Photo : Rozenn Douerin

Le petit lutin du festival Komm, Bach! (le rôle du lutin étant définitivement dévolu à Julien Bret, le rôle du petit lutin était libre et désormais occupé) a souhaité claquer son tube avec son style particulier : une virtuosité discrète, toujours plus cachée que crachée. C’est fin, c’est joyeux, et ça ouvrait avec gourmandise le premier concert du Grand Confinement intitulé Racontez-moi une autre histoire.

 

 

 

Le retour de la canicule n’y pourra mais : le beau, même so russian, n’attend pas l’hiver pour nous faire vibrer. Explorant leurs – donc nos – paysages intérieurs, Anna Homenya et Dmitri Ouvaroff nous offraient, en plein Grand Confinement, une plongée dans l’imaginaire médiévialisant d’un Glazounov fantasmant un ménestrel très personnel. C’est beau, riche, varié, et ça concluait supérieurement le concert du festival Komm, Bach! intitulé Paysages intérieurs.
(Pour les curieux, un bis magnifique – qui ne sera jamais diffusé en pièce détachée – figure dans la version intégrale. Bonne découverte ou réécoute ici !)

 

 

 

Défricheur de répertoires rares, contemporains et souvent minimalistes, Nicolas Horvath explore avec gourmandise les trouvailles de jeunes compositeurs à qui il offre une vitrine luxueuse. En témoigne cette proposition de Melaine Dalibert, mise en valeur – pour le concert des Paysages intérieurs – par un jeu associant concentration et velouté.

 

 

 

Grosse ambiance sur le dance floor. Voilà quelques jours que, presque sans partage, Claudio Zaretti squatte la play-list de ce site avec des chansons pimpantes. Pour ce jour, il explore un de ses vieux paysages intérieurs, évoqué via la chanson « Dans les gares » qui fait partie de celles que j’aime particulièrement, dans son répertoire, peut-être parce qu’elle évoque de Lorraine, la quiche, ce qui est goûtu, mais pas sûr que ce soit la vraie raison.
La vraie vraie raison du kif importe peu, si même elle existe : puisse surtout cet extrait du concert Komm, Bach! par temps de Grand Confinement vous apporter, à sa mesure, le souffle et le peps qui nous aident à avancer un chouïa tant que faire se peut.

 

 

 

C’est notre série Claudio Zaretti, faut croire. De quoi froisser sans doute la modestie irrémédiable de Mr Z. Cette fois, voici une fredonnerie sur la circulation et les croûtes – sur la vie d’artiste, donc – qu’il a offert au festival Komm, Bach! pour le concert YouTube du Grand Confinement intitulé « Paysages intérieurs« .

 

 

 

C’est un peu l’avantage du clavecin. D’emblée, t’es hors jeu. Dans un monde autre. Inactuel, quelque moderne soit ta musique. Et ça, dans un « écosystème culturel » obsédé par l’actualité, réelle ou fantasmée, mazette, ça fait du bien.
Par exemple, quand Anna Homenya incarne digitalement les grooves du sieur Couperin, ça donne cinq feelings différents en huit minutes. Don’t listen to the assholes, just be yourself and let’s feel the beats & vibes.

 

 

 

Quand un grand virtuose joue la musique qu’il aime, parfois, on se dit que tout le monde pourrait la jouer. Puis, quand il la joue, on se dit que l’on s’est bien trompé, y a quand même de la plus-value dans l’air. Nicolas Horvath fait partie de ces frustrateurs. Malgré nous, on s’en réjouit.

 

 

 

Avide de paysages intérieurs, Charlotte Isenmann a poussé – par le truchement de Nicolas Fiery – l’audace jusqu’à traduire en notes, selon ses propres battements de cœur, les impressions d’un peintre costaricien. Le résultat saisit d’un bout à l’autre. Au festival Komm, Bach!, nous sommes heureux d’avoir recueilli ce témoignage d’une jeune danseuse, comédienne, instrumentiste, improvisatrice – bref, artiste multifacettes. Donc, le voici.

