La dream team du 7 juin : Claudio Zaretti, Réjean Mourlevat, Antoine Delahaye, Rozenn Douerin, Al’Sleepy et Fabrice Dupray. Photo : Bertrand Ferrier.

Aujourd’hui, comme depuis cinq jours, jour spécial. Réunis exactement sous le soleil de Drancy, quatre choristes, un trompettiss-baryton-chanteur, un réalisateur artistique (voire plus) ont accepté de se plier au jeu de l’album-de-quarante-quatre-chansons-enregistré-en-cinq-jours. Faut dire pourtant, ils sont pas toujours accueillis avec le smile. Genre s’ils sont retardés, le convocateur grogne et pourtant prend quelques minutes pour discuter avec un pitt qui passe (en prétextant que, sifo, après, on n’a qu’à courir). Mais peut-être ils comprennent, et sans doute ils sont gentils. Du coup, on abuse. Tiens, typique, un exemple.

Fabrice Dupray. Photo : Bertrand Ferrier.

Le trompettiste qui ressemble à Siegfried ou à l’organiste-compositeur Serge Ollive, là… Oui, Fabrice Dupray, c’est ça. Bon, on lui dit : « Faudrait jouer ça comme ci », il joue comme ci. Puis tu lui dis : « Non, finalement, t’es mignon, mais faudrait plutôt jouer comme ça. » Le mec joue comme ça. Puis tu dis – bref, le mec pourrait ôter ses lunettes et te dire : « Écoute-moi bien, jeune gougnafier à la trogne absurde, tu commences à susciter en moi l’espoir d’un pneumatique en début d’été – voilà, tu me gonfles », mais point. Il te regarde bien droit dans ta partie oculaire, et il rigole. D’ailleurs, je sais pas si ça vaut mieux, mais bon. Alors que tu lui demandais juste de jouer moins bien pour être dans l’esprit de la chanson. Du coup, il a proposé une pose, histoire de faire une pause.

Fabrice Dupray. Photo : Bertrand Ferrier.

En fait, cette posture de drille joyeux n’a qu’un objectif : tenter de centre l’attention sur lui, afin de faire oublier la présence de l’écrivain Anthoine Delahaye, fan de Patrick s’il en est, celle de la violoniss-artiss lyrique Rozenn, celle de son ours-singe Sleepy, et celle du contrebassiss-chanteur Claudio Zaretti, dont nous dîmes parfois quelques bonnes choses et en écrivîmes certaines, certaines. Les cuivres, c’est ça : super pour jouer donc aller boire un coup avec, mais, côté professionnel, y en a que pour ma gueule. Sérieux, parfois, t’as envie de les secouer dans une grande boîte… puis tu te souviens qu’ils viennent gratos, avec les autres zozos, pour essayer de pimper tes billevesées. Alors, tu leur dis merci, comme aux autres, et tu remballes tes affaires. Soyons stipulatoire : comme dans un prélude et fugue, le plus difficile, c’est clairement pas la première partie du défi.

Photo : Bertrand Ferrier

 

Photo : Rozenn Douerin

J’ai laissé des bouts de moi un peu dans chaque endroit, peut-être dans quelques esgourdes itou. Des bonnes et des fausses notes, des paroles, des bonbons, des chocolats parfois. Ce soir-là, pour le deuxième épisode de la Nouvelle tétralogie, constitué de « Chansons géographiques », j’ai invité mes commensaux à commencer – c’est hilarant, presque comme le funeste – par faire un tour au troquet.

Après un détour par Nanterre, on s’est enfoncé davantage dans des terres beaucoup plus intérieures que j’ai intitulées des tunisies. Il paraît que le nom était déjà pris, tant pis : sur un malentendu, ça passe.

Cet atavisme sudiste m’a poussé à parler d’un fantasme qui sent l’iode et le rosé, les cigales et l’élection de miss Nibards, le festival de danse folklorique et les marchands de churros – bref, des vacances à Narbonne-Plage.

Du coup, l’invité du jour a jeté sa gourme pour avouer qu’il était un vrai routard, peut-être pas tout à fait punk, mais à chien tout de même. Dans le quartier de l’Opéra où avait lieu le concert, ça en jette.

En tant que puissance, si si, invitante, j’ai été contraint de renchérir et de me situer non loin du signor : pas tout à fait au niveau du chien, pas encore au niveau du loup. En somme, dans la géographie mouvante de nos animalités.

Pourtant, point ne s’agissait de réduire les géographies à nos petites personnes. Un grand souffle glacé a ainsi embras(s)é la Comédie Dalayrac en inspirant une chanson intimement géographique et torturée : complètement québécoise, sauf l’accent qui est plus grave qu’aigu – disons circonspect.

