Philippe Brandeis en répétition. Photo : Bertrand Ferrier.

L’homme est hyperrare en concert. Ce grand manitou du Conservatoire Supérieur de Paris est pourtant l’une des merveilles de l’orgue français. Comme s’il ne suffisait pas à la tâche, il ne viendra pas seul : soucieux d’inventer un concert passionnant pour tous, il sera accompagné par sa fidèle complice Élise Battais à la flûte traversière – ceux qui l’ont vue et ouïe en récital savent combien cette musicienne contredit tous les effrois d’ennui que, comme l’orgue, suscite parfois son instrument.
Bref, avec sa boule d’énergie traversière préférée, Philippe Brandeis sera en récital ce samedi, à 20 h 30, au 24 bis, rue de Saint-Pétersbourg, juste à côté de la place de Clichy. Entrée libre, sortie aussi, avec diffusion du concert sur écran géant et hommage à Rolande Falcinelli, dont on fête quasi le centième anniversaire de naissance. 1 h 10 tout compris de musique puissante, variée et riche, juste pour les esgourdes et les cœurs des mélomanes comme des curieux. Hâte de vous y retrouver, ça va être wow.

 

Photo : Rozenn Douerin

Entrer dans la lumière comme des insectes fous : c’était l’invitation lancée aux curieux, ce 5 octobre, pour les improvisations données de concert par l’orgue et le duo Clément Gulbierz – Loïc Leruyet, créateurs de faisceaux.

Photo : Rozenn Douerin

Les spectateurs – autorisés à se mouvoir pour profiter d’une soirée savourable à 360 degrés, au moins – étaient davantage incités et invités à expérimenter qu’à écouter-et-voir. La transsubstantiation de l’obscurité et de l’espace, le dialogue entre les sens, le surgissement de l’intuition et des inattendus procédaient d’un même mouvement de réinvestissement d’un cadre connu (une église) et d’un genre balisé (l’improvisation).

Photo : Rozenn Douerin

Par moments, on a pu se demander si les acteurs eux-mêmes ne s’étaient pas trop pris au jeu, au point de se transformer réellement en insectes fous…

Photo : Rozenn Douerin

angelots compris.

Photo : Rozenn Douerin

Jonglant entre cuillers et pédales, registres et accouplements, touches et tuyaux, la fabrique du son tâche de capter dans les rets de ses maléfices les auditeurs au long des quinze propositions, articulées autour de quinze extraits et d’un thème central : « Nuits et brouillards ».

Moralité : restons à l’ombre des projecteurs, dans la lumière que filtrent nos brouillards. Parfois, on y est bien. Le prochain concert in situ sera donné le samedi 18 janvier à 20 h 30. Bienvenue aux curieux.

Photo : Rozenn Douerin

 

Photo : Rozenn Douerin

Avec Clément Gulbierz et Loïc Leruyet à la conception, à la réalisation technique et à la régie en direct pour coller aux impros de l’orgue, la fin de la Nuit blanche a ébloui plus d’un spectateur jusqu’à, sacrilège, noyer sporadiquement l’orgue dans un tourbillon de couleurs.

Photo : Rozenn Douerin

  • Incendier l’espace,
  • habiller l’ombre,
  • dialoguer avec l’architecture,
  • vitaliser la dimension sacrée du lieu,
  • parler la langue du feu avec le roi des instruments,
  • apporter sa propre interprétation des textes sur lesquels improvise l’organiste,
  • apprivoiser l’instant avec instinct :

autant de défis – parmi moult autres, plus métaphysiques ou prosaïques, selon les moments – que les jeunes luminomanes ont relevés.

De gauche à droite : Clément Gulbierz, Loïc Leruyet et son brushing puis, peut-être, vous. Photo : Rozenn Douerin.

Croire que ce que montrent ces photos n’est que de la lumière serait une erreur. C’est de la musique traduite en photos et en photons, et vice et versa. Avec des moyens exceptionnels à l’aune du festival Komm, Bach!, tout juste acceptables pour de jeunes professionnels risquant leur réputation pour la beauté du geste. Puissiez-vous entendre chanter l’orgue à tuyaux, instrument unique de l’Église selon les textes, à travers les réussites visuelles fomentées par les néopros au boulot !

 

Photo : Rozenn Douerin

Le 5 octobre, la Nuit blanche s’épuisait sur un concert orgue et lumières. L’occasion de revisiter l’église de Saint-André de l’Europe en l’habillant d’ombres fantasmatiques.

Photo : Rozenn Douerin

Ce dialogue entre ombre et lumières ne peut exister que parce que la nuit. Sans nuit, ni ombres, ni lumières. Sans lumière et sans musique, à quoi bon la nuit ?

Photo ; Rozenn Douerin

On va pas se mentir : cette démonstration d’astuce, de technique et d’art, suscite la fascination de la photographe pour les artistes plus que pour le zozo qui fait ploum-ploum à l’orgue pendant ce temps.
(Non, je ne suis pas jaloux, je constate, nuance.)

Loïc Leruyet en spectacle à Saint-André de l’Europe le 5 octobre 2019. Photo : Rozenn Douerin.

Moi, ce que je regrette, c’est d’avoir été derrière la tribune pour faire mon max. Visiblement, devant, c’était beaucoup plus l’éclate. Et encore, c’était que le début.

