Parmi les vidéos du festival Komm, Bach!, certaines ont remporté un succès phénoménal à l’échelle du plus petit festival international d’orgue-mais-pas-que – nous l’avons vu tantôt. D’autres restent, et c’est joyeux, à découvrir. Voici, donc, dans notre catalogue, quelques suggestions.
Et la première, comme quoi, on est hyperouverts au niveau toléranciel, au moins, c’est pour ceux qui détestent l’orgue. En revanche, comme sur l’pont du Gard, attachez votre coiffe – ça souffle.

 

 

La deuxième, c’est pour ceux qui aiment la musique bien jouée, même si y a de l’orgue dedans : un tube du répertoire à tuyaux enlevé par le brillant bûcheron des Ardennes, aka Fix Grandjean.

 

 

La troisième vidéo que l’on propose, c’est une magnifique exécution d’une des six pièces de César Franck pour grand orgue. C’est puissant comme une série Netflix qui durerait moins d’un quart d’heure – et ça, ça n’est rien d’autre qu’un cadeau pour les oxymoronophiles.

 

 

Ha, on a un vrai cadeau pour les curieux qui aiment l’Écosse. Ce sera notre quatrième vidéo.

 

 

Bon, celle-là, c’est pour tous ceux qui détestent la musique contemporaine. Je pourrais dire que c’est une pièce que je trouve plutôt pimpante – mais comme je finis par être impliqué dans l’histoire, je peux pas, tu penses. Et ce fut la cinquième vidéo.

 

 

La sixième vidéo ? Bon, parce que vous insistez. C’est pour saluer un compositeur qui, assurément ne fait pas recette. I mean, it’s not maître Gims. Et pourtant, quel sens de l’harmonie et du climat, quand de belles interprètes s’y collent !

 

Photo : festival Komm, Bach!

Alors que les organistes emblématiques du Val-d’Oise tombent comme à Saint-Privat voire à Gravelotte, nos amis Remi Dardenne et François Cuny étant les derniers sur la liste à ce stade, les regards continuent de se tourner vers le plus célébré d’entre eux : Yannick Daguerre, dont l’aura, le charisme et le talent n’ont pas fini de faire clap-clapper des mains. Cette année, Yannick est la vedette de Komm, Bach! puisque Esther Assuied a accepté d’éditer sa « Pastorius toccata ».

 

 

Une dizaine d’artistes ont accepté de se risquer à la projeter sur l’orgue de Saint-André de l’Europe. À ce stade du festival, qui dure de septembre à fin juin, plusieurs virtuoses nous ont laissé partager leur vision de l’œuvre – à commencer par le premier à s’y coller, en l’espèce le vénérable commandant titulaire du Val-de-Grâce, el señor Hervé Désarbre.

 

 

François-Xavier Grandjean, herr titulaire of Sainte-Julienne de Namur, a relevé le gant et, sous l’œil sévère de la jeune virtuose Esther Assuied, claqué sa propre version de la pièce. De l’engagement et de l’envie comme on aime.

 

 

L’un des plus grands virtuoses de la place parisienne ne nous a pas (encore) autorisé à cingler son exécution de concert sur YT, mais il nous avait laissé onliner l’incipit glané lors d’une répétition – et, déjà, ça zoukait grave, comme disent les musicologues ou presque.

 

 

C’est alors que l’organiste la moins soupçonnable de vulgarité, la tutélaire titulaire des grandes orgues de Saint-Nicolas du Chardonnet, s’est emparée du shmillblick pour l’auréoler de son sérieux et de son exigence.

 

 

À cette heure, la dernière artiste à s’être risquée dans ces eaux mouvementées s’appelle Coralie Amedjkane. La dame est une subtile. Elle cache le feu de la musique sous l’apparence de la strictitude, et le brasier du groove sous le respect de la partition. Coralie, on va pas se mentir : tu-ne-trompes-personne, ton interprétation est wow, voilà – na !

 

 

Pour acheter la partition, c’est exclusivement ici.

Crédit : festival Komm, Bach!

Depuis le 7 octobre 2016, certains artistes nous autorisent à mettre en ligne des vidéos issues de leurs répétitions et/ou concerts donnés dans le cadre du festival Komm, Bach!. Toutes portent témoignage de leur souci d’offrir une heure d’orgue de qualité aux curieux. Quelques-unes rencontrent un succès patent auprès du cyberpublic. Voici, à ce jour, le classement du Top 16. (À la base, on partait sur un Top 15, mais on trouva que cela manquait de générosité. Alors voilà, quoi.)

