Et voilà, la troisième saison de Komm, Bach! s’achève presque. Cependant, avant d’entendre filer la dernière note du soixante-sixième concert, il reste un peu de pain sur la planche… ou sur l’orgue, tout juste accordé par le facteur Yves Fossaert en personne.
Depuis l’affiche, quelques rebondissements ont défrisé le programme des cinq concerts offerts ce jour, mais l’entrée reste gratuite, la sortie aussi ; les concerts seront bien diffusés sur écran géant sous le regard attentif et expérimenté de la cadreuse du festival, Rozenn Douerin ; et ce qui attend les curieux reste fort croquignolesque, crois-je.



Pour voir tout cela plus en détail, cliquer sur les images ci-d’sous… ou venir, simplement, au 24 bis, rue de Saint-Pétersbourg (Paris 8, proche métros Place de Clichy – Europe et pas loin Saint-Lazare) partager tout ou partie de ces cinq heures de musique !

Anne-Isabelle Parcevaux et Jennifer Young en répétition (et pourtant déjà hyperbien assorties, c’est dire). Photo : Anne Lemaitre.

Bientôt la Fête de la musique. Cinq concerts en 5 h 15 : projet foufou, qui se peaufine en compagnie d’artistes au taquet, comme Jennifer Young, qui viendra armée de sa nouvelle accompagnatrice, madame Anne-Isabelle de Parcevaux en personne. Les dernières répétitions sont lancées. Compter sur votre présence le jour J serait un plus positif, tu penses.

Jennifer Young. Photo : Bertrand Ferrier.

Après une tournée parisienne or somethin’, le duo emmené par Jennifer Young vient secouer l’Église américaine de Paris, où l’on subit hélas, en dépit d’un décor apaisant, la saleté d’autres spectateurs – inconvénient d’aller au concert d’une presque-amie : se contenir pour ne pas faire de scandale – incluant : bracelets glinneglinnegant, portables prenant photo avec flash, sacs à main à zip ouverts et fermés sans cesse, programmes A3 pliés dans tous les sens, grattage de pantalon, etc. Abstractons, ou tentons.
Pour s’inscrire dans le projet de l’année du Japon, le récital s’ouvre sur… Claude Debussy, version Banville et Verlaine pour commencer. Dans l’acoustique généreuse de l’église, la voix prend le temps de dévoiler son potentiel. C’est au piano qu’elle laisse d’abord la gloire de « rêver aux amours défunts » (sic). Nozomi Misawa assume son rôle en proposant un accompagnement cristallin, en dépit de quelques dérapages de doigt – privilège du live que de critiquer la faillibilité des virtuoses, faut bien se venger de notre absence de talent, non mais. Le « Clair de lune » offre à Jennifer Young l’occasion de faire « sangloter d’extase les jets d’eau ». On apprécie sa capacité, fort subtile, à laisser le son profiter d’une acoustique moins adaptée à la précision du dit qu’à la valorisation du chanté. Deux mélodies pour piano seul concluent la période debussyste du concert : une « Fille aux cheveux de lin » abordée sans chichi sinon sans p’tit défaut, et la plus japonisante des quatre pièces, la deuxième Image, « Et la Lune descend sur le temple qui fut », où l’instrumentiste donne la pleine dimension de son art : Nozomi Misawa excelle à rendre lisibles les différentes strates harmoniques et à créer une atmosphère – qualités redoutables à acquérir mais indispensables dans semblable répertoire.
Les brefs « Three Hokku » de Mary Howe (1882-1964) sur des poèmes d’Amy Lowell, se faufilent ensuite. Ces miniatures peu connues, avec un « u » mais pas que, proposent une musique où la sobriété apparente n’est jamais dissociée d’un patent souci de beauté… sans pour autant omettre de solliciter la soprano : ainsi, au travail sur les aigus du deuxième épisode cherchant à « être digne » des « faint and fragile petals » que mime l’accompagnement en fade out, succède un troisième volet sollicitant le souffle de la cantatrice essayant de voir à travers « a cloud of lilies ». Une belle découverte interprétée par une chanteuse en feu et une pianiste à son affaire.

Nozomi Misawa et presque Susumu Yoshida. Photo : Bertrand Ferrier.