À la vérité, une chanson qui est d’ailleurs et de nulle part correspond au projet de chansons géographiques. Les lieux ne sont que des prétextes où laisser des bouts de soi et emporter des bouts des autres – tous ceux qui ont fricoté avec la gare d’Arras le savent.

Il n’en reste pas moins que la géographie peut être aussi physique (un lieu) que fantasmée, temporelle (un moment entre deux moments), inspiratrice ou sociale. Le géographe Jean-Jacques Goldman ne parlait-il pas des gens « d’un certain milieu, d’un certain style » ? Du coup, s’il n’en parlait-il pas, ben, pourquoi pas moi ?

Avec son affabilité coutumière, Claudio Zaretti nous a gratifié de son tube inédit, cosmique et hospitalier. C’est bien sûr avec son autorisation que nous diffusons ce petit moment de feel-good song – moment résolument géographique.

Après, la soirée de chansons a continué par une géographie humaine. Pour savoir ce qui, alors, s’est tramé, nous ne diffuserons qu’un dernier extrait. Le reste, seuls ceux qui se faufilèrent jusqu’à la Comédie Dalayrac le connaissent. Faites partie des prochains en réservant votre billet pour le prochain épisode – un épisode résolument amûûûûreux (références ci-d’sous !).


Pour soutenir le projet discographique, c’est ici.
Pour réserver en vue du concert du mardi 30 avril, c’est .


Oui, ce mardi, pour le deuxième épisode de la nouvelle tétralogie, j’ai géo.

De fait, l’on va fredonner des chansons géographiques en mêlant (avec un « m », pas un « b ») les cartographies autochtones à celles de Claudio Zaretti. Compter sur votre curiosité voire, soyons flouflous, votre présence, cela serait bigrement joyeux ; et cela se peut réserver illico presto ici même. Hop.

Photo : Bertrand Ferrier

Claudio Zaretti, c’est le chanteur qu’il faut aller voir quand ça va bof, car il rebooste ses spectateurs, et quand ça va bien, car il augmente nos barres d’énergie. Ses chansons sont simples mais pas connes, accessibles mais pas bêtifiantes, sensibles mais pas gnangnan, engagées à l’occasion mais pas donneuses de leçons. Bref, le mec n’aurait jamais pu être rappeur ou artiste-pour-Téléthon-télévisuel.

N’allez pas croire pour autant qu’il la joue Hugues Aufray ou Graeme Allwright décati. Il sait se souvenir des charmes d’une certaine « Mamzelle révolte », n’a pas hésité à intituler un de ses disques « Utopie, utopia » et chante avec ferveur un « Nunca más » fédérateur. Il rêve autant de se crasher (en tout cas, il aurait pu) que de se balancer sur un hamac qui se dandine. Il n’est pas du genre à pleurnicher même s’il reconnaît que « ce qui distingue l’homme des autres règnes », c’est qu’il est « Lacrymal », eh oui.
Et s’il a l’air de parler de sa vie, entre sa « Guitare », ses années à « faire la route » et son « Kiki » qui quitte les étoiles pour émouvoir l’assistance à tous les coups, il excelle à évoquer autant des histoires que des géographies multiples : les gares, le « Cosmos hôtel » (las, « il manque le l »), les lignes de vie du « Manouche » qu’il vient de repriser après en avoir proposé une première version. Et puis, il est honnête : comme tant d’artistes, ses chansons sont peuplées de bagouzes (que même sa femme en est jalouse, dit le texte peu ou prou) et sertissent « Deux diamants », titre de son dernier disque en date. Bref, c’est riche, c’est varié, c’est plaisant et, surtout, ç’a une qualité remarquable – ça embrase et embrasse large sans jamais dévier d’un style très personnel, qu’il s’exprime en groupe comme parfois, ou en solo comme ce soir-là.

Certes, Claudio Zaretti n’émarge pas chez les chanteurs expansifs. Contrairement à sa musique, chaleureuse et longtemps frottée aux brouhahas des bars, l’artiste est très intérieur ; or, ce qui pourrait passer pour un frein à son charisme, se révèle en réalité un atout formidable car sa posture, généreuse mais certainement pas fake ou putassière, irradie de suite d’un charisme spécial – celui de l’authenticité, surtout pas antithétique d’un savoir-faire remarquable pour écrire des chansons et pour les passer sur scène.

