Parfois, c’est pas facile. Pas les chiens, hein. Enfin, si, mais c’est pas la question. Les gens, en revanche, c’est la réponse. Et le temps.


Dégager une grosse partie de la journée pour pouvoir sortir des monstres « à partir de 11 h », c’est joyeux mais c’est pas facile, facile. Pas facile, non plus, de côtoyer certains pairs bénévoles qui se prennent pour des chefs scouts parce qu’ils auraient été gendarmes, wow, et donc savent tout sur tout, surtout sur ce qu’ils ne savent pas (« Et voilà, tu as couru avec cette chienne, elle va avoir une torsion d’estomac et mourir dans d’atroces souffrances si on ne la surveille pas, surtout qu’elle vient d’être opérée et que tu l’obliges à marcher sur du macadam qui fait au moins 70°C, tu respectes un peu les animaux et les salariés ? / – Euh, sauf contre-indication, ça m’arrive. Les connards, hypermoins. Chais pô pourquoi »). Ne pas s’escagasser parce que, à 11 h 30, on arrête les sorties car « il fait trop chaud » (soit, mais c’est juillet : ne gagnerait-on pas à proposer des sorties plus matinales quitte à nourrir les monstres à un moment différent car, pardon d’étaler ma science expérimentale, mais le concept estival en Francilie, c’est que, souvent, à midi, il fait chaud ?).


Nan, juste sortir un nounours croisé berger allemand, une femelle, me dit-on, idiotement renommée Messi. Gambader sur l’herbe. Courir, oui, parce que l’on ne t’a rien spécifié, que le monstre en a envie et que, quand t’es un berger et que t’es pas sortie depuis 48 h, ça paraît pas absurde. Se poser à l’ombre pour grattouiller. Rentrer en faisant les cons. Croiser d’autres cons. Repartir vers le RER, un peu triste et pas mal colère. Bref.

Et c’est reparti à Gennevilliers avec Maiko dit (par moi) El Barbichudo, un p’tit bonhomme hyper gentil mais hyper peureux suite à des expériences un peu hard. Du coup, il est fort cordial mais ses craintes font de lui un petit personnage à éduquer – et éventuellement, c’est malin de sa part, à porter à l’aller puisque, au retour, il aura hâte de rentrer.


Pour les amateurs de pikifien, voifi Connie (orthographe approximative, chien non référencé sur le site). Comme tout pikifien qui fe refpecte, c’est lui c’est qui qui décide. Où c’est-y qu’il va, quand c’est-y qu’il rentre au bercail – pour ainsi dire… Un vrai patron, sympa mais, je le soupçonne, un rien macroniste.


Bon, le truc, c’est qu’un chien de refuge, c’est toujours hypermoche et sale et difforme. Par exemple, Kenian (pas référencé sur le site). Ah, non, ça marche pas. Visiblement, le mec est un ancien chasseur, mais il peut aisément se transformer en berger de canards, pour ceux que ce profil intéresse.


Il était donc temps de finir les balades avec un personnage que l’on pourrait aisément prendre pour une chienne alors que, en vrai, c’est un cabri-gazelle qui n’aime rien tant que gambader dans les hautes herbes. Ladies and gentlemen, please welcome miss Anaïs. Pour ceux que cette belle gosse séduit, signalons qu’elle peut être adoptée par une famille d’accueil. Renseignements sur l’hyperlien. Et pour la suite, on verra dès que possible se fera, or something.


« Bon, ben, déjà, bonjour, j’crois qu’y a pas d’autres mots. »


« J’m’appelle Cameron, et je crois que je suis l’un des chouchous de Bertrand F. (et d’à peu près tous les bénévoles, en fait), en attendant de devenir le chouchou de celui qui me fera quitter ma putain de cage de béton. Oups, j’ai été influencé par l’idiolecte de l’autre zozo qui, après m’avoir fait passer pour un ornithorynque, a essayé de me confondre avec un sangularis porcus. Bref, pour me contacter, c’est ici. »


Puis, Jodie ayant été subtilisée par un autre bénévole, j’ai fricoté avec Falco. Las, le temps de prendre la photo, il avait déjà débordé le support.


Falco aime courir, jouer, courir, éventuellement profiter de quelques grattouillis, courir, se reposer à l’ombre et surtout courir en jouant. Du sport, du joyeux et, accessoirement, du beau gosse.


En revanche, quand je lui demandai une imitation, il me proposa « la fanatique d’Indochine écoutant le nouveau single du groupe ». Faut connaître, certes, mais c’est à s’y méprendre.


Et la séance se termina en un éclair avec Buzz.


C’est un ex-chien de chasse qui aime bondir, sprinter, faire des câlins, poursuivre des nanimaux sans laisse et qui, lorsqu’il est en confiance, peut même imiter « le pingouin hirsute » au sortir de la sieste. Que réclamer en susss ?


Rasta. Bébé d’un an et demi qui aime jouer. Au point de vexer le bénévole qui pensait avoir trouvé une idée hhhéniale en apportant de quoi permettre aux terreurs de boire, même si elles n’aiment pas siroter directement aux robinets.


