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Marie-Paule Belle

Pascal Guerout et al., « La Société de longue paume de Paris »

Première de couverture du livret (détail)

Président de la Société de longue paume de Paris, feu cousin Pascal Guerout a publié, avec Michel Bourgeois et Jean-Marc Fontaine, un ouvrage relatant « 150 ans d’Histoire dans le jardin du Luxembourg (1863-2013) ». Pour saluer sa mémoire, au lendemain de son enterrement, petit détour par cette activité qui peut sembler exotique, l’est, mais pas que.


Prévenons nos lecteurs très très très sensibles que ce post évoque une activité apparemment peu compatible avec un esprit torturé par le wokisme. Les photos qui illustrent le livre des trois compères ne laissent aucun doute sur le sujet, il s’agit d’une occupation pour hommes blancs. Valides. Et pas gros.

  • Nulle femme,
  • nul racisé (à peine y croise-t-on le Picard Ben Ali…),
  • nulle volonté d’inclusivité (ou d’affichage d’inclusivité) dans les exemples et souvenirs présentés.

Voilà, chacun est averti, nous pouvons commencer pour de bon.
Pourquoi diable s’intéresser à une activité aussi peu france-intercompatible ? Ben, déjà, bien que ce ne soit pas la raison principale. Grâce au petit livre de Pascal Guerout & associés, l’on apprend que, en 1292, treize artisans vivaient « de la seule confection des balles ». On y joue partout, dès qu’un espace est disponible, l’un des plus recherchés étant « les anciens fossés comblés des châteaux ».
Bon, faut avoir un château près de chez soi, avec un fossé aplani en prime, mais ça doit avoir autrement de la gueule qu’un gymnase pour jouer au foot à cinq contre cinq au fond d’une zone industrialo-commerciale, dans une banlieue poisseuse pleine de gris sans nuance. Un dimanche soir. De novembre. Pluvieux, donc. Avec Arlette Chabot. Et des distributeurs de matcha. Ou de bubble tea. Bio. Tissés de solidarité intergénérationnelle. Et inaugurés par une sous-secrétaire d’État macroniste. Elle-même ne sait pas à quoi. Peut-être au blues. Ou aux blouses. Bref.

 

 

On apprend aussi que le jeu de paume est un sport super dangereux. Louis X le Hutin l’a expérimenté. Il fait une partie, boit un vin très frais (en 1316, les fûts de Gatorade n’existaient pas encore), tombe en syncope et meurt. En 1596, Charles VIII heurte « un linteau de pierre au château d’Ambroise » et meurt. Détail : il allait assister à une partie de jeu de paume. Hasard ou réalité scientifique ?
À la fin du seizième siècle, une source évoque le chiffre de 250 jeux de paume « faisant vivre environ 7000 personnes ». Un Anglais constate même éberlué qu’il y a « plus de jeux de paume que d’églises à Paris », notamment dans ce qui correspond au Quartier latin et aux Champs-Élysées. Le succès aidant, un schisme s’opère, distinguant la courte paume (qui se pratique en indoor, en témoigne le bien connu serment de la salle ad hoc) de la longue, jouée en extérieur.
Les règles, exposées en page 3, permettront aux amateurs du cul de chouette ou, mieux, du jeu du pélican, de remplacer l’artichette et le zganadabarlane par des envolées et des chasses. Celles-ci n’ont pas été immuables. Le succès a donné lieu à des mutations qui, parfois coexistaient et nécessitaient une unification. Réglé, le jeu a aussi été très réglementé pour de nombreuses raisons :

  • que les gens ne quittent pas trop tôt leur travail afin d’aller jouer,
  • que les joueurs ne s’approchent pas des églises,
  • que nul ne joue « en chemise et en public », etc.

 

 

Après le schisme entre courte et longue paume, un dernier schisme frappe la paume quand apparaît le tennis, qui conserve la façon de compter les points. Les auteurs constatent avec un mépris volontairement mal dissimulé (et que revendiquait en rigolant Pascal, quand le sujet venait sur le tapis et que la provocation était de mise face aux moqueries des imbéciles dont, évidemment, votre serviteur), que ce nouveau venu « va très fortement simplifier les règles », ce que Perceval, l’expert ès jeu du pélican, aurait fortement désapprouvé, arguant que « c’est pas moi qui explique mal, c’est les gens qui sont cons ». Cependant, l’opposition entre courte et longue est longtemps restée relative : des souverains et des nobles pratiquaient les deux. Rabelais et Montaigne évoquent, eux, la longue paume ; et un numéro du Journal de Paris s’étonne, en 1825, des 1500 personnes venus assister à un match visant à promouvoir la pratique sportive, « bonne pour la santé ».
Sous Napoléon III, boutée hors des Champs, la longue paume parisienne se réfugie, excusez du peu, au jardin du Luxembourg, sur un terrain dont elle a toujours la jouissance. Elle y contamine les jeunes privilégiés fricotant leurs réseaux à l’école alsacienne ou, à défaut, dans ce qui deviendra le lycée Carnot. Les jeunes sont indispensables aux « paumistes », ainsi qu’ils s’appellent, pour qu’ils gardent du jus (de paume, donc) et ne se paument pas.
À la fin du dix-neuvième siècle, des championnats s’organisent, s’annualisent, fricotent avec ce qui sera reballisé comme les premiers Jeux olympiques parisiens – sans Aya Nakamura ni Philippe Katerine, on savait s’tenir, à l’époque ! L’évangélisation reprend de plus belle entre les deux guerres mondiales, car les rangs des paumistes ont été décimés. Des figures émergent, vénérées par les paumistes actuels presque comme de saints patrons. Jusqu’à la date de publication du livret,

  • des championnats s’articulent,
  • des règlements se précisent,
  • des boucliers de Brennus, plus réputés pour leur valeur rugbystique, sont même décernés.

L’Histoire se prolonge dans la langue, comme en témoigne l’expression certes un peu surie « jeux de mains, jeux de vilains ». Elle rappelle le dédain des paumistes pour les vilains qui jouaient sans raquette, les salauds de gueux n’ayant pas les moyens de s’en offrir une. Ainsi, raconté, le jeu de paume se présente bien comme destiné prioritairement à une élite, réelle, autoproclamée ou renforcée par des papillons attirés par ce qu’ils pensent être la lumière, mais une élite qui a transformé

  • son snobisme en joie de l’entre-soi,
  • sa rareté incongrue en signe distinctif, et
  • sa conviction d’appartenir à une part différente de l’humanité en sport.

