son retour), on peut dire qu’a été sauvée encore une vie russe.
(Comme ça, ça, c’est fait. Je pensais aller plus loin pour ceux qui n’ont pas l’accent du Sudeuh en parlant d’un petit navire, mais c’était bateau.)
Rendez-vous le samedi 28 mars, 20 h 30 sur la chaîne du festival Komm, Bach!.

Dmitry Uvarov et Anna Homenya. Photo : Bertrand Ferrier.

Pas de concert le 28 mars. Plus de concert jamais ? À notre niveau, nous travaillons à réduire ce jamais.
Avec la paroisse Saint-André de l’Europe (Paris 8), qui devait accueillir le récital et nous ouvre grand ses portes.
Avec Jorge, l’ouvrier chargé de passer l’aspirateur dans l’église alors que nous avions annoncé une séance d’enregistrement.
Et avec les artistes qui osent braver le coronavirus pour raison professionnelle et avec toutes les précautions civiques.
Précisons que les premiers volontaires ne sont pas de bons Français de souche. Ce sont des fous. Des Russes. Français, sans doute (who fuckin’ cares?), francophones, soit. Surtout, des musiciens qui viennent défendre la grande musique au temps du choléra dont les politiciens se servent pour écraser les libertés publiques et les droits sociaux. En soutien à Anna Homenya, nous avons pu accueillir le parfois sosie de Philippe Jordan…

Dmitry Uvarov par Bertrand Ferrier

aka le saxophoniste virtuosissime Dmitry Uvarov.

Dmitry Uvarov et Anna Homenya (aperçu). Photo : Bertrand Ferrier.

Deux complices, exigeants et passionnés. Capables de bosser 3 h 45 à la suite sans pause ou fake. Sans faiblir ou rien lâcher. Choisissant des partitions soit en trio pour l’orgue, soit pour le duo enchaînant 7/8 et 3/4 (avec des quintolets associés à des quartolets au milieu, sinon c’est pas drôle). Et se reprenant mutuellement quand ils jouent des notes au lieu de jouer de la musique. Puis travaillant le soir pour la seconde séance de recording. Une joyeuse claque pour musicien mou (pour mousicien, soit).
Le pire ? ce n’est que le début de notre teasing, c’est ça qui est vexant. En attendant, save the date: 28 mars, 20 h 30, on the Internet. Enfin, si le gouvernement à pulsion dictatoriale qui sévit en France n’a pas coupé le réseau d’ici là, bien sûr.

Dmitry Uvarov et Anna Homenya. Photo : Bertrand Ferrier.

Photo : Bertrand Ferrier

A priori, a posteriori et même au-delà, il ne pouvait y avoir de concert Komm, Bach! avec deux organistes le 28 mars ainsi que prévu. A priori, a posteriori et même au-delà, hein. Alors, on s’est dit : chiche. Mais chiche, c’est flou, la preuve (anagramme de « le pauvre » quoi que cela n’ait rien à voir).

Photo : Bertrand Ferrier

Alors, on a proposé aux artistes d’inventer un truc ensemble malgré le confinement, donc grâce à lui. L’une venait d’être maman et préférait sécuriser sa progéniture ; l’autre a dit : « Hé, pourquoi pas ? » Donc, on s’est mis au travail.

Photo : Bertrand Ferrier

Révéler tout ce qui en est sorti ? Tout ce qui se fomente ? Ben non, pas le genre de la maison. Mais ça travaille, soit. Voilà : ça travaille. Clairement, ça travaille autour d’Anna Homenya. Voilà. Le reste, c’est du suce-pince pour tous les bienveillants. (Les autres, on s’en fout, c’est pour ça.)

Photo : Bertrand Ferrier

Photo : Bertrand Ferrier

… et ce sera comme une virgule dans un monde de points, comme un ressort dans un monde de plombs, comme un doigt d’honneur dans un monde de lèche-culs. Un doigt d’honneur à la tristesse, à l’anxiété, à la finitude, à la mort.
Plus simplement, une nouvelle interprétation de la Pastorius toccata par un artiste du festival Komm, Bach!. Une conclusion festive au récital exceptionnel d’Aurélien Fillion. La rencontre ravivée du groove virtuose avec la grosse machinerie de l’orgue. Le tout dans l’idée du partage au moment où, après avoir massacré les services publics en général en général et la santé en particulier, la dictature hygiéniste tente de museler la culture pour commencer et la France dans la foulée.
C’est une poussière dans l’espace, dans la souffrance des suffocants, dans le respect des morts séparés de leurs proches pour complaire des experts de mon cul, mais c’est une respiration. Ça s’appelle la Pastorius toccata, c’est Aurélien Fillion qui conduit, et quoi qu’il nous arrive dans les jours qui viennent, c’est fort d’être embarqué dans cette aventure.

