Photo : Bertrand Ferrier

Déjà, on l’aimait bien.
Ensuite, c’était l’un des chouchous préférés de Jean Guillou, ça ajouta à son aura.
Enfin, il vint refracasser l’orgue de Saint-André de l’Europe pour fêter le déconfinement, cette arnaque politicienne éhontée.
Allez, déconfinez-moi, et juste tout de suiteuh.

 

 

Photo : Bertrand Ferrier

Certains préludes de choral de Johann Sebastian Bach comptent parmi les chefs-d’œuvre de la littérature pour orgue. À l’occasion des « Petites symphonies pour un nouveau monde », Anna Homenya a interprété dans les conditions du direct ce trio (chaque main et les pieds ont une importance égale) d’une difficulté redoutable en théorie… même si, en pratique, il paraît couler de source. Constatez par vous-même, grâce à cette vidéo d’Inna Ouvaroff habillée par Esther Assuied !

 

 

Anna Homenya en plein ménage. Photo : Bertrand Ferrier.

Après son passage à la tribune de Saint-André de l’Europe, sans renoncer à faire le buzz, Anna Homenya efface toute trace virale grâce à son stylo rayonnant magique.  Comme elle compte revenir (et que nous comptons sur son retour), on peut dire qu’a été sauvée encore une vie russe.
(Comme ça, ça, c’est fait. Je pensais aller plus loin pour ceux qui n’ont pas l’accent du Sudeuh en parlant d’un petit navire, mais c’était bateau.)
Rendez-vous le samedi 28 mars, 20 h 30 sur la chaîne du festival Komm, Bach!.

 

Parmi les vidéos du festival Komm, Bach!, certaines ont remporté un succès phénoménal à l’échelle du plus petit festival international d’orgue-mais-pas-que – nous l’avons vu tantôt. D’autres restent, et c’est joyeux, à découvrir. Voici, donc, dans notre catalogue, quelques suggestions.
Et la première, comme quoi, on est hyperouverts au niveau toléranciel, au moins, c’est pour ceux qui détestent l’orgue. En revanche, comme sur l’pont du Gard, attachez votre coiffe – ça souffle.

 

 

La deuxième, c’est pour ceux qui aiment la musique bien jouée, même si y a de l’orgue dedans : un tube du répertoire à tuyaux enlevé par le brillant bûcheron des Ardennes, aka Fix Grandjean.

 

 

La troisième vidéo que l’on propose, c’est une magnifique exécution d’une des six pièces de César Franck pour grand orgue. C’est puissant comme une série Netflix qui durerait moins d’un quart d’heure – et ça, ça n’est rien d’autre qu’un cadeau pour les oxymoronophiles.

 

 

Ha, on a un vrai cadeau pour les curieux qui aiment l’Écosse. Ce sera notre quatrième vidéo.

 

 

Bon, celle-là, c’est pour tous ceux qui détestent la musique contemporaine. Je pourrais dire que c’est une pièce que je trouve plutôt pimpante – mais comme je finis par être impliqué dans l’histoire, je peux pas, tu penses. Et ce fut la cinquième vidéo.

 

 

La sixième vidéo ? Bon, parce que vous insistez. C’est pour saluer un compositeur qui, assurément ne fait pas recette. I mean, it’s not maître Gims. Et pourtant, quel sens de l’harmonie et du climat, quand de belles interprètes s’y collent !

 

Photo : festival Komm, Bach!

Alors que les organistes emblématiques du Val-d’Oise tombent comme à Saint-Privat voire à Gravelotte, nos amis Remi Dardenne et François Cuny étant les derniers sur la liste à ce stade, les regards continuent de se tourner vers le plus célébré d’entre eux : Yannick Daguerre, dont l’aura, le charisme et le talent n’ont pas fini de faire clap-clapper des mains. Cette année, Yannick est la vedette de Komm, Bach! puisque Esther Assuied a accepté d’éditer sa « Pastorius toccata ».