Ce n’est pas le moindre intérêt du livret que de nous esquisser quelques fils rouges et codes propres à un petit monde qui, malgré tout, ne semblerait pas contre le fait d’être davantage reconnu.
Pascal Guerout s’est démené plus que battu pour cela. Sa mort est l’occasion de faire résonner ce qui était, pour lui, sinon une religion, du moins une cause exigeante et nécessaire.  Saluons cet engagement pugnace mais pacifique à l’heure où se multiplient les engagements haineux qui nous font vivre, comme l’écrivait il y a 90 ans Jacques Prévert dans Paroles (p. 103 dans l’édition « Folio » de 1949), sur une

 

Terre qui tourne et qui tourne
avec ses grands ruisseaux de sang.

 

Si, à travers le souvenir de Pascal, les paumes peuvent s’ouvrir et contribuer, à leur mesure, à tarir les tarés de va-t-en-guerre qui nous préparent voire nous poussent à haïr sinon à massacrer l’autre donc je, youpi et bravo, man.

Hommage à Marie-Paule Belle (et à la Sacem) – 4

Quand la SACEM oublie comment s’écrit Marie-Paule Belle (capture d’écran).


J’ai toujours payé mon dû à la SACEM, aussi exorbitant voire débile soit-il. J’ai toujours demandé – parfois de façon trrrrès insistante – aux organisateurs qui m’invitaient pour ploum-ploumer de déclarer non pas mon travail mais, le cas échéant, le travail des autres que je recousais. Il m’est arrivé que cette attitude me supprime des dates. No regret. Enfin, si, regret, mais un peu de dignité quand même.
En revanche, parfois, je reconnais que, devant l’arnaque qu’est cette société (déjà) tant elle pompe aux artistes pour se rémunérer et son irrespect des auteurs au profit des patrons et administrateurs, mon côté syndicaliste « on défend les collègues qui ont réussi » faiblit. Témoin cet extrait d’une passionnante confession filmée d’Isabelle Mayereau, à retrouver ici pour l’écran joint. Deux fautes d’orthographe dans une vidéo que tu produis sur une nana qui – si, Marie-Paule Belle, c’est pas rien – a dû te rapporter des centaines de milliers : pas de doute, c’est un détail, mais il en dit long sur le respect des artistes.

Hommage à Marie-Paule Belle – 3

Le 4 janvier 2024, au théâtre de Passy. Photo : Rozenn Douerin.

Avant d’aller écouter MPB et d’en rendre compte alors, je me souviens de ma colère quand Marie-Paule Belle, comme Anne Sylvestre, avait fini par être recouverte de consensualisme. L’idée : MPB était la chanteuse des LGBTQIA+, des militants pro-euthanasie, etc. Alors que, juste, la nana exprimait son ressenti, son vécu, mais ne cherchait point à être à la remorque des machins qui font que nul ne peut contester ton témoignage car telle est la doxa qu’il sied d’exprimer.
Des journalistes soumis peuvent tenter d’écraser une artiste sous la chape de gnangnantise qui leur vaudront un satisfecit du big boss, quelques artistes savent échapper à ces compressions. Alléluia, sœur Marie-Paule était de ceux-là.


Marie-Paule Belle au théâtre de Passy, 4 janvier 2024 -2/2

La première mi-temps contée ici s’achevait sur une bonne nouvelle : si, depuis Guy Béart en général et la mort de l’aimée en particulier, il n’y a définitivement plus d’après à Saint-Germain des Prés, il y fait beau temps comme à Saint-Raphaël. Se poursuivait ainsi la déclaration posthume d’amour à Françoise Mallet-Joris, racontée par ailleurs – précise la chanteuse avec son humour consubstantiel, rien que ça – dans « un livre sorti huit jours avant la fermeture des librairies pour le confinement, donc qui a connu un immense succès ». Marie-Paule Belle y met une belle énergie, avec talon qui claque et modulations qui passent bien. C’est que son récital revendique de raconter son histoire à sa façon. Histoires d’amours humaines, donc, d’amitiés artistiques et d’influences, l’artiste se revendiquant de Jacques Brel et Barbara.
L’illustre « Une petite cantate » rappelant son excellent spectacle autour de la dame Soulages. La pédale est généreuse, comme pour garder un zeste de prudence dans les mutations harmoniques de la chanson, mais l’on apprécie la fragilité assumée de la voix, qui sonne juste et vrai. Subtilement, la chanteuse embraye sur « La petite écriture grise », pilier de son répertoire évoquant l’effacement donc le souvenir – on pense à l’autre effacement (lui, dans un bel archipel, sûr’ment)  évoqué dans le « Duvet gris » d’Isabelle Mayereau, dont elle a raconté l’origine dans un entretien wow. Mais assez d’émotion contenue, il est temps de rire ou presque.
Pour cela, Marie-Paule Belle propose de concilier la mode du slam et son amour de la chanson réaliste « à la Berthe Sylva ». Inspirée par une conversation téléphonique un soir de grande fatigue, Isabelle Mayereau lui a donc cousu un texte expliquant que l’on fait comme on peut, tant pis si « on peut peu ». Pas de « Nous nous plûmes » pour embrayer, bien qu’on n’s’y plût plus, mais « Les p’tits patelins », cavalcade rendant hommage aux chefs-lieux de canton et à ce qu’il s’y passe quand on s’y amuse, ce qui ne doit pas être si fréquent, surtout à – ne nous brouillons avec personne, les invitations à chanter en province (pardon, dans les territoires) sont si rares de nos jours !
En miroir, se dresse un extrait géographique et mental du dernier disque, « Pays natal » où « le mot maison, là-bas, rime avec prison / et les voisins en sont les gardiens », issu d’un texte inédit de Françoise Mallet-Joris.

 

 

As de l’agencement d’une set-list, la chanteuse revient à la chanson réaliste drôle dont elle a su faire une partie de son succès avec, dévastatrice « La biaiseuse ». Cette fois, pas d’interaction dans la salle avec l’ouvrier plisseur de passage qui va s’établir bien vite avec elle : une version plus sobre et très réussie cependant. C’est l’occasion pour l’artiste de se souvenir de tous ces endroits où, comme Serge Lama qu’elle invoque, elle est allée biaiser pendant que d’autres plissaient debout, avec une spéciale dédicace pour Longwy, une ville où, lors des galas, « les vieilles amenaient leur tricot » car « elles pensaient que c’était une veillée ».
Après avoir partagé sa vision du public, Marie-Paule Belle expose ce temps où elle était public, contrainte, avec Françoise Mallet-Joris, à assister à des démonstrations circassiennes aussi gênantes que pitoyables, voire « très pathétiques et très touchantes ». Françoise Mallet-Joris « répondant à toutes les questions que je me pose », ainsi qu’elle expliquait jadis pour lancer « Mais où est-ce qu’on les enterre ? », ces souvenirs affligés ont révélé que « ces gens-là » (bisou à toi, Jacques) vivent « d’un peu amour et de café » même les soirs où « on applaudit à peine ». Histoire de secouer l’affliction habitant cette chanson devant la nullité honnête et ravageuse de certains, et devant l’absence sans appel de FMJ, MPB enquille avec « Les amis de monsieur », un tube de Harry Fragson.