S’ensuivaient, sur un poème de Kyoshi Takahama, les Katchô-Huei de Susumu Yoshida, Japonais résidant à Paris et présent au concert (« we have to do a great work », se morigénait donc la toujours gentille Jennifer avant sa prestation). Avouons que cette tétralogie nous a consterné. La première pièce propose un accompagnement minimaliste sur une ligne vocale articulée entre le grave initial et des aigus joliment enlevés très doucement. La deuxième partie demande à la soprano de chanter dans le piano, si, pendant que la pianiste tient la pédale de sustain. Après quoi, l’accompagnatrice déclenche un orage dans les graves, ce qui est efficace, dont on attend qu’il s’atteigne pendant plusieurs minutes, ce qui est way too long. Le troisième numéro, annonçant une étoile filante, propose des suraigus sur un accompagnement monodique forcément très aigu. Le quatrième tome, s’ouvre et se conclut sur un accompagnement en cordes de piano grattées façon harpe, avec re-long silence à la fin. On ne nie pas le travail des interprètes, mais le résultat nous convainc si peu que la tétralogie nous paraît tutoyer quelque chose d’assez proche du foutage de goule – ou, mais est-ce préférable, du risiblement ridicule, et vice et versa.
Heureusement, Nozomi Misawa propose, partition sous les yeux, la Litany de Toru Takemitsu (1930-1996), auréolée de son storytelling – partition égarée, réécrite trente ans plus tard. C’est tout à fait délicieux, et idéal pour la pianiste : cet étrange mélange entre Debussy, Messiaen et, alors que ça n’a rien à voir mais j’écris ce qu’est-ce que je pense, Scriabine, dessine un paysage musical palpitant et multiple. Le rendu pianistique fait merveille de tout matériau. Les sons, les silences, les différenciations des voix dans les accords, la continuité du discours en dépit du palimpseste compositionnel, tout est rendu avec finesse. Sans doute l’absence de « par cœur », contraire à la tradition que de grands artistes combattent, laisse-t-il imaginer que la même pièce, intériorisée, serait encore plus prenante – laisser une part au fantasme des auditeurs les plus snobs est sans doute aussi une grâce.

Vitraux de l’église américaine (détail). Photo : Bertrand Ferrier.

Le programme s’achève sur cinq pièces de Charles Griffes (1884-1920) que Jennifer s’empresse de préempter en rappelant que Charles Claws est bien américain, son patronyme se prononçant Gris-Fesses. C’est encore une très belle découverte. Peut-être, sur cet échantillon, n’est-on pas aussi happé que nous l’eussions été par un florilège de l’Australien Percy Grainger (1882-1961), il est vrai doté de quatre décennies de créativité supplémentaires, mais la qualité du traitement de la voix et le soin apporté à l’écriture de l’accompagnement sont passionnants. Par-delà l’utilisation de la quinte nipponisante, le « Paysage » inspiré par Fujiwara no Teika, mort octogénaire au treizième siècle, ce qui est sans doute une hénaurme performance, est servi par le talent d’une pianiste au service du texte et par la droiture d’une soprano refusant de chanter de façon opératique, ce dont elle est très capable mais qui ne rendrait point justice à « l’air solitaire de l’automne » qu’elle respire et expire pour son public. Les cinq pièces donnent l’occasion aux artistes de valoriser tant leur talent propre (l’expressivité et les aigus de Jennifer quand elle s’emballe sont à la hauteur de la modestie pourtant étincelante de sa comparse) et leur complicité.
Un petit bis autour d’une mélodie traditionnelle japonaise traitée « à l’occidentale » par feu un compositeur japonais malchanceux, et le tour est joué : un récital original, personnel, habité, agrémenté par un programme précis et précieux en dépit de la nuisance sonore qu’il offre aux pauvres putes qui jouent les enthousiastes aux applauses alors qu’elles ont donné à entendre à quel point, pendant une heure, elles se sont fait chier sa mère. Bref, la soixantaine de personnes venue repart des étincelles dans les yeux pour des tas de raisons. Par exemple : parce que la musique fut ou belle ou contestable – ce qui est chouette ; parce que l’interprétation fut habitée ; parce que chacune des artistes joua son rôle (l’Américaine étant spontanée et authentique comme le veut le cliché, la Japonaise étant modeste et discrète comme l’exige un autre topos) ; et surtout parce que, dans un cadre de luxe, ce concert à entrée libre, soulignons-le, était un très joyeux moment de musique, d’intelligence et de rencontre culturelle. Ajoutez-y la correction du jeune agent de sécurité, aussi inutile que souriant, non, quand même plus inutile mais on voit l’idée, et la pudeur du quêteur gardant les yeux très droits pour ne pas voir la couleur du billet que tu déposes en courant avant de retourner au travail : excellente fin d’après-midi dominicale.
Pour les gourmands, prochain concert le dimanche 28 octobre, à 17 h (compter 1 h 15) : Philip James Glenister, ténor, et Laurana Mitchelmore, pianiste, interprètent Schumann, Fauré et Finzi. Finissons sur la mélodie japonaise qui fit le bis, et que Jennifer conseille d’écouter dans la version de Thelonious. Dont acte.

