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Catherine Ribeiro

Rester debout

Jann Halexander le 2 novembre 2024. Photo : Rozenn Douerin.

Il sera furax mais, tant pis, on l’écrit : ce n’est pas le chanteur le plus médiatisé de la planète. Même si, en tant qu’artiste, il se définit comme collègue des ténors du business, considérant que, quelles que soient les échelles, le travail est similaire, il pose que, in fine,

  • être soi,
  • tracer sa route,
  • manigancer son projet artistique

est aussi valide que devenir une vedette fabriquée. Jann Halexander ne cherche pas tant

  • la lumière que l’écoute,
  • l’admiration que la vibration,
  • la verticalité de l’Artiste face aux clampins que le partage.

 

 

À 16 h, ce 14 novembre, il revient faire écho à « une collègue », Dame Catherine Ribeiro, qu’il a long de temps chanté et avec qui il a échangé avant que plus rien. En percutant les chansons de la pseudo « pasionaria rouge » (image réelle mais réductrice de l’artiste) avec ses propres instantanés de vie fredonnée, Jann Halexander propose un moment de friction heureuse et stimulante.
C’est gratuit et pourtant, en sus de Sébastyén Defiolle à la guitare protéiforme, je serai en back-up aux claviers. On peut réserver ici.

Persister, c’est vivre un peu plus fort

Le concert du jour !

Ils y croient. Ils croient que ça vaut le coup. Le coup de chanter l’autre qui, lui-même a chanté lui-même et l’autre sans, toujours, les distinguer dans le miroir qu’est la chanson. Bref.
Jann Halexander et Pascal Bertonneau s’aventurent de l’autre côté du périph’ pour prolonger la grande chanson en exaltant certains aspects du catalogue de Catherine Ribeiro pour l’un, de François Béranger pour l’autre. Bertonneau opte pour un premier degré assumé, sans forfanterie ni facétie : la chanson de Béranger, rien qu’elle. Halexander fait un pas de biais en enlaçant quelques-unes de ses œuvres à celles de madame Ribeiro en personne.

 

 

L’un choisit d’être à nu ou presque : seuls le titilleront les dix doigts de son pianiste. L’autre dégaine un trio qui le connaît bien, et réciproquement :

  • Sébastyén Defiolle sera à la gratte électrisante,
  • Claudio Zaretti sera à la sèche groovy,
  • je ploum-ploumerai.

Et ça se passera dans un « tiers-lieu » (haha, classe ou bien ?) de Massy (91) ce 5 juin à 19 h 30.


Rendez-vous Station l’Atlante au 16, bis rue Ampère de Massy. On peut réserver avantageusement ici.

Sempervirente !

Le concert du jour !

Comme le chante Michèle Bernard des Communardes, on la prenait volontiers pour

  • une virago post-hippie,
  • une pasionaria rouge,
  • une hystérique extrême-gauchiste à la voix vociférante.

C’est si pratique de mettre en boîte une nana qui veut ouvrir les cages, l’insolente ! Pratique, mais inoffensif car Catherine Ribeiro n’a jamais été l’ombre de la caricature machiste et droitière que certains connauds ont dressée d’elle, pas plus qu’elle n’est devenue, aujourd’hui, un lointain souvenir de la chanson des années 1970 dont les snobs aimeraient goûter la poussière vintage. Catherine Ribeiro est actuelle et était multiple :

  • femme engagée contre les injustices, oui,
  • poète aimant rugir et bondir, heureusement, mais aussi
  • être sensible sachant être
    • amoureuse
      • lucide,
      • exaltée ou
      • blessée,
    • bricoleuse de formes musicales libres, et
    • inventrice de possibles capables de porter ses auditeurs.

 

 

C’est cette Catherine kaléidoscopique qui a touché Jann Halexander, lequel a eu la chance de croiser la chanteuse à la fin de sa vie, de vive voix et de vive main ; et c’est en hommage à cette capacité de la dame rouge à sortir des gonds où certains eussent souhaité la cantonner qu’il proposera une nouvelle version de son tour de chant autour du répertoire ribeirique en y mêlant ses propres chansons en écho… et en ouvrant la porte pour trois fredonneries à Pascal Bertonneau, interprète de François Béranger.
Aux guitares sèche et électrique, Sébastyén « Le fêlé » Defiolle et Claudio « Il professore » Zaretti. Au clavier, votre serviteur.


Rendez-vous ce mercredi 3 juin, à 19 h, dans la salle de spectacle et de débats de l’antre anar qu’est la librairie Publico (145, rue Amelot | Paris 11).
Entrée libre, forcément libre, sortie aussi même si l’on peut glisser des billets de 200 € dans la sébile en sortant.

Prolégomènes à une géographie du néant

Jann Halexander chez lui, en juillet 2018. Photo : Bertrand Ferrier.