 

 

 

C’est notre chouchou. Tous les artistes du festival Komm, Bach! sont nos chouchous ; mais lui, c’est notre chouchou. Tant pis s’il n’aime point être présenté de la sorte.
En somme, il estime être, le présomptueux, libre comme une statue indéboulonnée par d’incultes racistes de merde. Ça tombe bien. Nous, on ne veut pas le déboulonner, le Claudio. D’autant que l’on ne trouve pas que sa (mamzelle) révolte est si infondée que cela…

 

 

 

Jouer une sonatine pour clarinette au saxophone : et pourquoi pas ? Cette pièce pas taillée pour son instrument, Dmitri Ouvaroff l’habite pour traduire – c’est le défi du concert – une partie de ses vastes steppes intérieures. Profitez bien du guide !

 

 

 

 

Est-ce de là que tu repars, où tu reviens chaque fois ? Après Jean-Jacques G., Claudio Z. semble nous parler de nous en nous racontant son paysage intérieur – thème du concert du festival Komm, Bach! dont est extraite cette vidéo. Bonne promenade dans nos jardins plus ou moins secrets tels que les esquisse il signor avec sa délicatesse coutumière !

 

 

 

Que les amateurs d’un piano exubérant veuillent bien chercher leurs pains quotidiens ailleurs.
Aujourd’hui, les petits marteaux vont offrir des pointillés aux auditeurs, mélomanes ou curieux, grâce à cet extrait choisi du concert Komm, Bach! précisément nommé Paysages intérieurs. Grâce et mystère nous accompagnent !

 

 

 

Et si l’on se réjouissait de réunir une clarinette et un orchestre à cordes avec un saxo et un orgue ? Bienvenue dans une pièce superbe, supérieurement transcrite et interprétée par les plus Parisiens des musiciens russes, sous la houlette et les micros de Mme Inna Ouvaroff en personne.

 

 

 

Ce n’était pas prévu d’enregistrer cette pièce. Mais il y avait le temps, l’orgue et un formidable musicien qui en voulait encore. C’est ainsi que s’est construit le concert YouTube des Splendeurs de la catastrophe : on ouvre sur les Ténèbres, symbole des catastrophes ; on clôture sur la Résurrection, splendeur de la catastrophe s’il en est.
Ceux qui accusent le festival Komm, Bach! de snobisme parce que l’on aime la musique récente et contemporaine auront de quoi chougner puisque le concert s’ouvre et se ferme sur des œuvres d’Olivier Messiaen à l’orgue seul (élitisme choquant en ces temps où le métissage et le breakdance sont les seules cautions censées justifier la musique savante). Du coup, c’est le concert YouTube qui a fait le plus de vues sur YouTube. Pan sur vos doigts (c’était pas un doigt ? mais c’est à s’y méprendre !), gros nazes. J’espère que les mêmes gens-qui-sachent se sont offusqués que, les concerts suivants, nous ayons eu la vulgarité d’inviter des chanteurs – fi, c’est vulgaire, la chanson. On s’en fiche tout autant.
N’empêche, cette vidéo est proposée aussi bien aux mélomanes qu’aux curieux sans a priori – bref, à ceux qui disposent d’un cerveau et d’un cœur les distinguant des, faut bien dire les mots, gros cons.

 

 

 

Pour le dernier concert de sa quatrième saison – rendez-vous ce soir à 20 h 30 précisément ici – et peut-être dernier concert YouTube, le festival Komm, Bach! s’enjaille en osant une thématique à contre-courant de la morne morosité ambiante. Une demi-douzaine d’artistes ont été convoqués pour nous rappeler que, malgré tout, malgré nous parfois, y a d’la joie !
Au piano, Jasmina Kulaglich nous fait le plaisir et l’honneur de rrrrevenir. De cette pépite du piano serbe, honorée des plus grandes récompenses dans un pays réputé pour son exigence et son très haut niveau musical, devenue à la fois l’une des pédagogues les plus recherchées, une soliste singulière et une chambriste gourmande d’expériences formidablement abouties, nous avons déjà tressé quelques louanges. Laissons parler la musique pour esquisser la puissance sans afféterie de cette artiste qui nous a, toujours, proposé un programme inédit et sur-mesure. Sans trop en révéler, disons que cette fois-ci ne sera pas, et c’est joyeux, une exception.

 

 

Comme le propose Komm, Bach!, revendiquant d’être le plus petit festival international d’orgue-et-pas-que, le concert ne s’arrêtera pas en Serbie. Il passera par le Japon d’où nous vient un « jeune talent » considéré comme l’une des plus belles pépites de l’impressionnante écurie d’excellents élèves formés par Christophe Mantoux. Midori Abe. Écoutée et acclamée dans quelques-unes des plus belles églises de Paris, la virtuose cèle à peine un tempérament de musicienne incandescente sous une modestie qui refuse effets et effusions. Ce qu’elle nous propose en cette Fête de la musique – la relecture pertinente d’un monument du répertoire – porte la marque délicate d’une exigence émoustillante et d’une sobriété bienvenue.

