Il est des nô-ô-tres

Pèlerinage polonais à Montmorency (29 mai 2016). Ici, pas d'expert pour l'orgue, une vaste arnaque du facteur pour extorquer des fonds aux paroissiens. Mais bon.

Pèlerinage polonais à Montmorency (29 mai 2016). Ici, pas d’expert pour l’orgue, une vaste arnaque du facteur pour extorquer des fonds aux paroissiens et à la mairie. Mais bon.

« Veuillez m’excuser de ne pas avoir réagi à votre courriel plus tôt, mais vendredi soir et samedi j’étais invité à un anniversaire. » Je me doutais que nous avions choisi le bon expert : non seulement il est simple quoique vraiment expert, mais en plus il a les meilleures essscuses du monde.

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À l’horizontal

Longue photoCe jour, joué-chanté une ambiance jazzy-latino-live karaoké dans un de ces nouveaux bars où tu t’allounges…

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Théâtre des Champs-Élysées, Orchestre Colonne, 26 mai 2016

Orchestre ColonneC’est l’histoire d’un malentendu bien réjouissant. Je venais applaudir Diana Damrau. Sans le savoir, je vins un jour trop tôt. Je passai les contrôles à l’entrée du TCE. Personne ne s’opposa à mon intrusion. Par chance, personne ne squattait mon siège du lendemain soir. Je m’étonnai que la salle fût si peu pleine pour entendre Lucia di Lamermoor avec une telle vedette. En fait, je venais assister à un concert de l’Orchestre Colonne. Quand Tout un monde lointain commença, je compris qu’il y avait eu maldonne ; mais, quand je vins me dénoncer à la mi-temps, la sécurité m’autorisa à rester en seconde partie de soirée. Chic, c’était la meilleure.
Le concert s’ouvre par le concerto pour violoncelle de Henri Dutilleux. Nous étions sceptiques quand nous l’entendîmes la première fois en vrai ; nous le resterons. La tendance du soliste, Sung-Won Yang, à jouer à la limite de la justesse de façon à chercher la note la plus pertinente contribue à désarçonner l’oreille. La dilatation des espaces sonores, le manque volontaire de tension dramatique, l’absence d’accidents narratifs, tout cela est sans doute sublime mais, pour l’auditeur que nous sommes, un brin lassant. (Je sais, Dutilleux est un Intouchable, mais c’est la deuxième fois que, bof, même s’il est vrai que le bis Bach ne permet pas davantage d’être séduit par le soliste…
)
20160526_203739 Après l’entracte, la brillante Suite n°2 sur Bacchus et Ariane d’Albert Roussel décoiffe. Tout sonne juste, contrasté, nuancé, séduisant. L’orchestre est attentif à la direction précise de Laurent Petitgirard, et celui-ci le transcende. Ici, plus de petit ensemble, pas de chef de seconde zone. Énergie, émotion, ironie, tension, rythme, la palette du compositeur est remarquablement servie. Après le départ de la célestitste (?), la Valse de Maurice Ravel qui conclut ce concert à la fois tout public et exigent achève d’impressionner. Peut-être moins emportée dans son finale que l’on aurait pu imaginer, elle n’en reste pas moins remarquablement menée, avec cohérence, vitalité, respect des solistes (ici, chaque pupitre a droit à ses applaudissements) et force de l’orchestre – même si l’ensemble est grevé par l’hypocrisie de Laurent Petitgirard (amusant « ce n’est pas parce que la Valse est libre de droits depuis quelques semaines qu’on la joue », moins amusant « la SACEM nous soutient avec force » alors que lui-même est président du conseil d’administration de la SACEM depuis 2011, explicite le programme).
20160526_195434Une prestation qui mérite des bravos pour l’association entre composition quasi contemporaine et classiques qui font zizir, mais surtout pour une seconde partie remarquable… selon une tradition que nous avions constaté en 2013.

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La prison joyeuse

20160512_141138Dans certaines églises, prudents, les responsables ont barreaudé la fenêtre des toilettes pour que les organissses ne s’échappent pô. Mazette, ils sont forts, les diables.