Photo : Rozenn Douerin

 

Photo : Rozenn Douerin

Ce 5 octobre, au début du concert « Orgue et lumières », c’était la nuit ou quasi. La nuit plus noire que blanche.
Puis la couleur fut.

Photo : Rozenn Douerin

Pourtant, la nuit était toujours dans un esprit très fight

Photo : Rozenn Douerin

… car c’était la Nuit blanche, mais aussi la nuit noire. Bon, quasi noire, sinon, y a pas d’histoire.

Photo : Rozenn Douerin

Et soudain, quand l’orgue s’ébroue, ce multiple doigt d’honneur à l’obscurité explose. La suite suivra.

Photo : Rozenn Douerin

 

Tanaquil Ollivier à Saint-André de l’Europe le 24 décembre 2019. Photo : d’après collection Laure Striolo.

Par chance, il n’y a pas que les instrumentistes, dans la vie : il y a aussi des chanteuses. Des artistes lyriques. C’est ça, des cantatrices. Pour le dernier concert Komm, Bach! de l’année 2019, ce 24 décembre, deux d’entre ces bêtes mystérieuses étaient réquisitionnées. La benjamine de la bande s’appelle Tanaquil Ollivier et, à la base, comme beaucoup de chanteuses, elle avait une vraie vie, un vrai projet professionnel, un truc sérieux et solide : en d’autres termes, elle était clarinettiste. Et puis, une erreur en entraînant une autre, la jeune enfant est tombée dans la drogue du chant.
Désormais, voici la petite pépite, déjà ouïe lors de la saison 3 du festival, sur l’autoroute du succès, chantant les grands airs du répertoire sopranistologique, direction les troisièmes cycles castafioriques les plus huppés de la capitale. On est peu de chose, ma brave dame.

Tanaquil Ollivier, Laure Striolo et Laurent Valero. Photo : Rozenn Douerin.

Du coup, au côté de cette étoile montante, on avait convié une diva, une vraie, une qui traque les photomontages où on la voit avec des lunettes, donc une qui a déjà chanté – l’intégrale, forcément l’intégrale de – Traviata tout en pratiquant la musique contemporaine.
Laure Striolo était de retour à Saint-André de l’Europe, où elle s’est produite à de nombreuses reprises. Voix puissante, sens du texte, goût pour les nuances, plaisir de partager avec le public ont irrigué ses interventions, bien qu’elle eût réservé à sa jeune consœur l’honneur de pousser quelques sacrés tubes sacrés, feat. Bach et Mozart. Les deux intouchables ont fini le concert au milieu du public pour partager des chants traditionnels de circonstance avec mélomanes, future cantatrice importée des États-Unis, avocat mystérieux venant chaque année incognito, flûtiste quasi descendu du ciel et bienveillants curieux soucieux de vivre Noël en musique. Pristi, c’était rien chouette – merci aux publics et aux artistes invités !

Prochain concert : 18 janvier 2019, avec le supervirtuose Philippe Brandeis, titulaire de Saint-Louis-des-Invalides, grand manitou du Conservatoire de Paris, hénaurme musicien et zozo néanmoins, accompagné de madame Élise Battais en personne que l’on annonce derrière, à côté et autour de sa flûte traversière.
Prévoyez de l’émotion et du wow, et venez nous rejoindre : écran géant, cadreuse vidéo incluse dans le projet, musiques variées et spectaculaires, et inch’Allalalalah pas mal de sensations fortes. En revanche, même si le concert sera reboostant, même si on peut laisser moult billets de deux cents euros (ou même de cinq, c’est cool) pour remercier les artistes et aider le festival à survivre, on peut aussi entrer et sortir sans bourse délier, sans même se faire foudroyer d’un regard de Zeus. Hyperconnaisseurs ou curieux titillés, si votre jauge d’énergie vous le permet, venez : vous serez les très bienvenus.

Laurent Valero, le 24 décembre 2019. Photo : Rozenn Douerin.

Tu connais ce moment, oh, tu connais ce moment où ça matche. Parfois, c’est physique ; parfois, c’est musical. Voici donc un post en hommage et merciement à Laurent Valero, l’homme qui défie les frontières des musiques – expert ès répertoires avec viole de gambe, instruments allogènes, chanson, jazz, voix susurrée, opéra, théâtre et alii. Bref, la peste soit des haters et alii, here comes une symphonie improvisée pour la nuit de Noël. Trois mouvements :

  • 00:07 1. Chanson de la petite fille allant dans la neige à la messe de Noël ;
  • 02:43 2. Boléro des rois mages cherchant leur chemin dans la nuit à la lueur d’une étoile ;
  • 05:44 3. Thème improvisé et variations pour attendre la venue de l’Enfant sauveur dans la joie.

Merci à tous les curieux, et joyeuses autres joies aux autres.