Comme a commenté le fils d’une dame bâchée : « J’ai peur, le chien a une muselière. » Sous-entendu, je suppose : son promeneur, non. Un peu plus loin, les moutons, eux, ont monté un collectif (un « troupeau », dans leur langue) pour dénoncer des chiens « pas assez nourris donc porteurs d’intentions négatives et gustatives. » C’était chaud.


Heureusement, restaient les chouchous classiques.


D’abord le nounours sur pattes, madame Jodie. Capable de s’arrêter sur une voie de tramway et d’attendre un câlin pour redémarrer. Complètement frappadingue, mais presque gérable dès qu’elle a sa dose de câlins. Bonne définition d’un idéal de vie, me semble-t-il.


Et enfin le bâtard magnifique, Mr Cameron. Aime aussi les câlins, la bagarre violente et sanglante avec arrachage de bras, et les grattouilles. Un idéal de vie alternatif bien sympathique, ma foi. (Même si mon abreuvoir en plastique a, cette fois, été assimilé à un ballon dégonflé, mais bref.) Surtout pour un ornithorynque.


Hey, bonjour parmi nous ! La mauvaise nouvelle du jour, c’est que Jodie, le nounours têtu qui aime les câlins, était toujours au refuge de Grammont (92) quand j’y débarquai. La bonne nouvelle, c’est que j’étais le premier sur le coup pour la sortir, suscitant moult regards et commentaires envieux des collègues bénévoles (« Merde ! Tu m’as piqué ma Jodie ! »). To make a long story short, on a fait les cons, on s’est boulifiés et on a sa mère LOL.


Au retour, la mauvaise nouvelle, etc. Bref, j’ai sorti Cameron, un chien qui prend tout le monde pour des nounours et veut donc faire des câlins à chacun. C’est une bonne base relationnelle, je trouve.


D’autant que, comme il y avait moult bénévoles, ce jour-là, on avait le temps de pratiquer force activités comme la lutte féroce (à mort, forcément à mort), le grattouillisme, la dégustation friandistique, l’arrêt bistro aux bornes d’eau prévues à cet effet et le déchiquetage de bûches. Bon, comme il n’y avait pas de bûches, une brindille a fait l’affaire, mais c’est pour dire.


Un p’tit dernier pour la route ? J’ai engagé papy Garou (quinze ans, quand même), manière de malinois censé être un p’tit vieux qui marche à deux à l’heure. Ce qui est plutôt vexant pour le bénévole qui se croit fringant ou assimilé, dans la mesure où tu dois trottiner pour le suivre quand il déambule.


(Ouais, je sais, il bave sur la photo, mais bois un coup après un sprint de plusieurs minutes, et on verra si tu fais ta Beyoncé.)
Ensuite, sur le chemin du retour, il a voulu monter au Belvédère du parc. Il s’est installé, tranquille, en scrutant l’horizon pour voir si un adoptant n’était pas sur le point d’arriver afin de fêter ses seize ans chez lui.


Pendant que l’on dépense des millions d’euros pour des trucs inutiles dont tout le monde se fout (inviter les présidents français voire américain et leurs greluches dans les plus beaux restaurants de la capitale, faire défiler des gens qui sont censés avoir autre chose à glander ou leur faire jouer les « Daft Punk » pour célébrer la nation, au s’cours, etc.), il m’a paru pertinent de ne rien payer mais d’aller saluer les zozos du refuge de Grammont. À commencer par Elixir qui, malgré son nom masculin, est une chienne rigolote quoique un peu speed (ce qui, à mon sens, est plutôt une qualité sauf si on est mou comme une chiffe, bref). Elle aime fouiner avec sa truffe, voire l’inverse, sait boire au robinet toute seule et n’hésite point à facétier lorsque s’en présente quelque occasion. Une bonne base, n’est-il point ?


Edji est un magnifique chien de chasse, qui rêve de courir et de courser du gibier de tout poil ou toute plume. Sa passion n’est donc pas de faire des câlins, et cependant il ne refuse ni la grattouille, ni la chicane. Avec un maître correctement barré, il apprendrait vite à maîtriser galéjades, triple axel sur son lit de mouvements smurf, et dissertation de philosophie. En attendant, comme ses pairs du moment, il se fait bien suer dans un box en béton. On devine la marge de progression menant vers la joie absolue et la rigolade décomplexée.


De nombreux bénévoles étant présents, les balades purent être un brin plus longues que de coutume. Malgré cela, je choisis de terminer les festivités avec Jodie. En entrant dans sa cage pour lui passer le harnais, je fus assailli par un grizzly cherchant à me nettoyer le visage à coups de langue. Cette entrée en matière avec le gros nounours nous permit de passer directement aux choses sérieuses. Par exemple, une fois seuls, je lui demandai si elle savait ce qu’est un triangle – ben, parce que je demande ce que je veux, pis j’ai pas trop à me justifier, je crois. Voici sa réponse.


Encouragé, je lui demandais ce que, si l’on suivait son postulat définitionnel liminaire, ne serait pas un triangle. Sa proposition ne se fit point attendre.