 

 

Après une chanson quasi féministe dont Barbara floutait le plus joli mot de la chanson, une chanson carrément pas féministe sur une femme au foyer. « Les petits dieux de la maison » travaillent la veine intimiste qui est aussi un champ d’exploration prisée par la musicienne. On y goûte notamment un piano à la fois

  • maîtrisé,
  • sans fioriture et
  • juste.

Marie-Paule Belle joue (toujours) bien, d’autant qu’elle évite l’extravagance, fixant le piano dans un rôle de partenaire précieux qui n’est pas là pour mettre en valeur celle qui chante et s’accompagne. Les gourmands de performances plus virtuoses pourront toujours écouter Dans mon piano noir de Romain Didier et singulièrement son arrangement extravagant de « Et maintenant ».

 

 

Versant souriant de la disparition, « Mais où est-ce qu’on les enterre ? » claque alors comme la juste question qu’elle est. Si depuis tonton Georges, est définitivement admis que les morts sont tous de braves types, n’oublions pas tous les trépassés qui étaient, eux, des sales types ou juste ces gens que l’on pourrait appeler des « ha, nan ! », comme ce que l’on pense quand on les aperçoit, fût-ce quand nous nous regardons dans notre miroir. Le nouveau retournement d’ambiance intervient avec le toujours bouleversant tube de Barbara, « Dis, quand reviendras-tu ? ». Comme l’on s’approche hélas sensiblement de la fin du spectacle, Marie-Paule Belle incite le public à prendre toute sa place au refrain – pas forcément ce que nous préférons : chanter ensemble est une joie que nous revendiquons, mais quand il y a Marie-Paule au piano, c’est pas le même saucisson, on préfère écouter Marie-Paule, quitte à fredonner en arrière-fond, évidemment.
Voici venu le temps des remerciements en forme de générique (on apprend à cette occasion que Jacques Rouveyrollis, complice coutumier de la chanteuse, est l’auteur des éclairages qui l’ont accompagnée – fonctionnels, mais, probablement contraints par un budget spécifique limité, pas à la hauteur de cette légende des théâtres). Certes, ils peuvent paraître un peu plus qu’un peu trop généreux. Par exemple, que des célébrités soient remerciées pour avoir radiné leur fraise me chiffonne : les p’tites gens qui ont payé leur place n’ont, euphémisme, pas moins d’importance pour le spectacle que ces privilégiés. Reste que la longueur de l’action de grâces témoigne de l’émotion de l’artiste, et exprimer ainsi sa vibration en se tournant vers les autres est une manière émouvante de parler de ce dont on ne parle pas :

  • le temps qui passe et ne se rattrape pas,
  • la maladie qui grommelle,
  • la mort qui gratte à la porte et
  • l’idée taboue que c’est peut-être une dernière fois que nous partageons en direct ce qu’Anne Sylvestre aurait presque appelé « la tendresse effarante qui va de nous à l’artiste ».

 

 

Pour se remettre du balabala, rien de mieux que la chanson pour toujours précédée d’un : « Alors, pour ceux qui ne sont venus que pour celle-là… » Donc, près d’un demi-siècle après l’avoir créée, Marie-Paule Belle n’est toujours pas et ne sera jamais « La Parisienne », bien qu’elle le soit pour l’éternité et, probablement, un chouïa au-delà. En tout cas, elle ne l’est pas ce « soir entre mille » qu’évoque la chanson-titre du dernier disque (désormais disponible en vinyle, trait d’union bobo entre modernité et tradition s’il en est), sur des paroles de Françoise Mallet-Joris. L’émotion est trop forte pour l’artiste, cette fois, qui mélange un peu les crayons de cette nouvelle trousse avant d’annoncer : « Je vais reprendre. » Malgré l’antisèche ou à cause d’elle, la peinture de « Vive le sport » est elle aussi un peu fraîche, mais qu’importe ? On est heureux que l’artiste décide de ne pas terminer sur du golden hit afin de privilégier

  • le récent,
  • le vivant,
  • le fringant.

Oui, l’on aurait parfois aimé être bousculé par la découverte de titres rarement voire jamais chantés sur scène. Difficile de ne pas comprendre qu’entre

  • les titres obligatoires,
  • ceux du dernier disque un rien obligés aussi et
  • ceux qui résonnent à l’oreille de l’artiste,

impossible de glisser des surprises ! Après tout, retrouver cette légende de la chanson intelligente, drôle, persistante, diverse, joliment dénudée dans l’option piano-voix, ce n’est pas une surprise, non, c’est pire : de la joie que l’on se promettait et qui est néanmoins advenue.

 

 

 

Hommage à Marie-Paule Belle – 2

Marie-Paule Belle, le 4 janvier 2024, au théâtre de Passy (Paris 16). Photo : Rozenn Douerin.

Il y avait ce concert de sa tournée autour de Barbara. Dans mon souvenir désormais lointain, c’était dans manière de salle de fête de banlieue, mais peut-être était-ce juste dans un théâtre au-delà du périphérique, ce qui choque le Parisien (qui n’est pas plus Parisien que la chanteuse, ayant lui-même fleuri et vécu de l’autre côté de la Frontière). Un concert où je viens sans enthousiasme : Marie-Paule Belle qui s’abaisse à des covers alors que la scène française regorge de propositions grotesques de « reprises de Barbara », quel dommage !
Même si tu admires Barbara (ou parce que tu l’admires), tu viens vraiment parce que c’est Marie-Paule Belle. Puis tu sors du concert et tu te dis : « La vache ! Dire que j’ai failli louper ça parce que je suis intégriste et snob ! » De cela, il ne reste que des souvenirs vibrants mais plus ou moins enfouis. En revanche, du dernier concert où l’on a applaudi la nouvelle morte, restent quelques notes écrites – à commencer par celles initialement publiées ici – et tout ce qui ne s’écrit pas. Hommage, donc.


