Christian Chamorel en concert. Photo : Rozenn Douerin.

Pianiste 2.0, avec vidéos pour réseaux sociaux de lui dans ses trois fonctions (

  • ploum-ploumiste,
  • amoureux des chiens (surtout du sien, pas du chien) et
  • homme Mennen aux muscles saillants,

), Christian Chamorel, pianiste puissant et fin, prépare la sortie d’un disque Mendelssohn en solo. Si vous croyez que ça l’empêche de faire don de vidéos au festival Komm, Bach!, ce que vous vous gourez, fillettes, fillettes…

 

Capture d’écran de la vidéo d’Inna Ouvaroff

Originellement écrit pour piano et saxophone, voici un extrait des « Tableaux de Provence » adapté pour orgue et saxophone par Anna Homenya et Dmitry Uvarov. L’occasion pour chacun de découvrir ou réentendre Paule Maurice, une compositrice guère prisée des programmateurs en quête de noms bankable.
Les amateurs de trouvailles harmoniques et d’ambiances goûtues le regretteront – mais ils auront, a minima, cette vidéo pour rêver au riche répertoire laissé par la créatrice !

 

Nicolas Horvath à la Philharmonie de Paris lors de l’intégrale des « Études » de Philip Glass, en présence du compositeur. Photo : Bertrand Ferrier.

Parmi les virtuoses qui ont participé au concert du 28 mars, le plus dingue, et de loin, s’appelle Nicolas Horvath. Redoutable manipulateur de clavier, l’homme ajoute à cette caractéristique une forte dilection pour la musique minimaliste, l’exploration de répertoires multiples et les concerts de plus de douze heures. Mais même les miniatures d’1’40, ça lui fait pas peur. La preuve.

 

Jasmina Kulaglich. Photo : Laura Cortès, by courtesy of the model.

Pianiste concentrée, intérieure, intense, Jasmina Kulaglich a récemment fait son entrée dans le catalogue Naxos en solo, tout en continuant de sévir comme chambriste et comme enseignante. À l’occasion des Petites symphonies pour un nouveau monde, elle a offert aux curieux deux pièces de Borodine. En voici la savoureuse première.

 

Vittorio Forte. Rozenn Douerin, la photographe, voulait pas que je publiasse le cliché. Je l’fais quand même : c’est mon préféré.

Quand un pianiste exceptionnel est confiné, lui souvent faire ainsi. Pour, juste, le plaisir du partage. Par conséquent, en attendant le disque retardé par le Grand Confinement, please, rumble for the first out of four lieder by Rachmaninoff & Wild… & Vittorio Forte.

 

Anna Homenya et Dmitry Uvarov (aperçu). Photo : Bertrand Ferrier.

Après avoir mis en ligne la première version YouTube de Tanets de Naji Hakim par Marie-Agnès Grall-Menet, en présence du compositeur…

 

 

… le festival Komm, Bach! est tout frétillant de présenter en création mondiale une miniature écrite spécialement par le chef et compositeur Nikita Sorokine pour le concert des Petites symphonies pour un nouveau monde. Bonne découverte ou réécoute de cette petite perle apte à pimper le collier de nos habitudes !

 

 

Ce n’était pas le premier concert collectif, mais c’était le premier concert doté d’ubiquité du festival Komm, Bach! : ce samedi 28 mars, a été diffusé pour la première fois sur YouTube le film des Petites symphonies pour un nouveau monde, avec six artistes internationaux. Voici le résultat.

 

 

Les curieux de belle musique peuvent prolonger l’expérience à travers les derniers disques des musiciens, comme…

Belles écoutes à chacun.

 

Christian Chamorel ou presque. Photo : Bertrand Ferrier.

Ce soir, à 20 h 30, ils seront six à se produire pour un concert exclusif diffusé sur la chaîne YT du festival Komm, Bach!. Les quatre premiers zozos ont été présentés ici et . Subséquemment, il nous reste deux olibrius à découvrir. « Olibrius », le terme n’est point trop saugrenu.
Pourtant, Christian Chamorel, le premier des deux, est Suisse et a un chien, ce qui représente plus de garantie qu’il n’en faut pour lui accorder quelque bondieuserie sans concession – au point qu’il a été question du spécimen ici même, là aussi puis, trala, là itou.. À 17 ans, au conservatoire de Lausanne, l’ex-gamin a raflé une Virtuosité avec félicitations du jury. Insuffisant pour l’hurluberlu. Entre 2004 et 2006, il décroche deux diplômes de soliste à Munich puis à Zurich. Enquillant les victoires dans des concours internationaux, il enchaîne itou les concerts en vedette avec orchestre.

Christian Chamorel en concert à l’institut Goethe. Photo : Rozenn Douerin.