Comme, en plus, cette chienne est à la fois un grizzly et un âne (à tout moment, elle peut refuser d’avancer – ben, parce que, pis elle a pas trop à se justifier), l’adopter, c’est adopter un zoo, une ménagerie et une prof poilue de géométrie triangulaire. Aime bien ce nounours, moi.


D’abord, s’occuper du chouchou, Mr
Cameron, croisé tantôt, dont on est rassuré et triste qu’il soit encore au refuge, d’autant qu’il est hyperdifficile à photographier si on veut saisir et ses oreilles et sa langue, mais bon. (Du coup, on ne s’étonne pas que, en fond de photo, la dame à la poussette préfère se voiler la face.) En dépit de son nom bof-bof, Cameron est un nounours énergique, complètement cinglé, qui aime les câlins, les courses, la déconnade et l’arrêt pour boire des coups. Me fait penser à quelqu’un mais me rappelle pas qui…


… ce qui fait bien marrer
Edji, un braque straordinaire, tout concentré sur son besoin d’énergie (mais qui accepte les grattouilles une fois bien défoulé). Le genre de mec rigolo qui arrive dans le parc en fredonnant « Pom, pom, pom, les lapins, on arrive ». Y a de la sportivité, car autant il n’a pas une once d’agressivité, autant quand il sent une p’tite boule de poils à proximité, mieux vaut pour elle envisager une prompte retraite. Par respect ou mesure de sécurité. Sont pas dans la même caté, faut dire aussi.


Lui, c’est
Hendrix. Il est censé sortir tous les jours, même s’il n’a pas été officiellement exfiltré depuis trois jours. Il est rigolo, gentil, puissant, au taquet, toujours partant pour un sprint de quelques kilomètres. Du coup, ses anciens adoptants l’ont abandonné car « il a besoin d’espace ». Ben oui, c’est un assimilé pointer, faut qu’il bouge son body et fourre sa truffe un peu partout, sot.
Enfin, cette visite au refuge de Grammont fut aussi l’occasion de constater que, après l’accident survenu avec un rottweiler suite à une tentative de muselage réalisée par une autre bénévole,  des bruits ont été répandus sur mon compte (« Pourquoi t’as pas respecté les consignes ? / – Lesquelles ? / – En tout cas, t’étonnes pas si / – On est dans la blague ou tu me chauffes, là ? ») et de constater que ma nullité absolue à passer une muselière a finalement retenu l’attention de la direction, puisque, contrairement à la loi, le molosse est à présent promené sans muselière. Bertrand Ferrier, gros nul de merde, mais peut-être pas tant que ça – bref, comme je suis pas venu parler avec des benêts mais jouer avec des stremons, j’essaye juste de ne pas donner un phoque à ce cirque. J’essaye, hein.

Voici miss Djeeya from the refuge Grammont (Genevilliers), six ans de chien courant et quelques mois de refuge. Aime renifler ventre à terre, courir sus aux lapins et se faire grattouiller le bidon. Attend son futur maître, rigolo de préférence, pour câlins (et lapins) à rattraper. Puis vint le tour de…

BIIIP ! Trop près, on la refait. Puis vint le tour de…

… m’sieur Bobby, beagle de bientôt treize ans, ici chopé au moment où il comprend que la dame qui se promène avec nous, avec son survêtement de la Fédération Sportive Gaie et Lesbienne – Paris 2018, c’est celle qui va l’extraire du monde tout pourri du refuge. Une dame qui écrase la larmichette et supplie que l’on explique à Bobby qu’elle va venir quand on doit le remettre en box le temps de finir les papiers ne doit pas faire une bien mauvaise maîtresse, après…
Et enfin, please welcome M. Zeus, qui conclut ces trois heures de ballade… en compagnie de son probable futur adoptant, séduit par ce p’tit malinois lui rappelant sa croisée malinoise, morte mardi. Zeus aime faire des câlins, des blagues, des roulades, des facéties, des roulades, des plaisanteries et des roulades (ou des câlins). Pour un chien de garde, c’est raté. Pour un chien tout court, bien ouèj.