Réservé depuis mai 2023 après avoir réservé bien avant, ça ne change rien ! Ce 4 janvier 2024, voilà neuf ans presque jour pour jour que nous n’avions vu, de nos yeux vu, Marie-Paule Belle en vrai, depuis cette soirée de janvier 2015 à la Nouvelle Ève. Les invitées du chobiz qui ont le malheur de nous jouxter peuvent bien essayer de nous toucher l’épaule – déjà, fais gaffe, c’est propre, ça, c’est moche mais c’est à moi – pour nous intimer – nous intimer, les folles – d’applaudir moins fort, à part risquer un applaudissement avec leur tête entre nos mains et un « t’as qu’à écouter le CD studio, en plus, chuis sûr, tu l’as reçu gratos, arrive juste pour le coquetèle, foutriquette », aucune chance de modérer

  • notre enthousiasme,
  • notre joie et
  • notre impatience.

Un précédent rendez-vous avait été reporté pour des « raisons de santé » restées pudiquement sous silence, même si certains médias ont révélé que la dame souffrait d’une récidive d’un cancer du sein l’obligeant à subir des traitements redoutables.

  • L’attente,
  • le soulagement et
  • la joie

étaient donc en trouple, ce jeudi 4 janvier, pour la première de la série de dix représentations reprogrammée au théâtre de Passy. Dans la salle,

  • des vedettes du temps jadis (Anny Duperey, Serge Lama, Isabelle Mayereau…),
  • des semi-vedettes (Alex Vizorek, Eva Darlan…) et
  • des anonymes.

Parmi les derniers nommés, essentiellement des têtes chenues que côtoient quelques rares personnes moins antiques, dont une partie ressortit fièrement de la communauté homosexuelle. Sur scène, un piano d’où émerge une rose (« je suis sûre qu’elle est en plastique », souffle derrière nous une permanentée d’un ton de connaisseuse, raté). La chanteuse lance son spectacle avec « J’ai les clefs », parolée – et hop – par Pierre Jolivet et Françoise Mallet-Joris. L’esprit facétieux de la fredonnerie n’empêche pas l’émotion de poindre dans les applaudissements nourris : la voix n’est peut-être pas encore chauffée, l’artiste paraît peut-être un brin fatiguée, mais peu importe !

  • La présence,
  • la personnalité et
  • la proximité – idéale pour le répertoire – facilitée par le piano-voix que Marie-Paule Belle maîtrise si bien

rayonnent au point que la musicienne demande grâce en soufflant, amusée : « Si vous commencez à applaudir comme à la fin… » Puis elle annonce

  • le contexte (« il y a onze mois et un jour que j’attends ce moment-là »),
  • l’enjeu (« je fête mes 54 ans de scène ») et
  • le projet : parcourir les épisodes précédents.

 

 

De son premier disque (affirme-t-elle : c’est inexact puisqu’elle vient de mettre sur les plateformes Mon premier album, où les chansons « réalistes » sur les filles de joie se taillent la part du lion – on y découvrira notamment « Émilienne », croquignolesque à souhait – mais sans la chanson en question), elle extrait ce qui fut longtemps un de ses chevaux de bataille, « L’âme à la vague », où le public a plaisir à murmurer les parophonies du refrain (« J’ai l’âme à la vague / J’ai l’âme qui vogue / Avide, elle drague / C’est comme une drogue »). L’artiste veut-elle déminer toute complaisance dans la nostalgie ? Aussitôt, « Amour allergie », sorti du dernier album, rappelle que, « quand on est amoureuse, ça pose certains problèmes ». Le fil rouge commence à apparaître : l’amour, forcément, donc le voyage, l’un et l’autre ne faisant qu’un. Par conséquent, la chanteuse emprunte le « Trans Europ Express » ou la version rêvée du train bleu grâce auquel on partirait loin, sollicitant avec métier la participation d’un public qui n’attend que ça.
Chansons nouvelles, chansons d’antan, la problématique est connue des chanteurs qui durent. Anne Sylvestre l’a vécue, qui refusait farouchement de revenir à ses chansons à guitare du début. Le défi de Marie-Paule Belle semble d’être de dispatcher dans sa set-list trois types de chansons dont les caractéristiques se chevauchent parfois :

  • les anciennes,
  • les neuves et
  • les tubesques.

Voici donc venu le temps, finement pensé, de « Wolfgang et moi ». Passage obligé d’un récital de MPB, cette chanson est présentée comme un hommage à la sœur de WAM qui, en réclamant ses royalties, devient « la première féministe ». L’humour sauve cette présentation de la tarte à la crème tendant à réduire la valeur des artistes du beau sexe à l’aune de leur « féminisme ». Anne Sylvestre est un bon exemple de cette tendance assez salissante, elle qui a connu un regain de popularité quand les médias ont décidé de ne la considérer que comme une militante de l’égalité entre les genres, ce qui revient à regarder son œuvre par le trou de la meurtrière alors qu’une grande fenêtre, juste à côté, permet d’embrasser son travail d’un coup d’œil autrement plus juste et enthousiasmant. Ce soir-là,

  • l’urgence,
  • l’attente et
  • la pression qu’elles engendrent

font chalouper les paroles du premier couplet mozartien. Cela rappelle aux plus fervents bellomanes que cette bête de scène est aussi un être vivant, et ça fait du bien de le savoir ! Ici, rien d’automatique, même si « Wolfgang et moi » colle à la peau de l’artiste. Marie-Paule Belle ne récite pas sa chanson, elle l’interprète avec cœur. Si un cahot de concentration ou de mémoire peut réveiller le voyageur, il personnalise aussi le trajet et humanise l’artiste impressionnant qui se produit sur scène. En plus, ça rassure le petit chanteur qui se morfond en rentrant chez lui après qu’il a bafouillé ou carrément avalé un couplet quand il était derrière son micro : merci, Marie-Paule !

 

 

L’enthousiasme suscité par le tube ne retombe pas avec le classique suivant, le vintage et toujours poignant « Quand nous serons amis », où l’artisane continue de démontrer le métier en usant des multiples manières de recevoir les applaudissements parmi lesquels on peut citer, en sus de l’habitude qui est un métier,

  • le sirotage modeste d’un verre d’eau,
  • l’attente patiente devant le clavier puis le pivotage face public,
  • le petit sourire qui remet un coin dans le juke-box,
  • plus tard la position debout avec son bonus qu’est le salut,
  • la sortie de scène et l’attente du bon tempo pour revenir, etc.