À vrai dire, le Romand est sans tabou. Il aime le lied, la musique de chambre, le solo devant l’orchestre et le solo tout seul comme un grand. Invité de grands festivals worldwide, le musculeux musicien sévit de Gstaad à Pékin, en passant par l’Allemagne, l’Italie, le Japon, l’Angleterre, les États-Unis et même, folie, la France.
Incandescent en concert, il rayonne au disque, de Liszt à Mozart en passant par Franck et le tout nouveau Mendelssohn, à paraître fin avril après qu’il a jeté maintes autres pierres dans le jardin de Felix. En sus, Christian Chamorel dirige le Mont musical, un festival qu’il a fondé au Mont-sur-Lausanne.

Nicolas Horvath. Photo : Bertrand Ferrier.

L’ultime gaillard est improbable. C’est un type qu’on a dialogué avec d’abord à propos de Claude François, alors bon. Comme quoi, faut pas se fier aux apparences. M. Gendre Idéal pourrait n’être qu’un spécialiste du brushing impeccable. Alléluia, Nicolas Horvath est un tout p’tit peu plus que ça. Le monsieur sévit d’abord en pays monégasque où il éblouit le chef Lawrence Foster.
Formé auprès des plus grands, dont Philippe Entremont et Leslie Howard, il refuse de s’enfermer dans la caricature du parfait virtuose soumis tout plein. En dépit d’un disque Liszt ultra-acclamé, l’homme ose le pas de côté.  Redécouvreur de compositeurs méconnus, défendeur de créateurs aussi divers que Terry Riley, Régis Campo et Valentyn Silvvestrov, il multiplie les disques et les concerts mémorables.

Nicolas Horvath, Debussy de la Lorette en Cornouailles et des gens. Photo : Bertrand Ferrier.

Spécialiste de Philip Glass (qu’il joue pendant douze heures, non stop, devant 14 000 personnes à la Philharmonie de Paris – oui, dans la grande salle, et qu’il re-joue devant le maître lors d’une intégrale mémorable), il claque aussi des récitals hors norme autour d’Erik Satie – mais pas que – tout en fricotant avec Czerny et Debussy.

 

 

Nicolas Horvath est aussi un compositeur époustouflant, oscillant entre Scriabine et l’électro hyper dark, selon les circonstances. L’homme refuse de se cantonner dans des cases mignonnettes à souhait. On suppose que, du coup, sa vie est hypermoins simple que s’il était un pur produit immédiatement intelligible, genre gentil virtuose mignonnet tout plein.
Faut l’admettre, bien qu’il soit un grand virtuose, il est tout sauf ça. Associée à sa créativité et à sa folie intrinsèque, c’est cette dichotomie aussi qui le rend croustillant et qui nous rend très heureux qu’il participe au concert de ce 28 mars.

Vittorio Forte. Photo : Rozenn Douerin.

Le samedi 28 mars, à 20 h 30, le festival Komm, Bach! réunit six concertistes internationaux pour un concert exceptionnel diffusé sur YouTube et intitulé Petites symphonies pour un nouveau monde. Le concert s’articulera autour de pièces pour orgue et saxophone, présentés tantôt, et pivotera autour de pastilles distillées par pianos et clavecin. Quatre invités VIP ont accepté de participer au projet : aujourd’hui, nous allons découvrir les deux premiers (par ordre d’apparition à l’écran). Les deux suivants débarouleront demain.
Le premier nommé est un quasi habitué des habitués (j’ai pas fini) de ce site. Vittorio Forte est l’un des secrets les mieux gardés du piano virtuose et néanmoins musical, puissant et cependant subtil. En dépit de sa modestie envahissante, c’est un hénaurme pianiste, aussi brillant techniquement que généreux humainement, aussi curieux musicalement que sidérant digitalement. De ce grand escogriffe, il nous est même arrivé de dire plus que du bien, chose si rare paraît-il, çà et .

Photo : Bertrand Ferrier

Guidé par un pédagogue argentin, le zozo ne s’est consacré au piano qu’à 17 ans, quasiment à l’âge de la retraite chez certains. En quelques années, il a raflé moult prix de concours nationaux, avant d’aller se perfectionner auprès de pianistes prestigieux, de la trempe de György Sándor ou Mikhail Petukhov. En 1996, il glane le premier prix du concours international de Zumaia (en Espagne, évidemment), donc le droit de jouer son premier concerto avec orchestre – le mozartien Jeunehomme. En 1998, un nouveau concours lui permet de quitter l’Italie pour gagner les rives (françaises) du Léman. Une tournée de concerts européens passant par la Bulgarie et Toulon, si si, lui permet de décrocher une bourse.
De la sorte, le voici grenouillant au conservatoire de Lausanne, puis auprès d’hurluberlus notoires feat. Paul Badura-Skoda et Jean-Marc Luisada. Quant à François-René Duchable, c’est pire : il choisit Vittorio pour interpréter le Cinquième concerto dit « Empereur » de LvB avec rien moins que l’Orchestre de chambre de Lausanne.