AsiaQuand je promène des p’tits monstres du refuge de Grammont, je leur propose de faire des photos pour inciter les foufous à les adopter. Après quelques câlins, gambades et facéties, Asia (les fans de John Wetton seront ravis) a accepté, mais à condition que j’apparaisse sur le selfie. Donc acte.BacchusDu coup, Bacchus, curieusement indiqué comme « petit » sur le site amélioré mais toujours très fautif de la SPA, Bacchus, disais-je, a voulu une photo originale. J’ai essayé de négocier, sur le thème « t’as beau avoir dix ans, t’as une bouille de petit bébé loup, on pourrait »… Peine perdue. Il souhaitait faire plus djeunse, plus percutant. Je lui ai proposé celle de quand on s’est pris un poteau tous les deux à force de faire les cons. Il m’a opposé un non négatif. C’est pourquoi, après avoir bien facétié, Bacchus s’est réduit à cette truffe sur laquelle vous pouvez appuyer, ça devrait faire « pouët ».TangoCôté comm’, Tango n’avait pas beaucoup d’exigence. Faut reconnaître que ce bébé (1 an) ne sort que trois fois par semaine. Du coup, le temps de rembarrer un collègue qui désapprouvait ma propension à le laisser tirer en laisse (« tu laisserais pas ton chien faire ça / – ben nan mais il sort 30 fois par semaine, c’est pas la même saucisse »), on a abandonné les emmerdeurs à leurs affaires et on est allés faire les nôtres. En smurfant. La sortie classique, quoi.SnoopEt puis j’ai fini mes p’tits tours avec Snoop, le beau gosse aux oreilles asymétriques. Idéal pour trottiner, fouiner dans les fourrés, impressionner les inquiets, proposer une vraie opposition dans une bataille sans merci, croquer des friandises, se laisser grattouiller avec vigourosité – bref, un pikifien, quoi. Hâte de revenir faire l’abruti avec lui. À moins que le contraire d’un abruti ait, d’ici là, décidé de le happer dans son univers, tsoin-tsoin.

WOUA WOUASous la menace de la pluie (que de la gueule), je décide de sortir avec un beau gosse puissant et câlin. D’accord, son nom actuel a dû être inventé par quelqu’un qui le détestait, mais, du moment que, en jouant avec ce zozo, on peut tendre bien haut au connard qui l’a baptisé un médius préalablement humecté, tout va bien dans ce monde, tout va bien.FLASHFlash, au moins, son nom est bien trouvé. Parce qu’il ressemble au chien-guide d’aveugle iconique ainsi prénommé. Et parce que c’est une boule d’énergie. Il fait des bonds, des brabrassades (si), et il va vite. Y a quand même un moment où je l’ai floutement coincé dans mon plus simple appareil. Le métier, probablement. L’amour. La vie. Au fait, quelqu’un reprend un Monaco ?TRAVISAprès, j’ai négocié avec Travis, qui se méfiait de moi-même-je. Je le comprends : parfois, j’ai le chagrin qui tire vers les ponts, le soir, quand je le sors. Sans rancune, donc, pour ce p’tit bonhomme qui, après trois jours sans sortir (!), aime surtout jouer et faire le con. Avant, je pensais : « Il aura besoin d’un peu d’éducation. » Puis il m’a répondu : « Toi aussi, non ? » Alors bon.GOLANEnfin, j’avais pas le droit de sortir Herr Golan, le chouchou de tous les bénévoles de la SPA. Alors, je l’ai sorti parce que c’est aussi mon chouchou, mârde. Ricet Barrier le disait dans une chanson très autobiographique pour Bertrand F. : j’peux pas résister à la tentation ; le démon, en somme, Dieu le fit pour ma pomme.  Donc, j’ai respecté le choix de Dieu. Yallah !

BrandyAprès une longue absence (ben ouais, y a des gens qui bossent et suffoquent – pour pas grand-chose, mais bossent et suffoquent quand même), hâte de retrouver les monstres. En commençant par le Tyrannausorus Rex de Genevilliers, alias Brandy, une boule d’énergie qui pourrait remplacer une centrale nucléaire à panneaux solaires éoliens si on le payait pour ça. J’peux jouer les intermédiaires si y a des gens intéressés. En tout cas, j’peux jouer.
Du coup, j’ai fait un truc interdit, immédiatement repéré et signalé par une autre bénévole  – hommage à Romain Didier : « Les gens gentils sont souvent des salauds en manque de scénario. »

Et ce truc interdit, c’était sortir le chouchou de tout l’monde, Golan dit Rex. C’est un chien magnifique, gentil, souvent abandonné, jamais méchant et super bien placé pour être vu de tous. Comprendre ce qu’il fiche encore à Grammont, c’est comme essayer de comprendre pourquoi 2+2=5. En attendant, j’ai essayé de le photographier, mais il avait mieux à faire.
Golan cachéAlors j’ai retenté ma chance, avec mon p’tit couplet larmoyant : « Gnagnagna, on sait jamais, tu sais que ton ancienne adoptante a vu que je parlais de toi, on pourrait inciter des gens à t’adopter, tu vas passer sur mon site, quand même, blablabla. » Technique Dorothy Parker : « Quand quelqu’un pleure, parlez-lui. Au bout d’un moment, il s’arrêtera, ne serait-ce que pour vous faire taire. » Donc j’ai gagné une pose.
Golan grandes oreillesZüber. Après, heureusement, on a croisé des lapins, et ça l’intéressait beaucoup. (Sur la photo, on voit un lapin à gauche et un autre entre ses deux noreilles.)
Golan et les lapinsAprès, j’ai dû le raccompagner et il est retourné déprimer, ce qui rend triste tous ses fans mais c’est bien compréhensible aussi. Moi, mon devoir était de sortir Dalinka. De grâce, ne montrez JAMAIS la photo suivante : Dalinka doit TOUJOURS être muselée. Alors, oui, elle a des minutes de folie, mais sa passion reste de ressembler auditivement à un petit cochon, de se faire grattouiller et de renifler bruyamment entre deux demandes de câlin. Du coup, laisser la muselière à une chienne aussi inoffensive que Cristiano Ronaldo devant un but islandais, j’ai pas pu. (Alors que c’est INTERDIT par la loi, genre RÉVOLTE !)
DALINKAEt puis après, je voulais sortir Lorka, ma chouchoute, ce qui est interdit aussi car elle était sortie la veille. Par chance, en chemin, j’ai rencontré une « urgence », Dax, pas sorti depuis trois jours. Et j’ai voulu crâner en sortant ce magnifique nounours de huit ans.
Dax profilOui, crâner. Et ça a hyper marché. Plein de gens et de bénévoles se sont extasiés devant mon nounours. Mais bon, ça, ce sont les petits travers du bénévolat : tu le fais gratos, mais si tu peux frimer à tes propres yeux, ben, tu vas t’gêner. Non mais !
DAX