 

La solitude, c’est un peu comme une noix. De l’extérieur, on voit bien ce que c’est ; mais on ne peut savoir ce que cache cette coquille tant qu’on ne l’a pas brisée. C’est à cette frontière de la brisure que se confronte Catherine Ribeiro. Elle décrit, dans une langue

  • crue et métaphorique,
  • directe et imagée,
  • sans fard et cependant astucieusement partagée entre ombres et lumières,

un mélange

  • de désir,
  • de turbulences de la « musique intérieure »,
  • d’affolement sexuel comme expérience d’un « regard nouveau », et de
  • cruauté de la perte qui conduit si près de l’être aimé, aussi bien « dans la douceur » du souvenir que « dans le néant » d’un présent tissé
    • d’absences,
    • d’abîmes et
    • de chagrins.

C’est l’intérieur – l’intimité, même – de cette noix que nous découvre Jann Halexander en incarnant plus qu’en interprétant « Carrefour de la solitude », l’un des derniers chef-d’œuvres – composé par Francis Campello – de la chanteuse yéyé repentie, décédée en 2004. Dans le cadre si particulier de la librairie Publico, ça donnait ce qui suit.

 

La tactique du tic tac

Le programme

 

Dans quatre semaines exactement, le blog reprend du service. C’est l’occasion d’annoncer le programme prévisionnel du mois de septembre afin d’aiguiser, s’il se peut, curiosités et impatiences. Cliquez sur le tableau pour l’agrandir. Bonnes découvertes estivales d’ici là !

De l’art de croire et de ne pas croire à la foi

Jann Halexander à l’Entre 2 (Angers), le 1er mars 2024. Photo : Bertrand Ferrier.

 

« Cesse d’être incrédule, sois croyant » : pourquoi pas, mais en qui ou en quoi ? Peut-être parce que, comme illicite, il y cite, ho ho ho, la punchline de Catherine Ribeiro (« je ne crois pas en Dieu parc’ que je crois en l’homme / En son vol en suspens »), Jann Halexander a souhaité glisser « J’ai pas la foi », chanson de sa composition, dans son nouvel hommage à La Ribeiro,

  • jamais obséquieux,
  • toujours admiratif,
  • forcément personnel.

À la librairie Publico, où les mille nuances de la contestation – de préférence radicale – sont source

  • d’ébullition,
  • de débat et
  • de saine colère,

Jann posait avec une vitalité lucide – et vice et versa – la question presque bernanossienne de l’à-quoi-bon, id est : à quoi s’accrocher pour donner sens à ce qui

  • se vit,
  • se partage et
  • s’interroge

dans l’existence en général et en concert en particulier ? Plus apparemment doux qu’un « Je ne te salue pas » leprestique (oui, apparemment), son hymne intitulé « J’ai pas la foi » frappe

  • au plus juste,
  • au plus suggestif,
  • au plus intime.

Ce 18 mars 2025, ça donnait ça.

 

Autant suspendre son vol

Jann Halexander au théâtre de l’île Saint-Louis, le 26 mars 2022. Photo : Rozenn Douerin.

 

Athée revendiquée, Catherine Ribeiro n’en écrivait pas moins des prières à l’Homme, à l’Aimé, à la vie… Bouleversée par le vol en suspens de notre espèce d’espèce, elle a confié le texte de « Racines » à Anne Sylvestre, qui en a fait ce qui suit, version Jann Halexander.

La synthèse rouge

Avec Jann Halexander et Claudio Zaretti, le 18 mars 2025 à la librairie Publico (Paris 11). Photographe inconnu.

 

Rares sont les récitals « Ribeiro par Halexander » sans « La vie en bref », un pêle-mêle de souvenirs, flashs, bouts de credo, retour d’expériences, secoué dans le shaker du groove guitaristique ici agité par Claudio Zaretti et Sébastyén Defiolle. Voici la version propulsée dans la salle de spectacle de la librairie Publico (Paris 11), à l’occasion du festival « Mars féministe » et à l’invitation du groupe Louise Michel de Mariama Keïta.

 

 

Un souvenir de brume

Avec Jann Halexander, le 18 mars 2025, à la librairie Publico (Paris 11). Photographe inconnu.

 

« J’ai traversé des nuits d’orage / pour n’être plus qu’à mon image » chantait Catherine Ribeiro. Chante Jann Halexander. En évoquant ce qui est devenu des sujets de société ou, pis, des sujets sociétaux : l’amour, les orientations sexuelles, la nostalgie, les non-dits, l’identité… En ne les évoquant pas, en fait. En les caressant, plutôt.
C’était dans la salle de spectacles de la librairie libertaire de Paris. Même sans un grand Steinway ou plutôt grâce à son absence, thème chéri de la Ribeiro, la force de cette chanson résonnait ce soir-là grâce à la voix de l’interprète et à l’invitation de Mariama pour Radio libertaire, avec cette audace très mariamesque d’inviter quatre hommes (les guitaristes Claudio Zaretti et Sébastyén Defiolle étaient de la fête) pour chanter au festival du mars féministe. C’était donc la moindre des causes de parler de celles que, pudiquement, Catherine Ribeiro appelait « Elles » !

 

 

Présence de l’absence

Sébastyén Defiolle, Bertrand Ferrier, Jann Halexander et un petit extrait de Claudio Zaretti, le 18 mars 2025 à la librairie Publico (Paris 11). Photo : source inconnue.

 

Chanter l’autre que soi, donc soi, jusqu’à ce que la force de l’aimer manque : projet. Honnête, en sus.