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« Tristan und Isolde », Théâtre des Champs-Élysées, 12 mai 2016

Vue du décor du I "où longtemps la vision du vide alterne avec la vision du néant" (F. Mey).

Vue du décor du I « où longtemps la vision du vide alterne avec la vision du néant » (F. Mey)

Une œuvre massive propulsée à l’orée de la nuit : Tristan et Isolde se dresse comme un monument pour gourmands, avec ses quatre heures de musique également réparties en trois actes d’1h20’ chacun. Ce 12 mai, le Théâtre des Champs-Élysées, profitant des dernières heures à grosses subventions (la Caisse des dépôts va sévèrement baisser ses subsides dans les années qui viennent) en proposait une version mise en scène, en coprodcution avec les opéras d’Amsterdam et de Rome.
L’histoire : elle n’a, snif, guère changé depuis mon dernier résumé.
Le spectacle : écrire que le décor encadre ce drame dans l’épure et l’élégance serait lui faire trop d’honneur. La scénographie signée Christof Hetzer s’enivre de noir et blanc, avec des fonds de lumière blanche, des carcasses de bateau stylisées, une boîte en Plexiglas façon bocal ou aquarium d’où Isolde chantera sa mort. Ce choix de l’esthétisme à l’économie est renforcé par une mise en scène de Pierre Audi, éclairée comme souvent par Jean Kalman, à la fois faible (tic du metteur en scène qui ne sait plus quoi faire des acteurs : il leur demande de caresser l’espace ou, souvent vu ces temps-ci sur les scènes lyriques, de se coucher pour chanter) et vaine (chœur de figurants restant figés comme des ombres paralytiques alors que le chœur chantant est souvent gardé off). Comment ne pas s’étonner quand on pense qu’un « dramaturge », en la personne de Willem Bruls, a apporté son concours à une production aussi peu dramatique ? Oh, certes, on peut faire un effort et professer la mauvaise foi du benêt. Dès lors, on devine un souci de contraste entre l’histoire, poignante, d’un malentendu, et le glacis froid qui sert de support à sa matérialisation. On suppute une envie de dé-féériser l’histoire, au sens de : l’extirper de sa gangue magique (le roi, la mer, l’amour impossible), afin de la précipiter dans un univers moins connoté, plus universel. Cependant, la banalité et l’énigmaticité, écrirait Jean Bessière, de ces choix impactent leur efficacité et leur potentiel de séduction. Si l’on est moins exaspéré par cette proposition que par la pseudo-mise en scène de Bastille à l’honneur de ce gros caca de Bill Viola, on reste agacé par l’incapacité – ou la volonté, peu importe : le résultat est le même – de maints metteurs en scène de déminer l’opéra en préférant le design interchangeable ou leurs fantasmes hors de propos à l’histoire en musique qu’ils sont censés servir.

Rachel Nicholls (Isolde) et Torsten Kerl (Tristan)

Rachel Nicholls (Isolde) et Torsten Kerl (Tristan)