GOLANChic, M. Chouchou, alias Golanaka Rex, n’est pas sorti aujourd’hui. Enfin, n’était pas. Depuis mon passage, c’est fait – courses, gambades, grattouillismes, fouilles de bosquets, check. Et toc ! Direction Lorka, malinoise encore bébé (à peine sept mois or somethin’).
LORKAUn loup qui adore se rouler dans l’herbe, jouer, faire la folle et prendre la pose. Vas-y, Lorka, prends une pose rigolote !LORKA OH NANComment ça, « ah nan » ? Vas-y, fais… je sais pas, moi, fais l’ornithorynque, par ézample !LORKA LORNITORINKVoilà. Vous ne saviez pas que les malinois peuvent imiter l’ornithorynque ? Erreur réparée. Il est donc temps de filer voir Roxy.ROXYC’est un p’tit labrador de trois ans qui n’en peut plus d’être dans son box, au point de se blesser. Comme, en plus, il est réputé « très dynamique », il sort moins souvent, certains bénévoles se voyant « déconseiller » de le sortir. C’est un peu triste ; du coup, on a aussi un peu fait les cons. Non, ça change rien sur le fond, mais ça colore un peu le gris foncé. Le côté Jean-Jacques Goldman d’une matinée dans un refuge SPA, sans doute.

AMYObjectif de ce samedi saint : s’occuper des petits chiens tristes. Par exemple Amy, un monstre de puissance et un petit cochon gentil de caractère. Elle fait des groumf, des rrrrh, et, quand elle rencontre un arbre, c’est l’arbre qui lui laisse le passage.  Rigolo.
LOOKY et VEGANEnsuite, Vegan et Looky, importés de la Guadeloupe où, me souffle une bénévole, ils étaient peut-être destinés à servir d’appâts à requins. Les connards n’ont pas de limites, c’est à ça qu’on les confond avec les imbéciles.
MORDOCAprès, je rupère Mordoc. Un nom qui tue, un pelage bringé qui effraye, et en fait un p’tit bonhomme qui veut jouer, gambader, jouer, faire des câlins, jouer et se faire grattouiller. Aime bien ça, moi.
20160326_100442Et puis le chouchou, Mr Golan, que personne comprend pourquoi c’est qu’est-ce qu’il reste au refuge aussi longtemps.  Il est hyperbeau, encore plus que moi, c’est dire, hypergentil – mais bon, j’ai vu que Kitaro avait été lâchement rendu par son propriétaire, alors peut-être c’est mieux qu’il attende de trouver THE guy… Ce serait une belle résurrection pascale. Un dernier commentaire, Mr Chouchou al-Golan ?
20160326_100440Soit, je vais y aller. À la prochaine, et merci aux curieux bienveillants. (Quant à ceux qui jugent que, pour le site d’un auteur-éditeur-musicien, y a trop de chiens sur cette partie blog, qu’ils sachent tranquillement que, en toute franchitude, je n’en ai cure et que je les invite, avec la souplesse bien autochtonale qui structure cet espace, à s’aller faire lanlère.)

OSCARCommencer par promener les chiens de l’infirmerie et choper un Oscar, parce que y a pas de raison. Puis tendre bien haut un médius préalablement humecté à la salariée qui vous chasse de la main comme une mouche à merde quand vous venez la solliciter au nom d’adoptants potentiels. Et repartir vers Mabrouka.
MABROUKA Poursuivre avec Larrow. Il fait des câlins aux gens comme aux chiens ; il est ultra-énergique ; il adore courir dans les sous-bois, il sait s’asseoir et réclamer un apéro ; croquer une corneille ne serait sans doute pas contre sa religion. Quoi d’autre ?
LARROWJ’ai pas retrouvé Jully, mais j’ai quand même sorti M. El Tchútchú, alias el señor Golan, dit Rex. Parce que, et puis mârde, en attendant la suite, pom pom pom (en gros, hein).GOLAN mystérieux

DANETTED’abord, visite à l’infirmerie pour une petite sortie avec Danette, Poppy, le p’tit-bonhomme-dont-j’ai-oublié-le-nom et le grand gourou Skippy.