 

Photo : François-Xavier Grandjean

On peut le relever sans crainte : Denis Comtet est malade. Pas « un malade », quoi que, mais malade. Officiellement. Dans une société où, malgré Pharaon Ier de la Pensée complexe et ses sbires, t’as encore le droit d’être vraiment grippé en hiver, prends-toé-tu ben ça, trou d’la Sécu, bref. Donc le récital que le mythique titulaire de Saint-François-Xavier avait promis d’offrir au festival Komm, Bach!, ben, pas cette fois-ci, adressez-vous à la concurrence.
Il se trouve que, non, la concurrence n’a pas osé affronter le projet d’un des maîtres français de l’orgue. Du coup, on a fomenté un concert pour ceux qui auraient la folie de venir quand même en l’église Saint-André de l’Europe au 24 bis, rue de Saint-Pétersbourg | Paris 8, jouxtant la place de Clichy.
Au casting : orgue, bon, c’est la base, trompette et flûte irlandaise par l’une des plus impressionnantes jeunes organistes françaises (mais pas que, la preuve), hautbois avec le surbouqué Jacques Bon, et voix de mezzo avec la p’tite nouvelle, Marine Breesé, tout juste auréolée de son statut de finaliste au Léopold-Bellan… et, encore plus spectaculaire, future élève de Dame Felicity Lott. Rates-tu pas sa voix bouleversante, tu s’rais fou – et la demoiselle ose relever un défi au pied levé : tu sens-tu la professionnelle, dis ?


Rendez-vous ce samedi 7 décembre à 20 h 30, en l’église Saint-André de l’Europe | 24 bis, rue de Saint-Pétersbourg | Paris 8
Entrée libre | Sortie aussi | Concert bien quand même | Retransmission du concert en direct sur écran géant

Hervé Désarbre et Benjamin Pras. Photo : Rozenn Douerin.

Sur la route, 66 : soixante-sixième concert depuis la création du festival Komm, Bach!. C’est lui qui inaugurait la quatrième saison du festival, ce 21 septembre. En conséquence, Hervé Désarbre, organiste du ministère de la Défense s’il vous plaît, avait concocté un programme spécifique, intitulé « Ça s’est passé un 21 septembre ». Et ça incluait un hommage au 21 septembre 1435 – date, comme chacun sait, où le traité d’Arras mit fin à la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons. Et le commandant Désarbre est homme à choisir son camp, fût-ce par Benjamin Pras interposé.

 

 

Puisque le 21 septembre 1778 est né l’entomologiste Carl Ludwig Koch, il était logique – d’après l’hurluberlu – d’honorer un compositeur qui n’hésite point à puiser son inspiration dans le Cantique des cantiques ou certains passages de la Bible. Si c’est pour rendre hommage à la puce, au papillon de nuit, au criquet, à la chenille et au doryphore, on se pourrait demander pourquoi, mais admettons que certains êtres sont plus spirituels que l’auteur de ces lignes.

 

 

Le 21 septembre 1930, le Grand Prix automobile filait faire fantasmer Pau. Aussi le grand secrétaire de l’Association internationale Dmitri Chostakovitch a-t-il opté pour un extrait des Aventures de Korzinkina, comédie cinématographique de 1940, dont il a souhaité ploum-ploumer la parodie de film muet suivante.

 

 

Le 21 septembre 1874, naissait Gustav Holst. Il faudra quelques années avant que le pauvre Gus soit écrasé par le succès de sa suite symphonique planétaire. Pour attendrir sa mémoire, Hervé a proposé à Benjamin Pras de se coller à l’éloge de la paix inséré dans l’hommage à Vénus. Benjamin ne s’est pas dérobé. Voici le résultat de ce complot.

 

 

Le 21 septembre 1832 périssait Walter Scott. Une marche écossaise s’imposait, selon Hervé, d’autant que celle-ci est écrite par un organiste de théâtre, tantôt engagé dans la Royal Air Force, tantôt animateur de télé quand cet organe honorait « la musique légère », et hop. Voici, donc, de la musique pas légère mais qui, jouée par le zozo du soir, swingue.

 

 

Le 21 septembre 1860 trépassait Arthur Schopenhauer, donc héritait Atma, son caniche et légataire universel. Si « j’ai déjà un pied dans la tombe » pourrait passer pour l’hymne des humains en général, c’est surtout une hymne protestante devenue une cantate de Johann Sebastian Bach, dont la sinfonia n’est pas très éloignée d’un concerto pour hautbois et cordes. En vrai, on n’est pas obligé de balancer le hautbois, car ça donne ça.

 

 

Le 21 septembre 2011 fut le premier 21 septembre raté par Yannick Daguerre depuis sa naissance. Yannick était un formidable organiste et un compositeur protéiforme qui sut mourir à 41 ans pour chagriner à vue ceux qui le connurent. Cette année, le festival Komm, Bach! lui rend hommage en éditant la partition de sa Pastorius toccata et en sollicitant les artistes programmés pour qu’ils la jouent. Hervé est le premier à s’être prêté à ce jeu à la fois triste et joyeux. En dépit de la justesse imprécise des anches au sortir de l’été, son interprétation, vivante et personnelle, recherchant plus l’effet que la mesquine précision, l’illustre.

 

 

Le 21 septembre 1776, New York crame après avoir été occupé par les Britanniques. James Hewitt n’y est pour rien, il avait six ans. En revanche, c’est lui, l’organiste, qui a composé le premier donné en costumes aux USA. Et c’est lui, l’organiste de Boston, qui a écrit ces variations sur un thème que même les non-spécialistes devraient reconnaître sans même le shazamer.

 

 

Le 21 septembre 1711, le corsaire Duguay-Trouin prenait Rio de Janeiro. 206 ans plus tard, José Gomes, pseudonymé Zequinha, de Abreu signait l’un des plus grands tubes interstellaires de tous les temps brésiliens. Son « moineau de la farine » continue de zouker all over the world, parfois avec la grâce d’un Benjamin Pras en état de, euh, lévitation. (Ouf, j’ai évité la répétition de peu. Comme je sors d’une autre forme de répétition, je n’en suis pas malheureux.) La preuve par l’image animée.