L’amour – ici dédié à Serge Lama – bat aussi dans « Celui » (en gros, celui qui ne m’a pas parlé d’amour m’a plus donné que celui qui m’a aimé mais mal), chanson gnangnan mais à laquelle tient l’artiste. Elle l’a intégrée dans maints tours de chant, y compris dans la série de chansons interprétées sur YT au piano blanc pendant le confinement. Or, c’est pas mal que, en glissant des chansons variées dont certaines risquent de moins emballer a priori l’auditeur, l’artiste oblige ses fans à la suivre dans son parcours tel qu’elle le perçoit, le conçoit et le vit, pas juste là où ils préfèrent la retrouver. Après tout, la diversité d’un répertoire contribue à sa profondeur, par-delà les inclinations particulières de chacun.
D’autant que, finaude et rouée, Marie-Paule Belle est soucieuse de contraster ses titres afin de ne pas perdre les bellophiles, quelles que soient leurs préférences. Aussi enchaîne-t-elle avec une chanson dont elle disait ailleurs que Michel Grisolia et elle-même l’avaient écrite quand ils étaient ados. « Cinquante ans après, confie-t-elle le soir même, je la trouve d’actualité car c’est une chanson sur les curés, l’Église, tout ça ! » L’anticatholicisme est un topos de la chanson française. Évidemment et heureusement, nul ne s’en formalise, même si on attendrait les courageux sur les terrains d’autres religions encore plus strictes – si, si, c’est possible – quant au rôle dévolu aux moukères…
« L’œuf » fait un effet bœuf et se frotte avec bonheur au contraste qui arrive avec la chanson habillant un texte d’Isabelle Mayereau. « Beaux jours à Saint-Germain » ouvre le dernier disque et, avec les modulations attendues, évoque un moment (celui de la rencontre avec Françoise Mallet-Joris) autant qu’un lieu perdu – d’où, peut-être, les cinq premières notes qui semblent sampler « Auprès de mon arbre » de Georges Brassens, où là aussi le parolier se souvenait avec nostalgie d’un moment et d’un lieu disparus…

 

 

… et pour la suite du concert, il faudra aller au prochain post sur le sujet, a priori le 10 janvier [désormais le 27 juillet] !

 

Hommage à Marie-Paule Belle – 1

Montmorency, parvis de la collégiale (95). Photo : Bertrand Ferrier

Cet article, publié jadis ici, ne dit rien de la fois où l’on alla voir la dame à trois reprises au théâtre de Dix-heures – avant que ce lieu, racheté par un faquin, ne programmât, comme tant de ses semblables, que de la caguade de stand-upers médiocrement communautaristes – parce que, pianiste-chanteur mal dégrossi, on ne comprenait pas « comment elle fait la dame ». Mais il raconte quand même que, des années plus tard, la nouvelle morte alors encore vivante avait de quoi ré-ébaubir les adeptes et les petits cons dont nous fûmes et sommes, parfois, encore, heureusement.


Marie-Paule Belle, La Nouvelle Ève, 26 janvier 2015

MPBCAB

Le concept : après quarante-cinq ans de carrière, les artistes survivants ont parfois l’élégance d’avoir la peur de s’enfermer dans un musée chantant, sorte de juke-box déversant leurs succès en chevrotant. Marie-Paule Belle, elle, prend le problème à bras-le-corps – pas celui du chevrotage, laissons cela à Charles Aznavour, momie consternante dont seule la télévision publique s’obstine à ne pas constater le décès. Quatre ans après son dernier disque produit en crowdfunding, « MPB » était sur la scène du cabaret protéiforme La Nouvelle Eve, qui associe revues et spectacles du désormais médiocre Élie Semoun, par ex. Elle y donnait trois représentations d’un nouveau spectacle piano-voix intitulé « comme au cabaret ». La deuxième date était bien remplie sans être, ô surprise, complète en dépit de soldes de dernière minute. Le prix abusif des billets, 38 € en placement libre, peut sans doute expliquer pour partie cette incongruité.
Là qu’on sert : pour une fois, avant d’évoquer le concert, signalons l’excellent accueil réservé aux spectateurs par le cabaret au décor aguichant avec

  • étoiles et angelots au plafond,
  • tentures,
  • tables et chaises rouges à souhait, et
  • scène lumineuse.

De fait, nous avons apprécié

  • l’ouverture des portes trente-cinq minutes avant le spectacle (juste quand il commençait à pleuvoir sur des fans déjà au taquet),
  • le sourire au contrôle,
  • l’absence de pantalonnade sécuritaire sur le thème « montrez-moi vos sacs non je regarde pas c’est juste pour faire semblant », et
  • la non-traque de nourriture voire de boisson

alors que le cabaret commercialise du liquide à des prix prohibitifs – si, 8 € pour un Coca, ça commence à fleurer sec le prohibitif. Cet accueil accueillant, inattendu au vu de la concurrence, offre une image conviviale et positive de cette salle de spectacles.

Marie-Paule Belle vue par Josée Novicz.
Marie-Paule Belle vue par Josée Novicz

Le concert : encadré par un incipit et un envoi chantés, joliment tournés pour l’occasion – ce seront quasi les seuls inédits du tour de chant –, le récital s’appuie sur trois piliers – les chansons « obligatoires car trop connues », les reprises moins attendues, et de petits intermèdes parlés qui tissent un fil rouge narratif. Ainsi la chanteuse joue-t-elle la carte du métatexte et du concert en miroir : « comme au cabaret », elle

  • s’adresse au public,
  • l’invite sporadiquement à chanter avec elle,
  • explicite ses rares sautes de mémoire,
  • associe chansons de son répertoire et covers d’illustres anciens ;

mais, à l’image de son domicile faisant face à ses débuts (« j’habite 7, rue Jacob, en face de là où était le cabaret de l’Échelle, vous pourrez venir en pèlerinage »), elle revient aussi sur ce qu’est, selon elle, un spectacle « comme au cabaret ». Cette explicitation du concert est l’occasion de narrer son épopée par petites touches, de décliner ses préférences chansonnistologiques et de faire glousser la salle. De la sorte, elle crée un spectacle original, alors que l’on pouvait craindre la simple resucée d’une set-list connue de tous (ce qui n’aurait déjà pas été si mal). La finesse de cette réalisation, faussement « à la bonne franquette », est un des signes du talent éclatant de Marie-Paule Belle.