Toutes choses ayant été faites par ailleurs, c’est l’heure du chouchou, Golan
GOLAN 03… lequel décide de me mettre dans la tête la chanson de Polo, « Les jonquilles ».
GOLAN 04Après, un échec triste : vingt minutes de négo n’ont pas suffi. Lizzie, abandonnée la veille, préférait ne pas sortir et hurler à la mort.
LIZZIEAlors, on a fait des câlins. C’est déjà ça. Ensuite, parmi les nouveaux arrivants, il y avait un mec qui avance, Hercule. Un ouf qui fait pom pom pom…
HERCULE 01… qui demande : « Chus mignon, quand même, hein ? »…
HERCULE 02… et qui, entre deux agressions de câlins, tente des sprinnnns pour tester les capacités pulmonaires de son promeneur.
HERCULE 03Enfin est venue Bianca. Du moins me l’avait-on annoncée. J’ai dû chercher cette nouvelle arrivante, bien cachée, faut l’admettre.
BIANCA 01Comme j’avais déjà échoué avec Lizzie, j’ai employé la manière ultraforte pour ne pas la laisser où elle était. Ce coup-ci, ça a marché. On est sortis.
BIANCA 02Donc elle a fait sa gossbell.
BIANCA 03C’était un peu trisssse de la quitter, mais j’ai senti qu’elle avait un dernier commentaire à faire. Alors, j’ai dégainé mon appareil pour une dernière pose… avant la prochaine.
BIANCA 04

ASTRODans la vraie vie, Astro n’est pas flou. Mais c’est vrai qu’il est flouflou (il n’a pas deux ans), sympa, pomme-pet-deup, hyper affectueux (c’est le chien qui marche le plus au pied que j’aie jamais vu), spécialiste de la gambade (il ne court pas : il fait des petits bonds, comme Patricia) et du câlin. D’après la notice, il fait des conneries. Ça tombe bien, on les a faites ensemble, mais ce qui s’est passé à Genevilliers reste à Genevilliers, comme on dit. On le dit pas ? Oups.
DALINKADalinka est un american staff et presque une antiquité puisqu’elle a huit ans. C’est quasi un cochon truffier, sauf qu’elle ne cherche pas les truffes. En bon terrier, elle inspecte l’environnement, elle accepte les câlins, elle fait groïnk-groïnk, et on se demande bien : quoi d’autre ? (La muselière OBLIGATOIRE était toute proche, bien sûr, je l’ai juste effacée pour la photo, vous pensez.)
OURALOural est manière de berger belge. La bénévole qui m’a demandé de m’en charger m’a dit, en substance :  « Il est gentil, mais je ne sais pas le contrôler. » En vérité, ce mec est carrément un ouf dingo qui aime les câlins et faire le con (genre, encore plus que moi).  C’est un chouette bonhomme, comme dirait Audrey Raveglia.
ROCKYAprès, une bénévole m’a proposé de m’occuper de Rocky, puisque j’avais expliqué que ça m’intéresserait que l’on me formât à la gestion des chiens difficiles. Le petit bonhomme ayant mordu un congénère pour passer ses nerfs après une séance véto très douloureuse, il n’est peut-être pas à l’adoption pour le moment. Malheureusement, il n’est pas du tout difficile. C’est un nounours qui aime marcher, courir et être grattouillé. Dans une ancienne notice, on apprend qu’il était « trop gentil pour faire de la sécurité ». Parmi les compliments qui complimentent, celui-ci ne me paraît pas le moindre. Avisss aux amateurs, et merde aux pros !

OPSI - LOKILoki, devenu Opsi, est sympa, c’est pas la question, mais, avant tout, il aime trois choses : courir, courir et courir. Et, éventuellement, gober quelque substance nourricière afin de mieux courir, courir, etc.
BLACKYBlacky, lui, actuellement encolleretté pour une blessure à la pointe de la queue, a une technique de course qui le rapproche du cheval. D’ailleurs, c’est un griffon. Quelque part, un griffon, c’est presque un cheval, non ? On n’a qu’à dire que si, voilà.
GOLAN 1« Nan mais Golan, devenu Rex, t’as pas le droit de le sortir, il est pas sur la liste. / – Ah, on t’a pas dit ? / – Quoi ? / – J’m’en fous, c’est un d’mes chouchous. / – C’est pas une raison. / – D’accord, on va demander à Golan ce qu’il pense de ta remarque. »
GOLAN 2« Allez, gros bisous. » Par chance, le quatrième chien, lui, est « sur la liste ». Il n’est pas réservé aux bénévoles de première classe qualifiés d’« habitués » (autrement dit, les « habitués » ne se le sont pas réservés) ; il n’est pas marqué d’une pastille rouge (autrement dit, les « habitués », etc.). Mais c’est la vedette du refuge, parce que c’est un nounours et qu’il fait pom, pom, pom. Voici donc M. Pom pom pom, dit Aïkho, actuellement à l’adoption comme les autres zozos. (Si vous voulez rigoler en voyant sa tête de petit malheureux, cliquez sur le lien pour découvrir ses photos officielles…)
AÏKHO