 

Photo : Rozenn Douerin

Dans ce monde de mollesse et de soumission, de compromis moches et de trucs pas nets, Aurélien Fillion stands his ground. Il savait. Savait que Paris serait vide, hanté par the invisible menace, hanté par la promesse d’une mort imminente et longue, hanté par les conséquences d’un gouvernement qui a contribué à la destruction du service de santé publique et a contraint à la démission, devant le maxistress, sa ministresse de la Santé.
Français exporté depuis onze ans en Belgique néerlandophone, le jeune virtuose a osé tenir sa parole. Il est donc venu à Paris propulser de la musique à la gueule du virus, fomenter un concert de Carême con fantasia, rencontrer un public curieux quoique pas forcément frotté de musique savante récente.
Le résultat est forcément joyeux. Intérieur. Profond. Et la photographie de Rozenn Douerin rend bien cette intensité sans concession, sans rage, sans mépris. Cette concentration qui fait l’artiste et qui renvoie dans les cordes les souffrances qui nous attendent demain. Le 14 mars, Aurélien Fillion nous a envolés. A bousculé les oreilles habituées à la musique classique de bon ton. A proposé son concert, sa vision, son art. Et c’était chouette, bis inclus. Démo en vidéo.

 

Photo : Sandra Aquilanti. Reproduite avec l’aimable autorisation du modèle.

Alors que les gens bien partaient en Bourgogne pour éviter d’être coincés à Paris (leur petit neveu en stage dans un grand ministère leur avait annoncé que confinement strict armée en marche etc.), alors que les gens sérieux restaient chez eux pour ne pas mourir de suite, les gens curieux venaient applaudir la curiosité et l’audace d’Aurélien Fillion. Celle d’un prof d’orgue et concertiste venu de loin pour interpréter un récital centré sur la musique récente. Celle d’un porte-étendard de la musique fraîche incapable de racisme, comme en témoigne son dernier disque paru chez Organroxx, où Bach a l’intelligence de baguenauder entre ses pairs ultérieurs, feat. Laurent Carle.
Illustration en vidéo avec cette émouvante concaténation propulsée dans une atmosphère anxiogène de fin du monde. Ou d’apocalypse. De révélation, c’est ça. Idéal pour le deuxième épisode de notre minisérie permettant à chacun de vivre ou de revivre ce moment prenant, tellement déconnecté des logiques milliardaires des banquiers et riches entrepreneurs de Pharaon Ier de la Pensée complexe qui guident les décisions iniques gouvernant l’Hexagone (notamment). Partager des pépites de cet instant, feat. deux pièces de notre ancien prof éphémère, avec la bénédiction de l’artiste, est une joie que nous sommes pétillants de propulser pour ceux qui, comme nous, ne sont pas encore décédés du virus couronné.

 

Photo : Sandra Aquilanti. Reproduite avec l’aimable autorisation du modèle.

Vous êtes beaucoup à n’avoir pu assister au récital d’Aurélien Fillion, qui restera sans doute comme le dernier concert avant la fin du monde. Obligations, rangement des rouleaux de papier hygiénique, peurs, éloignement et sensibilité à l’art anxiogène de Pharaon Ier de la Pensée complexe ont pu saper votre amour de la musique vivante, en dépit de la promesse d’un récital original, personnel, engagé, exigeant et puissant – promesse tenue et bien tenue.
Pour célébrer cet événement et combler un peu du temps confiné que l’on nous promet, voici le début de notre minisérie qui permet de revivre le meilleur du concert comme si vous y étiez – ou y aviez été. Bonne découverte de ces vidéos choisies avec l’artiste en personne, belle réécoute et joyeux courages à tous.