Photo : Bertrand Ferrier

Le sommet ? Que nenni. L’Européen Forte continue de gagner des concours, d’intégrer des classes de maître spectaculaires avec, entre autres, des mentors de l’acabit d’un Andreas Staier ou d’un Menahem Pressler. Au Grand Prix Vlado Perlemuter, il récolte deux prix, dont le prix Chopin pour la meilleure interprétation d’une pièce du compositeur polonais. Lyrinx l’alpague, et son disque Clementi (ne vous fiez pas à la pochette pourrie, c’est wow) remporte, notamment 5 diapasons. S’ensuivent de nombreux enregistrements vite considérés comme des références, dont un disque Schumann, un disque Couperin-Chopin, un disque Carl Philip Emmanuel Bach, des intégrales et des récitals comme ce « Voyage mélodique de Schubert à Gershwin » qui alpague aussitôt ses cinq diapasons.
Ses innombrables récitals ne l’empêchent pas de délivrer de nombreuses classes de maître à son tour, et de susciter l’admiration incrédule de tous ceux qui assistent à ses concerts. Ne croyez rien au marketing : oui, Volodos, ça joue superbement ; mais Forte, c’est au moins aussi magnifique.

 

Jasmina Kulaglich. Photo : Laura Cortès, by courtesy of the model.

Jasmina Kulaglich est moins explosive. Plus intérieure. Pas moins volontaire, c’est un fait. À Belgrade, où la concurrence est rude, elle toque un Premier prix à l’unanimité au Conservatoire national supérieur de musique. Plus le Grand prix de l’université des arts. Plus le Premier prix au concours des jeunes pianistes serbes. Plus le Prix d’octobre de Belgrade. Rien que ça…
La jeune femme est volontaire, elle souhaite encore se perfectionner auprès – notamment – de disciples d’un certain Claudio Arrau. Son aura grandit et l’amène à se produire en France, en Suisse, en Italie et en Hollande.

 

 

Mais la dame n’est pas univoque. Soliste ? Soit. Chambriste itou. Elle se produit en petit comité – mais quel « petit » comité – avec les solistes et membres du Philhar de Radio France, de l’ONF, de l’Orchestre de Paris et de l’ONIF. Elle fracasse Londres avec l’Orchestre romantique européen, elle envahit le clavier devant l’Ensemble symphonique de Paris et l’Orchestre de chambre Dionysos. Elle gagne le New Jersey avec le trio Botticelli et la presse avec le trio Bohème, autour d’un excitant programme saisonnier disponible ici.
Chambriste, soit ? Soliste avant tout. Elle a notamment créé Byzantine Mosaic de Svetislav Božiċ, œuvre et disque inspirés par les monastères orthodoxes des Balkans. Le disque est un choc salué notamment par Radio Classique, France Musique et la Radio Suisse romande.

 

 

Critiques et experts se gobergent et s’écharpent pour savoir qui louera le mieux sa sonorité fruitée (si), sa sonorité idéale, son aisance diabolique, son intériorité sensible ou son don inné pour la beauté. Insatiable, la dame séduit la Radio Télévision de Belgrade et la Radio Suisse Romande qui l’enregistre avec admiration, et elle poursuit son projet musical doublement : d’une part en tant que prof (au Conservatoire à Rayonnement Régional d’Aubervilliers et au Pôle Sup’ 93), d’autre part en… mais oui, en participant au concert du 28 mars où, par ma foi, l’on vous attend !

Anna Homenya. Photo : Nikita Sorokine pour le festival Komm, Bach! (détail).

Le samedi 28 mars, à 20 h 30, le festival Komm, Bach! réunit six concertistes internationaux pour un concert exceptionnel diffusé sur YouTube et intitulé Petites symphonies pour un nouveau monde. Le concert s’articulera autour de pièces pour orgue et saxophone – nous présenterons leurs manipulateurs dans ce post. Il pivotera autour de pastilles distillées par pianos et clavecin – nous présenterons demain les VIP qui ont accepté de participer au projet.
Première à entrer en lice, Anna Homenya avait déjà coché la date et l’heure : elle devait se produire avec sa complice ce soir-là, en direct, pour un concert d’orgue à huit pieds et mains. Camille Déruelle étant contrainte de rester chez elle pour garder sa fille, Anna a décidé de maintenir sa participation avec un autre complice – un saxophoniste, pour changer. C’est une joyeuse nouvelle car la demoiselle vaut le coup d’oreilles.
En 2013, elle décroche le Premier prix d’orgue et de clavecin au conservatoire Rimsky-Korsakov de Saint-Pétersbourg et, dans la foulée, soutient son doctorat de musicologie – il porte sur les symphonies de Bruckner. Elle poursuit sa formation auprès de grands maîtres de l’orgue – comme Michel Bouvard et Louis Robilliard – et du clavcein – comme Christophe Rousset, Andrea Steier et Skip Sempé ; et elle la termine au Conservatoire à Rayonnement Régional de Paris, dans les classes de Christophe Mantoux (orgue) et Noëlle Spieth (clavecin). Parallèlement, elle multiplie les concerts DeLuxe en se faisant entendre à la Chapelle académique de Saint-Pétersbourg, à la Marienkirche de Stralsund, en Allemagne et, à Paris, aux grandes orgues des églises Saint-Séverin, Saint-Gervais, Saint-Augustin et des Billettes à Paris.