 

 

Le meilleur prétexte, Hervé Désarbre l’a gardé pour la quasi fin. « Le 21 septembre 2017, la réserve ornithologique du Grand-Laviers effectue un comptage des oiseaux qui recense, entre autres, trois bécassines des marais, un busard des roseaux et trois pies bavardes. » Si c’est l’occasion d’entendre un arrangement de l’intro de La Pie voleuse pour orgue à quatre mains, pas façon Marillion mais presque, on dit : « Encore ! Encore de la mauvaise foi ! »

 

 

Devant tant de tristesse, de traumatisme, de musique jouée avec souffrance, vous reprendrez bien un p’tit bis, non ?

 

 

Pour les passionnés, qu’ils aient ou non vibré à ce concert virevoltant donné par le clergyman facétieux Hervé Désarbre et son adjoint cachant sa virtuosité et sa bonhommie sous les airs de playboy relax qu’il est aussi, rendez-vous ce samedi 16 novembre, à 20 h 30, pour un nouvel épisode improbable du festival.

Jean-Michel Alhaits. Photo : Rozenn Douerin.

Pour ouvrir la Nuit blanche, un concert orgue + bombarde et basson hautement symbolique puisque, si tel morceau est en forme de poire, ce récital est en forme de médius préalablement humecté tendu bien haut vers la maladie. En effet, le 5 octobre, Jean-Michel Alhaits était de retour en l’église Saint-André de l’Europe avec Jean-Pierre Rolland, son complice de(puis) 25 ans. L’an dernier, après des répétitions au poil, un fichu ennui de santé avait riboulé ce souffleur dans les joies blanches de l’hôpital, plus proche de la mort que de la vie.
Cette année, youpi, les deux artistes sont vivants. Aucun blues blanc n’est à l’horizon pour gâcher ce projet longuement mûri. Du coup, ça barde et bombarde.

 

 

Au programme : un déluge de musique baroque, un peu de Renaissance, des chouïas de traditionnel, une once de virtuosité euphorisante (les Fantaisie et fugue en Si bémol d’Alexandre Pierre-François Boëly) et des arrangements qui pulsent.

Jean-Pierre Rolland et son assistante, volée à Jean-Michel Alhaits. Photo : Rozenn Douerin.

À dire vrai, cette fois, c’est plutôt Jean-Pierre Rolland qui aurait eu besoin des secours d’Esculape. Un comble puisque, les jours précédents, ce Rouennais avait profité de l’air délicieux et « plutôt bon » pour la santé, répandu par Lubrizol avec la bénédiction de l’État français – cette triste farce placée sous l’égide de Pharaon Premier de la Pensée complexe et son empoisonneuse préférée, de femme en mari – çuikidi Lubrizol il a pollué, cuikié un complotiste cherchant à faire le jeu de Marine Le Pen et des réseaux sociaux c’est tellement mieux la lecture, çuikidi, hein. L’organiste est néanmoins parvenu à passer outre ce cadeau Seveso 2, mettant ainsi en valeur et sa technique très sûre, et son fidèle comparse.

Le résultat a obtenu son grand succès attendu tant le public – ni malade, ni fou, simplement foufou – a tenu à remercier les deux hurluberlus avec force clap-claps et moult « brava ». Et c’est ainsi que la Nuit blanche a bien commencé…

 

Guy Angelloz à Saint-André. Détail d’une photo de Bertrand Ferrier.

Jacques Boucher étant tombé gravement malade, le concert « orgue et sax from Québec » qui nous avait tant mobilisé s’est transformé en « orgue et flûtes from Paname », ce qui zouke aussi. On s’inquiète pour l’artiste de Montréal et on regrette le projet qui nous tient en haleine depuis plusieurs années grâce aussi à la ténacité de Sophie de Courval, but show still goes on (quand on a des nouvelles du malade, on partage). Ce samedi, on perd en exotisme et en découverte, mais pas en dynamisme et en souci du public puisque Guy Angelloz s’associe à Gilles Ranticelli, un organiste virtuose et néanmoins stéphanois, devenu percussionniste de l’Orchestre national de France, afin d’éblouir son public inattendu.

Le programme va pétiller, entre tubes, changement d’instrument et tricotage de saucisses. En butinant un menu concocté in extremis, curieux et néophytes devraient avoir plaisir à déguster ce qui suit. Si vous êtes tentés, rendez-vous ce samedi, 20 h 30, église Saint-André de l’Europe, 24 bis rue de Saint-Pétersbourg Paris 8, tout près place de Clichy, pas loin gare Saint-Lazare. Et hop !

 

Après l’arrivée du matériel et la mise en route des dernières répétitions à l’orgue (épisode 1), vient le moment de la mise en route technique pour le projet lumineux.

Loïc Leruyet et Clément Gulbierz. Photo moche : Bertrand Ferrier

13 h

Tu connais ce moment, oh, tu connais ce moment où ça devrait marcher. Ajouter quelque chose serait superfétatoire, voire carrément relou.

Photo de la tribune d’orgue : Bertrand Ferrier

14 h

Je demande aux régisseurs le 06 de leurs mamans. Je veux savoir comment elles s’y prennent pour les faire ranger leur chambre.