Le répertoire qu’elle interprète est un autre signe de ce talent. Dans la tradition des cabarets de la rive gauche, Marie-Paule Belle associe trois types de chansons :

  • les chansons d’antan
    • (comique troupier façon
      • Gaston Ouvrard,
      • Yvette Guilbert,
      • Harry Fragson…),
  • les chansons de collègues
    • (Jacques Brel et ses chansons pas-toutes-si-célèbres,
    • Jean Arnulf et son « Point de vue »,
    • Barbara et son « Dis, quand reviendras-tu » pris avec un optimisme inattendu,
    • Marcel Mouloudji et son « Un jour, tu verras »,
    • Guy Béart et son gréciste « Il n’y a plus d’après à Saint-Germain-des-Prés ») et
  • les créations dont elle a écrit
    • texte,
    • partie de texte ou, au moins,
    • musique.

Dans cette dernière catégorie, le choix est à la fois large et limité. Large puisque longue carrière jalonnée de disques originaux. Limité car, en sus des reprises, souhait de ne pas frustrer le public qui « n’est venu que pour celles-là » :

  • « La Parisienne »,
  • « Nosferatu »,
  • Wolfgang et moi »,

qu’elle réussit à chaque fois à chanter comme si elle cherchait à remotiver ces hits d’une mimique ou d’une intonation nouvelle… Pourtant, la chanteuse parvient à glisser un étonnant « Chopin en jazz », savoureux et inédit à souhait, et des chansons de son dernier album, signées en l’espèce de la nullissime parolière Dominique Walls, incluant

  • « Celles qui aiment elles », la moins pire des gnangnans grâce à la délicatesse de la mélodie, très simple, dénichée par l’artiste ;
  • « Les asphodèles », qui copie-colle les codes des Brinvilliers ou de l’après-midi d’été chaud, très chaud, pour parler de jardinage donc de masturbation (quel dommage que pas de vraie chute puisque retour du refrain non modifié !) ; et
  • « Assez », lamentable chougnerie contre les violences conjugales et la lapidation (faire rimer « Cécile » et « ses cils », pfff).

Quel contraste avec les qualités qui irradient du reste du répertoire ! D’autant que l’art de mélanger les chansons pour chanter à la fois ce que le public veut et ce qu’elle-même veut est un troisième signe du talent sempervirens de Marie-Paule Belle…

La représentation :

  • bateleuse hors pair,
  • interprète sans égal,
  • vocaliste séduisante (même si, à force de craindre pour ses aigus, elle finit par les fragiliser, alors qu’elle possède une large tessiture très assurée),

l’artiste fait passer la faiblesse de certaines chansons par le plaisir de la nouveauté (après tout, le dernier album de Ricet Barrier ou celui d’Anne Sylvestre n’était guère justifiable que par ce petit plaisir-là) et, surtout, par l’énergie qui se dégage de sa set-list. Devant tant de maîtrise, on apprécie même son authenticité, absente des récitals trop mécaniques, quand les premiers « trous » apparaissent. Or, quiconque a un peu fredonné en public sait que, le plus difficile, ce n’est pas la gestion du blanc, puisque l’on peut en parler et en plaisanter ; non, le pire, c’est la pression que cette saute de concentration met pour les chansons suivantes.

  • Ne plus oublier,
  • ne pas trop bégayer,
  • ne pas s’emmêler sur les prochains « gros passages »…

Marie-Paule Belle affronte elle aussi ces défis, avec le métier et l’aisance que permettent une rouerie consommée et un public extatique, même si la gestion des admirateurs n’est pas si aisée. En effet, les spectateurs associent à la fois des réactions d’amateurs de chansons (applauses qui savent se taire au bon moment, interpellations limitées, écoute attentive) et des meuglements de fans écervelés semblant rêver de se reconnaître sur un disque live. Là encore, Marie-Paule Belle parvient à mêler bienveillance et ironie pour « tenir » sa salle… et finir, fait rare pour une chanteuse « à textes », même star émouvant les nostalgiques, par toucher les mains des spectateurs, entre vieux et folles, lors du dernier salut.
En conclusion, malgré les attentes très élevées que suscite tout récital piano-voix de Marie-Paule Belle, l’artiste séduit une fois de plus.

  • Voix sûre,
  • spectacle original où son répertoire de création est expulsé en périphérie comme un sublime prétexte,
  • savoir-faire hors pair,
  • styles variés,
  • humours protéiformes,
  • liberté de choix et
  • élan musical intact :

on dirait bien « chapeau », si la chanteuse n’avait expliqué qu’elle avait gagné une émission ainsi nommée, où l’on coiffait d’un chapeau les interprètes que n’appréciaient pas les téléspectateurs. Alors, soyons simples et estimons que « bien ouèj, MPB » fera l’affaire.

Petits papiers – 10

La bonne relation aux animaux de compagnie d’après « La Médecine végétale » du docteur A. Narodetzki, éditions La grande pharmacie du globe, 1910. Photo : Bertrand Ferrier.

En attendant un prochain post, quelques nouvelles du monde. Et first things first, deux publicités en forme de décryptage. Je sais, mais faut bien vivre, hein. D’abord, pour comprendre pourquoi Beauval est une arnaque dégueulasse…

 

… une lecture s’impose : Sauvage ! La vraie nature du trafic d’animaux, que j’ai aidé Jérôme Pensu à ficeler. Et ensuite, dans la même rubrique « arnaques malsaines », ceux qui osent se demander le pourquoi du comment des mystères d’État comme celui-ci…

 

… peuvent se procurer Secret défense. Le livre noir, que j’ai aidé Pascal Jouary à mener à dame. Bien, maintenant, revenons à nos chers petits moutons. C’est l’histoire d’Édouard qui, pour coordonner ses partis (sans « e »), glisse à Gaby : « J’aimerais bien sucer mon pouce », et de Gaby qui lui répond : « Quand tu dis ton pouce, t’es sûr que c’est utile ? »

 

Pour la question suivante, j’avais bien une réponse, mais on ne peut pas parler de sodomie à tous les étages, n’est-il pas ? Bon, tant pis : entre baiser et monter…

 

J’avoue, j’ai hésité à partager la découpure de presse qui vient, de peur que vous ne versassiez une larmichette ainsi que je le fis. Mais pourquoi nier que l’homme est lacrymal, qui plus est quand il fait face à des situations aussi drrramatiques ?

 

Ou on ne peut être Ballon d’or et peut tout réussir. Ou on ne peut tout Ballon d’or et ne peut être. Ou on peut être et ne peut tout réussir Ballon d’or. Oh pis mârde à la fin !

 

La démocratie, c’est avant tout une presse indépendante. Libre. Exigeante. Pas soumise à la merde milliardaire. Le Figaro, par exemple.