 

Viscount et Ave Maria européens. Photo moche : Bertrand Ferrier

Et pourquoi pas ? J’admets être aussi titulaire de ce magnifique instrument. Il est moche et il sonne vilain, je le confesse, MAIS, ce week-end, passé le coup de chiffon qui va bien, il avait l’immense avantage de fonctionner contrairement au bitouniou à tuyaux dont le moteur avait rendu l’âme à qui elle appartient. (Non, je sais pas si les moteurs ont une âme, juste que les camions sont réputés en avoir une.)
Me rappela le mariage d’un mien frère, dans une petite chapelle du Beaujolais, où chacun se gaussait de mon souhait de jouer l’harmonium en sus de l’orgue en plastique, les sommités locales s’étonnant même que l’objet poussiéreux n’eût point déjà été bazardé. Il advint que panne de courant. Devinez quelle bestiole je ploum-ploumai. Parfois, la vie sait être ironic, doesn’t she?

 

Parmi les vidéos du festival Komm, Bach!, certaines ont remporté un succès phénoménal à l’échelle du plus petit festival international d’orgue-mais-pas-que – nous l’avons vu tantôt. D’autres restent, et c’est joyeux, à découvrir. Voici, donc, dans notre catalogue, quelques suggestions.
Et la première, comme quoi, on est hyperouverts au niveau toléranciel, au moins, c’est pour ceux qui détestent l’orgue. En revanche, comme sur l’pont du Gard, attachez votre coiffe – ça souffle.

 

 

La deuxième, c’est pour ceux qui aiment la musique bien jouée, même si y a de l’orgue dedans : un tube du répertoire à tuyaux enlevé par le brillant bûcheron des Ardennes, aka Fix Grandjean.

 

 

La troisième vidéo que l’on propose, c’est une magnifique exécution d’une des six pièces de César Franck pour grand orgue. C’est puissant comme une série Netflix qui durerait moins d’un quart d’heure – et ça, ça n’est rien d’autre qu’un cadeau pour les oxymoronophiles.

 

 

Ha, on a un vrai cadeau pour les curieux qui aiment l’Écosse. Ce sera notre quatrième vidéo.

 

 

Bon, celle-là, c’est pour tous ceux qui détestent la musique contemporaine. Je pourrais dire que c’est une pièce que je trouve plutôt pimpante – mais comme je finis par être impliqué dans l’histoire, je peux pas, tu penses. Et ce fut la cinquième vidéo.

 

 

La sixième vidéo ? Bon, parce que vous insistez. C’est pour saluer un compositeur qui, assurément ne fait pas recette. I mean, it’s not maître Gims. Et pourtant, quel sens de l’harmonie et du climat, quand de belles interprètes s’y collent !

 

Photo : Sandra Aquilanti reproduite avec l’autorisation du modèle

Le prochain concert du festival Komm, Bach! célèbre l’orgue surtout récent et le talent d’un jeune organiste-flûtiste à bec-compositeur du nom d’Aurélien Fillion. Alors, bon, sur ce site, on est cash, donc on dit les choses tout rond, parce qu’une tautologie n’a jamais nui aux blagues de Toto : le mec ne comprend rien à rien. Mais rien. Tu sais, le genre de mec à qui tu demandes s’il n’a pas un extrait apéritif pour ses futurs fans parisiens et qui s’écrie : « Si, j’ai un extrait de concert à Stykkisholmur… » Désespérant.

 

 

Imaginez, simplement, un festival destiné à tous, mélomanes comme curieux, et un hurluberlu qui dit : « D’accord, je viens, et j’ai un programme qui va vous plaire. » Nous, fantaisie du jour ou whatever, nous devons répondre un truc du genre : « Super. » Donc le mec vient. Il vient, hein, c’est pas une blague. Il sera là le samedi 14 mars, à 20 h 30.

 

 

Cash, lui aussi. Avec du Jehan Alain, du Johann Sebastian Bach, du Louis Vierne et du Yannick Daguerre, admettons. MAIS aussi du Jean Guillou, du Laurent Carle, du Jean-Pierre Leguay et du Valéry Aubertin.