Photo : Bertrand Ferrier

15 h

Les jeunes régisseurs admettent enfin que l’on ne peut pas déambuler dans le monde du spectacle sans boire. Encore jeunes, ils ont opté pour un alcool raisonnable mais secoué.

Loïc Leruyet et Clément Gulbierz au travail. Photo : Bertrand Ferrier.

16 h

Loïc et Clément regardent vers la voûte. Soi-disant pour vérifier si ça marche. Je les soupçonne surtout d’invoquer le Ciel parce que ça ne marche pas, mais bon.

17 h

Tu connais ce moment, tu connais ce moment où ça marche, mais ça marche trop. En clair, le projecteur fait ce qu’il veut ; et son goût pour le zouk déstructuré ne cadre pas avec les plans très précis des régisseurs. Du coup, ils filent s’en occuper. Bien sûr, je pourrais me saisir de la console – non, pas pour la revendre sur eBay, voyons, plutôt pour reprendre la main et mettre en pratique mon talent d’ignorant. Par bonheur, je préfère les laisser apprendre leur métier par eux-mêmes et me contente de prendre une photo.

Photo : Bertrand Ferrier

18 h

L’heure de la messe approche. Le local de l’étape prépare donc un catering pour les artistes, régisseurs, assistants et vidéastes du soir. La drogue des ex-élèves du lycée Paul-Poiret est évidemment sur la table. Bientôt, y aura plus qu’à.

Photo : Rozenn Douerin

Pour la deuxième année consécutive, le festival Komm, Bach! vous invite à une soirée pleine de wow, d’émotions et de surprises (au moins), avec écran géant, entrée libre, sortie aussi, mais concerts – d’env. 1 h – bien quand même.
À 20 h 30, Jean-Michel Alhaits (bombarde et basson) s’acoquine avec Jean-Pierre Rolland pour un récital animé par de vrais morceaux de Frescobaldi, Bach et Boëly – notamment. Amateurs de musique ennuyeuse, un conseil : restez loin du 24 bis, rue de Saint-Pétersbourg pour cette victoire de la musique sur la mort – prévu l’an passé, ce concert avait dû être repoussé suite à l’hospitalisation en urgence de l’un des artistes.

 

 

À 22 h pétaradantes, François-Xavier Grandjean, herr titulaire des grandes orgues de Sainte-Julienne de Namur, débaroule de Belgique pour envahir Paris avec le deuxième volume du florilège de la musique d’orgue finement intitulé « Les plus grands tubes pour tuyaux ». Au programme, quelques-unes des œuvres les plus sexy jamais écrites pour l’instrument monstrueux, écrites notamment par Jehan Alain, César Franck, Johann Sebastian Bach, Yannick Daguerre et… Léon Boëllmann.

 

 

Et, pour finir, à 23 h 30 tintinnabulantes, place à la poésie et à la magie. Poésie avec cette série de quinze improvisations sur le thème « Nuits et brouillards », rythmées par des fragments de textes et secouées par le souffle de l’orgue. Magie, car un gros dispositif lumineux sera piloté en direct par de jeunes diplômés en régie lumière chargés d’interagir avec la musique… voire de l’influencer par leurs jeux. Un moment exceptionnel et une « expérience immersive » à vivre et partager avec gourmandise et sensibilité. Fin des festivités à la minuit passée de trente minu(i)tes.

 

Trois ans après son lancement par Daniel Roth, le festival Komm, Bach! lance sa quatrième saison avec un concert concocté sur mesure par le duo qui officie au Val-de-Grâce : Hervé Désarbre, le titulaire en chef, et Benjamin Pras, son brillant second. Évidemment, ceux qui préfèrent les concerts d’orgue ennuyeux, où l’on entend toujours les mêmes pièces, où l’on ne voit pas l’interprète, où c’est qu’il y a qu’un mec qui joue, bon, là, c’est raté comme c’était déjà raté il y a un an…

 

 

En revanche, ceux qui veulent profiter d’un récital à quarante petits petons, gratuit, donné par deux grands virtuoses et truffé de trouvailles très peu ouïes, ce samedi 21 septembre à 20 h 30, ce sera leur samedi. D’autant que, pour les gourmands et les curieux, la Journée européenne du patrimoine s’ouvre à 17 h par une visite de l’orgue (env. 30′) commentée par le titulaire de la Bête. L’événement est gratuit. Les trente premiers visiteurs pourront profiter de cette expérience toujours impressionnante. Vous y croiser serait souplement joyeux.

Bruno Beaufils de Guérigny, dit 2bdG. Photo : Rozenn Douerin.

Ce 21 juin, Bruno Beaufils de Guérigny, aka 2bdG, a participé aux 5 h 30 de concerts donnés pour la Fête de la musique en l’église Saint-André de l’Europe (Paris 8), dans le cadre du festival Komm, Bach!. En dépit de la chaleur ambiante, son programme rigoureusement original, son engagement interprétatif et ses choix judicieux de registration ont suscité l’enthousiasme du public. En accord, avec l’artiste, voici deux (beaux) extraits du concert. D’une part, le gros choral de César Franck, le dernier, peut-être le plus passionnant – qui sera de retour à Saint-André pour le concert de la Nuit blanche donné à 22 h par le Bûcheron des Ardennes, aka François-Xavier Grandjean.