FlashQue ce soit pour l’amour ou pour la vie, comme chantait cette grande princesse, Flash est un chien qui pom-pom-pomme, joue, câline et ne pose nulle difficulté. La preuve : pour commencer, pas deux photos sans Flash.
Flash 2Après, j’ai repéré une petite chienne de trois mois voire de moins neuf mois (« née en 09/2016 » stipule la SPA sur Internet) qui jouait avec ses nounours.
Zita & CieSa proprio rentrant à l’hôpital, elle l’a abandonnée avec tout le matos. Comme la gamine avait l’air triste dans son box, j’ai une fois de plus décidé de dire merde au règlement en sortant Zitta, même si « NOUS VOUS RAPPELONS QUE LES CHIENS DOIVENT ÊTRE SORTIS DANS L’ORDRE INDIQUÉ SUR LA LISTE », pouët-pouët.
ZittaAprès, j’avais envie d’un peu de chic, alors j’ai promené M. Dior, qui préférait être discret sur la photo. Pourtant, ce sympathique zigouigoui est extrêmement efficace dans les disciplines olympiques suivantes : sprint, grattouille, déconnade collective et vagabondage dégingandé. Bon pour Rio, à tout le moinsssse.
DiorEt puis j’ai fini par Dazz, de retour à la SPA après avoir été essayé par des maitres pas à la hauteur, faut-il croire.  Parce que, pour le reste, c’est un bonhomme qui sait courir, s’adonner à la lutte gréco-romaine en laissant gagner son master, jouer au rrru(g)by sans ballon, s’arrêter quand on lui en donne l’ordre et imiter un chiot pour se faire grattouiller la partie dite « du bidou au cou, avec un ‘o’, merci ».
Dazz à l'enversSinon, c’est un vrai chien, et on peut l’adopter, lui aussi, soit dit sans rien dire, gnagnagna.
Dazz

RaskalVoilà Raskal. Comme trois des quatre chiens du jour et, il a été abandonné le 28 décembre. C’est censé être un croisé boxer, je soupçonne plutôt le croisé nounours. Cela ayant été stipulé, je suis pas véto non plus, j’avoue, t’as vu. Après, j’ia ésiocr Srma tout emmêlé.
Mars 1Monsieur Mars est un border collie, poids plume, qui kiffe la gambade et surtout rester sur le dos afin que quiconque le grattouille.
20151230_101648Hélas, y avait aussi d’autres zozos à faire gambader. Par exemple le chasseur de la bande, Kitaro, magnifique spécialiste de la traque des odeurs et des câlins pour qu’on ne le quitte pas, comme disait Jacques Prévert ou l’autre Jacques, je sais plus.
KitaroEt l’épisode du jour finit avec Nina, un monstre tonique d’une trentaine de kilos qui est toute mimi quand on lui fournit du matos…
20151230_111727… toute sérieuse quand on lui demande de s’asseoir…
Nina 2… et prête à bondir quand elle entend du monde. Ceux qui préfèrent les moules et les mots, ou les mous et les molles (humour), peuvent bien aller se faire lanlère, non mais. Les autres peuvent aller au refuge de Grammont pour adopter ces stremons.
Raskal

JennaCe jour, c’est en mode mystère que commence la tournée avec Jenna (ou Janna, ou je sais pas trop, car je la récupère dans l’enclos de l’infirmerie), un poids plume qui fait des câlins. Le bandage est manière de bonne nouvelle : elle vient d’être stérilisée pour adoption imminente.
HaleyPuis, avec Haley, en mode « j’ai l’air de faire la gueule mais même si en fait non, alors que j’aurais des raisons : je viens d’arriver au refuge donc ça va, quoi ». Avec son cortège de dialogues saturants (« mais tu l’as sortie sans muselière, t’as pas le droit / – Y avait rien de précisé, et le mec de la sécurité du parc vient de me dire que pas de problème / – Mais tu te rends pas compte, c’est un staff / – Non, elle est marquée ‘croisée dogue’ / – En tout cas, si la directrice de la SPA te voit, tu / – Eh ben, elle me fera un procès, ça nous occupera »).
BanditEn mode gros nounours avec Bandit, puissant gamin d’un an, expert en gambaderies, roulades, sprints et sollicitations grattouillantes. Pas sûr que son nom soit hypervendeur, mais tant mieux, il n’est pas à vendre, juste à adopter. Du coup, après, je suis allé taquiner le lapin avec Harlow.
Harlow et le lapinC’est le lapin qui a gagné, vu que laisse et lasso, mais Harlow a tenu à passer en mode gossbo car il estimait avoir « vachement impressionné son adversaire ». Donc tact.
HarlowAlors, pour terminer, après le « sketch de la pastille rouge » (« tu peux sortir Loulou, il est pas sorti depuis quatre jours ? / – Je veux bien mais il est pastille rouge sous prétexte qu’il est foufou dans sa cage, faut que j’aie l’autorisation / – Et pourquoi tu veux sortir une pastille rouge ? Y a plein d’autres chiens qui / – Oh, dis, hé, va garer ta girafe chez ta mère plutôt que de toquer sur mes noix » or somethin’), j’ai opté pour Okapi. Lui, il était en mode joueur (passionné de bâton, mais tout aussi excellent à la balle de tennis). On a bien joué, et ça m’a conduit tranquillement en mode « bon, faut que je retourne bosser, parfois ». À suivre, si Dieu le veut, par exemple.
Okapi