L’Ensemble Vocal International Bastille, sous la direction de Luca Sannai. Photo : Rozenn Douerin.

Impressionnant, émouvant, puissant : en conclusion du week-end magique de Saint-André, le concert de Carême donné par l’Ensemble Vocal International Bastille (EVIB) a fait plus que tenir ses hautes promesses. À la base, une proposition absurde, faite à ces artistes, pour la plupart membres titulaires du chœur de l’Opéra national de Paris : venir chanter pour le festival Komm, Bach!² en contrevenant à une de leurs règles – inclure une partie d’orgue, au moins pour l’ouverture et la conclusion du concert. Ces foufous ont accepté le défi et se sont donc armés du jeune, brillant et néanmoins fort sympathique continuiste Geronimo Fais, formé aux meilleurs conservatoires italiens avant d’intégrer le Conservatoire à Rayonnement Régional de la rue de Madrid, et fortifié par les conseils, entre autres, de Christophe Rousset et Noëlle Spieth.

Dans cette perspective, les artistes dirigés par Luca Sannai ont osé interpréter un programme d’une exigence audacieuse ou d’une audace gorgée d’exigence, va-t’en savoir, qu’ils n’ont point hésité à mettre en espace en fonction du sens des pièces interprétées et de l’acoustique du lieu. Le résultat : 1 h 20, avec entracte, de motets « de circonstance » carémistologique, puisant dans la musique grégorienne comme dans la musique contemporaine (on peut retrouver le détail du programme ici), bref, une set-list capable d’embrasser et d’embraser le cœur du public. Sous la direction d’un chef en fusion (un chef italien, quoi), onze « choristes » ont signé une prestation magnifique pour le seul plaisir de partager de la grande musique interprétée avec de grands talents pour qui n’en veut. Touchant et fort. Méritaient bien un coquetèle de prestige, ces artiss, avec verre en cristal, caviar et champagne grand cru, nom d’une tartiflette.


Merci à chacun des treize olibrius venus passer leur dimanche après-midi en l’église Saint-André de l’Europe, et merci aux frappadingos qui ont bravé la tempête de neige (aka les quelques flocons parisiens) pour les applaudir. À chacun, rendez-vous le 8 avril, 17 h, pour le concert héroïque de l’organiste belge de l’année – je sais pas pourquoi, Komm, Bach! est obsédé par les organistes belges : l’an passé, on accueillait la pépite Jean-Luc Thellin ; cette année, ce sera cet escogriffe de François-Xavier Grandjean pour un programme pyrotechnique allant de Bach à la musique contemporaine, en passant par Franck et Gigout, toujours précieux pour l’interprète virtuose qui souhaite se dégourdir les saucisses. Fais-tu pas ton maudit nigaud de niaiseux, rates-tu pas ça, malheureux !

Le week-end magique de Saint-André de l’Europe s’ouvre ce samedi, à 20 h, avec un incroyable concert orgue et flûte de Pan ; et il s’achève ce dimanche, avec un concert qui commencera à 17 h pétouillantes. Au programme, un chœur formé par les meilleurs choristes titulaires de l’Opéra national de Paris et quelques-uns de leurs estimés collègues, le tout piochant dans les plus brillants gosiers du monde, entre Chine, États-Unis, Espagne, forcément Italie et même, pour la couleur locale, France. Sur leur set-list, des motets magnifiques qui vont de Bach (né en 1685) à Piotr Janczak (né en 1972). À l’orgue, un jeune continuiste formé par les meilleurs rganisss italiens et, côté secouage des saucisses, par un certain Christophe Rousset (Noëlle Spieth vient de le prendre en mains au CRR de la rue de Madrid, ça promet).
Du coup, on va pas se mentir : vous pouvez rater le concert du samedi qui s’annonce original et cultivé, ou ce concert qui s’annonce spectaculaire et poignant, hein. C’est l’inconvénient de la liberté. Parfois, ça pousse à faire des bêtises.  Mais comme ça pousse aussi, parfois, à venir aux concerts Komm, Bach!, ça nous va bien.

Peter Bannister et Jennifer Young live at Saint-André de l’Europe (Paris 8). Photo : Bertrand Ferrier.