 

 

D’autre part, le clou du spectacle : « Réflexion et lumière », hommage rendu à Albert Schweitzer par Robert Maximilian Helmschrott, dont les œuvres à la fois messiaeniques et personnelles ont rythmé la troisième saison du festival. Il était heureux que, grâce à 2bdG, un tel chef-d’œuvre, rarement ouï dans nos contrées, puisse résonner à l’occasion d’une Fête de la musique que l’on réduit souvent au massacre de « Quelque chose en toi / ne tourne pas rond » au bar du coin-coin. À l’issue de ce solide morceau, le triomphe réservé à l’artiste témoigne que le public n’est point aussi sot que l’espèrent les crétins qui nous gouvernent. Voici donc venue la séance de rattrapage ou de gourmandise pour tous les amateurs de découverte sonore !

 

Antoine Rychlik (détail) et Samuel Campet pendant l’Ave Maria de Dupré. Photo : Rozenn Douerin.

C’était un concert qui aurait plu à Yann Liorzou, ce grand organiste parisien – en dépit de son nom bien localisé – qui travaille aussi au corps le cor et qui est souventes fois venu enchanter l’orgue de Saint-André de l’Europe. En effet, pour Yann, en tant qu’organiste virtuose et surtout en tant qu’enseignant, le travail instrumental doit être dual. En clair, même le prof d’orgue doit apprendre un autre instrument, sinon c’est pas un prof qui en a. (Je simplifie, je synthétise, je réductionne, Yann, t’énerve pas : j’ai toujours été nul en didactique, tu sais bien.)
Le concert qui, ce 21 juin, concluait la troisième saison du festival Komm, Bach! en l’église Saint-André de l’Europe offrait l’occasion d’écouter trois étudiants du CNSM de Paris jouant chacun de deux instruments. Bon, l’un s’est lâchement débiné au dernier moment ; il ne restait donc, diable, que les deux meilleurs, feat. la virtuose des claviers et compositrice Esther Assuied, ainsi que le virtuose de la composition – claviériste Samuel Campet. Autour d’eux batifolait – pour tirer les jeux, tourner les pages, sécuriser les artistes et tapoter sur la tablette – Antoine Rychlik, lui-même multiple lauréat du CNSM.
Le principe du concert, proposé par les musiciens eux-mêmes, comme quoi ce sont vraiment des grands malades de l’os de la tête ? Esther et Samuel devaient jouer de l’orgue – mais genre par « Viens poupoule, viens » évidemment – et d’un autre zinzin – trompette pour la dame, alto pour le monsieur – pour lequel ils ont eu aussi des tas de diplômes-prix-médailles ; et là, on ne détaille pas car on n’est pas là pour humilier les clampins dont nous sommes. Le résultat ? Un concert pétillant, dont un extrait sérieux fut tantôt diffusé. En voici – sérieux aussi mais musical et inattendu – un deuxième, et je dis bien « un deuxième » car je ne néglige pas la possibilité, parmi d’autres, que la trompettiste à tendance claviériste convainque le modeste Samuel de nous autoriser à diffuser, par exemple, la « Valse » que le très digne monsieur assis avec une chemise blanche interpréta à cette occasion.
Donc, ben, Esther, à vous de jouer.

Photo : Bertrand Ferrier

Les vrais et les habitués de ce site le savent : Esther Assuied est l’une des plus convaincantes jeunes virtuoses des claviers, et non seulement la chouchoute du festival  Komm, Bach! (entre autres). À l’occasion de la Fête de la musique, solidement assistée par deux autres brillants musiciens, Samuel Campet et Antoine Rychlik, elle a lancé le concert de clôture de la troisième saison par Dans la lumière, le chef-d’œuvre pour orgue de Robert M. Helmschrott, notre compositeur-fil rouge cette année.

Cette version en concert fait suite à la version filmée par la musicienne-réalisatrice elle-même. Les deux brillent d’une même énergie, d’un même sens des couleurs, d’une même exigence virtuose. On aurait bien proposé ce double diptyque pour en faire le tube de l’été, mais il paraît que ça n’existe plus, le « tube de l’été ». Du coup, laissons cette lumière devenir le néon estival des curieux, sur lequel les moustiques de toute race qui tentent de médiocriser nos existences et nos goûts sont invités à bien aller se faire griller.


En gros, c’est le projet du moment.
On le détaille demain.
En attendant, on bosse. Si, ça arrive.
Et comme, avant d’être génial et parfait, il faut se mettre raccord, malgré la chaleur, le budget rikiki, ben, on répète avec des artistes assez secoués pour bosser dans des conditions physiques et pécuniaires aussi ric-rac. Un artiste lyrique – comédien récidiviste et une organiste-pianiste-pianofortiste-continuiste également virtuose de la trompette. Ce vendredi, venez les apprécier dans le contexte foufou d’une majestueuse collégiale plongée dans la nuit. Même si, au programme, on mettra, nettoyé des scories des répètes, l’un des plus grands exemples de fayotage jamais écrits par un musicien savant (celui que vous trouvez infra), ça va être wow.