Photo : Bertrand Ferrier

Bref, il y a un confort joyeux à venir applaudir cet excellent guitariste : l’on est certain de passer non pas une bonne mais une belle soirée, que l’on connaisse son répertoire ou non. Une soirée qui rappelle que, quel que soit notre âge, « On a vingt ans » quand on a l’énergie et les quelques euros nécessaires pour s’exiler de son chez-soi afin de goûter à cette chanson aussi roborative que méconnue. Ça swingue, ça donne envie de fredonner et, même quand l’artiste néglige, à l’instar d’un Jean Dubois, de convoquer l’ensemble de ses chansons-qui-marchent-à-tous-les-coups (pas de de « Je sais d’où je viens », par exemple, au programme de son dernier concert), il touche, il réjouit, il distribue des poussières d’allégresse.

Photo : Bertrand Ferrier

Pour que cette notule ne soit pas assimilée à une pub (ni à un pub, hélas), il faut quand même la conclure sur une remarque négative. Reconnaissons que, à un moment, lors de son live au Théâtre atelier du Verbe, devant une salle pleine à craquer, il n’a pas osé expulser le mec venu froufouter sur sa « Chanson des îles ». Mais bon, j’imagine que c’est ça, aussi un artiste libre.


Ce vendredi, l’ami Claudio Zaretti, souventes fois évoqué sur ce site,  vient fredonner ses hymnes revigorantes et roboratives à l’Atelier du verbe, un p’tit quasi-théâtre du côté de Gaité. C’est la promesse d’une soirée pétillante, même si je dois prévenir que je me faufilerai pour y faire un fitcheurine – ben oui. Vous y croiser serait assurément la perle fine dans l’huitre AOC de ce tour de chant rythmé et souriant.

Claudio Zaretti, lailleve @Ze Artist’s le 6 août 2017. Photo : Rozenn Douerin.

Claudio Zaretti revient sur les scènes parisiennes qu’il ne quitte jamais vraiment, et, comme toujours, il revient surtout pour toi qui écoutes.

Les ceusses qui, sporadiquement, me font l’amabilité de glisser des zeuillesses sur ce site savent tout le bien que nous serinons au sujet de Claudio Zaretti, par exemple quand il chante au Petit théâtre du bonheur ou au Clin’s 20. (Non, rien sur son grand concert à l’Espace Jemmapes : je forfantais en première partie, on aurait trop vu que je flattais le zozo pour le remercier de son invitation, de sorte que ma critique louangeuse aurait eu l’effet inverse.)

Le voici donc de retour sur les scènes parisiennes, cette fois au théâtre Ze Artist’s… où, c’est vrai, il m’est arrivé de faire vraiment n’importe quoi sur scène, grâce au public, à la fin de tel ou tel spectacle.

Pour revenir au vrai sujet et résumer, Claudio Zaretti ne fait pas de la « chanson à textes » proprement dite, même s’il agence avec art des mots bien trouvés sur des mélodies gourmandes. Efficace et modeste, il ne cherche pas à éblouir par son écriture, il ne quête pas une chute ironique pour emporter l’adhésion, il ne traque pas l’intertextualité franceculturelle censée faire frisotter la moustache ou le zeuye du Konnaisseur. Il décrit, avec des chansons solides et euphorisantes, aux rythmes variés, un univers positif, coloré et intimiste… mais pas nombrilisé : les dictatures sud-américaines planent comme le condor sur telle tune, les rêves utopiques se frayent un chemin et sèment des graines de culture sur le terreau d’une nostalgie lucide, et son home, quelque part dans le douzième, est avant tout un endroit où l’on partage « temps de parole équitable » quand on n’y va pas au marché craindre l’anthropophagie (non, on ne s’ennuie pas chez Claudio). Battant dans cet artisanat de précision, les diastoles et les systoles du chanteur enchantent l’auditeur et le soukoussent.

Le récital associe donc la personnalité souriante, discrète, vaguement nostalgique et finement observatrice de l’auteur-compositeur, au savoir-faire du musicien-chanteur roué, affichant quatre albums qualitatifs et plusieurs centaines de dates au compteur, en solo, duo, groupe ou quintette jazzy.

Guillaume Antonini et Claudio Zaretti, lailleve @Ze Artist’s le 6 août 2017. Photo : Rozenn Douerin.