L’interprétation : comme souvent avec Richard Wagner, le résultat est sauvé par un orchestre convaincant. Le National – aux sonorités, nuances et tempi remarquables – est porté par la direction de Daniele Gatti, précise et attentive aux chanteurs même si les grognements et cris délibérément grandiloquents du chef ont de quoi exaspérer les spectateurs les moins éloignés. Contrastant avec cet accompagnement luxueux, les chanteurs sont préférentiellement vêtus en clodos (III) ou en blouse assortie à une sorte de couette molletonnée en guise de jupette. Dès lors, on comprend leur difficulté à sublimer scéniquement leur rôle. Torsten Kerl lui-même, Siegfried si expressif, s’y perd un peu. Après un premier acte vocalement séduisant mais où il a l’air de se perdre un brin dans l’espace, sa voix l’abandonne pour partie au deuxième avant qu’il ne tente de la remobiliser sur le gros troisième acte. Fatigue du jour ? C’est ce que l’on veut croire, car il a été vu en bien meilleure forme sur les scènes parisiennes. À l’opposé, Rachel Nicholls (avec deux « l », sinon c’est une actrice de séries télé) offre une Isolde beaucoup plus séduisante, alors qu’elle n’est « que » la remplaçante d’Emily Magee, démissionnaire. Elle n’a certes pas la puissance d’une Violeta Urmana, mais elle sait rendre perceptible l’émotion de son personnage, par-delà ce que les anglophones appellent des clichés et que nous autres francophones taxerions de topoi. Sa « Mort d’Isolde » n’est pas la plus spectaculaire que l’on ait jamais dégustée, mais elle conclut une prestation maîtrisée et convaincante avec une once de fragilité, assez cohérente au vu de la situation. Le duo est accompagné d’une Brangäne très efficace (Michelle Breedt), d’un roi Marc plus dans le beau son que dans la profondeur grave dont certains interprètes raffolent (Steven Humes), et d’un Kurwenal qui a du pain sur la planche mais ne ménage pas son appétit (Brett Polegato) ; enfin, contrastant avec Andrew Rees, qui semble parfois plus concentré à surjouer qu’à chanter son rôle de Melot-le-superméchant, l’on apprécie de retrouver le toujours percutant Marc Larcher en berger et en jeune marin.

Enfin un décor qui déchire. (Peut servir de paperboard quand stock déficient.)

Enfin un décor qui déchire. (Peut servir de paperboard quand stock déficient.)

Au final, une production qui associe le plaisir d’une musique passionnante (malgré un III qui, après un prologue magnifique, joue un p’tit peu les longueurs pour bien incarner mélodiquement l’attente – faut quand même le dire, non ?), la déception d’une mise en scène peu vivante, et la joie d’entendre un bel orchestre festonnant autour d’un plateau vocal di qualitá en dépit d’un Torsten Kerl sérieux mais pas au mieux. Un beau moment, en définitive… et sans David Guetta, cette fois.

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Tu m’disais quoi, M. Canard ?

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The dark side of May

Lundi de Pentecôte, MontmorencyHé-ho ! Ça dérangerait quelqu’un d’envoyer un peu de soleil pour pas démoraliser ceux qui bossent les jours Ferrier ? Par avance, merci.

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Oh, si jeune !

P'tite bourrée

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SPA Grammont, 14 mai 2016

GOLANChic, M. Chouchou, alias Golanaka Rex, n’est pas sorti aujourd’hui. Enfin, n’était pas. Depuis mon passage, c’est fait – courses, gambades, grattouillismes, fouilles de bosquets, check. Et toc ! Direction Lorka, malinoise encore bébé (à peine sept mois or somethin’).
LORKAUn loup qui adore se rouler dans l’herbe, jouer, faire la folle et prendre la pose. Vas-y, Lorka, prends une pose rigolote !LORKA OH NANComment ça, « ah nan » ? Vas-y, fais… je sais pas, moi, fais l’ornithorynque, par ézample !LORKA LORNITORINKVoilà. Vous ne saviez pas que les malinois peuvent imiter l’ornithorynque ? Erreur réparée. Il est donc temps de filer voir Roxy.ROXYC’est un p’tit labrador de trois ans qui n’en peut plus d’être dans son box, au point de se blesser. Comme, en plus, il est réputé « très dynamique », il sort moins souvent, certains bénévoles se voyant « déconseiller » de le sortir. C’est un peu triste ; du coup, on a aussi un peu fait les cons. Non, ça change rien sur le fond, mais ça colore un peu le gris foncé. Le côté Jean-Jacques Goldman d’une matinée dans un refuge SPA, sans doute.

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Ne pas confondre « christian clavier » et « chrétien keyboard »

Réu chantier in situ« Si les sabres cognent la planche de l’abrégé de tirasse, que fait-on des découpes pratiquées pour l’avancée des sabres ? » On est tout simplement, simplement, sur une réunion de chantier organistologistique.