 

 

Ça sent la découverte, l’inattendu, l’improbable et le métissé.
Ça sent l’enthousiasme d’un public qui n’aura pas eu peur du truc censé être horrible, imbittable, réservé aux abonnés de l’Ensemble InterContemporain, cette ignominie (quand on pense qu’il y a tant de migrants et que l’on continue de donner de l’argent à ce genre de bruit…), bref, de la musique d’aujourd’hui en général et de « l’orgue contemporain » en particulier.
Ça sent la diversité, le choc et la respiration dans un monde « récital d’orgue » souvent engoncé entre Bach, un romantique, Thierry Escaich, un romantique et une improvisation pour finir. Ça dure 1 h 10 max tout compris, c’est gratuit avec écran géant pour suivre tout le concert en direct et programme pour comprendre ce qu’est-ce qui s’passe ; et, à la fin, avec un peu de patience, on peut aller boire un coup avec l’artiste même si on n’a pas acheté son disque.
Bref, si vous aimer les expériences, la grande musique souvent inconnue et les frissons, bienvenue, on sera heureux de partager ces émotions. Juste, faites un effort : venez pas à plus de 5000. Juste 4999, c’est bien, ça nous permettra de nous soumettre aux lois scélérates de Pharaon Ier de la Pensée complexe. Merci d’avance.

Photo : festival Komm, Bach!

Alors que les organistes emblématiques du Val-d’Oise tombent comme à Saint-Privat voire à Gravelotte, nos amis Remi Dardenne et François Cuny étant les derniers sur la liste à ce stade, les regards continuent de se tourner vers le plus célébré d’entre eux : Yannick Daguerre, dont l’aura, le charisme et le talent n’ont pas fini de faire clap-clapper des mains. Cette année, Yannick est la vedette de Komm, Bach! puisque Esther Assuied a accepté d’éditer sa « Pastorius toccata ».

 

 

Une dizaine d’artistes ont accepté de se risquer à la projeter sur l’orgue de Saint-André de l’Europe. À ce stade du festival, qui dure de septembre à fin juin, plusieurs virtuoses nous ont laissé partager leur vision de l’œuvre – à commencer par le premier à s’y coller, en l’espèce le vénérable commandant titulaire du Val-de-Grâce, el señor Hervé Désarbre.

 

 

François-Xavier Grandjean, herr titulaire of Sainte-Julienne de Namur, a relevé le gant et, sous l’œil sévère de la jeune virtuose Esther Assuied, claqué sa propre version de la pièce. De l’engagement et de l’envie comme on aime.

 

 

L’un des plus grands virtuoses de la place parisienne ne nous a pas (encore) autorisé à cingler son exécution de concert sur YT, mais il nous avait laissé onliner l’incipit glané lors d’une répétition – et, déjà, ça zoukait grave, comme disent les musicologues ou presque.

 

 

C’est alors que l’organiste la moins soupçonnable de vulgarité, la tutélaire titulaire des grandes orgues de Saint-Nicolas du Chardonnet, s’est emparée du shmillblick pour l’auréoler de son sérieux et de son exigence.

 

 

À cette heure, la dernière artiste à s’être risquée dans ces eaux mouvementées s’appelle Coralie Amedjkane. La dame est une subtile. Elle cache le feu de la musique sous l’apparence de la strictitude, et le brasier du groove sous le respect de la partition. Coralie, on va pas se mentir : tu-ne-trompes-personne, ton interprétation est wow, voilà – na !

 

 

Pour acheter la partition, c’est exclusivement ici.

Crédit : festival Komm, Bach!

Depuis le 7 octobre 2016, certains artistes nous autorisent à mettre en ligne des vidéos issues de leurs répétitions et/ou concerts donnés dans le cadre du festival Komm, Bach!. Toutes portent témoignage de leur souci d’offrir une heure d’orgue de qualité aux curieux. Quelques-unes rencontrent un succès patent auprès du cyberpublic. Voici, à ce jour, le classement du Top 16. (À la base, on partait sur un Top 15, mais on trouva que cela manquait de générosité. Alors voilà, quoi.)

16. Johann Sebastian Bach, « Fantaisie et fugue en do mineur » (BWV 537) par François-Xavier Grandjean

 

 

15. Bernstein & Sondheim, « Tonight » par Hervé Désarbre et Julien Bret

 

 

14. Jehan Alain, « Ave Maria » par Emmanuelle Isenmann et Olivier Willemin

 

 

13. Olivier Messiaen, « Le sourire » par Emmanuelle Isenmann et Jorris Sauquet

 

 

12. Johann Sebastian Bach, les trois « Nun komm der Heiden Heiland » par Jean-Luc Thellin

 

 

11. Noël Hazebroucq, l’incroyable improvisation sur le « Cabinet du docteur Caligari »

 

 

10. Robert Maximilian Helmschrott, « Im licht » par Esther Assuied

 

 

9. Louis Vierne, « À midi » (extrait des Angélus) par Ariane Zanatta et Coralie Amedjkane

 