Le résultat ? De la feel good song, assurément, et de la plus belle eau. En égrenant une set-list parfaite pour les néophytes et les habitués (valeurs sûres, raretés, inédits, nouveautés, reprises, surprise du dialogue improvisé avec son complice violonissse…), Claudio Zaretti offre, avec ses cinq dates au Ze Artist’s, une occasion parfaite pour les curieux de chanson de qualité ou les franciliens cherchant une idée pour passer un beau dimanche (ou mercredi) soir, dans un théâtre adapté à ce spectacle (bancs confortables, jauge d’une trentaine de spectateurs, sono et éclairage gérés par un technicien dédié)… et pour un tarif raisonnable (11 à 12 €). Certainement, dès dimanche prochain, l’artiste prendra le soin de demander que soient mieux canalisées les ardeurs pénibles dont certains de ses vieux fanatiques, malpolis incluant force personnes du sexe, faisaient montre lors de la première (insupportable secouage de bracelet, iphones et iPad de sortie en permanence, chant trop fort au-dessus de l’artiste pour laisser croire que t’as une jolie voix – eh, connaud, reprends une gorgée de ta fiole d’alcool et laisse Claudio faire, il chante très bien, lui).
Bref, pour applaudir un très bon musicien aux chansons plaisantes et entêtantes, dans une ambiance ad hoc, toutes les infos sont ici.

Claudio Zaretti vu par Rozenn Douerin.

On eut déjà l’occasion de louer Claudio Zaretti – nous renvoyons les curieux à l’hyperlien, d’autant qu’il rappelle au souvenir de l’artissse des chansons que j’aime bien comme Gratter travailler, alors bon, bref. Pour vérifier nos récurrentes impressions positives, nous l’allâmes ce tantôt applaudir à nouveau, cette fois au Petit théâtre du Bonheur où nous avions récemment salué la performance de Jean Dubois.
Dans une petite salle montmartroise bien pleine, Claudio se fait un plaisir de régaler ses admirateurs de trois types de chansons : ses classiques (« Dans les gares », « Je m’appelle Claudio »…), ses récentes (issues de Deux diamants, présenté à l’Espace Jemmapes) et les deux inédites qu’il tourne depuis quelques mois (« Kiki » et « Cosmos Hôtel »…). Il alterne, avec un mélange appréciable d’art et de spontanéité, les chansons quasi engagées (« Ô liberté », « Nunca más »), très relax (« Chanson des îles »), descriptives (« Le marché ») ou énergiques (pour lesquelles, loin d’inciter à l’euphorie abêtissante, il sait manier les nuances). Sur une structure classique de chansons qui ne prétendent pas réinventer la chanson, le franco-italo-suisse imprime sa personnalité artistique : mélodie, bienveillance, curiosité, sens de l’observation, sensibilité, sincérité et intégrité – parmi son vaste répertoire, l’olibrius choisit de chanter ce qui l’inspire au moment présent.

Les fanatiques (Claudio en a moult) repèrent, au gré des interprétations, les spécificités du soir, comme cette révolte, et non cette récolte, qui sera bonne (« Nous, on a vingt ans »). Preuve que, malgré son apparente timidité, l’homme, habitué à mille publics différents, reste perméable à l’émotion du moment, par-delà l’excellence de sa prestation. Loin du lisse que sa gentillesse anti-conflictuelle pourrait laisser anticiper, Claudio Zaretti esquisse une voix et une voie qui lui sont propres, pavées de chansons accessibles, émouvantes et euphorisantes. On regrette que le Petit théâtre du bonheur ne daigne pas offrir un p’tit coup à boire à la fin – ce qui surprend même l’artissse ; mais cela n’empêche nullement les retardataires de quérir auprès de l’artiste quelque graffiti sur l’un de ses disques en vente à la sortie. Nous, ça fait un moment que l’on a découvert ses œuvres grâce à un disquaire bizarre de la Fnac Saint-Lazare ; mais, ou donc, on n’en a pas moins passé une soirée pomme-pet-deup à avoir, une fois de plus, confirmation, que ce type sympa et humble est aussi un chanteur avec du texte que ça fait du bien de l’esgourder. Bravo, signor Claudio !

Tantôt, l’occasion me fut glissée d’aller partager une scène dans un atelier d’artiste (Paris 18), avec Claudio Zaretti, Antoine Pagnon, Orbor, Lermite et Déborah Bilger. En gros, hein.

L’occasion de propulser des bouffées de poésie à la barbe et au Nez de ton cul.

L’occasion, surtout, d’appeler à plus de solidarité citoyenne afin de collaborer au grand projet de ces années : Tuer mon voisin.

Avant de l’envisager, un projet : l’hydratation contre la Glotte sèche.

Le tout pour préserver les relations sociales en général et celles liant Le cordonnier et la princesse en particulier.

Quitte à ce que la critique Elsa se réfugie, attentive, à l’ombre d’une chaise.