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« Der Rosenkavalier », Opéra Bastille, 9 mai 2016

Décor Der RosenkavalierReprenant une production de presque jadis, Stéphane Lissner propulse sur scène un spectacle consensuel, ce qui n’est ni une insulte, ni l’option la moins intéressante que l’on ait vue en ces lieux.
L’histoire : elle est concaténée ici.
Le décor et la mise en scène associent l’ambiance « Au théâtre ce soir », avec un trompe-l’œil chic symbolisant le palais, et l’ambiance un peu plus que « Au théâtre ce soir », puisque le décor s’amuse avec brio d’un jeu de miroirs ouvrant, dépliant et fermant l’espace. Cette production de feu Herbert Wernicke, recréée par Alejandro Stadler, oscille ainsi entre le kitsch malin et la petite pointe d’ironie, entre respect du texte et touche de modernité. C’est fort plaisant.
D’autant que l’orchestre est dirigé par le maître de ce répertoire à Bastille, Philippe Jordan himself. Le résultat est superbe, avec une énergie inhabituelle dans les prologues, un art de distendre la métrique juste ce qu’il faut pour suivre les chanteurs (ce soir est une nouvelle première), ainsi qu’un sens des couleurs et des contrastes qui éblouit l’oreille, si si.

De gauche à droite : Eve-Maud Hubeaux (Annina), Erin Morley (Sophie), Peter Rose (le baron Ochs), Daniela Sindram (Octavian), Philippe Jordan, Michaela Kaune (la Maréchale) et Martin Gantner (Faninal).

De gauche à droite : Eve-Maud Hubeaux (Annina), Erin Morley (Sophie), Peter Rose (le baron Ochs), Daniela Sindram (Octavian), Philippe Jordan, Michaela Kaune (la Maréchale) et Martin Gantner (Faninal).

Côté plateau vocal, Anja Harteros ayant, comme souvent, fait faux bond, c’est l’autre Maréchale de la production, Michaela Kaune, qui prend le bâton. Elle est au niveau général du reste de la distribution : voix digne, même si on aimerait plus de puissance de temps en temps. En Octavian, Daniela Sindram fait le travail. On pourrait pointer un certain manque d’expressivité, à notre sens, et une patente difficulté à passer l’imposante rampe de l’orchestre dès qu’on quitte les aigus ; néanmoins, la partition est tenue, ce qui n’est jamais une mince affaire pour le rôle-titre d’un Strauss. Martin Gartner, en vieux Faninal, abat honnêtement sa besogne, tandis qu’Erin Morley en Sophie laisse une impression contradictoire, alimentée par son magnifique trio puis duo final avec Octavian et la Maréchale : sa voix est très belle, son incarnation scénique est remarquable, mais l’on se réjouit d’avoir opté pour une place point trop éloignée – les spectateurs des fonds de balcon ont-ils, comme nous, profité de ce talent, ou est-ce précisément le talent de la miss qui donne l’impression d’une « petite » voix ne parlant qu’à l’auditeur ?
Pour le reste, Francesco Demuro chante son unique air de ténor brillamment ; Eve-Maud Hubeaux privilégie l’espièglerie scénique sur la beauté vocale ; Irmgard Vilsmaier en Marianne Leitmetzerin semble projeter un timbre presque désagréable, entre métal et aluminium. Globalement, pourtant, l’amateur de grandes voix sort frustré, d’autant que la basse bouffonne qu’est Peter Rose est, elle, à la hauteur de ce que nous avions précédemment entendu : graves puissants, souffle, sens de la comédie, séduction cabotine qui n’oublie pas pour autant la tenue de la voix… L’homme donne l’impression d’avoir une grande classe d’écart avec ses collègues, ce qui est flatteur pour lui mais interroge sur la capacité de la direction actuelle de l’Opéra à attirer des voix à la hauteur d’un répertoire aussi exigeant.

Les radiateurs du hall sont toujours là, mais ils ne sont pas branchés. Été, nous voilà presque.

