Blog

La musique de moi

Anatomie du plaisir auditif

Affiche du concert du 18 mars 2026 (détail)

Je crois

  • à l’élégance (ô combien),
  • au doigté (si),
  • au tact, en somme.

Mais, parfois, quand on a un creux, il faut mettre les pieds dans le plat. Ce qui précède n’a aucun sens et, pourtant, c’est l’sujet de cette fredonnerie poussée lors du concert du 18 mars 2026…

 

Comme à la maison

Jann Halexander. Photo : Rozenn Douerin.

Racontons pas la messe, on l’entend assez souvent (en tout cas, je l’entends assez souvent), surtout sans le pape.

  • J’adore chanter.
  • J’adore gérer le plan de feux avec le régisseur.
  • J’adore le face-à-face avec le micro.
  • J’adore le danger de merder.
  • J’adore le projet d’after.

J’adore tout ça. Mais quel kif aussi d’accompagner, et quel kif en sus d’accompagner des artistes sur le long terme ! Par exemple mais pas par hasard, accompagner Jann Halexander, c’est cool.

  • Parce qu’on peut proposer des trucs et des machins pour habiller ses chansons.
  • Parce que le mec ne méprise pas ceux qui back-upent sa voix de crooner maléfique.
  • Parce que le zozo mordille sur des répertoires inattendus
    • (les inconnus de Mylène Farmer,
    • les tubes hispanisants,
    • même Mireille Mathieu…).
  • Et parce qu’il s’entoure d’autres accompagnateurs qui, loin d’être des concurrents, sont des porte-voix complémentaires avec lesquels s’accorder musicalement est un autre kif.

Monde de Bisounours ? Ben non. Juste respiration dans une lutte pour

  • la survie,
  • la musique et
  • le partage.

Donc,

  • quand JMTV + et ses 125 000 abonnés réclament Jann Halexander pour un set privé,
  • quand celui-ci te demande de l’accompagner,
  • quand tu apprends que Claudio Zaretti sera de la partie,

brusquement, ça va bien. J’espère que, pendant 25′, pour les visionneurs aussi.

 

D’un p’tit pays l’autre

Le 18 mars 2026 au théâtre du Gouvernail (Paris 19) lors du double concert « D’une pierre deux coups ». Photo : Rozenn Douerin.

Chaque habitué sait que Jean Dubois est sans doute – avec notamment Barthélémy Saurel – le secret le mieux gardé de la chanson française à couper le souffle de ceux qui ont encore un ou deux neurones et battements de cœur à stimuler. Quand il accepte de se joindre à un mien projet de concert, c’est donc joie et fierté… et volonté de l’exploiter au maximum. Ben oui, on vit en France macroniste ; même sur un militant CGT, ça déteint.
Comme le zozo, initialement connu pour ses guitares folkorageuses, s’est reconverti à son cher piano, le double concert du 18 mars 2026, au théâtre du Gouvernail, était l’occasion de le pressurer jusqu’à la moelle. Après une chanson à la guitare que nous partagions pour finir le premier set, il a accepté de passer au piano pour m’accompagner dans une chanson nouvelle, « Emmène-moi », qui ouvrait le second set. Et là, je l’ai entourloupé de superbe manière, je crois.
Pour éviter qu’il ne m’accuse de lui avoir volé le thème d’une de ses chansons, « J’suis d’un p’tit pays », j’ai rusé : je lui ai suggéré de jouer un prélude improvisé à ma chanson en moi en évoquant instrumentalement sa chanson à lui. Comme ça, je reconnaissais que j’avais repris son idée à lui de « p’tit pays », mais, bon, c’était pas fait méchamment.
En réalité, les deux chansons

  • n’ont rien à voir,
  • ne parlent pas de la même chose,
  • ne sont pas construites de la même manière et
  • n’ont, hélas, pas le même retentissement – la mienne était alors inédite, la sienne est un standard de son répertoire pour ses milliers de fans, c’est loin d’être une hyperbole, ceci étant précisé pour les ignares qui se prendraient pour des sachants.

En tout cas, grâce aux manigances que j’ai fomentées, je suis hyperblindé au niveau juridictionnellistique, je crois. Enfin, j’espère. Du moins, je ne risque rien tant que Jean n’aura pas vent de ce fric-frac. Je compte sur vous. En échange, la magnifique chanson originale de Jean avec Jean est là ; et la chanson inédite, nuance, de moi avec Jean au piano, ben, elle est juste ci-d’ssous.

 

 


Pour retrouver des chroniques sur des concerts de Jean Dubois…
… le 2 décembre 2014, au feu Limonaire, lire ici…
… le 9 février 2017, au feu théâtre du Bonheur, lire ici…
… le 16 décembre 2017, encore au feu théâtre du Bonheur mais pour une occasion spéciale, lire ici…
… le 1er juin 2018, à l’ex forum Léo Ferré, lire ici…
… le 24 janvier 2019, à l’Ogresse, lire ici…
… le 8 novembre 2024, à l’ex forum Léo Ferré devenu PIC, lire ici…
… et le 17 octobre 2025, re-au PIC, c’est ici et là.