Tantôt, je chantai ici avec Claudio Zaretti, Barthélémy Saurel, Terrebrune et Jean-Paul, dit Lermite. Enfin, à quelques blocs d’ici, mais avec de bonnes intentions puisque, pour commencer, je proposai de Tuer mon voisin – et encore, j’ignorais qu’il rentrerait se tripoter le plus bruyamment possible à six heures du matin.

Après un départ aussi positif et friendly, il était temps de sentir le beat et les vibes. Je suggérai donc d’approcher Le nez de ton cul, mais avec courtoisie.

Bien entendu, cette essspérience me fit souffrir de Glotte sèche.

Une hydratation plus tard, ma contribution à la soirée des « Chanteurs à guitare » invités par le Soum-Soum s’achevait sur une déclaration d’amour (toujours improvisée) au bonheur, à la kif, au feeling. C’est si bon le bonheur que, pour le reste, on verra plus tard.

Photo : Rozenn Douerin

Avec de plus en plus de chanteurs invités par Barthélémy Saurel, dont le formidable Claudio Zaretti, la mouette Terrebrune et l’étonnant patriarche dit « l’Ermite », le Soum-Soum organise une scène de plus en plus ouverte et diverse où, à nouveau, j’ai glissé quelques chansons dont une chanson sportive La ballade du ballon

… une nouvelle, quoique ancienne, chanson vaudoise de Michel Bühler – une de mes préférées parmi les pas-drôles du maître suisso-parisien, Monsieur Saint-Pierre

… et une dernière, avec un dérapage presque contrôlé, avouant que Je suis venu tout seul.

Et qui sait ce que l’on fredonnera vendredi prochain, inch’chalalala ?

Bertrand Ferrier au Soum-Soum, le 27 janvier 2017. Photo : Rozenn Douerin.

Aux côtés de Barthélémy Saurel, de Claudio Zaretti, de Terrebrune, de Loïc Pujol et d’Erzi, j’ai offert avec grâce aux spectateurs du Soum-Soum une nouvelle leçon de virtuosité guitaristique et vocalistique, qui commençait par une plongée dans l’intériorité de mon for intime et dévoilait Mon idéal.

Restait, aux fans, à découvrir mon idéal musical. Forcément une chanson à texte et à musique digne, à mon avis de s’appeler Toutoutoutou en attendant de devenir un tube de Jean-Louis Aubert.

Tant que j’y étais, j’ai décidé de me mettre totalement à nu, avec un « à » quand même, en révélant mon idéal immobilier, apparemment commun avec Reinhard Mey, puisque c’est lui qui a révélé à quel point c’est qu’est-ce Que j’aime ma cuisine. Et pour le reste, on verra plus tard.

Bertrand Ferrier dans les loges - ou les chiottes, soit - de Chez Adel.

Bertrand Ferrier voit double dans les loges – ou les chiottes, soit – de Chez Adel. Bon, ça va, appelons cela un selfiotte, OK ?

Claudio Zaretti, le meilleur feel-good singer que je connaisse, m’a invité à revenir Chez Adel. J’y avais pouët-pouëté jadis – un souvenir mitigé, souple euphémisme, quand on y avait chanté avec Je m’appelle Firmin, alors qu’on lui avait écrit un hit, quand même.


Bref, cinq ans après, j’étais au taquet. Claudio Z. aussi, qui prépare sa grattouille.Avant la bataille
C’est Mr Claudio qui a ouvert le bal avec le tube de son dernier album en date, « Toi qui écoutes ».

Je lui ai rétorqué que tout cela n’était que « Gribouillages ». La première chanson, rappelons-le, feat. Pierre Soulages, ce qui n’est pas aryen, mais ce qui n’est pas rien non plus.

Carrément, ça a bouleversé le Claudio, qui a affirmé que, s’il pleurait, c’est pas parce que ma musique était bonne, bonne, bonne, mais parce que l’homme est « Lacrymal ». Genre.

J’ai été obligé de recadrer les débats sur le thème « les glandes lacrymales d’une princesse valent-elles celles d’un cordonnier » en claquant « Le cordonnier et la princesse ».

Ce à quoi Claudio a répondu comme quoi « oui, ça dépend si le cordonnier est près du cœur ». J’imagine que c’est pourquoi il a craché son nouveau tube « Loin des yeux » (en fait, il a aussi craché deux nouveaux tubes, rendant hommage à l’hostellerie et à la diversité nomade, mais nous avons convenu de les réserver pour les curieux qui viendraient battre des mains en direct).

J’ai compris que mon talent si spectaculaire le rendait vert. Mais bon…

Claudio Zaretti… c’était placer le débat sur un terrain vaseux. J’ai préféré le déplacer grâce à une de ces chansons ferroviaires dont j’ai le secret, vu qu’il n’est venu à personne, sonne, sonne, l’idée de me le voler. Donc j’ai chanté « Nanterre« , comme un notaire mais en moins riche.