Les radiateurs du hall sont toujours là, mais ils ne sont pas branchés. Été, nous voilà presque.

En conclusion, une joyeuse soirée, à la fois belle et un peu frustrante – même si la satisfaction d’avoir entendu une musique drrramatique et parlante, dignement interprétée et non trahie par la mise en scène, l’emporte.

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Graph et apéro

Serty X– Déception. La mairie n’est pas venue comme prévu inaugurer l’exposition « Europe vivre-ensemble », avec la création de Serty 31 sur le vivre-ensemble en Europe via des lignes graphiques qui…
– Et si on allait en discuter autour d’un verre de whisky puis de rosé, monsieur le curé ?
(Parfois, c’est smooth d’être titulaire.)
Apéro 60 rome

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Centrons tout sur mois

Ton thé t'a-t-il ôté ta toux ?– En mai, fais ce qu’il te plaît.
So what?
– Ben, si un thé te plaît, va te le faire.
– Jolie moralité.

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Non au cynisme

Les vieuxNon. Quand tu joues un baptême, et que toute la famille sauf les vieux est concentrée à l’entrée du lieu de culte, tu ne vas pas distribuer ta carte en cas de décès envisagé dans les mois à venir. Un peu de dignité, quand même. (Mais t’y penses. Même si tu n’as pas de carte.)

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Grodico forever

De la fréquentification du coincement« Les coincements du deuxième ré se fréquentifient », stipule l’organissse sur le cahier de doléances destiné au facteur. Sans doute du Bertrand Ferrier dans le texte, je suppute. Las ! Néologisez, il en restera souvent à peu près rien, mais bon.

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En noires et blanches, je vivrai ma vie, etc.

Lille, me v'làDébut des répétitions pour le concert de reprise(s) lillois. C’est noir, c’est blanc, Yannick dirait « c’est métis ». Heureusement, non.

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« Rigoletto », Opéra Bastille, 2 mai 2016

