– T’inquiète, je sors M. Chien, t’as qu’à rester à Vincennes si tu joues aussi une cérémonie cette après-midi. Tu prends un pique-nique et tu kiffes la vibe dehors !
– C’est fort aimable, mais c’est plus compliqué que ça.


– En quel sens ?

– On va pas se mentir : en termes de pique-niquologie, c’est daubé du cul ou tout comme.


Le plaisir du rganiss liturgique nomade : conter fleurette aux monstres. Démo.

– Wouh-ouh, pikifa !


– Presque !

– Bon, je vois, t’as de l’humour, laisse béton.
(C’était pas un exemple parfait, mais on voit l’idée, boudu.)


C’est quand même l’avantage du rganiss liturgique itinérant : chemin faisant, il peut conter fleurette aux pikifa. Mal, apparemment, mais bref.


Le bottin s’éloigne, mais le beau temps approche. Presque. En tout cas, l’être préféré de tout Vincennes recommence ses rondes. Youpi.

Rue avec lieu de culte en banlieue parisienne. On est tout simplement, simplement, un jour d’octobre français en 2017.

Jean-Luc Thellin juste avant son récital à Saint-Louis de Vincennes. Photo : BF.

D’emblée, j’avoue, j’avoue tout. De ce concert de Jean-Luc Thellin, je ne peux rien dire. Ou presque. Juste que, quoi qu’il fût joué par un monsieur aux airs de gendre idéal (grand bonhomme, lunettes sérieuses, rasage parfait, très léger accent, gnagnagna), le programme était celui d’un malade mental tant il était hérissé de difficultés (digitales, musicales, stylistiques pour adapter des esthétiques complémentaires mais différentes à un nouvel instrument encore en rodage, etc.). Les connaisseurs me comprendront : la set-list incluait, dans l’ordre, la Sinfonia de la cantate BWV 29 dans la très fine et très efficace transcription perso de l’organiste ; les « Naïades » de Louis Vierne, épouvantablement complexes ; la monumentale Suite op. 5 de Maurice Duruflé ; et le monstrueux Ad nos ad salutarem undam de Franz Liszt, avec sa petite demi-heure de variations pyrotechniques autour d’un pauvre thème grégorien.

Le nouvel orgue de Saint-Louis de Vincennes. Photo : BF.

Malheureusement, je ne peux rien dire car, sur quelques pièces, je tournais les pages, tout fier de cette marque de confiance alors que je commence d’avoir une bonne réputation de pire assistant du monde. Et les habitués de ce site connaissent, sinon l’éthique, du moins, restons parfois modeste, l’étiquette de la maison : entre rganiss, ce qui se passe à la tribune reste à la tribune. Seuls les nombreux auditeurs de ce récital exceptionnel pourraient en chanter les louanges. D’autant que ce M. Thellin est aussi un de mes gros donneurs d’ordre. J’aimerais pas passer pour un fayot, quoi que, même si « ça joue méchamment » (pas « ça joue méchamment » au sens « je veux passer pour un fayot », sot, juste « ça joue méchamment » au sens où le mec a quatre bras, six pieds et deux ou trois cerveaux pour les gérer, sans compter le cloud – du spectacle, certainement). Oui, ça joue méchamment, y compris quand le tourneur de pages tente d’accélérer la cadence en tournant deux pages d’un coup – mais, Jean-Luc, on avait dit : ce qui se passe à la tribune… Bref. Si ce p’tit Belge de France passe par chez vous, préparez-vous à être ébloui ou déménagé. Au choix. This guy is good. Il a même été invité à jouer à Notre-Dame et, pire, au Festival Komm, Bach!. Alors ça va, quoi. C’est pas si grave si je peux rien dire. Ouf.

La rosace de Saint-Louis. Photo : BF.

 


Quand tu es rganiss ; qu’entre deux cérémonies, tu ne peux rentrer chez toi ; et que tu traînes, sous la pluie lourde et poisseuse, dans des endroits mal famés. Et pour le reste, on verra plus tard.

Quand tu vas jouer du bon son, qu’il y a du soleil, que tu vas être bien accueilli et qu’un p’tifa vient te dire bonjour, c’est sûr, tu vis en mode George Clooney. Le fric en moins, mais qui donne un enculé ?

… mais pas trop. Ben parce que, garder un peu de joie pour la route, se contenir par respect pour ceux qui, interroger cette révélation qui, constater que le mode mineur est plus élégant que les tonalités majeures, se – bref, whatever : joyeux Noël, chers lecteurs, mais, as far as I am concerned, pas trop, trop, et puis voilà.

TVPendant Roland-Garros, l’après-midi, parfois, je regarde la télé. Pas souvent France Télévisions mais, au moins, ça m’évite les commentaires des crétins payés pour blablater au lieu de bien fermer définitivement leur grande mouille. C’est déjà ça !

20160512_141138Dans certaines églises, prudents, les responsables ont barreaudé la fenêtre des toilettes pour que les organissses ne s’échappent pô. Mazette, ils sont forts, les diables.