 

« J’encule le droit, la morale et l’éthique, mais c’est réalisé tranquillement avec un bisou de Manu » : essaye de faire ça face au fisc, si t’es pas l’idole dégueulasse du macronisme corrompu et dégueulasse, et envoie-moi un courriel pour me parler du résultat.

 

Pas facile, d’observer un camouflé.

 

D’après la FNSEA, cette ordure, non.

 

Tu n’es pas nul, non. Dis plutôt que tu enchaînes les défauts. Ce qui fait que tu es nul ? Aïe, en effet.

 

J’ai travaillé jadis sur un livre narrant les trajectoires de gosses de lesbiennes. LGBTQIA+ etc., c’est bon, j’ai intégré. Mais c’est vrai qu’on peut aller plus loin, j’oubliai.

 

Quand t’es en manque d’à-valoir et de bisous médiatiques, ben, il se passe ce qu’il doit se passer : tu racontes tes craques. Et ça marche !

 

Et finalement, mon père, où est-ce qu’on les enterreuh ceux qui sont méchants ? C’est pas pour un ami, c’est pour moi.

 

À suivre !

Marie-Paule Belle au théâtre de Passy, 4 janvier 2024 – 2/2

Le 4 janvier 2024, au théâtre de Passy. Photo : Rozenn Douerin.

 

La première mi-temps contée ici s’achevait sur une bonne nouvelle : si, depuis Guy Béart en général et la mort de l’aimée en particulier, il n’y a définitivement plus d’après à Saint-Germain des Prés, il y fait beau temps comme à Saint-Raphaël. Se poursuivait ainsi la déclaration posthume d’amour à Françoise Mallet-Joris, racontée par ailleurs – précise la chanteuse avec son humour consubstantiel, rien que ça – dans « un livre sorti huit jours avant la fermeture des librairies pour le confinement, donc qui a connu un immense succès ». Marie-Paule Belle y met une belle énergie, avec talon qui claque et modulations qui passent bien. C’est que son récital revendique de raconter son histoire à sa façon. Histoires d’amours humaines, donc, d’amitiés artistiques et d’influences, l’artiste se revendiquant de Jacques Brel et Barbara.
L’illustre « Une petite cantate » rappelant son excellent spectacle autour de la dame Soulages. La pédale est généreuse, comme pour garder un zeste de prudence dans les mutations harmoniques de la chanson, mais l’on apprécie la fragilité assumée de la voix, qui sonne juste et vrai. Subtilement, la chanteuse embraye sur « La petite écriture grise », pilier de son répertoire évoquant l’effacement donc le souvenir – on pense à l’autre effacement (lui, dans un bel archipel, sûr’ment)  évoqué dans le « Duvet gris » d’Isabelle Mayereau, dont elle a raconté l’origine dans un entretien wow. Mais assez d’émotion contenue, il est temps de rire ou presque.
Pour cela, Marie-Paule Belle propose de concilier la mode du slam et son amour de la chanson réaliste « à la Berthe Sylva ». Inspirée par une conversation téléphonique un soir de grande fatigue, Isabelle Mayereau lui a donc cousu un texte expliquant que l’on fait comme on peut, tant pis si « on peut peu ». Pas de « Nous nous plûmes » pour embrayer, bien qu’on n’s’y plût plus, mais « Les p’tits patelins », cavalcade rendant hommage aux chefs-lieux de canton et à ce qu’il s’y passe quand on s’y amuse, ce qui ne doit pas être si fréquent, surtout à – ne nous brouillons avec personne, les invitations à chanter en province (pardon, dans les territoires) sont si rares de nos jours !
En miroir, se dresse un extrait géographique et mental du dernier disque, « Pays natal » où « le mot maison, là-bas, rime avec prison / et les voisins en sont les gardiens », issu d’un texte inédit de Françoise Mallet-Joris.

 

 

As de l’agencement d’une set-list, la chanteuse revient à la chanson réaliste drôle dont elle a su faire une partie de son succès avec, dévastatrice « La biaiseuse ». Cette fois, pas d’interaction dans la salle avec l’ouvrier plisseur de passage qui va s’établir bien vite avec elle : une version plus sobre et très réussie cependant. C’est l’occasion pour l’artiste de se souvenir de tous ces endroits où, comme Serge Lama qu’elle invoque, elle est allée biaiser pendant que d’autres plissaient debout, avec une spéciale dédicace pour Longwy, une ville où, lors des galas, « les vieilles amenaient leur tricot » car « elles pensaient que c’était une veillée ».
Après avoir partagé sa vision du public, Marie-Paule Belle expose ce temps où elle était public, contrainte, avec Françoise Mallet-Joris, à assister à des démonstrations circassiennes aussi gênantes que pitoyables, voire « très pathétiques et très touchantes ». Françoise Mallet-Joris « répondant à toutes les questions que je me pose », ainsi qu’elle expliquait jadis pour lancer « Mais où est-ce qu’on les enterre ? », ces souvenirs affligés ont révélé que « ces gens-là » (bisou à toi, Jacques) vivent « d’un peu amour et de café » même les soirs où « on applaudit à peine ». Histoire de secouer l’affliction habitant cette chanson devant la nullité honnête et ravageuse de certains, et devant l’absence sans appel de FMJ, MPB enquille avec « Les amis de monsieur », un tube de Harry Fragson.

 

 

Après une chanson quasi féministe dont Barbara floutait le plus joli mot de la chanson, une chanson carrément pas féministe sur une femme au foyer. « Les petits dieux de la maison » travaillent la veine intimiste qui est aussi un champ d’exploration prisée par la musicienne. On y goûte notamment un piano à la fois

  • maîtrisé,
  • sans fioriture et
  • juste.

Marie-Paule Belle joue (toujours) bien, d’autant qu’elle évite l’extravagance, fixant le piano dans un rôle de partenaire précieux qui n’est pas là pour mettre en valeur celle qui chante et s’accompagne. Les gourmands de performances plus virtuoses pourront toujours écouter Dans mon piano noir de Romain Didier et singulièrement son arrangement extravagant de « Et maintenant ».