 

8. Olivier Messiaen, « O sacrum convivium » par Emmanuelle Isenmann et Olivier Willemin

 

 

7. Naji Hakim, « Tanets », première cyberdiffusion, par Marie-Agnès Grall-Menet

 

 

6. Louis Vierne, « Naïades » par Coralie Amedjkane

 

 

5.  Johann Sebastian Bach, Fugue en sol mineur (BWV 578) par Jean-Luc Thellin

 

 

4. Orgue et bombarde par Jean-Pierre Rolland et Jean-Michel Alhaits

 

 

3. Johann Sebastian Bach, « Fantaisie et fugue en sol mineur » (BWV 542) par Jean-Luc Thellin

 

 

2. Louis Vierne, « Ave Maria » par Emmanuelle Isenmann et Jorris Sauquet

 

 

1. Hans Zimmer, « Dream is collapsing » par Esther Assuied

 

 

Oserez-vous assister en direct au prochain récital qui renversera peut-être la table ?

 

Ariane Zanatta. Photo : Rozenn Douerin.

C’était le deuxième épisode du « Mois des quatre samedis ». Un samedi soir entre filles, en somme, avec quelques invités mâles de premier rang, feat. la vedette des tribunes d’orgue de l’année, M. Louis Vierne en personne.

 

 

Pour inviter Louisou, on avait sélectionné des commensales à la hauteur. Faut être technique, faut être musical, et faut croire à ce que l’on propulse, surtout si l’on chante les mots de Jehan Lepovremoyne. Assurément, ces dames ont vraiment rendu hommage au parolier comme au metteur en musique.

 

 

Peut-être, soit, certes, le son ne valorise pas à sa juste valeur la projection chaude et sans concession de la soprano – plus que peut-être ; mais, dès que l’on a les moyens de mieux, on fait, promis ! En attendant, on laisse la part belle aux plus belles dimensions du mélomane curieux :

  • son imagination et
  • sa joie de profiter avec bienveillance d’un témoignage impressionnant.

Coralie Amedjkane. Photo : Rozenn Douerin.

D’autant que miss Amedjkane a accepté de claquer the « Pastorius toccata », partition spécialement éditée par le festival Komm, Bach! et disponible ici. Une pièce dans laquelle

  • des doigts solides,
  • une excellente indépendance,
  • un puissant sens du swing et
  • une belle personnalité

trouvent à repousser les limites du répertoire de la musique savante pour orgue en allant farfouiner aux confins du jazz funk. Sous les doigts de la grande Coralie, en dépit de l’apparence stricte et sévère de la virtuose, ça le fait grave.

 

 

Et comme Ariane Zanatta et Coralie Amedjkane ont le sens de la personnalisation, elles nous ont autorisé à mettre en ligne l’hymne de Saint-André d’André Jolivet, œuvre rarement donnée et pourtant secouante, qui allait comment un cierge à la paroisse qui accueillait ce concert (et non « qui allait comme un cerf à la paroisse qui accueillait ce concierge », bien entendu, c’est le cas de le dire).

 

 

Pour les Franciliens qui veulent savoir ou réentendre comment sonne ce duo en vrai, sans la modestie technique de ces souvenirs pétillants, bonne nouvelle : séquence de rattrapage au temple de l’Étoile ce samedi 29 février à 18 h autour de Franck, Vierne, Alain, Jolivet et Gandrille !

Photo : Bertrand Ferrier

Quand tu crois arriver à une tribune d’orgue tout à fait digne et que tu débaroules sur une tribune où une partition malencontreuse, certainement, te propose de revenir à ta vraie identité de sex machine (guédawoudeup).

Photo : Bertrand Ferrier

Tu sais que le jeune collègue que tu remplaces a déjà ébloui son nouvel auditoire quand, entres autres indices :

  • les mamans, même jolies, font poliment la moue en montant à la tribune avec leurs enfants pendant la messe quand elles découvrent que c’est toi ;
  • l’on t’applaudit après ton long morceau de sortie, et une dame chic t’attend en bas en t’expliquant « depuis quelque temps, moi qui n’aime plus venir à la messe, je viens à la sortie car je sais que c’est exceptionnel » ;
  • de jeunes fans portent visiblement aux nues la nouvelle idole, si l’on en croit les messages d’une totale liberté de pensée cosmique placardés sur la porte de la tribune…

Photo : Bertrand Ferrier

Quand, globalement, il y a écrit « TU VERRAS BIEN » sur ton conducteur d’obsèques, c’est fatal, le sage regarde la Lune mais, toi, tu regardes le vitrail.