Insatiable, elle accumule les lauriers. Quelques exemples ? En 2017, elle est l’une des cinq finalistes du très prestigieux concours d’orgue de Dudelange (Luxembourg). En 2018, elle devient l’accompagnatrice de Quadrivium, un ensemble de musique baroque qui, avec le musée des Arts et métiers, déploie un programme de concerts autour des compositrices. Soliste, elle se plaît à travailler aussi en duo. Avec la claveciniste Tatsiana Khalevo, elle joue François Couperin à la Philharmonie de Minsk, en Biélorussie. En 2019, avec Camille Déruelle, elle s’aventure à Annecy pour une première expérience autour de l’orgue à huit pattes.
En 2019, elle participe au concert d’ouverture du festival Paris les Orgues parmi une pléiade d’organistes qui, à défaut d’être des chaussures, sont déjà des pointures connues et reconnues. La même année, elle joue au festival d’orgue de Murcia, en Espagne, fait ses débuts au Royaume-Uni sur l’orgue historique d’August Gern abrité à Leven, et est invitée comme professeur d’orgue à l’université de Saint Andrews, en Écosse. Parallèlement, elle est l’organiste de l’église parisienne de Sankt-Albert, grave la musique de Boris Tischchenko pour Naxos (disque paru début 2020), et enseigne piano et solfège à l’École russe des arts, cofondée en 2016 par Inna Ouvaroff – qui a réalisé plusieurs séquences des Petites symphonies pour un nouveau monde – et Dmitri Ouvaroff, le saxophoniste du concert.

Dmitri Ouvaroff à Saint-André de l’Europe. Photo : Inna Ouvaroff pour le festival Komm, Bach!.

Dmitri est né en 1985 à Apatity (en Russie, comme chacun feindra de le savoir). Il obtient son diplôme de saxophone – avec la mention Excellent, s’il vous plaît – au Collège d’État de musique de Saint-Pétersbourg Modeste Moussorgski, se spécialise en saxophone classique en terminant ses études au conservatoire Rimsky-Korsakov de Saint-Pétersbourg. Enfin, il ne termine pas vraiment puisque, en 2018, il soutient son master d’Arts, lettres et langues, mention musicologie à l’université de Versailles-Saint-Quentin.
Entre 2004 et 2014, il est lauréat d’une dizaine de concours internationaux. Dès 2006, il intègre l’Orchestre symphonique de la chapelle d’État de Saint-Pétersbourg. Rapidement, il est invité par les orchestres symphoniques du Mariinsky et de l’Académie philharmonique du Saint-Pétersbourg. Tout en peaufinant son art auprès de grands musiciens (dont Jean-Denis Michat, qui sera joué lors des Petites symphonies pour un nouveau monde), il se produit dans de grands festivals internationaux comme Aix-en-Provence et Vittenberg. En Italie, il se produit dans le cadre des « Jeunes talents de Saint-Pétersbourg » organisé par l’État russe. En Chine, il participe aux Journées de Saint-Pétersbourg. À Moscou, il joue pour le Festival de Pâques. À Paris, en sus d’avoir fondé et de diriger l’École russe des arts, il devient l’artiste de DAU, le projet acoquiné avec le festival de film de Berlin. Depuis cette année, il est lié à l’Orchestre symphonique de Palerme. Bref, ça joue.
À demain pour partir à la découverte des invités VIP !