Du coup, Claudio a craqué, il a opté pour une « Utopie, Utopia » qui le projetait dans son adolescence d’après les esssperts-sikatr et lui-même.

Puisqu’il me cherchait, je fus sans pitié. Je le sanctionnai d’une belle menace, celle de mettre « Mon nez dans ton cul ». (Si, là, on a déjà affaire à une belle menace.)

C’est peu dire que Claudio fut blessé. Comme si je lui avais proposé de invitarme otra vez, soló me contestó : « Nunca más ».

Du coup, j’ai fermé les guichets et chanté « À guichets fermés », ce qui est relativement logique, à tout le moinsss.

Il revenait à Claudio de conclure la battle avant la moussaka – boulgour du jour, en concluant par la « Chanson des îles ».

Parfait pour engager un débat entre mon hôte et Jean Dubois, le chanteur qu’auraient été Renaud et Bob Dylan s’ils n’avaient été ni éliminés par eux-mêmes ni prix Nobel… et s’ils avaient eu son talent, pour savoir si un chapeau sert à récolter du pognon, à imiter Charles Trenet ou à contenir sa grosse tête. Controverse en cours.

Claudio Zaretti et Jean Dubois

Claudio Zaretti et Jean Dubois @Chez Adel (Paris 10). Photo : Josée Novicz.

C’était joyeux de compter sur votre présence massive, attentive et enthousiaste, publics. Merci.
(Eh oui, tous les enregistrements de Claudio Zaretti sont publiés avec l’autorisation de l’intéressé, qui ne doit pas être si financièrement intéressé que ça, la preuve.)

Soum-Soum du 4 novembre 2016Ouh-la-la-la, qu’est-ce qu’on est bien, dirait Claudio Zaretti, au Soum-Soum, authentique « découvreur de talents » (près du passage Choiseul, juste à côté de l’Opéra-Comique, Paris 02), pour dispenser de la chanson grattée à la guitare. La scène partagée, qui commence à s’animer méchamment, a permis de se mesurer à un p’tit nouveau à belle voix grave, joli sens de l’interprétation et excellent choix de chansons.
Moi, j’étais juste dans « La moyenne »…

… tandis que Barthélémy Saurel propulsait ses magnifiques chansons, en l’espèce « Les filles me font envie ».

C’était peu sport de la part de ce zozo, donc je proposai une version brève de « Mon nez dans ton cul ». Comme le titre l’indique, c’était un cadeau fait à la poésie, si congrue dans ce monde peu féru d’esthétique…

… mais Barthélémy Saurel claquait une version brève d’un de ses tubes, « La poire en deux » (trouve le couplet qui manque et flanque-lui une baise sur la banane).

J’ai pas eu le choix. J’ai dû sévir en offrant une sévère tournée de « Chocolat noir », mon hit depuis un post joyeusement controversé par les paltoquets et les lèche-fions. Fallait pas m’chercher. Non mais.

Pour les gourmands, qui jouent de la guitare en chantant ou l’inverse, ou pour ceux qui veulent découvrir les gourmands décrits ci-avant, rendez-vous ce vendredi 11 novembre, pour le prix d’une conso, ce qui n’est rien quand on pense que Barthélémy a presque promis une version chaude et napoléonienne de Sambre-et-Meuse, c’est dire.

chansonsJeudi, 20 h – 21 h 30, Claudio Z. m’invite à siffloter quelques tunes en sa compagnie. C’est la folie dans le studio : cinq ans après y avoir chanté avec Je m’appelle Firmin (donc Titi Tonelli à la contrebasse et Damien Ferrier à la gratte, au bonnet et à la vocalité), je reviens Chez Adel (entrée libre, pop-corn offert, adresse dans le lieu ci-d’sous). Au plaisir d’y croiser les curieux, les gourmands et les zozotres.