16. Johann Sebastian Bach, « Fantaisie et fugue en do mineur » (BWV 537) par François-Xavier Grandjean

 

 

15. Bernstein & Sondheim, « Tonight » par Hervé Désarbre et Julien Bret

 

 

14. Jehan Alain, « Ave Maria » par Emmanuelle Isenmann et Olivier Willemin

 

 

13. Olivier Messiaen, « Le sourire » par Emmanuelle Isenmann et Jorris Sauquet

 

 

12. Johann Sebastian Bach, les trois « Nun komm der Heiden Heiland » par Jean-Luc Thellin

 

 

11. Noël Hazebroucq, l’incroyable improvisation sur le « Cabinet du docteur Caligari »

 

 

10. Robert Maximilian Helmschrott, « Im licht » par Esther Assuied

 

 

9. Louis Vierne, « À midi » (extrait des Angélus) par Ariane Zanatta et Coralie Amedjkane

 

 

8. Olivier Messiaen, « O sacrum convivium » par Emmanuelle Isenmann et Olivier Willemin

 

 

7. Naji Hakim, « Tanets », première cyberdiffusion, par Marie-Agnès Grall-Menet

 

 

6. Louis Vierne, « Naïades » par Coralie Amedjkane

 

 

5.  Johann Sebastian Bach, Fugue en sol mineur (BWV 578) par Jean-Luc Thellin

 

 

4. Orgue et bombarde par Jean-Pierre Rolland et Jean-Michel Alhaits

 

 

3. Johann Sebastian Bach, « Fantaisie et fugue en sol mineur » (BWV 542) par Jean-Luc Thellin

 

 

2. Louis Vierne, « Ave Maria » par Emmanuelle Isenmann et Jorris Sauquet

 

 

1. Hans Zimmer, « Dream is collapsing » par Esther Assuied

 

 

Oserez-vous assister en direct au prochain récital qui renversera peut-être la table ?

 

Ariane Zanatta. Photo : Rozenn Douerin.

C’était le deuxième épisode du « Mois des quatre samedis ». Un samedi soir entre filles, en somme, avec quelques invités mâles de premier rang, feat. la vedette des tribunes d’orgue de l’année, M. Louis Vierne en personne.

 

 

Pour inviter Louisou, on avait sélectionné des commensales à la hauteur. Faut être technique, faut être musical, et faut croire à ce que l’on propulse, surtout si l’on chante les mots de Jehan Lepovremoyne. Assurément, ces dames ont vraiment rendu hommage au parolier comme au metteur en musique.

 

 

Peut-être, soit, certes, le son ne valorise pas à sa juste valeur la projection chaude et sans concession de la soprano – plus que peut-être ; mais, dès que l’on a les moyens de mieux, on fait, promis ! En attendant, on laisse la part belle aux plus belles dimensions du mélomane curieux :

  • son imagination et
  • sa joie de profiter avec bienveillance d’un témoignage impressionnant.

Coralie Amedjkane. Photo : Rozenn Douerin.

D’autant que miss Amedjkane a accepté de claquer the « Pastorius toccata », partition spécialement éditée par le festival Komm, Bach! et disponible ici. Une pièce dans laquelle

  • des doigts solides,
  • une excellente indépendance,
  • un puissant sens du swing et
  • une belle personnalité

trouvent à repousser les limites du répertoire de la musique savante pour orgue en allant farfouiner aux confins du jazz funk. Sous les doigts de la grande Coralie, en dépit de l’apparence stricte et sévère de la virtuose, ça le fait grave.

 

 

Et comme Ariane Zanatta et Coralie Amedjkane ont le sens de la personnalisation, elles nous ont autorisé à mettre en ligne l’hymne de Saint-André d’André Jolivet, œuvre rarement donnée et pourtant secouante, qui allait comment un cierge à la paroisse qui accueillait ce concert (et non « qui allait comme un cerf à la paroisse qui accueillait ce concierge », bien entendu, c’est le cas de le dire).

 

 

Pour les Franciliens qui veulent savoir ou réentendre comment sonne ce duo en vrai, sans la modestie technique de ces souvenirs pétillants, bonne nouvelle : séquence de rattrapage au temple de l’Étoile ce samedi 29 février à 18 h autour de Franck, Vierne, Alain, Jolivet et Gandrille !

Photo : Bertrand Ferrier

La quatre-vingtième approche. La soixante-dix-neuvième d’abord, mais bientôt quand même.
Merci aux artistes, au public, aux artisans, à la paroisse et aux instigateurs.
Let’s get going.

Ariane Zanatta et Coralie Amedjkane (duo Naïades). Photo : Bertrand Ferrier.

C’est le grand jour ! Ce samedi 25 janvier, le duo Naïades vient donner un récital pour orgue et soprano au programme décoiffant :

  • un air de la cantate BWV 208 de Johann Sebastian Bach,
  • deux tubes de Fauré,
  • trois pièces de Vierne (dont « Les Angélus »),
  • l’Hymne à saint André d’André Jolivet,
  • deux Salve Regina – un de Vincenzo Bellini, un de Giacomo Puccini,
  • quatre pièces de Jehan Alain dont les puissantes Litanies,
  • et la Pastorius toccata de Yannick Daguerre.

 

Il y en aura donc pour tous les bons goûts, laisse supputer le programme.

Le concert est gratuit ; géant l’écran sur lequel il est retransmis en direct ; et, en attendant, avec les moyens du bord (c’est nous), voici un voyage dans le midi viernois. À ce soir !

 

Coralie Amedjkane. Photo : Bertrand Ferrier.