Laisse RERC’est une histoire qui commence comme ça. Par un long tunnel, avec une laisse et un lasso sur un siège. Puis ça continue avec Grace, championne du monde de câlins au point que je préfère la photographier comme ça, c’est plus simple :
20151121_102438Mais après une grande sortie (ce p’tit ressort n’était pas sorti depuis le 15 novembre !), je réussis à dérober un cliché un peu plus vraisemblable.
Grace sur le bancJe l’aurais bien emmenée dans ma poche, mais il paraît que ça ne se fait pas. Alors, je suis rentré avec elle, et j’ai aidé une postulante qui voulait adopter Looni, un mini croisé de ratier, car elle avait constaté que son mari alzheimerisé était plus calme avec un p’tit bonhomme. Après, ô esprit biographique quand tu nous tiens, j’ai croisé d’autres adoptants intéressés par Maïtika, un chiot berger femelle (non, on ne dit pas une chiotte) excellentissime. L’occasion de se faire de nouveaux amis à demi-rateurs parmi les caciques de la SPA (« on ne met pas les chiens en enclos avec les adoptants sans nous consulter, gnagnagna / – Attends, je suis là pour vérifier si tout se passe bien, ils sont contents d’attendre avec elle que vous rameniez votre fraise alors que vous êtes débordés, comme souvent le samedi, je vérifie qu’ils ne ne risquent rien / – Mais tu ne connais pas la fiche de l’animal, il faut nous demander, gnagnagna / – Écoute, ils sont sous le charme, les deux filles et la mère sont même en train d’appeler le papa tellement elles sont séduites, ils cherchent une jeune chienne comme Maïtika, ils veulent réserver spécifiquement cette nénette, où est la testicouille ? / – Mais c’est pas la question, y a des règles, gnagnagna »). Puis l’occasion aussi d’aller se promener avec la miss avec, d’abord une photo bien cadrée mais dans le mauvais sens…
20151121_120015Du coup, j’ai sollicité de sa bienveillance un remix de face qui rende compte de sa bonne bouille de chiot qu’on a envie, once again, de mettre dans la poche. Ça a donné ça :
20151121_120017Par conséquent, un, si vous voulez adopter Maïtika, a priori, il faut se bouger ; et, deux, ma réputation de smartphotographe naze semble faite. Même Lugelec, un adorable croisé labrador qui aime courir puis jouer et faire des gros câlins, a abandonné – à la millième tentative environ – l’idée de vous séduire par mon intermédiaire avec, dans son regard, un je-ne-sais-quoi qui associe la compassion avec la pitié or something.
20151121_122803J’essayerai de faire mieux une prochaine fois, mais je ne peux même pas promettre de ne pas faire pire. Malepeste !

WarnerSoleil pour la sortie du jour, avec un cauchemar des chenils : un croisé tout noir. Pourtant, Warner est un rigolo personnage, dont on ne tarde pas à découvrir la spécialité : tailler, promener et secouer des bouts de bois. Il a même essayé de me faire croire que, si on était super discret, son chouchou pourrait passer incognito au refuge. J’ai quand même préféré éviter de test.
Warner 2Après, j’ai tenté un truc hypertechnique : mettre une muselière à une manière de dogue, sous le regard de salariés me demandant si ça allait. J’ai dit « oui », et on a fini par s’arranger, Bill et moi, parce qu’il est vraiment gentil. En fait, il est surtout sauteur (il fait des bonds de malade et peut rester accroché à des grilles pendant un temps ouf) ; mais il est aussi très rilakse. Enfin, en général. Exemple : « Bill… y avait pas deux arbres, à cet endroit, quand on est arrivé dans le parc ? »
BillIl m’a juste répondu : « Peut-être, je sais pas, j’ai rien vu mais c’est sûr qu’faut pas mal me regarder, quand même. » Un Bill très gentil, en réalité, mais qui réclame un Boule à la hauteur.
Bill 2Après, j’ai failli m’balader avec Golan, mais comme il est très beau, j’ai vu qu’il était sorti quasi tous les jours par les collègues bénévoles – ce qui est un luxe dans un monde où une sortie tous les trois jours n’est pas garantie. Alors j’ai opté pour Brandy, même si c’était un peu tôt pour un whiskey, quoique.
BrandyC’est un bonhomme très sympa, qui aime bien se défouler et ne pose aucun problème. Alors, après notre séance de fractionné, j’ai fini par un puissant footing sprinté avec Dixy, autre cauchemar de chenil car tout noir, lui aussi, dans un monde obscur. Pourtant, un joli quasi labrador énergique, qui court bien, ne sait pas faire de mal aux mouches et aime  folâtrer dans les herbes hautes. Las, faut croire que tout l’monde peut pas vivre comme s’il était le chien de cette grosse nuisible de reine d’Angleterre.
Dixy