Pour retrouver la chronique de son dernier disque en date, c’est là.

Danser chez Bobby

Orgue de la collégiale de Pézenas en 2021. Photo : Bertrand Ferrier

Le plaisir de retrouver un orgue, cinq ans après avoir sévi sur ses claviers, n’est pas le pire sentiment que peut éprouver un musicien. Surtout quand, cette fois, il partage la tribune avec un complice au sax pour donner un programme pétillant. Si vous êtes dans le coin de Pézenas pour cette « journée du patrimoine » (le patrimoine a droit à une journée, en France, c’est la folie !), rendez-vous donc ce dimanche à la collégiale et à 17 heures !

 

 

Au programme, entre autres, pour ce récital intitulé « Et si l’on danse ? » :

  • une intro en douceur et en swing imaginée par Pierre-Marie Bonafos et son bonnet en personne,
  • des danses allemandes de Franz Schubert,
  • une fantaisie du fantasque Maurice Faillenot,
  • des frétillements saisis par Michel Corrette,
  • un hommage à Luiza susurré par Antonio Carlos Jobim,
  • une compil’ de la techno de la Renaissance fomentée par Tylman Susato,
  • une suite d’invitations à la chorégraphie joyeusement troussées par Jean Langlais, et même
  • une création mondiale d’une calypso inspirée par Bobby Lapointe (ben, on est à Pézenas, tout de même).

Jouer tout cela devant vous serait, qui en douta ? un plus positif.

Tout cela passera, mais

Avec Jann Halexander et Claudio Zaretti, le 7 mai 2026 à Villeneuve-la-Garenne. Photo : Jacky Moffo pour JMTV+.

Jouer, disent-ils.

  • Dans un parking clandestin pendant le confinement.
  • Dans un théâtre à l’italienne pour fêter vingt ans de carrière.
  • Dans des salles des fêtes où se love un quart de queue méprisé par la municipalité.
  • Avec une flopée de collègues ou juste le guitariste-contrebassiste-feel-good singer Claudio Zaretti.
  • Dans un cinéma des Champs-Élysées, séance tenante.
  • Dans une brasserie pseudo chic parce que.
  • Sur une péniche où y a personne mais y aurait du.
  • Dans un jardin privé avec quatre-vingt spectateurs qui ne connaissent rien à la chanson et où le clavier est posé sur une table à repasser.
  • Au fond d’une cave du deuxième arrondissement parisien.
  • Dans un théâtre en vue du off d’Avignon, pour une chanson de fin de résidence.
  • Dans un studio aux fonds verts et, au fond, vert.

Jouer où tu peux, disent-ils, mais jouer. Disent-ils. Ils n’ont pas tort. Car, à la finale, tout cela passera, et nous aurons joué pour accompagner Jann Halexander. Lequel fête son anniversaire ce jour. Alors youpi.

 

Un petit noir bien serré

Photo : Jacques Bon

Voilà, on y est. Après avoir râlé contre la chaleur tout l’été, a sonné l’heure de râler contre la grisaille, la pluie et la rentrée. Heureusement, nous avons la solution : un shot d’énergie en une minute chrono pour affronter la fatalité du blues et de la mollesse ensuquante, ça vous tente ?

 

Chronique d’un succès pas annoncé

Bertrand Ferrier et Jann Halexander au théâtre de l’île Saint-Louis (Paris 4), le 7 août 2026. Photo : Moïse Manoël-Florisse.

Ce n’était pas gagné, à supposer que quelque prise de risque artistique non subventionnée le fût.

  • Lui dit que ça le stressait, euphémisme ;
  • moi, je pense que ça l’excitait, litote ;
  • les deux versions sont évidemment complémentaires.

Alors que Jann Halexander jouait au festival d’Avignon, une proposition débaroule sur son téléphone. L’équipe du théâtre de l’île Saint-Louis, précieuse bizarrerie au cœur du Paris instagrammable, lui propose de relever un défi : donner un récital estival, alors que la vie culturelle locale revendique – avec une once de fierté snobistique qui sent le bronzage excessif et le rail de début de soirée au bord du port – un électrocardiogramme plat, et que chacun sait que TOUS les Parisiens baguenaudent par monts, vaux, vaches, cochons, etc.
L’initiative un peu fofolle a été assez investie par le zozo pour que la partie de ses fans dispersée par les mois chauds (enfin, encore plus chauds que les autres) soit remplacée par des primo-spectateurs. Avec plus de quarante spectateurs, le théâtre a donc affiché complet pour ce one-shot piano-voix presque impromptu, témoignant du rayonnement « à bas bruit » d’un chanteur qui cultive

  • sa singularité,
  • son insaisissabilité et
  • son lien particulier avec un public qu’il réinvente donc qui se réinvente depuis plus de vingt ans.