Révisions« Hors la mort, hors la vie / est l’opéra d’absence », écrit André Velter (pas Werther, hein) dans « Océan d’orage » (L’Arbre-Seul, Gallimard, « Poésie », 1990, p. 72). Cette absence de tension tragique, de vie drrramatique, donc cette vacuité de l’opéra, c’est l’objet de notre terrrrrible déception (et pas que parce que notre appareil photo était en panne), et pourtant… Avec une équipe tournante, selon la logique Lissner (mieux vaut que les nouvelles productions « tubesques » soient jouées longtemps, quitte à ce que les chanteurs changent tout le temps), pouvait-on espérer que Rigoletto, version Opéra de Paris 2016, fût d’une efficacité historique ?
L’histoire : soit le duc de Mantoue, une sorte de don Juan. Soit aussi Rigoletto, une sorte de fou du duc mêlé à un Sganarelle censé être bossu (le metteur en scène l’a oublié, mais s’il n’avait oublié que ça…), qui abrite chez lui Gilda, sa fille. Soient enfin des courtisans qui n’aiment pas Rigoletto et qui enlèvent Gilda en la prenant pour sa maîtresse (acte I, 1 h). Poursuivi par la malédiction d’un courtisan raillé, Rigoletto l’a quand même mauvaise quand il comprend que le duc a profité de cet enlèvement pour déflorer sa fille (acte II). Il engage donc un tueur mais sa fille, bien qu’elle ait découvert qu’elle n’était qu’une parmi tant d’autres pauvres cruches, choisit de mourir à la place du mec qui l’a (dés)honorée (acte III, seconde partie 1 h 15).
La représentation : consternation. Vous connaissez l’expression « décor de carton-pâte » ? Ben voilà. L’opéra se déroule dans une mégaboîte en carton signée Christian Schmidt. Autrement dit, pas de décor, à part un escalier pour faire descendre, puis remonter, coquine, la danseuse ado qui a son heure de gloire en seconde partie.
La mise en scène de Claus Guth est à la bassesse de cette scénographie consternante, bien qu’un collaborateur « à la mise en scène et à la dramaturgie », on croit rêver, et une collaboratrice à la mise en scène, Konrad Kuhn et Aglaja Nicolet, soient aussi crédités. J’espère à tout le moins que la honte les enlace comme des algues vaseuses, tant leur travail les désigne comme des gros, gros nuls. Car, à la vérité, il ne se passe rien, dramatiquement, dans cet opéra qui, façon Hugo, transforme pourtant une comédie potentielle en drame post-donjuanique. Des vidéos sépia signées Andi A. Müller, fusent parfois sur la partie haute du carton, peut-être pour faire honte, par leur vacuité, à n’importe quel directeur artistique sensé (fillette gambadant de ci de là dans les prés, poignes serrées se figeant, etc.). Pire, un insupportable « double de Rigoletto », grimé en clown, surjouant ou s’endormant selon les moments, traîne sur scène en la personne de Henri Bernard Guizirian, pour une raison qui nous échappe, sauf s’il s’agit du petit copain d’un producteur or somethin’. C’est, sinon dégoûtant, au moins exaspérant, car tellement hors sujet !
20160502_204204Certes, l’absence d’enjeu scénique, affligeante sur un opéra qui prête à tant de tensions et d’émotions, s’explique peut-être par le souci de s’adapter à l’équipe tournante chargée de chanter cet opéra vocalement corsé. Selon la logique de la direction en place, il s’agit de jouer toute production, surtout les nouvelles comme celle-ci, le plus souvent possible. Par conséquent, sur les « blockbusters opératiques », dixit l’Opéra national lui-même, les rôles vedettes tournent. Bilan : deux ducs de Mantoue, trois Rigoletto (dont Ludovic Tézier, plus cher, pour une date), deux Gilda, deux Sparafucile-le-tueur, les uns et les autres pouvant jouer avec les uns ou les autres selon les représentations. Le résultat, logiquement, attriste. Aucun travail dramatique, aucune tension narrative, aucun effort pour faire vivre le drame. Le moment le plus abouti est sans doute l’heure des saluts, ce qui n’est jamais bon signe car, pour une fois, même la mise en scène du chœur (oh, ces gestes à contre-temps, comme une mauvaise chorégraphie d’aérobic, au début du II) est pitoyable. Disons-le : cette production est un crachat à la face des pauvres imbéciles qui ont chèrement payé leur place (devant nous, des connards d’invités se pavanent et arrivent après la pause, mais c’est pas la même problématique, bien sûr).
Dans ce contexte, les chanteurs font ce qu’ils peuvent, avec un orchestre que Nicola Luisotti peine à maîtriser comme en témoignent les nombreux décalages. On se réjouit certes de retrouver, dans un petit rôle, Florent Mbia, désormais dans ses meubles à Bastille. Les rares Français – les chanteurs de l’Est doivent être moins chers -, Christophe Berry et Isabelle Druet, ne déméritent pas. Pour le reste, les artistes convoqués m’évoquent des boxeurs venant faire leur show où qu’on les invite. Sacré niveau, assurément, mais aucune implication personnelle, aucune incarnation scénique, ce qui est un comble pour un opéra si simplement dramatique. Chez les vedettes, Michael Fabiano est un duc de Mantoue techniquement impressionnant, et pourtant il semble totalement indifférent au récit qu’il chante et joue. Olga Peretyatko, toute mimi dans sa robe blanche, craint visiblement ses aigus sans pour autant flancher jamais, même dans ses belles nuances pianissimi. Seul, survolant la distribution du soir, plane Quinn Kesley. Puissant vocalement dans le rôle-titre, impressionnant par son souffle et sa résistance, il veille à paraître crédible dans son rôle de fou insolent bafoué ; surtout, il est le seul à passer la rampe, le seul parmi les rôles principaux à se soucier d’émouvoir les milliers de spectateurs venus vibrer à la salissure qu’il vit. Ça ne sauve pas la soirée, mais cela rassure ceux qui ont espéré ne pas voir un opéra « mis en espace » mais un opéra mis en scène.
Décor cartonEn bref, on ressort de cette piètre production avec l’envie de réentendre Quinn Kesley et l’envie de frapper Stéphane Lissner pour ce nouveau ratage, alors que les forces chantantes en présence permettaient de rêver d’un beau spectacle.