Midori Abe. Photographie : Bertrand Ferrier.

À peine posés au cœur battant du pays du Soleil levant, nous voilà repartis. Direction les États-Unis, plus précisément la Californie, avec Jennifer Young.
Titulaire d’un Bachelor cum laude en musique à l’université de Harvard, qu’elle prolongera d’un master de musique avec mention en chant à Longy, la soprano se produit en récital de Boston à La Haye, de San Francisco à Boston en passant par le Japon. Chef de chœur auprès d’enfants (mais pas que), elle s’est produite avec de nombreux ensembles vocaux réputés sous la baguette de zozos de l’acabit d’un Riccardo Muti ou d’un Zubin Mehta, de Tel Aviv à Salzbourg… Pour la Fête de la musique 2020, elle a choisi Saint-André de l’Europe et Komm, Bach! en signant une proposition festive, entre golden hits et suggestions inattendues. Accrochez-vous, ça va vibrer !

Jennifer Young. Photographie : Bertrand Ferrier.

Côté franchouillard, je viendrai poser quelques sons à l’improviste, en tant que titulaire de l’orgue de Saint-André de l’Europe. Mais nous aurons surtout la joie d’accueillir des artistes à la fois presque français et un peu spéciaux quand même puisqu’ils sont du Ch’Nord. Oh, rassurez-vous, ça ne se voit presque pas – si, en ces temps de pudibonderie nauséabonde, on peut encore faire ce genre de facéties sur les Nordistes sans avoir cette ignominie de Big Mama aviaire sur le râble.
Néanmoins, on est fort tout ravis, voire tout fort ravis, de compter sur la présence de Romain Watson, musicien professionnel (guitariste, chanteur, lead ou sideman, vidéaste itou), fomenteur de mille projets dont le groupe Atlantys qui claqua quelques albums au retentissement certain, et membre éminent du combo Old Tree’z en plein boom. Musicien atypique dont les mélodies fricotent avec les charmes des tubes pop, métisseur de styles capable de travailler avec d’autres artistes de sensibilités très différentes, Romain W. travaille souvent, c’en devient suspect, en complicité avec Magic Mélanie, chanteuse, batteuse et percussionniste dans la vraie vie – ça existe. Leur spécialité : la chanson en un jour. Pour savoir comment on fait « une chanson en un jour » (en l’espèce, celle-ci) quand on est secoué et que l’on a une machine à laver voire une cuisinière, merci de visionner le mode d’emploi ci-dessous.

 

 

Bref, c’est avec de joyeux drilles, de grands musiciens et un projet pétillant que nous avons rendez-vous ce dimanche 21 juin à 20 h 30 pour vibrer ensemble, en présence digitale des artistes avec qui vous pourrez échanger pendant le concert grâce au tchat !

 

 

 

Magnifique cadeau offert au festival Komm, Bach! par le quatuor Akos, feat. Alexis Gomez, Aya Murakami, Théo Delianne et Cyrielle Golin : un bout de quatuor abandonné là par Franz Schubert. Alors que nous nous préparons à déguster le dernier concert de la saison, retour sur un des beaux moments de l’histoire du plus petit festival international d’orgue-et-pas-que.

 

 

 

Vous prendrez bien un peu de musique qui ravive les couleurs des alentours ? Feuilletant les splendeurs des catastrophes musicales pour les besoins du récital, Vincent Crosnier a justement quelque chose d’idoine pour la circonstance…

 

 

Capture d’écran de contrôle, feat. Jennifer Young : Bertrand Ferrier.

Tu connais ce moment, oh, tu connais ce moment où, quand tu enregistres, alors que ce sera reproduit sans patch, id est comme en concert, la prise est plutôt correcte jusque-là, et tu ripes à une mesure de la fin.
Ce semi-sourire dit « aux lèvres mordues » n’est rien moins qu’une promesse de suicide pour échapper à la honte éternelle – promesse d’autant plus triste que tu ne la mettras même pas à exécution. La moue de la soprano dit, avec une sobriété toute américaine, ce qu’elle ne te dira jamais car, elle, a de l’élégance.