L’ambiance était caliente et, je l’avoue sans barguigner, sur scène, en version intimiste piano-voix, on s’est bien amusés. À la fois

  • pied-de-nez aux habitudes parigotes,
  • joie de pouvoir travailler même à Paris en été,
  • plaisir de trouvailles et retrouvailles inattendues,

ce tour de chant, partagé entre

  • classiques de l’artiste (« À table », « C’était à Port-Gentil », « Un dimanche au Vieil-Baugé »),
  • raretés percutantes (« Fata Morgana ») ou dissonantes (« L’ombre mauve », qui a marqué moult oreilles),
  • reprises (Véronique Pestel, Anne Sylvestre, Léo Ferré parlé, lieu oblige, Paulette Jeanne Renée Michey dite Mick Micheyl) et
  • inédit (« Les prisonnières de la tour de Constance », tout fraîchement enregistré par les micros de Sébastyén Defiolle),

a percuté les foufous venus l’applaudir. Le petit Nicolas (pas l’ordure à talonnettes, hein) n’aurait pas dit mieux : c’était rien chouette.

 

Hommage aux cigales qui dansent l’été

Détail de l’affiche officielle

Suite à la suppression du TGV réservé, le concert est reporté au dimanche 20 septembre.

Grâce à Michel Mazet et Isabelle Lange, titulaires, joie de revenir ce soir à la collégiale de Pézenas – après un récital en solo jadis – pour un nouvel épisode de la série « Et si l’on danse ? », fomentée avec le sieur Pierre-Marie Bonafos, ici présenté comme Pierre-Marie Bonefos sans doute pour éviter que le public ne se précipite en trop grand nombre pour l’écouter.
Pourtant, ce sera bien M. Bonafos et son bonnet, non un clone de chez Wish, avec qui je propulserai des danses de Schubert, Jobim, Susato, Faillenot, Corrette, Langlais et plus car affinités. Une heure de chorégraphie pour les oreilles, joyeuse-mais-pas-que, dans un bâtiment étonnant doté d’un orgue superlatif. Avec vous serait un plus positif.

 

Et si l’on fête la musique en dansant ?

Florilège de l’affiche du concert pour la fête de la musique 2026

En pied-de-nez

  • à l’ex-future premier ministre ratée qui feint de croire, l’hypocrite malsaine, que les rues sont envahies de magasins de musique pour empêcher Master Poulet et la culture halal de s’étendre ;
  • à ceux qui croient qu’ils peuvent nous écraser sous leurs mesures étouffantes et destructrices ;
  • à tout ce qui risque de nous inciter à la dépression carabinée parce que ce serait la seule attitude responsable,

contre tous ces maudits, dansons.
Dansons avec la crème de la musique européenne et mondiale. Avec des Italiens, des Austro-allemands, des Brésiliens, même des Français, soyons foufous.
Ce dimanche 21 juin, au frais, dans la belle église de Saint-André de l’Europe (Paris 8), let’s rejoyce. Entrée libre, sortie aussi. Concert bien quand même, d’autant que des sébiles seront disponibles au cas où. Elles n’auront rien contre les billets de 200 € s’ils se présentent, ni contre ce qui pourrait soutenir les affiches, les programmes-éventails voire les musiciens.
Programme disponible sur Fête de la musique 2026 – Programme.

Persister, c’est vivre un peu plus fort

Le concert du jour !

Ils y croient. Ils croient que ça vaut le coup. Le coup de chanter l’autre qui, lui-même a chanté lui-même et l’autre sans, toujours, les distinguer dans le miroir qu’est la chanson. Bref.
Jann Halexander et Pascal Bertonneau s’aventurent de l’autre côté du périph’ pour prolonger la grande chanson en exaltant certains aspects du catalogue de Catherine Ribeiro pour l’un, de François Béranger pour l’autre. Bertonneau opte pour un premier degré assumé, sans forfanterie ni facétie : la chanson de Béranger, rien qu’elle. Halexander fait un pas de biais en enlaçant quelques-unes de ses œuvres à celles de madame Ribeiro en personne.

 

 

L’un choisit d’être à nu ou presque : seuls le titilleront les dix doigts de son pianiste. L’autre dégaine un trio qui le connaît bien, et réciproquement :

  • Sébastyén Defiolle sera à la gratte électrisante,
  • Claudio Zaretti sera à la sèche groovy,
  • je ploum-ploumerai.

Et ça se passera dans un « tiers-lieu » (haha, classe ou bien ?) de Massy (91) ce 5 juin à 19 h 30.


Rendez-vous Station l’Atlante au 16, bis rue Ampère de Massy. On peut réserver avantageusement ici.