Au gré des pérégrinations, le petit joueur de flûteaux a parfois la chance de croiser quelques bestioles affriolantes. Témoin le terre-neuve ci-dessus. Bon, sur la photo, c’est pas vraiment un terre-neuve, plutôt un vieux lapin très sympa, sis à Nerville-la-Forêt. Toutefois, dans la même maison que le lapin, y a un yéti qui se fait passer pour un terre-neuve. Ayant raté toutes mes photos du monstre le plus velu, je me suis rabattu sur le stremon le plus paisible. Ben quoi ? J’fais mon possible, c’est déjà ça.


Il arrive que l’on croise aussi des chatons, histoire de constater qu’il est plus facile de s’embrouiller avec les ivrognes du PMU de Groslay – et non les gros laids du PMU des ivrognes, quoi que – que de vraiment discuter avec les poilus quadrupèdes. L’inverse ferait beaucoup plus plaisir : comme quoi, les théologiens ont beau dire, la Création n’est pas si bien pensée que ça.


D’autant que certaines créatures sont peu soutenantes, ce qui ne veut rien dire mais swingue presque. Dès qu’elles ont compris que répéter ou accorder un orgue, c’est du travail, elles n’hésitent pas à assumer leur solidarité à leur façon, histoire que l’URSSAF, affirme le présent dalmatien effronté, ne prétende pas qu’il y a là exploitation d’un travailleur non déclaré.


Y avait peu de risques, mais l’impudent profite du climat canin local. En effet, autour de la tribune de Saint-André de l’Europe, en hommage sans doute au curé précédent, le P. Alain-Christian Leraitre, et à sa bergère suisse Vaïka, l’on croise parfois des terreurs velues amenées par des chanteuses de jazz – terreurs qui ne manquent pas de te regarder en spécifiant, dans leur langage : « Tiens, ce gros tas, j’le bouff’rais bien. » Ce qui est presque flatteur, in a way.


On ne saurait terminer ce tour d’horizon parcellaire sans se réjouir de la montée de la peur dans le Val-d’Oise. Cela nous permet d’apercevoir, dans des villas bien clôturées d’Enghien-les-Bains, des chiens de garde fort effrayants quoique trop occupés à se dorer la couenne pour nous venir grignoter, même si on insiste. Pas de doute : le petit joueur va devoir aller jouer des flûteaux et travailler. En un sens, c’est plutôt bon signe.


– Oui mais ce site, y a plus que des trucs kon rin à vwèr vec Bertrand Ferrier.
– Alors super, quand il a rin à dire sur des sujets culturels, il met des photos de trucs ou de chiens, genre : allez tous vous faire emphysiquer.
– Ou peut-être c’est son site et il aime les deux.
– Et bim, vous avez vu ?  Voilà le retour du critique kèmpo les critiques.


… et non regard de soutien. Plutôt : « Bon, tu es nul, ta répétition est pourrie, je fais rien que m’ennuyer avec dix mille fausses notes dans les esgourdes. On y va ? » C’est lucide, c’est sincère, mais ce pas-comique de répétition est un chouïa désagréable, surtout pendant une répétition hyperpourrie, en effet. That’s the so called man’s best friend for you, anyway.

Photo : Bertrand Ferrier

Peur de l’obscurité ? Toujours l’impression que quelque chose te jouxte ? Sais-tu que tu n’es pas forcément fou ou peureux ? Souvent, un monstre te guette en vrai…

Photo : Bertrand Ferrier

Bon, là, il appert que c’était un chien pas méchant, mais imagine si c’eût été un python !

Photo : Bertrand Ferrier

Photo : Bertrand Ferrier

– T’as pas l’occasion d’aller au musée ? T’as qu’à faire des photos de meuhwa.
– Genre quoi comme photo ?
– Ben genre ça.

Photo : Bertrand Ferrier

– Tu penses que ça passe ?
– Bien sûr ! Un chien, tout le monde trouve ça trop mimi.
– Mais on était parti sur un projet artistique, note bien.
– Absolument : artistique trop mimi. Tout moi. Chu mimi, non ?

Photo : Bertrand Ferrier

– Attends, c’est pas la question. C’est juste que, par ma foi, on peut pas rrrre-faire un post que de photos noir et blanc d’un chien.
– Bouge pas, je te réponds en image. La légende, c’est : « T’es sûr ? »

Photo : Bertrand Ferrier

– Alors ?
– Oh, tu fais suer.
– Super. Au fait, de rien. La prochaine fois, tu prendras le bus (pour aller au musée).

Photo : Bertrand Ferrier