Convoi avec le chantre, le prêtre, le rganiss, le mort, et c’est tout. Photo : Bertrand Ferrier

… la solitude. Car on est seul à vivre, seul à mourir, seul à pourrir bientôt. Ce n’est ni grave, ni aigu ; cela permet parfois de relativiser quelques balabalas – parfois si joyeux – qui séparent les deux solitudes définitives.

Parfois, le « programme » d’un enterrement d’1h30 est très abondant. Parfois, il est plus impressionniste. Illustration du second cas.

Soyons clairs, contrairement aux apparences, l’église n’est pas une salle de spectacles. Et cependant, pour accueillir la diversité, parfois, c’est une salle des fêtes comme une autre, et je le re-prouve, avec ou sans accent.
(« Bertrand, tu as envoyé une candidature, faut pas mettre ce post ! / – Ben au contraire. J’ai jamais pris les gens en traître. Mais, note, j’ai pas stipulé que la laïque DJ a gueulé car l’Andante de Mozart joué pour ‘le geste de la lumière’, lors du précédent convoi, était totalement inapproprié. Non, ça, ça reste entre nous. À la rigueur, je stipule quand même qu’elle s’appelle Josiane, vu qu’elle a refusé de me dire où étaient les peluches Winnie et Bourriquet qui, tantôt, attendaient les jeunes fidèles à l’entrée de l’église. Ça, c’est vraiment dégueulasse. Moi, j’étais prêt à les abriter et… Bon, tu crois pas qu’on dévie ? »)

Saint-Martin des ChampsUn proviseur qui salue son subordonné d’un envoi laxatif : « Pars en paix, Pruno ». Un chœur soi-disant mignon qui chante à l’unisson Let it be à l’entrée du corps. Une chantresse qui explique : « Pour l’alléluia, on fera quelque chose de solennel, je m’accompagnerai au ukulélé alors, surtout, vous ne jouez pas. » On est tout simplement, simplement, un jour de plus sur cette Terre. Vivants, nous. Enfin, je crois.

On s'fait une toilette ?Je crains d’avoir compris pourquoi beaucoup d’organissses se disent catholiques : ils ont pris l’habitude de prier pour ne pas mourir électrocutés quand ils fréquentent des toilettes insalubres avant un enterrement. Ceux qui ne sont pas cathos doivent être des satanistes kiffeurs d’AC/DC.

Notre Dame de l'AssomptionJouer du Beethoven pour un défunt fan (qui donne quand même in extremis un CD de Tchaïkovski pour la sortie de son enterrement), dans une église où tu as juste envie de prendre chez toi Winnie et Bourriquet, qui sont à l’entrée pour inciter les enfants à aller à la garderie plutôt qu’à la messe (moi, je veux bien accueillir Bourriquet et Winnie, hein, j’ai un refuge à peluches dans mon p’tit monde) (surtout dans une église où, quand tu débarques, t’as toujours un CD qui joue un chant de Noël, même en plein mois de septembre) ?
À fond (de clavier) (fondu) !
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