Komm, Bach!, saison 3, c’est fini ! Forts du succès croissant de la manifestation, du soutien et de la paroisse qui l’accueille, et des artistes qui nous font l’amitié – le mot n’est pas vain – de venir se produire, et du facteur Yves Fossaert qui, après avoir brillamment restauré l’orgue avec ses ouailles, reste toujours aussi réactif que compréhensif devant les impératifs et aléas propres à une telle manifestation, il est temps pour nous d’envisager, avec une modestie touchante, notre passage à l’ère Vivaldi.
En effet, dès le 21 septembre, nous égalerons le nombre de saisons d’Antonio – des saisons tour à tour primesautières, enténébrées, vaporeuses, fuligineuses, déstructurées, aguicheuses, frissonnantes, tressailleuses et sifflotières, pourquoi pas. Puisque voilà l’été, voilà l’été, voilà l’été qui, pour les aficionados de Komm, Bach! est cette « étrange saison où il neige sans discontinuer », il nous revient de donner appétit à tous en révélant enfin le programme de la saison qui nous attend – et ce, dans la mise en page de la graphiste qui a accepté de succéder à l’excellente Tomoë Sugiura, Marie-Aude Waymel de la Serve.
Au programme ?

  • 21/09, Journées européennes du patrimoine
    • 17 h : visite commentée de l’orgue
    • 20 h : concert à deux organistes, avec Benjamin Pras et Hervé Désarbre
  • 05/10, Nuit blanche
    • 20 h : orgue, basson et bombarde, avec Jean-Pierre Rolland et Jean-Michel Alhaits
    • 21 h 30 : best of pipe organ, vol. 2, avec François-Xavier Grandjean
    • 23 h : orgue et lumières, « Nuits et brouillards » avec Clément Gulbierz, Loïc Leruyet, peut-être Madeleine Campa et, à tous les coups, Bertrand Ferrier
  • 12/10, 20 h : orgue et saxophone du Québec, avec Jacques Boucher et Sophie Poulin de Courval
  • 16/11, 20 h : orgue et récitant de Bretagne, avec Michel Boédec et Anne Le Coutour
  • 07/12, 20 h : orgue et soprano, avec Jorris Sauquet et Emmanuelle Isenmann
  • 24/12, 20 h : concert de la veille don’ Noé
    • 15 h : visite commentée de l’orgue pour petits, grands, moyens et autres
    • 15 h 45 : concert tutti frutti pour tous
  • Le mois des quatre samedis
  • 14/03, 20 h : grand récital d’orgue contemporain, avec Aurélien Fillion
  • 28/03, 20 h : concert à deux organistes, avec Camille Déruelle et Anna Homenya
  • 09/05, 20 h : grand récital catastrophe avec Esther Assuied
  • 23/05, 20 h : grand récital d’orgue avec Serge Ollive
  • 06/06, 20 h : grand récital d’orgue avec Denis Comtet
  • 21/06, Fête de la musique (avec la participation du Conservatoire à Rayonnement Régional de Paris)
    • 14 h : le choix de Christophe Mantoux – Midori Abe et Vladimir Korolevsky
    • 15 h : orgue et chœur, avec les élèves de Sylvie Mallet et la Maîtrise de Paris dirigée par Edwige Parat
    • 16 h : la pépite de Christophe Mantoux – Liubov Nosova
    • 17 h : Bertrand Ferrier & friends play Ferrier


Au gré des pérégrinations, le petit joueur de flûteaux a parfois la chance de croiser quelques bestioles affriolantes. Témoin le terre-neuve ci-dessus. Bon, sur la photo, c’est pas vraiment un terre-neuve, plutôt un vieux lapin très sympa, sis à Nerville-la-Forêt. Toutefois, dans la même maison que le lapin, y a un yéti qui se fait passer pour un terre-neuve. Ayant raté toutes mes photos du monstre le plus velu, je me suis rabattu sur le stremon le plus paisible. Ben quoi ? J’fais mon possible, c’est déjà ça.


Il arrive que l’on croise aussi des chatons, histoire de constater qu’il est plus facile de s’embrouiller avec les ivrognes du PMU de Groslay – et non les gros laids du PMU des ivrognes, quoi que – que de vraiment discuter avec les poilus quadrupèdes. L’inverse ferait beaucoup plus plaisir : comme quoi, les théologiens ont beau dire, la Création n’est pas si bien pensée que ça.


D’autant que certaines créatures sont peu soutenantes, ce qui ne veut rien dire mais swingue presque. Dès qu’elles ont compris que répéter ou accorder un orgue, c’est du travail, elles n’hésitent pas à assumer leur solidarité à leur façon, histoire que l’URSSAF, affirme le présent dalmatien effronté, ne prétende pas qu’il y a là exploitation d’un travailleur non déclaré.


Y avait peu de risques, mais l’impudent profite du climat canin local. En effet, autour de la tribune de Saint-André de l’Europe, en hommage sans doute au curé précédent, le P. Alain-Christian Leraitre, et à sa bergère suisse Vaïka, l’on croise parfois des terreurs velues amenées par des chanteuses de jazz – terreurs qui ne manquent pas de te regarder en spécifiant, dans leur langage : « Tiens, ce gros tas, j’le bouff’rais bien. » Ce qui est presque flatteur, in a way.


On ne saurait terminer ce tour d’horizon parcellaire sans se réjouir de la montée de la peur dans le Val-d’Oise. Cela nous permet d’apercevoir, dans des villas bien clôturées d’Enghien-les-Bains, des chiens de garde fort effrayants quoique trop occupés à se dorer la couenne pour nous venir grignoter, même si on insiste. Pas de doute : le petit joueur va devoir aller jouer des flûteaux et travailler. En un sens, c’est plutôt bon signe.