Chez Adel / 10, rue de la Grange-aux-Belles / Paris 10 / M° : Gare de l’Est

20150712_190415Le contexte : après dix-sept étés à jouer des covers dans les campings de France, après avoir blindé l’Espace Jemmapes pour une soirée exceptionnelle organisée à l’occasion de son nouveau disque, Claudio Zaretti a choisi, en ce mois de juillet 2015, de renoncer à sa coutumière tournée estivale de reprises rémunératrices pour profiter des derniers jours de concert offerts aux chanteurs dans les bars parisiens. Il était ce dimanche 12 juillet au Clin’s 20. Nous aussi. Sans nous vanter, ben voyons, nous eûmes raison, et pas que parce que la pinte est à 4 € ce dimanche, oh non, même si ça joue, bien sûr.
Le concept : avec quelques disques autoproduits, toujours réjouissants mais témoignant d’un souci croissant de qualité technique, avec aussi plusieurs centaines de concerts à son actif, Claudio Z a du métier. Dans l’art d’écrire la chanson qui fait mouche. Dans la construction du set qui captive l’auditeur, qu’il soit fan ou néophyte. Dans l’exercice de l’interchanson parlée, faussement (mais peut-être pas si faussement que ça) improvisée. Dans la présence scénique, humaine, jamais extravertie mais toujours précise, celle d’un musicien qui se donne, sans excès, à son public. Le résultat, dans ce bar du vingtième arrondissement, qui sait accueillir les artistes (scène spécifique + sono sur place + annonce d’une saine « surtaxe » des consos pour reverser deux euros, en l’espèce, au chanteur), est saisissant.

(Non, « Grattez, travaillez » n’était pas au programme de ce dimanche, mais j’l’aime bien, alors bon.)
Le concert : parlons pour ceux qui ne connaissent, avec un « i », pas encore, Claudio Zaretti : Claudio Z fait de la feel good song qui sait d’où elle vient (pour entendre quelques chansons, cliquer ici). Les paroles, souvent simples et récurrentes, accrochent. Les mélodies, entêtantes, efficaces et bien construites, retiennent l’attention. L’interprétation, sensible et appuyée sur une solide maîtrise de la guitare et de la voix (bien que le zozo soit aussi un contrebassiste recherché), est sensible et sincère, avec une retenue bienvenue qui donne leur prix aux titres sélectionnés parmi une quarantaine d’autres.
Au programme, ce dimanche, une set-list diverse mais associant « tubes » d’antan et best of dernier album. Rayon « obligé sinon les habitués vont me frapper », le séduisant « Lacrymal » mériterait que l’on allumât son Zippo ; la « Chanson des îles » swingue à souhait ; « Nunca más », la chanson argentine, s’ouvre sur un prélude quasi explicatif (rare chez l’olibrius) ; « Partir » rappelle avec syncope et énergie le plaisir du rosé fraîchi dans le ruisseau, joli fantasme ; une reprise que nous ne connaissons pas (wououououh – oh, ça va) chante la longue vie commune, avec sens du refrain ; et une guirlande d’hymnes joliment accrocheurs ouvrent la voie aux chansons du nouvel album (où est aussi enregistrée « Nunca más ») : « J’aurais pu », « Louison Louisette », l’excellent « Quelque part dans le douzième », « Le marché », l’émouvant « Deux diamants », l’efficace « Toi qui écoutes », l’euphorisant « On a vingt ans »… En prime, pour les retardataires restés boire un coup avec un artiste très accessible (bizarrement, y avait moi dans le lot), une version de travail mais déjà très excitante de « Est-ce ainsi que les hommes vivent ? ».

La conclusion : entendre Claudio Zaretti en concert, pour la première ou la énième fois, c’est avoir la certitude d’être happé par un chanteur de talent, de métier et d’évidence. Un mec qui, par-delà sa modestie et son vécu artistique, armé de chansons percutantes et d’une séduisante connaissance de la scène, fait du bien à ceux qui l’entendent. Que les chougneurs qui passent sur des grandes scènes et se plaignent que Télérama n’est pas gentil avec eux aillent se faire bien enculer, et que les connards qui ont des heures d’antenne sur les grandes radios pour inviter les vedettes du rien francophone s’intéressent plutôt aux artistes talentueux dont on s’étonnerait presque, n’eût été le niveau général si consternant de la chanson française et des pseudo-journalistes s’intéressant plus aux communiqués de presse qu’au travail des propulseurs singuliers de couplets-refrains, qu’ils soient si peu connus. Pour nous autres, petites gens, il reste toujours le plaisir d’applaudir le gars Zaretti, de le faire découvrir et d’écouter son dernier CD, enregistré dans des conditions professionnelles – disque disponible ici pour une somme quasi amusante.
PS : à la fin, Gérard, fin lettré qui a plusieurs fois poussé Claudio à collaborer avec ses protégés, nous glisse cette réclame. Nous nous en faisons volontiers l’écho (cliquer dessus pour agrandir l’image).
ALC

Jean Dubois au Limonaire (Paris 9) le 2 décembre 2014. Photo : Rozenn G. Douerin.

Jean Dubois au Limonaire (Paris 9) le 2 décembre 2014. Photo : Rozenn G. Douerin.