 

 

Malgré la lutte contre le coronavirus et l’écrasement des libertés publiques, le festival Komm, Bach!, autoproclamé « plus petit festival international d’orgue-mais-pas-que », est heureux de propulser « 17 petites symphonies pour un nouveau monde » en toute salubrité publique puisque ce concert virtuel sera diffusé sur YouTube. Malgré la fermeture des frontières, il rassemblera des artistes russes, serbe, italien, suisse et même, folie, français (ce qui n’est pas exclusif des autres possibilités, et réciproquement).
Autour de pièces associant orgue et saxophone, des pastilles de clavecin et de piano contribueront à mêler des musiques ancienne et toute fraîche (incluant une création mondiale !), le tout offert avec grâce par les concertistes internationaux Jasmina Kulaglich, Vittorio Forte, Anna Homenya, Dmitri Ouvaroff, Christian Chamorel et Nicolas Horvath.
Au côté des vidéos signées par la réalisatrice Inna Ouvaroff, des capsules faites « en mode confinement », non pas comme à la maison mais à la maison, simplement, par les invités VIP, témoignent de la réalité du moment, dans un écrin conçu et réalisé en un temps record par la claviériste et artiste visuelle Esther Aliénor.
Ce film sera projeté pour la première fois le samedi 28 mars à 20 h 30 sur la chaîne YT du festival. Ne ratez pas cet événement exceptionnel et intime ! (Toutes infos sur l’événement FB.)

 

Anna Homenya en plein ménage. Photo : Bertrand Ferrier.

Après son passage à la tribune de Saint-André de l’Europe, sans renoncer à faire le buzz, Anna Homenya efface toute trace virale grâce à son stylo rayonnant magique.  Comme elle compte revenir (et que nous comptons sur son retour), on peut dire qu’a été sauvée encore une vie russe.
(Comme ça, ça, c’est fait. Je pensais aller plus loin pour ceux qui n’ont pas l’accent du Sudeuh en parlant d’un petit navire, mais c’était bateau.)
Rendez-vous le samedi 28 mars, 20 h 30 sur la chaîne du festival Komm, Bach!.

Dmitry Uvarov et Anna Homenya. Photo : Bertrand Ferrier.

Pas de concert le 28 mars. Plus de concert jamais ? À notre niveau, nous travaillons à réduire ce jamais.
Avec la paroisse Saint-André de l’Europe (Paris 8), qui devait accueillir le récital et nous ouvre grand ses portes.
Avec Jorge, l’ouvrier chargé de passer l’aspirateur dans l’église alors que nous avions annoncé une séance d’enregistrement.
Et avec les artistes qui osent braver le coronavirus pour raison professionnelle et avec toutes les précautions civiques.
Précisons que les premiers volontaires ne sont pas de bons Français de souche. Ce sont des fous. Des Russes. Français, sans doute (who fuckin’ cares?), francophones, soit. Surtout, des musiciens qui viennent défendre la grande musique au temps du choléra dont les politiciens se servent pour écraser les libertés publiques et les droits sociaux. En soutien à Anna Homenya, nous avons pu accueillir le parfois sosie de Philippe Jordan…

Dmitry Uvarov par Bertrand Ferrier

aka le saxophoniste virtuosissime Dmitry Uvarov.

Dmitry Uvarov et Anna Homenya (aperçu). Photo : Bertrand Ferrier.

Deux complices, exigeants et passionnés. Capables de bosser 3 h 45 à la suite sans pause ou fake. Sans faiblir ou rien lâcher. Choisissant des partitions soit en trio pour l’orgue, soit pour le duo enchaînant 7/8 et 3/4 (avec des quintolets associés à des quartolets au milieu, sinon c’est pas drôle). Et se reprenant mutuellement quand ils jouent des notes au lieu de jouer de la musique. Puis travaillant le soir pour la seconde séance de recording. Une joyeuse claque pour musicien mou (pour mousicien, soit).
Le pire ? ce n’est que le début de notre teasing, c’est ça qui est vexant. En attendant, save the date: 28 mars, 20 h 30, on the Internet. Enfin, si le gouvernement à pulsion dictatoriale qui sévit en France n’a pas coupé le réseau d’ici là, bien sûr.

Dmitry Uvarov et Anna Homenya. Photo : Bertrand Ferrier.

Photo : Bertrand Ferrier

A priori, a posteriori et même au-delà, il ne pouvait y avoir de concert Komm, Bach! avec deux organistes le 28 mars ainsi que prévu. A priori, a posteriori et même au-delà, hein. Alors, on s’est dit : chiche. Mais chiche, c’est flou, la preuve (anagramme de « le pauvre » quoi que cela n’ait rien à voir).

Photo : Bertrand Ferrier

Alors, on a proposé aux artistes d’inventer un truc ensemble malgré le confinement, donc grâce à lui. L’une venait d’être maman et préférait sécuriser sa progéniture ; l’autre a dit : « Hé, pourquoi pas ? » Donc, on s’est mis au travail.

Photo : Bertrand Ferrier

Révéler tout ce qui en est sorti ? Tout ce qui se fomente ? Ben non, pas le genre de la maison. Mais ça travaille, soit. Voilà : ça travaille. Clairement, ça travaille autour d’Anna Homenya. Voilà. Le reste, c’est du suce-pince pour tous les bienveillants. (Les autres, on s’en fout, c’est pour ça.)