Et voilà, la troisième saison de Komm, Bach! s’achève presque. Cependant, avant d’entendre filer la dernière note du soixante-sixième concert, il reste un peu de pain sur la planche… ou sur l’orgue, tout juste accordé par le facteur Yves Fossaert en personne.
Depuis l’affiche, quelques rebondissements ont défrisé le programme des cinq concerts offerts ce jour, mais l’entrée reste gratuite, la sortie aussi ; les concerts seront bien diffusés sur écran géant sous le regard attentif et expérimenté de la cadreuse du festival, Rozenn Douerin ; et ce qui attend les curieux reste fort croquignolesque, crois-je.



Pour voir tout cela plus en détail, cliquer sur les images ci-d’sous… ou venir, simplement, au 24 bis, rue de Saint-Pétersbourg (Paris 8, proche métros Place de Clichy – Europe et pas loin Saint-Lazare) partager tout ou partie de ces cinq heures de musique !

Egor Kolesov. Photo : Bertrand Ferrier.

Quand, au cours d’une répétition pour la Fête de la musique, un jeune organiste nommé Egor Kolesov se faufile à la tribune, tu le laisses tester la Bête comme tu eusses aimé que, en semblable circonstance, on te laissât tâter quelque monstre. Du coup, tu lui proposes de graver un souvenir de son passage – il accepte, l’effronté ; et, de fil en aiguille, tu lui suggères de venir participer à la Fête. Et il dit oui ! Retrouvez le bougre à 17 h et 18 h ce 21 juin, lors des concerts « orgue, contre-ténor et chanteuse de jazz ».

Michaël Koné. Photo : Bertrand Ferrier.

C’est un complice. Un mec qui a une voix inattendue (si, haute-contre-ténor, en gros, c’est inattendu), une présence ultracharismatique et une personnalité formidablement sympathique – au point que, même quand on voudrait le jalouser, on n’y arrive pas, ce qui est encor plus fort escagassant. Aussi à l’aise dans la musique savante (c’est  un habitué des grandes scènes opératiques), dans la technosphère, dans les théâtres, sur les plateaux saturés de caméras et dans le monde mystérieux des musicals, Michaël Koné était la proie idéale à convoquer pour zouker l’ouverture de la Fête de la musique de Saint-André de l’Europe. Suite au désistement in extremis pour raisons de santé d’un artiste programmé à 18 h, l’olibrius a accepté d’inventer avec moi un semi-double récital que nous avons intitulé « Vice et versa ». Nous donnerons donc le même récital, mais à l’envers, à 17 h et à 18 h.
Dedans, y aura du Bach.

Michaël Koné chante Bach. Photo : Bertrand Ferrier.

Du concept.

Photo : Bertrand Ferrier

De la marrade.

Photo : Bertrand Ferrier

Du chant profond visant à fouailler l’intestinité de l’auditeur.

Photo : Bertrand Ferrier

Des gestes lumineux (le concert sera retransmis sur écran géant, quand même).

Photo : Bertrand Ferrier

Et un peu de l’orgue aussi, ne serait-ce que pour swinguer les tubes au programme.

Photo : Bertrand Ferrier

Bref, en 2 X 45′, on ne devrait pas trop s’ennuyer. D’autant que, en sus du contre-ténor, une musicienne inattendue viendra se faufiler pour faire sourire le Roi des instruments et, en passant, émouvoir les auditeurs. Alors, Saint-André de l’Europe, are you ready to rrrrrrumble?

Photo : Bertrand Ferrier

 

Bruno Beaufils de Guérigny en été. Photo : Bertrand Ferrier.

Soyons trichotomique, ça fait du bien, parfois. Il y a trois sortes d’organistes :

  • ceux qui se plaignent parce qu’ils sont toujours invités à donner des concerts quand il fait trop froid,
  • ceux qui se plaignent parce qu’ils sont toujours invités à donner des concerts quand il fait trop chaud, et
  • ceux qui ressortissent des deux catégories à la fois.

Bon, y a aussi ceux qui se plaignent de ne jamais être invités à donner de concerts, quel que soit le temps, ceux qui se plaignent d’être invités à donner des concerts alors que d’habitude ils les vendent, ceux qui se plaignent de ceux qui se plaignent de ceux qui se plaignent et, quelquefois, fait rarissime partant d’autant plus appréciable, ceux qui ne se plaignent pas ; mais ce sont quelques-unes des autres catégories qui sévissent dans ces bises-naissent où, à notre échelle, l’amitié et le plaisir de partager son art subsument in fine toute lamentatio.

Bruno Beaufils de Guérigny devant « Réflexion et lumière » de Robert M. Helmschrott. Photo : Bertrand Ferrier.

Bruno Beaufils de Guérigny, lui, n’a pas chougné au moment d’affronter la chaleur du premier lundi de juin parisien qui ressemblait enfin à un lundi de juin parisien. Au programme : une première mise en relation entre un orgue qu’il connaît bien et des pièces qu’il connaît bien aussi… y compris Réflexion et lumière, un hommage à Albert Schweitzer signé Robert M. Helmschrott et travaillé spécialement pour Komm, Bach! car, cette saison, le compositeur était notre fil rouge. Découvrez un extrait dans la vidéo ci-d’sous !

Pour entendre l’intégrale, on vous attend afin de fêter la musique, ancienne ou contemporaine, toujours variée et surprenante, avec écran géant et entrée libre. C’est vendredi, dès 17 h, et, malgré les rebondissements de dernière minute chahutant légèrement le programme affiché, on a hâte de vous y offrir cinq concerts – rens. ici !