Naji Hakim et Marie-AGnès Grall-Menet à Saint-André de l’Europe, à l’issue du concert Komm, Bach!. Photo : Domenico Severin (http://domenicoseverin.com/).

Après une numérotation imprécise, il est temps de revenir sur une classification beaucoup plus stricte et solide. Voici donc des bribes du soixante-dix-neuvième épisode du festival Komm, Bach!, featuring la concertiste internationale Marie-Agnès Grall-Menet, titulaire des grandes orgues de Saint-Nicolas du Chardonnet. Et, soyons clairs, ça a zouké, ce soir.

 

 

Cette dynamite – pardon : ce dynamisme est-il contradictoire d’une proposition plus protéiforme ? Ben non, les artistes du festival savent combien nous aimons contrastes et grand 8 des émotions. Aussi l’iconique MAGM nous en avait-elle préparé une dose…

 

 

Entre un brillant Gluck arrangé par l’artiste et un extrait de la « Petite musique de nuit » de Wolfgang, vous choisiriez quoi ? Un extrait de la « Petite musique » ? Bon, parce que vous insistez, alors, le voici…

 

 

Pour autant, l’heure n’est pas à la mignardise. On est au festival Komm, Bach!, tout de même. La preuve, l’interprète reprend aussi sec son sérieux.

Marie-Agnès Grall-Menet. Photo : Rozenn Douerin.

Et elle claque un hit qui est forcément du goût de l’autre zozo qui feint de la chaperonner depuis qu’elle s’est aventurée dans cette antre de perdition.

 

 

En même temps, on va pas se mentir, ici, on aime le padapam. Et la dame l’a bien subodoré.

 

 

Est-ce à dire que nous refusons la belle musique connotée Cavaillé-Coll ? Fi, mécréants, quand de brillants mains et pieds la savent interpréter, point ne les décourageons. (Allons.) (Coquins.)

 

 

C’est alors que surgit le phare de cette saison 2019-2020 : la « Pastorius toccata » de feu Yannick Daguerre, dont nous sollicitons l’interprétation dès que le concert semble cohérent avec cette pièce pétillante, parce qu’elle porte la mémoire d’un extraordinaire musicien.

 

 

Toutefois, restons sereins et toute cette sorte de choses. La virtuose ne voulut-elle point célébrer les 150 ans de la naissance de Mr Vierne ? Donc, méditons.

 

 

Restait l’énorme inédit de Naji Hakim, star internationale de l’orgue qui nous avait fait l’amitié d’être présent. L’occasion d’entendre la nouvelle exécution de sa redoutable pièce par la dédicataire de l’œuvre. Nous voulons imaginer qu’il ne le regretta certes point. Le triomphe fait à sa pièce et à son interprète semble parler de lui-même.

 

 

Alors, on va pas se mentir, vus le niveau d’exigence, la haute technicité, l’investissement personnel, le suivi, l’émotion et la musicalité, il est inutile de venir me chanter la messe sur « les squatteurs de Saint-Nike » ou l’extrême-droitisme de l’église dans les hauteurs desquelles la dame sévit. Ce 8 février, la titulaire du grand orgue de l’église polémique a balayé tout scepticisme d’un trait de lumière : c’était pensé, maîtrisé, puissant, pomme-pet-deupe et généreux. Un grand récital d’orgue, en somme.

Photo : Bertrand Ferrier

– … et, au niveau partage des os, quand vous dites que vous avez distribué 80 % de la quête à l’artiste du concert, vous avez aussi divisé les pièces rouges qui bientôt n’existeront plus pour complaire Pharaon Ier de la Pensée complexe et ses amis banquiers ?
– Nan.
– Vous avez pas honte ?
– Après avoir financé une pub à 30 €, renoncé à deux convois (en substance, 100 € net) pour accueillir le musicien, j’ai juste mis un billet de 20 € dans la corbeille pour l’artiste, un autre pour l’assoce qui paye la SACEM, et j’ai acheté des disques de l’artiste. D’autres questions ?
– Vous avez une preuve ?
– Ben, mon genou dans tes noix, ça irait ou bien ?
– Nous n’avons pas d’autre question, Votre Honneur.