Antoine Rychlik (détail) et Samuel Campet pendant l’Ave Maria de Dupré. Photo : Rozenn Douerin.

C’était un concert qui aurait plu à Yann Liorzou, ce grand organiste parisien – en dépit de son nom bien localisé – qui travaille aussi au corps le cor et qui est souventes fois venu enchanter l’orgue de Saint-André de l’Europe. En effet, pour Yann, en tant qu’organiste virtuose et surtout en tant qu’enseignant, le travail instrumental doit être dual. En clair, même le prof d’orgue doit apprendre un autre instrument, sinon c’est pas un prof qui en a. (Je simplifie, je synthétise, je réductionne, Yann, t’énerve pas : j’ai toujours été nul en didactique, tu sais bien.)
Le concert qui, ce 21 juin, concluait la troisième saison du festival Komm, Bach! en l’église Saint-André de l’Europe offrait l’occasion d’écouter trois étudiants du CNSM de Paris jouant chacun de deux instruments. Bon, l’un s’est lâchement débiné au dernier moment ; il ne restait donc, diable, que les deux meilleurs, feat. la virtuose des claviers et compositrice Esther Assuied, ainsi que le virtuose de la composition – claviériste Samuel Campet. Autour d’eux batifolait – pour tirer les jeux, tourner les pages, sécuriser les artistes et tapoter sur la tablette – Antoine Rychlik, lui-même multiple lauréat du CNSM.
Le principe du concert, proposé par les musiciens eux-mêmes, comme quoi ce sont vraiment des grands malades de l’os de la tête ? Esther et Samuel devaient jouer de l’orgue – mais genre par « Viens poupoule, viens » évidemment – et d’un autre zinzin – trompette pour la dame, alto pour le monsieur – pour lequel ils ont eu aussi des tas de diplômes-prix-médailles ; et là, on ne détaille pas car on n’est pas là pour humilier les clampins dont nous sommes. Le résultat ? Un concert pétillant, dont un extrait sérieux fut tantôt diffusé. En voici – sérieux aussi mais musical et inattendu – un deuxième, et je dis bien « un deuxième » car je ne néglige pas la possibilité, parmi d’autres, que la trompettiste à tendance claviériste convainque le modeste Samuel de nous autoriser à diffuser, par exemple, la « Valse » que le très digne monsieur assis avec une chemise blanche interpréta à cette occasion.
Donc, ben, Esther, à vous de jouer.

Yann Liorzou. Photo : Rozenn Douerin.

Après cinquante et un concerts Komm, Bach!, faut l’avouer : on sait qu’il y a des ingrédients plus sexy que d’autres. Par exemple, ce 17 novembre, on avait conscience d’envoyer du bois. Par exemple bis, dans notre saladier, on avait lancé un organiste tout juste descendu, j’ai pas fini ma phrase, de sa tribune de Saint-Honoré-d’Eylau, et aussitôt concentré sur ses partitions digitales, sur la musique et sur ses complices. Car…

Ogier Jenevein. Photo : Rozenn Douerin.

… car, avec Yann Liorzou, on avait un tout mimi sapin, mais un sapin sans déco, ça fait bizarre. Alors on a orné l’orgue d’un cor, l’instrument qui sent bon la musique frisson. Pour régler son compte au cor, on avait invité un mec qui fricote avec des big bands quand il ne s’immisce point dans les plus grands orchestres parisiens ou n’enseigne la musique la plus sérieuse du monde au CRD de Yerre ou au conservatoire de Cergy-Pontoise. À ce point, on avait du puissant et du goûtu à la tribune. Mais vous connaissez la maison et son moto (pas sa moto, hein) que je viens de lui infliger : too much is never enough. Par conséquent…

Sandrine Marchina. Photo : Rozenn Douerin.

… on a épicé notre plat du jour avec la voix et l’audace de Sandrine Marchina. Non contente d’interpréter en soliste oratorios, opérettes et grands airs de Mozart quand elle ne se glisse pas, avec une modeste gourmandise, dans des chœurs prestigieux, elle a choisi de s’agréger au duo Ogier Jenevein + Yann Liorzou pour un programme pyrotechnique, chanté en allemand (Strauss), portugais (Villa-Lobos), re-allemand (Schubert), français (Vierne)… et latin (Franck). Spectaculaire et gracieux.

Orgue, cor et soprano, triplé gagnant. Photo : Rozenn Douerin.

Le public nombreux a fait la fête aux vedettes du soir, orgue inclus. C’était chouette. Le prochain concert, comme les cinquante deux précédents, s’annonce néanmoins lui aussi exceptionnel, feat. le maître du clavier Cyprien Katsaris et l’une des jeunes organistes dont le talent et la virtuosité éclaboussent le public à chacune de ses prestations – en témoigne l’émotion des auditeurs de son tout frais concert à Saint-Nicolas, sur la superbe Bête d’Agnès Grall-Menet. N’attendez pas que l’on vous raconte ce récital orgue et piano : comme on dit en anglais, sauvez le rendez-vous. On vous espère d’ores et déjà.