Photo : Bertrand Ferrier

Photo : Bertrand Ferrier

… et ce sera comme une virgule dans un monde de points, comme un ressort dans un monde de plombs, comme un doigt d’honneur dans un monde de lèche-culs. Un doigt d’honneur à la tristesse, à l’anxiété, à la finitude, à la mort.
Plus simplement, une nouvelle interprétation de la Pastorius toccata par un artiste du festival Komm, Bach!. Une conclusion festive au récital exceptionnel d’Aurélien Fillion. La rencontre ravivée du groove virtuose avec la grosse machinerie de l’orgue. Le tout dans l’idée du partage au moment où, après avoir massacré les services publics en général en général et la santé en particulier, la dictature hygiéniste tente de museler la culture pour commencer et la France dans la foulée.
C’est une poussière dans l’espace, dans la souffrance des suffocants, dans le respect des morts séparés de leurs proches pour complaire des experts de mon cul, mais c’est une respiration. Ça s’appelle la Pastorius toccata, c’est Aurélien Fillion qui conduit, et quoi qu’il nous arrive dans les jours qui viennent, c’est fort d’être embarqué dans cette aventure.

 

Photo : Rozenn Douerin

Dans ce monde de mollesse et de soumission, de compromis moches et de trucs pas nets, Aurélien Fillion stands his ground. Il savait. Savait que Paris serait vide, hanté par the invisible menace, hanté par la promesse d’une mort imminente et longue, hanté par les conséquences d’un gouvernement qui a contribué à la destruction du service de santé publique et a contraint à la démission, devant le maxistress, sa ministresse de la Santé.
Français exporté depuis onze ans en Belgique néerlandophone, le jeune virtuose a osé tenir sa parole. Il est donc venu à Paris propulser de la musique à la gueule du virus, fomenter un concert de Carême con fantasia, rencontrer un public curieux quoique pas forcément frotté de musique savante récente.
Le résultat est forcément joyeux. Intérieur. Profond. Et la photographie de Rozenn Douerin rend bien cette intensité sans concession, sans rage, sans mépris. Cette concentration qui fait l’artiste et qui renvoie dans les cordes les souffrances qui nous attendent demain. Le 14 mars, Aurélien Fillion nous a envolés. A bousculé les oreilles habituées à la musique classique de bon ton. A proposé son concert, sa vision, son art. Et c’était chouette, bis inclus. Démo en vidéo.

 

Photo : Sandra Aquilanti. Reproduite avec l’aimable autorisation du modèle.

Alors que les gens bien partaient en Bourgogne pour éviter d’être coincés à Paris (leur petit neveu en stage dans un grand ministère leur avait annoncé que confinement strict armée en marche etc.), alors que les gens sérieux restaient chez eux pour ne pas mourir de suite, les gens curieux venaient applaudir la curiosité et l’audace d’Aurélien Fillion. Celle d’un prof d’orgue et concertiste venu de loin pour interpréter un récital centré sur la musique récente. Celle d’un porte-étendard de la musique fraîche incapable de racisme, comme en témoigne son dernier disque paru chez Organroxx, où Bach a l’intelligence de baguenauder entre ses pairs ultérieurs, feat. Laurent Carle.
Illustration en vidéo avec cette émouvante concaténation propulsée dans une atmosphère anxiogène de fin du monde. Ou d’apocalypse. De révélation, c’est ça. Idéal pour le deuxième épisode de notre minisérie permettant à chacun de vivre ou de revivre ce moment prenant, tellement déconnecté des logiques milliardaires des banquiers et riches entrepreneurs de Pharaon Ier de la Pensée complexe qui guident les décisions iniques gouvernant l’Hexagone (notamment). Partager des pépites de cet instant, feat. deux pièces de notre ancien prof éphémère, avec la bénédiction de l’artiste, est une joie que nous sommes pétillants de propulser pour ceux qui, comme nous, ne sont pas encore décédés du virus couronné.

 

Photo : Sandra Aquilanti. Reproduite avec l’aimable autorisation du modèle.

Vous êtes beaucoup à n’avoir pu assister au récital d’Aurélien Fillion, qui restera sans doute comme le dernier concert avant la fin du monde. Obligations, rangement des rouleaux de papier hygiénique, peurs, éloignement et sensibilité à l’art anxiogène de Pharaon Ier de la Pensée complexe ont pu saper votre amour de la musique vivante, en dépit de la promesse d’un récital original, personnel, engagé, exigeant et puissant – promesse tenue et bien tenue.
Pour célébrer cet événement et combler un peu du temps confiné que l’on nous promet, voici le début de notre minisérie qui permet de revivre le meilleur du concert comme si vous y étiez – ou y aviez été. Bonne découverte de ces vidéos choisies avec l’artiste en personne, belle réécoute et joyeux courages à tous.