Jean Dubois, c’est la chanson française comme on l’aime : c’est Renaud pas bouffé par l’alcool, c’est Dylan pas grommelant, c’est Brassens shooté aux amphètes, c’est notre Charlebois à nous, avec son côté « chanson à texte », « chanson rock » et trouvailles musicales. Ces cinq mardis de décembre, il est au Limonaire, un resto parisien à chansons où l’accueil n’est pas chaleureux, la programmation pas toujours au top niveau, mais où les vedettes de la chanson intelligente viennent, où la boustifaille est savoureuse pour des plats à 10-13 €, le Côtes-du-Rhône crapuleux à souhait et le service interrompu pendant le concert. Des conditions idéales pour applaudir, moyennant entrée libre et sortie au chapeau, Jean Dubois et ses « accompanieurs » (cajon-charleston, contrebasse esthétisée et lead guitare).
Les quatre zozos, qui n’ont pas sévi ensemble depuis l’enregistrement de leur album cet été, sont parfaitement au diapason. Pour ce concert intitulé « chansons d’amour et danses de caractère », les classiques de Jean Dubois (mec que l’on peut retrouver en plus jeune collé au-dessus des toilettes, nous confirme Claudio Zaretti) se mêlent aux chansons tout juste enregistrées mais bien connues des fans, avec une palanquée de trouvailles : intros remixées, instrumentaux pour ouvrir le bal et remplacer « Rendez-vous à Izmir » (« on a gardé l’essentiel », commente le chanteur, comme en écho à Charlebois expliquant « on avait trop de paroles » pour introduire « Les Américains », chanson sans texte), set-list sans défaut. Impossible de ne pas être emporté par les qualités superlatives de ce concert : des chansons (dont des tubes imparables, incluant des anciens ou des plus récents comme « Faut que j’te voie ») tour à tour folk, rock, rageuses, sentimentales et pourtant toujours intelligentes sinon ironiques ; les intermèdes parlés, rares, volontiers antithétiques comme aime faire Jean (« c’est une chanson pour les victimes d’inondation », lance-t-il par exemple avant « Splash » – « c’est quoi ce délice, tout d’un coup, splash, en plein oasis, tant pis si ça glisse… et tant mieux si ça tache »), toujours percutants ; l’interprétation « libre comme l’art », impeccable de bout en bout – mémoire et feeling ; les soli d’Arnaud Le Coq, l’intervention subtile de Sylvain Gravé (jeu délicat des différentes sonorités et de la cymbale), la précision de Julien Drillon ; l’énergie du concert, la colère amoureuse et désenchantée du chanteur, et la bonne idée d’un CD enregistré brut « comme à la maison » vendu cinq euros la douzaine de titres – avec un bonus sincère en cadeau.
Bref, Jean Dubois, c’est le chanteur que l’on rêve de faire découvrir autant que l’on rêve d’être si on fredonne des notes musicales avec des paroles verbales : toujours intelligent, juste, mélodique, rythmique, bien entouré, euphorisant, simplement excellent. Comme à l’impossible le commun de nous n’est pas tenu, il reste quatre occasions d’aller profiter de ce mix entre Bob Dylan, Woodie Guthrie, Calvin Russell… et Séchan. Improbable, revigorant et puissant.
(Oui, je sais, j’ai mis « improbable » et « superlatif » dans un même article. Franchement, j’m’en fous, j’fais c’que j’veux avec mes ch’veux et même avec ma calvitie, mârde.)

Samedi 15 mars, 20 h 30. 33, rue La Condamine / 75017 / M° : Place de Clichy. Entrée : 2 € + chapeau si vous avez aimé.

Samedi 15 mars, 20 h 30. 33, rue La Condamine / 75017 / M° : Place de Clichy. Entrée : 2 € + chapeau si vous avez aimé.

Ce samedi 15 mars, à 20 h 30 pétaradantes, j’organise une soirée « concert chansons ». Pour le plaisir. Le programme : dans une cave idéale (spacieuse, lumineuse, insonorisée et conviviale, qui dit mieux ?), on suçote un coup en sirotant une chip, on écoute une chanteuse prometteuse et en développement comme un pays, on regrignotte un coup en sirotant quelque victuaille, on applaudit un chanteur roué qui propulse avec métier des chansons qui font du bien par où elles restent, et on reboit un coup si ça se présente. Bref, on passe une soirée cabaret tout simplement, simplement, un samedi soir, sur la terre des Batignolles. La vivre avec vous serait, bien sûr, plus fresh.
Entrée : 2 € (une conso incluse) + chapeau pour les artistes si vous avez aimé. Réservations par courriel à lecabaretdesbatignolles@gmail.com.