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Et puis flûte, à la fin !

Flûte et bordel– Quand tu me disais : « Mon orgue a une très belle flûte », je pensais pas à une flûte-flûte. Plutôt à un jeu de flûte.
– En tout cas, ici, on a une flûte qui sonne très bien. Peut-être es-tu un p’tit peu jaloux ?
(Humour d’organissse.)

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SPA Grammont, 4 mai 2016

DAYAD’abord, longuement, discuter avec la patronne du refuge au sujet des facéties oragnisationnelles imposées par certains bénévoles. Puis, Golan et Corso étant sortis par un autre olibrius, passer aux choses sérieuses, en l’occurrence Daya, huit ans, toujours énergique et rigolo.
SCARLETTMiss Scarlett, elle, est censée ne blairer personne, surtout pas ses congénères. C’est prometteur. Malheureusement, la balade qui suit décevra les amateurs de chiennes terroristes. Elle fait des câlins, s’indiffère des cons, et ne rechigne pas à un p’tit trot poussé. Hop-lô.
LORKA EN HERBELorka est ma nouvelle chouchoute. Actuellement à l’infirmerie, elle ne rechigne pas à retrouver ses meilleures amies les hautes herbes…LORKA COOL… pour un instant de cool. Ce qui n’exclut pas, par la suite, de prendre une pose de foldingotte pour la photo. On a dit « cool », pas « chiant », non plus.
LORKA LA FOLLE

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Prudence est mère de pureté

Bord tribuneLa bordure de tribune scotchée et lumineuse : une prudence sans doute précieuse pour les organissses bourrés ou les atterrissages difficiles.

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Gros proud

Stairway to Heaven– Jimmy Page aurait été fier de vous.
– OMG, fuck.

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SPA Grammont, 28 avril 2016

Léo 1D’abord, exfiltrer Léo de l’infirmerie. Et négocier une pose, genre, digne.
LÉOMieux. Puis convaincre Anaya (non référencée sur le site officiel, donc peut-être le nom n’est-il pas ézak) de quitter sa cellule hospitalière pour venir faire la fofolle au parc proximal – si, ça fait classe, proximal. Enfin, bref.ANAYAFaire des bisous, des bondissements, et revenir à un ancien, l’un des plus beaux chiens de Grammont, de retour au refuge, mon chouchou personnel (ainsi que celui de moult autres), Mister Golan, dit Rex.GOLANPuis terminer, au hasard d’une errance, avec Miss Lorka. Une chienne redoutable.LORKAToujours prête à bondir.Lorka aux aguetsJamais partante pour une roulade dans l’herbe et une rigolade party.Lorka morte de rire– Lorka ?
– Au temps pour moi. Morbleu, la bonne facétie, ce nonobstant !
– Pardon ?
Oh, le con, le con, le con…Lorka essuyant ses larmes

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M. Bricolage

M. Chien à baldaquin– Ben quoi ? Je me suis bricolé un lit à baldaquin. C’est pas mimi tout plein ?
– Mais t’es un chien, bonhomme. Un chien.
– En es-tu bien sûr, gourgandin aux frêles oreilles statiques ?

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Grobidio

Une p'tite fatte !– Elle a l’air sympa, hein ?
Trust me, bb. U don’t wanna meet her. Surtout dans une petite cage d’escalier.
– Pourquoi ? Tu l’as rencontrée où ?
– Dans une petite cage d’escalier.
– Aïe.

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J’ai les bulls

20160423_153535J’avais un beau manteau noir. Enfin, un manteau noir. Puis j’ai rencontré un bull-terrier. Et voilà.

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