 

Photo : Bertrand Ferrier

Il vient, il est là, il répète. Malgré l’écrasement des droits sociaux, le défonçage des retraites, l’usage dégueulasse du 49.3, tous ces écrans des fumée chargés de dissimuler la gravité du coronavirus et de la chute des Bourses (avec une cap, merci), Aurélien Fillion a tenu parole. Il a quitté sa Belgique néerlandophone pour se risquer dans l’une des pires zones du monde, bien en-deçà de Wuhan.
Il est à Paris, et il vient claquer un programme grandiose, réservé à ceux qui aiment rêver, kiffer la vibe qui vient, se laisser porter. Il mixe des compositeurs entre eux. Il défie la tonalité avec l’un, frictionne les cheveux du cluster avec l’autre, défrise la virtuosité avec la partition du dessous (et du dessus). Le tout pour le plaisir de faire de la musique.

Photo : Bertrand Ferrier

Ce samedi, Aurélien Fillion ne vient pas toucher son chèque : y en a pas. Le mec qui a joué sur quelques-unes des plus belles orgues de France et d’Islande – entre autres – et devait jouer à Notre-Dame de Paris sera à Saint-André-de-l’Europe pour partager son talent, ses goûts musicaux, sa versatilité – sa liberté en somme.
Le loufoque qui manie la flûte à bec et l’électro, les claviers et la composition, qui est aussi Belge que Français et réciproquement, propose donc un programme prestigieux de musique essentiellement récente et pourtant parfaitement accessible à toutes les oreilles de bonne volonté. Ou pas.

 

 

Moi, j’aime bien que ce soit pas accessible. Je sais pas ce que c’est, de la musique accessible. J’en veux pas, de la musique autoproclamée accessible. Y a pas de musique accessible, y a que de la musique méprisante, dans cette appellation. Donc j’espère que la musique propulsée par Aurélien ne sera pas autoproclamée accessible. Ou, a minima, pas que.
D’autant que, ce week-end, quasi tous les concerts d’orgue (et pas que) sont annulés, sauf celui-ci, qui sera ouvert aux quatre-vingt quinze premiers spectateurs à se présenter. Na.

Photo : Bertrand Ferrier

Désintégrant les craintes sous lesquelles un gouvernement totalitaire tente de nous asphyxier, l’artiste a choisi de nous offrir un récital d’une heure autour de ce qui le fait vibrer, partant ce qui nous fait plonger dans la magie de l’orgue, ce qui fait fi des chapelles et des gnagnagnas, bref ce qui nous propulse dans une proposition puissante, diffractante, différente.
Voilà, donc, ce qui justifie que l’on se bouge la partie postérieure et ce qu’il y a autour pour profiter d’une heure de musique gratuite, avec grantécran, et sans interdiction de se laver perpétuellement le masque avec discrétion et un gel hydroalcoolique.

Photo : Bertrand Ferrier

Ne laissons pas la peur gouvernementale nous asphyxier. Ne laissons pas la voracité des financiers profiter de nos fatigues. Ne laissons personne nous diminuer. Nous sommes plus forts que nous pensons. Moins cons que ce qu’ils tentent de nous convaincre. Nous sommes plus vivants.
Je n’imagine pas plus puissant doigt d’honneur contre ces humiliateurs qui nous gouvernent et tentent d’asphyxier la culture après avoir insulté les artistes – je n’imagine pas de plus tonique doigt d’honneur, dis-je, qu’un concert wow, varié, audacieux, sincère, improbable, pour bien marteler que – alors que Pharaon Ier de la Pensée complexe et ses sbires tentent, ces nabots, d’étouffer autant qu’ils le peuvent la beauté et la rencontre – nous sommes des êtres debout, capables, sensibles, intelligents. Aucune manipulation ne nous écrasera, bon sang.

Photo : Bertrand Ferrier

Le concert de ce samedi est historique. C’est l’une des rares manifestations parisiennes qui ne soit pas annulée. C’est une prestation proposée par un grand virtuose qui a bossé non seulement pour être au taquet techniquement, mais aussi pour être au taquet spécifiquement (chaque orgue étant particulier, seul le concertiste motivé arrive en avance pour répéter, tester, mettre ses Post-it verts ou roses, reprendre et retravailler in situ). C’est un récital où, pour la deuxième fois consécutive, un compositeur de renommée internationale est susceptible de venir écouter l’interprète jouer une de ses pièces monumentales. C’est un moment de partage aux heures où la politique tente de cliver les ploucs que nous sommes.
Ne les laissons pas faire. Venons applaudir Aurélien Fillion.