Dans le cadre du « Mois des quatre samedis » fomenté en l’église Saint-André de l’Europe (Paris 8) par le festival Komm, Bach! et commencé ce 18 janvier par un récital exceptionnel de Philippe Brandeis et Élise Battais, ouf, le concert orgue et soprano de ce samedi 25 janvier, 20 h 30, est en voie. Toujours gratuit, toujours retransmis en direct sur écran géant, toujours avec un programme détaillé offert aux spectateurs, toujours d’une durée encaissable pour tous d’environ 1 h 10. Cette fois, ce sont des gamines que nous avons convoquées. De jeunes virtuoses brillantissimes. Qui ont eu la curieuse idée de former un duo musical et amical quand tant de duos « orgue et soprano » sont fondées sur des opportunités mercantiles. Ici, c’est de musique qu’il va s’agir.
Donc le duo Naïades vous attend. Et ça joue. Pour première illustration : l’organiste, levée à 5 h 30 pour venir répéter in situ, quand tu lui demandes si on peut filmer un bout de la répète, elle te dit qu’elle est en train de travailler les « Naïades » de Louis Vierne, pièce techniquement hyperdure, « ça ira, tu crois ? » Mouais, j’crois ça passe, pour cette fois.
Par conséquent, mesdames et messieurs, voici Coralie Amedjkane, un jour où elle manquait de sommeil, où elle avait été accueillie par la grève des transports alors qu’il lui restait le plus court mais presque le plus long à faire, et un jour où on claquait des dents à la tribune de l’orgue. Rendez-vous ce samedi au 24 bis, rue de Saint-Pétersbourg, à 20 h 30 pétaradantes, pour la version de concert… avec, alentour, Mme Ariane Zanatta aux vocalises.

 


Komm, Bach!, saison 3, c’est fini ! Forts du succès croissant de la manifestation, du soutien et de la paroisse qui l’accueille, et des artistes qui nous font l’amitié – le mot n’est pas vain – de venir se produire, et du facteur Yves Fossaert qui, après avoir brillamment restauré l’orgue avec ses ouailles, reste toujours aussi réactif que compréhensif devant les impératifs et aléas propres à une telle manifestation, il est temps pour nous d’envisager, avec une modestie touchante, notre passage à l’ère Vivaldi.
En effet, dès le 21 septembre, nous égalerons le nombre de saisons d’Antonio – des saisons tour à tour primesautières, enténébrées, vaporeuses, fuligineuses, déstructurées, aguicheuses, frissonnantes, tressailleuses et sifflotières, pourquoi pas. Puisque voilà l’été, voilà l’été, voilà l’été qui, pour les aficionados de Komm, Bach! est cette « étrange saison où il neige sans discontinuer », il nous revient de donner appétit à tous en révélant enfin le programme de la saison qui nous attend – et ce, dans la mise en page de la graphiste qui a accepté de succéder à l’excellente Tomoë Sugiura, Marie-Aude Waymel de la Serve.
Au programme ?

  • 21/09, Journées européennes du patrimoine
    • 17 h : visite commentée de l’orgue
    • 20 h : concert à deux organistes, avec Benjamin Pras et Hervé Désarbre
  • 05/10, Nuit blanche
    • 20 h : orgue, basson et bombarde, avec Jean-Pierre Rolland et Jean-Michel Alhaits
    • 21 h 30 : best of pipe organ, vol. 2, avec François-Xavier Grandjean
    • 23 h : orgue et lumières, « Nuits et brouillards » avec Clément Gulbierz, Loïc Leruyet, peut-être Madeleine Campa et, à tous les coups, Bertrand Ferrier
  • 12/10, 20 h : orgue et saxophone du Québec, avec Jacques Boucher et Sophie Poulin de Courval
  • 16/11, 20 h : orgue et récitant de Bretagne, avec Michel Boédec et Anne Le Coutour
  • 07/12, 20 h : orgue et soprano, avec Jorris Sauquet et Emmanuelle Isenmann
  • 24/12, 20 h : concert de la veille don’ Noé
    • 15 h : visite commentée de l’orgue pour petits, grands, moyens et autres
    • 15 h 45 : concert tutti frutti pour tous
  • Le mois des quatre samedis
  • 14/03, 20 h : grand récital d’orgue contemporain, avec Aurélien Fillion
  • 28/03, 20 h : concert à deux organistes, avec Camille Déruelle et Anna Homenya
  • 09/05, 20 h : grand récital catastrophe avec Esther Assuied
  • 23/05, 20 h : grand récital d’orgue avec Serge Ollive
  • 06/06, 20 h : grand récital d’orgue avec Denis Comtet
  • 21/06, Fête de la musique (avec la participation du Conservatoire à Rayonnement Régional de Paris)
    • 14 h : le choix de Christophe Mantoux – Midori Abe et Vladimir Korolevsky
    • 15 h : orgue et chœur, avec les élèves de Sylvie Mallet et la Maîtrise de Paris dirigée par Edwige Parat
    • 16 h : la pépite de Christophe Mantoux – Liubov Nosova
    • 17 h : Bertrand Ferrier & friends play Ferrier