… quel magnifique récital de l’Avent offert par Jennifer Young, soprano so American (du genre à convaincre une assemblée qu’elle peut chanter et en anglais et en français alors que les gens sont juste venus l’applaudir), et Peter Bannister, virtuose so british (si, le genre qui joue des trucs impossibles tout en te remerciant de lui tourner une page de temps en temps et de l’autoriser à venir souiller ton orgue de ses doigts si gourds) !
Entre les deux chants « populaires » animés par celle qui est aussi une chantre très recherchée, la soprano a démontré la tenue de son souffle, la sûreté de ses aigus, la chaleur réchauffante de sa voix et son souci de la juste prononciation en français, anglais, allemand et latin. Peter Bannister, encore souffrant d’une méchante grippe familiale, est prodigieux d’aisance et de respiration tant dans l’accompagnement féroce des pièces de Vierne et de Wolf by Reger que dans ses soli, avec cette classe géniale qui fait que, quand t’as démontré que tu sais jouer en étant derrière la chanteuse, t’as pas besoin de prendre que des pièces d’esbroufe : l’Angélus! de Liszt, en écho au titre des Vierne, précède l’impressionnant prélude de choral Nun komm der Heiden Heiland version Bach, imparable double test d’indépendance des trois voix, d’une part, et, d’autre part, de capacité à faire de la musique autour d’un tube.

La vidéaste, en action. Photo : Bertrand Ferrier.

Le tout était valorisé par les images de la vidéaste officielle du festival, qui a aussi permis la retransmission en collaborant au montage de l’écran (reformation du cadre, installation hyper physique de la toile, hissage de l’écran, sécurisation de l’installation, supervision des préparatifs techniques de prise de vue et de projection)… puis au démontage-pliage, hyper compliqué sa mère, en compagnie d’une spectatrice que rigoureusement ma mère m’a interdit de nommer ici. Grand fut donc ce concert, en présence du fétiche que Jennifer Young tint à poser sur l’orgue.

Johann Sebastian Bach a assisté à Komm, Bach!² grâce à Jennifer Young. Photo : Bertrand Ferrier, d’après une vidéo de Rozenn Douerin.

Merci aux spectateurs qui, malgré la fatigue, le froid, feu Johnny, la concurrence, la difficulté de communiquer sur ce projet notamment dans la paroisse qui l’accueille et pour laquelle il est censé être organisé, sont venus aussi nombreux et enthousiastes qu’ils purent, et ce verbe n’est pas une insulte. Maintenant, on attend une soprano de choc pour un concert d’avant-Noël où, malgré l’hostilité de certains, on serait heureux de faire profiter tous les curieux, enfants et adultes compris, des mystères de l’orgue et de la joie du répertoire traditionnel de Noël. Tentés ? Allez, voici l’affiche officielle de la prochaine date du festival Komm, Bach!². Hésitez donc pas, notez-la si l’envie vous taraude, et répandez la bonne nouvelle !

 

Quand non contente de venir chanter avec son complice préféré, une artiste t’offre des chocolats et te dit merci. Yo.

Parce que si t’étais un charpentier, tu serais fier que la maison de ton fils accueille un show accompagné d’un programme tellement détaillé qu’il faudra s’échauffer pour le tenir.
Parce que, en ce temps de presque-Noël, oh, Marie, il suffit d’une étincelle pour allumer le feu, donc avoir l’envie d’avoir envie de kiffer la vaillebe ailleurs que devant une pub, par exemple dans une belle église à peu près chauffée.
Parce que plutôt vivre pour le meilleur qu’oublier de vivre, donc venir applaudir ceux qui importent les esprits californien et anglais en France avec le talent des virtuoses classiques.
Parce que, oui, j’ai un problème, mais je crois bien que je l’aime, cette incertitude, et j’ai peut-être une solution qui fera que, comme espéré, il y aura un écran géant et sa vidéaste attitrée. Dans tous les cas, promis, si vous venez, vous verrez la belle Johnnyfer de tout près, histoire que vous ayez envie de retenir la nuit.
Parce que l’aura, c’est mignon ; mais c’est pas mal non plus, un concert passionnant pour une entrée libre, un droit absolu de sortir sans payer (même si c’est pas sympa pour les rtiss), la création mondiale d’une composition en présence de son auteur, et la possibilité de participer de vive voix à ce moment de frissons.
Laissons les fans du Pharaon, le seul banquier capable de décréter avec suc(c)ès un « hommage populaire », lui obéir et jouer ses ordres par cœur (ou biker, je sais plus) ; quant à nous, les paresseux qui foutons le bordel, retrouvons-nous ce soir en l’église Saint-André de l’Europe pour le concert « Orgue et soprano » de Jennifer Young et Peter Bannister, puisque toute la musique que l’on aime, elle vient de là, elle vient du feeling, du talent, du travail, de la vibe, de l’incroyable muté en beauté comme un chat. Ce serait chouette de vous compter parmi nous, ne serait-ce que pour rappeler que passer 90′ dans une église avec de la musique si variée et si décollante qu’elle te fait oublier ton nom, c’est ça, la rock’n’roll attitude. La vraie. L’autre, elle t’oublie.
Allez, zazou, tourne le temps à l’orage, et le loup sortira de sa cage.
Je te promets.