Parce que ça joue et que l’on va pas juste écouter de la musique bizarre : on va vibrer. Ensemble. Ça ne gâche rien.

 

Photo moche : Bertrand Ferrier

Deux cérémonies rapprochées, un matin. Un troquet, non loin. Une pause, et les moyens de se la payer. Sans emprunt, sans négo, non : cash. Ce sentiment de puissance qui confine au syndrome YOLO.

Jann Halexander en répétition. Photo : Bertrand Ferrier.

Pour le concert du lundi 23 mars, au Théâtre Michel, les choses sérieuses commencent puisque la première répétition en présence de l’artiste a eu lieu au studio Chez Mimi ! Ledit artiste n’a d’ailleurs pas tardé à claquer sa réplique préférée :
– J’aime beaucoup comment tu accompagnes. Vraiment. Ce n’est pas du tout du Jann Halexander, mais c’est intéressant. Cela dit, peut-être que là, tu vois, j’aurais fait un peu différemment. Attends, je vais te montrer…
Pas d’inquiétude : l’accompagnateur a surtout retenu les deux phrases liminaires, non mais.

 

Après avoir monté (essayé de, a minima) les pauvres contre les pauvres, les salariés contre les indépendants, les statuts spéciaux contre les précaires, les patrons contre les employés, les autochtones contre ceux que pudiquement l’on appelle « migrants », etc., voici que la clique de Pharaon Ier de la Pensée complexe oppose les malades aux bien-portants et convainc les bien-portants que, s’ils ne restent pas enfermés chez eux, on va tous mourir – samedi ou dimanche, ce qui est un rien dommage si lundi, y a marché.
Mais tenons bon : malgré les annulations grandiloquentes et inutiles cherchant à emphasize la dramaturgie morbide, les spectacles à taille humaine tiennent bon. Toujours en préparation, donc, le spectacle de Jann Halexander dans le très chic théâtre Michel, où j’accompagnerai l’artiste au piano. Ce qui donne, à quelques jours de la grosse répétition : « Au fait, j’ai eu une dernière envie… Je pourrais reprendre ce titre de Catherine Ribeiro, ça passerait super bien au piano, tu crois pas ? »
Voici, donc, mesdames et messieurs, ce que Jann Halexander, cet insolent gourgandin, pourtant pianiste, estime être un titre qui passerait super bien au piano. Quant à savoir si nous l’interprèterons le 23 mars, rendez-vous ici pour acheter vos places et découvrir le fin mot de l’histoire.
D’autant que c’est pas cher, les conditions sont optimales et, si vous aimez la chanson originale, même reprise, ben, bienvenue dans l’univers de Jann Halexander. (Sinon, y a l’Eurovision, peut-être. Ou les chanteurs de France Inter, c’est bien aussi.)

 

 

Parmi les vidéos du festival Komm, Bach!, certaines ont remporté un succès phénoménal à l’échelle du plus petit festival international d’orgue-mais-pas-que – nous l’avons vu tantôt. D’autres restent, et c’est joyeux, à découvrir. Voici, donc, dans notre catalogue, quelques suggestions.
Et la première, comme quoi, on est hyperouverts au niveau toléranciel, au moins, c’est pour ceux qui détestent l’orgue. En revanche, comme sur l’pont du Gard, attachez votre coiffe – ça souffle.

 

 

La deuxième, c’est pour ceux qui aiment la musique bien jouée, même si y a de l’orgue dedans : un tube du répertoire à tuyaux enlevé par le brillant bûcheron des Ardennes, aka Fix Grandjean.

 

 

La troisième vidéo que l’on propose, c’est une magnifique exécution d’une des six pièces de César Franck pour grand orgue. C’est puissant comme une série Netflix qui durerait moins d’un quart d’heure – et ça, ça n’est rien d’autre qu’un cadeau pour les oxymoronophiles.

 

 

Ha, on a un vrai cadeau pour les curieux qui aiment l’Écosse. Ce sera notre quatrième vidéo.

 

 

Bon, celle-là, c’est pour tous ceux qui détestent la musique contemporaine. Je pourrais dire que c’est une pièce que je trouve plutôt pimpante – mais comme je finis par être impliqué dans l’histoire, je peux pas, tu penses. Et ce fut la cinquième vidéo.

 

 

La sixième vidéo ? Bon, parce que vous insistez. C’est pour saluer un compositeur qui, assurément ne fait pas recette. I mean, it’s not maître Gims. Et pourtant, quel sens de l’harmonie et du climat, quand de belles interprètes s’y collent !

 

 

… when I play a funeral. I know, truly I do know, but I can not help it: that is my favourite bit.
And, truly speaking, I feel like I have to put it on the web for all my colleagues who will never dare to admit it, though they just live through that bare truth.