 


Magnifique concert en vue : de l’orgue, déjà, du cor avec ça et, cerise sur la meringue, une soprano. En sus, un programme varié allant du solennel au multiple, avec du Bach, du Villa-Lobos, du Vierne, du Schubert, du Mozart, du Gounod et du Dukas. Le tout orné d’une entrée libre, d’une sortie tout aussi libre, et d’un écran géant pour suivre le récital comme si vous étiez auprès des artistes.
Rates-tu donc pas ça ! Rendez-vous en l’église Saint-André-de-l’Europe, 24 bis, rue de Saint-Pétersbourg, Paris 8, métro Place de Clichy ou Europe. Programme ci-d’sous.


Pour son dernier concert de la saison à Saint-André-de-l’Europe, Yann Liorzou a choisi de mixer Bach et post-romantisme. Programme pimpant, puissant et vibratoire, si ça veut dire quelque chose (heureusement, pas sûr). Bonne découverte du menu aux curieux (cliquer sur les images infra afin de les agrandir), et rendez-vous ce samedi 26 mai à 20 h pétaradantes, pour un grrrand récital d’orgue à deux petits pas de la place de Clichy parisienne, avec entrée libre et grantécrangéant. À vos marques. Prêts ? Venez !

Après trois mois de pause, la folie Komm, Bach! revient secouer l’église Saint-André de l’Europe (Paris 8). Pour lancer ce festival d’une vingtaine de concerts, le récital de ce soir ne devrait pas manquer de souffle. Au programme (à découvrir en intégralité ci-dessous, et sur grantécran en direct) : orgue et cor, feat. de magnifiques duos et, parmi les soli de Yann Liorzou, « le B-A-C-H » de Liszt ! Le tout se conclura sur un coquetèle convivial pour le prix ridicule d’une entrée libre. M’enfin ! C’t insensé, non ?
Ben non. De toute façon, on ouvre les portes à 19 h 45. See ya.

  • Passke la musique programmée sera magnifique et pomme pet deup, pour ce grrrand concert
  • Passke l’accueil est toujours sympa, au Festival Komm, Bach!
  • Passke les musiciens sont des virtuoses de tout premier plan (ce que les glophones appellent la crème-de-la-crème) et sympa en susss
  • Passke c’est quand la dernière fois que t’as esgourdé du Glazounov ?
  • Passke le concert est retransmis sur écran chéant avec une camérawoumeune dédiée
  • Passke l’invitation est assez cible à tous (et même pas zigée à l’entrée)
  • Passke l’égliz est belle et bien située
  • Passke y a un coquetèle après
  • Passke le concert et le coquetèle sont à entrée libre, mais on peut pas entrer au coquetèle si on n’a pas ouï le concert
  • Passke le curé vient de spliker que l’égliz est pas une salle de concert, et que c’est important de rappeler par la présence de tous les ploucs que nous sommes que l’église est aussi un endroit de concert vuk la région a par ézampe financé 25 % de la restauration de l’orgue (par ézampe, hein)

Le festival Komm, Bach! revient dès le 23 septembre…
Lancé pour fêter le come-back de l’orgue, tout en invoquant le Maître grâce à une pièce de Johann Sebastian dans tous les concerts (sauf un, c’est vrai), le come-back fait son retour. Le festival s’appellera donc Komm, Bach!², soit le come-back du come-back, donc Komm, Bach! au carré.
Bref, voilà l’programme, qui se déroulera à Paris juste à côté de la place de Clichy, avec des grrrands artisss, des entrées toutes libres, un cocktail et des retransmissions sur écran géant sauf souci technique. Prenez date si le grouve vous en dit !

Un grantartiss.
Un groprogramme pour tous.
Générosité, variété, exigence, grantécran, trégratuitt.
Avec un Breton, en sus. Avizonatifs et aux gens normaux, presque comme moi.

Jouer les deux grands Bachs (JS et CPE), bifurquer vers les transcriptions pyrotechniques de Guilmant, taquiner la musique de Debussy, transcrire le Charles Gounod symphonique, friser les fantaisies de Vierne et de Saint-Saëns, voire tirer les moustaches à Mr Widor himself : voilà le genre de récital que l’on vous promet aimable car virtuose, malicieux et intelligent.
Celui qui l’a fomenté est un gamin de 44 ans. Il venait d’avoir dix-huit ans quand il entrait en cycle de perfectionnement en piano (classe de Maud Garbarini au conservatoire de Corbeil-Essonnes) et remportait le prix d’honneur, degré Excellence, au concours Léopold-Bellan. Insuffisant pour lui. L’année suivante, il remportait le prix d’excellence dans la classe de Bruno Mathieu, au conservatoire de Melun. Dans la foulée, au CRR de Paris (alors Conservatoire Supérieur – CNR), il engrangeait les distinctions (Premier Prix du cycle supérieur de formation musicale, dans la classe notamment de Christine Morel) et les récompenses (Premier prix d’orgue au concours de l’UFAM, 1997 ; même sanction au Concours d’Île-de-France en 1999). Licencié en musicologie, il enseigne dans plusieurs conservatoires parisiens, réfléchit à une méthode de formation musicale avec son ex-prof Marguerite Labrousse, et grimpe comme titulaire dans quelques-unes des plus belles tribunes parisiennes : après Saint-Denys-du-Saint-Sacrement, il est le patron des orgues de Saint-Honoré-d’Eylau.
Viendez l’applaudir, on s’ennuiera point ! Et, d’ici là, rendez-vous sur Facebook

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