Photo : Bertrand Ferrier

Plutôt qu’une expérience client, hashtag préféré des refourgueurs de fèces, le 30 novembre était le jour de l’expérience fournisseur. Avec Esther Assuied, nous étions embarqués pour « inspirer » les centaines de participants aux Entretiens de Royaumont grâce à « cinq à six minutes » d’orgue à quatre mains. Ce pour quoi il convient de se munir d’un badge dans une pièce qui évoquera pour partie la bibliothèque de Sven aux lecteurs d’Immemoria.

L’important était de se repérer parmi les vedettes invitées presque comme toi. Pour jouer juste après qu’Édith Cresson a été interviouvée, il faut bien avoir été mêlé alphabétiquement à des vedettes. Ça donne une touch de crédibilité. Enfin, la plus belle crédibilité envisageable – à l’impossible, nul n’est tenu.

Photo : Bertrand Ferrier

Épuisés par l’imposture de Bertrand Ferrier, dehors, les arbres abandonnent toute raison et se jettent à l’eau sans que j’aie besoin de les toucher. Je les trouve un peu emphatiques, mais bon. Tant pis pour eux.

Photo : Bertrand Ferrier

Quant à moi, j’ai un tout p’tit peu de travail sur la planche. Ben oui, je ne suis pas là que pour faire de zoulis photogrammes. Enfin, je crois pas. Mais, attention, je peux me tromper. Pas systématiquement, hélas – ça m’aurait donné un style, peut-être.

Photo : Bertrand Ferrier

En réalité, je ne suis pas venu seul pour inspirer. Outre Esther Assuied, dont chacun sait dans quelle estime, comme moult, je tiens son talent, j’avais réquisitionné mesdames les orgues du coin, entrevues tantôt grâce à Valérie Capliez et sa fidèle acolyte. De quoi faire pour feindre la compétence.

Six minutes plus tard, tout était accompli. C’était chouette. Il était temps de cingler vers Saint-André de l’Europe pour préparer la répétition du concert orgue et piano… avant de revenir à l’abbaye le soir même afin, notamment d’applaudir Julie Fuchs. À suivre, donc.

L’orgue de Royaumont 1. Photo : Bertrand Ferrier.

Des hasards, des figures. Des figures, des hasards.
Sans noir désir, te voilà invité à ploum-ploumer « à deux organistes » sur le singulier Cavaillé-Coll de l’abbaye de Royaumont, en compagnie de la grrrrande « jeune talent » Esther Assuied. Après un premier défrichage in situ, today is the day. Jérôme Chartier, el’ patron comme qu’on l’appelle de par nous autres, nous a fixé un objectif : « Inspirer ceux qui vous entendront. » On a le matos, mais toi, public, t’es là ou bien ? J’entends rien ! T’ES LÀ, PUTAIN DE PUBLIC ?
(Oups, on m’avait pourtant dit que c’étaient des gens hyperclasse, eux. Je crois que j’ai trop mis le fire.)

L’orgue de Royaumont 2. Photo : Bertrand Ferrier.