 


… Vincent Crosnier nous a offert un récital magistral, ce 25 novembre.
Ça nous gêne presque de le stipuler, puisque l’olibrius est à la fois un donneur d’ordres et, sinon, un ami, du moins un mec capable d’accepter l’inacceptable : remplacer un collègue retenu en Estonie pour une tournée impressionnante. Et cependant, dans la mesure où on fait ce que l’on veut sur ce site, quand même, et où ce qui suit est fort justifié, na, comment ne pas s’étonner, en dépit d’un programme technique et puissant, alors que le zozo prépare aussi un programme de Falla (!), comment ne pas s’étonner, donc, devant son sens de la construction du programme, entre pièces contemporaines, baroques, romantiques et modernes ; sa virtuosité engagée et son respect de la respiration musicale ; sans parler, ou si peu, de sa modestie devant le texte musical et sa science de l’interprétation donc de la registration… en dépit des jeux d’anches qui, l’organisateur doit l’avouer, sonnent faux quand certaines notes ne sont pas muettes – soit dit pour les connaisseurs, le 5C# hautbois qui se résume à 5C# flûte, c’est pas l’interprète, c’est l’orgue qui n’a pas aimé les mois de restauration de verrière autour de lui, avec poussières sans protection et air libre, on peut pas le lui reprocher, hélas.
Bref, un concert ébouriffant et néanmoins très beau, qui a permis de réunir, après un p’tit retard inhabituel dû à des facéties techniques et à une pression pas tout à fait positive de certaines Zotoritélocales, des curieux et de fins connaisseurs de l’orgue, dont un ancien titulaire du Monstre. Merci aux présents pour, eh bien, leur présence, en dépit de la concurrence frontale de la Philharmonie – cette salle dont les programmateurs feignent de découvrir que chaque concert d’orgue, certes donné par des hyperstars du genre, est archicomplet à chaque date mégarare -, et à chacun : rendez-vous le 9 décembre !

Matinée passée à glander :

  • faire imprimer les affiches du concert du 25 septembre puis les massicoter,
  • suivre le règlement de la graphiste,
  • contrôler l’affiche pour le concert du 9 décembre,
  • remplir + faire tamponner + scanner + envoyer la demande d’autorisation SACEM et la set-list du concert de Vincent Crosnier,
  • reclipser l’écran géant et crapahuter sur le hall de l’accueil, dans l’église, pour évaluer la faisabilité d’une dissimulation ultérieure,
  • remettre des leaflets à disposition d’un public qu’une main sale et une âme noire ont brimé en jetant les précédents programmes de la saison 2017-2018 ;
  • prendre rendez-vous pour hisser l’écran vers les voûtes sans que ça dérange trop le patron,
  • se préparer à vidanger la mémoire de la caméra sur le disque dur donc constater la disparition de la connectique adaptée,
  • faire imprimer puis plier les programmes du concert d’Esther Assuied,
  • boire un café.

Ainsi, l’un dans l’autre, la matinée se passe à rien foutre. C’est l’un des avantages d’organiser un festival, faut bien avouer.

Le festival Komm, Bach! revient dès le 23 septembre…
Lancé pour fêter le come-back de l’orgue, tout en invoquant le Maître grâce à une pièce de Johann Sebastian dans tous les concerts (sauf un, c’est vrai), le come-back fait son retour. Le festival s’appellera donc Komm, Bach!², soit le come-back du come-back, donc Komm, Bach! au carré.
Bref, voilà l’programme, qui se déroulera à Paris juste à côté de la place de Clichy, avec des grrrands artisss, des entrées toutes libres, un cocktail et des retransmissions sur écran géant sauf souci technique. Prenez date si le grouve vous en dit !