 

 

Une dizaine d’artistes ont accepté de se risquer à la projeter sur l’orgue de Saint-André de l’Europe. À ce stade du festival, qui dure de septembre à fin juin, plusieurs virtuoses nous ont laissé partager leur vision de l’œuvre – à commencer par le premier à s’y coller, en l’espèce le vénérable commandant titulaire du Val-de-Grâce, el señor Hervé Désarbre.

 

 

François-Xavier Grandjean, herr titulaire of Sainte-Julienne de Namur, a relevé le gant et, sous l’œil sévère de la jeune virtuose Esther Assuied, claqué sa propre version de la pièce. De l’engagement et de l’envie comme on aime.

 

 

L’un des plus grands virtuoses de la place parisienne ne nous a pas (encore) autorisé à cingler son exécution de concert sur YT, mais il nous avait laissé onliner l’incipit glané lors d’une répétition – et, déjà, ça zoukait grave, comme disent les musicologues ou presque.

 

 

C’est alors que l’organiste la moins soupçonnable de vulgarité, la tutélaire titulaire des grandes orgues de Saint-Nicolas du Chardonnet, s’est emparée du shmillblick pour l’auréoler de son sérieux et de son exigence.

 

 

À cette heure, la dernière artiste à s’être risquée dans ces eaux mouvementées s’appelle Coralie Amedjkane. La dame est une subtile. Elle cache le feu de la musique sous l’apparence de la strictitude, et le brasier du groove sous le respect de la partition. Coralie, on va pas se mentir : tu-ne-trompes-personne, ton interprétation est wow, voilà – na !

 

 

Pour acheter la partition, c’est exclusivement ici.

Première des trois improvisations luxueusement captées par Vincent Hildebrandt. Ce coup-ci, on ne rigole pas à toutes les mesures, mais on peut apprécier fonds, anches et ondulants de cet orgue Delmotte restauré par la Manufacture Yves Fossaert.
Prochain épisode, complètement différent, dans une semaine.

Elle est un des deux coups de cœur « jeunes organistes » du festival Komm, Bach! : une virtuose accomplie avec une personnalité extravagante. Vous allez l’aimer voire, pour les plus passionnés, la re-aimer.

– Mais c’est toi qui devais accorder le clairon ! Moi, je suis nul en facture…
– J’ai trop le vertige. Tu verras, Bertrand, c’est simple, et en plus je te fournis la rasette. Tu cherches le 2C#, et tu tapotes. Allez !
– Pfff, d’accord. Alors, s’il te plaît, 2C#, tu peux te dénoncer ? Je suis monté jusqu’ici pour te tapoter, quand même.

Vincent Crosnier se chauffe les doigts en vue du concert de dimanche. Vous y voir serait chouette, comme dit l’éléphant (ou le hibou, je sais plus). En attendant, voici l’programme.

ClavierAvant la pré-réception puis la réception puis l’inauguration, réunion « harmonie » autour de l’orgue de Saint-André de l’Europe. Au-dessus du clavier, un robot permettant au facteur seul de jouer à distance telle ou telle note de la bestiole. Je ne l’ai pas frappé, mais faudrait quand même pas qu’il cherchât trop à me remplacer.BordelcheD’autant que le facteur a profité de son passage pour foutrche le bordelche à la tribune. Pour quelqu’un d’aussi structuré que ma pomme, c’est triste. Il aurait quand même pu ranger sa chambre.20160712_145114Heureusement, Yves a aussi bossé. Par exemple en demandant au serrurier du coin d’inventer de nouvelles clefs pour le buffet de l’instrument. Très yoliche.SolitudeAprès avoir fait entendre l’état de l’instrument aux participants à la réunion, j’avons descendu l’entendre sonner sous les doigts de Christophe Mantoux entre Franck et Duruflé. On n’est pas encore complètement d’accord sur le ténor de la Flûte harmonie, mais vivement le 7 octobre, boudiou.GO du bas