 

 

Versant souriant de la disparition, « Mais où est-ce qu’on les enterre ? » claque alors comme la juste question qu’elle est. Si depuis tonton Georges, est définitivement admis que les morts sont tous de braves types, n’oublions pas tous les trépassés qui étaient, eux, des sales types ou juste ces gens que l’on pourrait appeler des « ha, nan ! », comme ce que l’on pense quand on les aperçoit, fût-ce quand nous nous regardons dans notre miroir. Le nouveau retournement d’ambiance intervient avec le toujours bouleversant tube de Barbara, « Dis, quand reviendras-tu ? ». Comme l’on s’approche hélas sensiblement de la fin du spectacle, Marie-Paule Belle incite le public à prendre toute sa place au refrain – pas forcément ce que nous préférons : chanter ensemble est une joie que nous revendiquons, mais quand il y a Marie-Paule au piano, c’est pas le même saucisson, on préfère écouter Marie-Paule, quitte à fredonner en arrière-fond, évidemment.
Voici venu le temps des remerciements en forme de générique (on apprend à cette occasion que Jacques Rouveyrollis, complice coutumier de la chanteuse, est l’auteur des éclairages qui l’ont accompagnée – fonctionnels, mais, probablement contraints par un budget spécifique limité, pas à la hauteur de cette légende des théâtres). Certes, ils peuvent paraître un peu plus qu’un peu trop généreux. Par exemple, que des célébrités soient remerciées pour avoir radiné leur fraise me chiffonne : les p’tites gens qui ont payé leur place n’ont, euphémisme, pas moins d’importance pour le spectacle que ces privilégiés. Reste que la longueur de l’action de grâces témoigne de l’émotion de l’artiste, et exprimer ainsi sa vibration en se tournant vers les autres est une manière émouvante de parler de ce dont on ne parle pas :

  • le temps qui passe et ne se rattrape pas,
  • la maladie qui grommelle,
  • la mort qui gratte à la porte et
  • l’idée taboue que c’est peut-être une dernière fois que nous partageons en direct ce qu’Anne Sylvestre aurait presque appelé « la tendresse effarante qui va de nous à l’artiste ».

 

 

Pour se remettre du balabala, rien de mieux que la chanson pour toujours précédée d’un : « Alors, pour ceux qui ne sont venus que pour celle-là… » Donc, près d’un demi-siècle après l’avoir créée, Marie-Paule Belle n’est toujours pas et ne sera jamais « La Parisienne », bien qu’elle le soit pour l’éternité et, probablement, un chouïa au-delà. En tout cas, elle ne l’est pas ce « soir entre mille » qu’évoque la chanson-titre du dernier disque (désormais disponible en vinyle, trait d’union bobo entre modernité et tradition s’il en est), sur des paroles de Françoise Mallet-Joris. L’émotion est trop forte pour l’artiste, cette fois, qui mélange un peu les crayons de cette nouvelle trousse avant d’annoncer : « Je vais reprendre. » Malgré l’antisèche ou à cause d’elle, la peinture de « Vive le sport » est elle aussi un peu fraîche, mais qu’importe ? On est heureux que l’artiste décide de ne pas terminer sur du golden hit afin de privilégier

  • le récent,
  • le vivant,
  • le fringant.

Oui, l’on aurait parfois aimé être bousculé par la découverte de titres rarement voire jamais chantés sur scène. Difficile de ne pas comprendre qu’entre

  • les titres obligatoires,
  • ceux du dernier disque un rien obligés aussi et
  • ceux qui résonnent à l’oreille de l’artiste,

impossible de glisser des surprises ! Après tout, retrouver cette légende de la chanson intelligente, drôle, persistante, diverse, joliment dénudée dans l’option piano-voix, ce n’est pas une surprise, non, c’est pire : de la joie que l’on se promettait et qui est néanmoins advenue.

 

 

 

Marie-Paule Belle au théâtre de Passy, 4 janvier 2024 – 1/2

Marie-Paule Belle, le 4 janvier 2024, au théâtre de Passy (Paris 16). Photo : Rozenn Douerin.

 

Réservé depuis mai 2023 après avoir réservé bien avant, ça ne change rien ! Ce 4 janvier 2024, voilà neuf ans presque jour pour jour que nous n’avions vu, de nos yeux vu, Marie-Paule Belle en vrai, depuis cette soirée de janvier 2015 à la Nouvelle Ève. Les invitées du chobiz qui ont le malheur de nous jouxter peuvent bien essayer de nous toucher l’épaule – déjà, fais gaffe, c’est propre, ça, c’est moche mais c’est à moi – pour nous intimer – nous intimer, les folles – d’applaudir moins fort, à part risquer un applaudissement avec leur tête entre nos mains et un « t’as qu’à écouter le CD studio, en plus, chuis sûr, tu l’as reçu gratos, arrive juste pour le coquetèle, foutriquette », aucune chance de modérer

  • notre enthousiasme,
  • notre joie et
  • notre impatience.

Un précédent rendez-vous avait été reporté pour des « raisons de santé » restées pudiquement sous silence, même si certains médias ont révélé que la dame souffrait d’une récidive d’un cancer du sein l’obligeant à subir des traitements redoutables.

  • L’attente,
  • le soulagement et
  • la joie

étaient donc en trouple, ce jeudi 4 janvier, pour la première de la série de dix représentations reprogrammée au théâtre de Passy. Dans la salle,

  • des vedettes du temps jadis (Anny Duperey, Serge Lama, Isabelle Mayereau…),
  • des semi-vedettes (Alex Vizorek, Eva Darlan…) et
  • des anonymes.

Parmi les derniers nommés, essentiellement des têtes chenues que côtoient quelques rares personnes moins antiques, dont une partie ressortit fièrement de la communauté homosexuelle. Sur scène, un piano d’où émerge une rose (« je suis sûre qu’elle est en plastique », souffle derrière nous une permanentée d’un ton de connaisseuse, raté). La chanteuse lance son spectacle avec « J’ai les clefs », parolée – et hop – par Pierre Jolivet et Françoise Mallet-Joris. L’esprit facétieux de la fredonnerie n’empêche pas l’émotion de poindre dans les applaudissements nourris : la voix n’est peut-être pas encore chauffée, l’artiste paraît peut-être un brin fatiguée, mais peu importe !

  • La présence,
  • la personnalité et
  • la proximité – idéale pour le répertoire – facilitée par le piano-voix que Marie-Paule Belle maîtrise si bien

rayonnent au point que la musicienne demande grâce en soufflant, amusée : « Si vous commencez à applaudir comme à la fin… » Puis elle annonce

  • le contexte (« il y a onze mois et un jour que j’attends ce moment-là »),
  • l’enjeu (« je fête mes 54 ans de scène ») et
  • le projet : parcourir les épisodes précédents.

 

 

De son premier disque (affirme-t-elle : c’est inexact puisqu’elle vient de mettre sur les plateformes Mon premier album, où les chansons « réalistes » sur les filles de joie se taillent la part du lion – on y découvrira notamment « Émilienne », croquignolesque à souhait – mais sans la chanson en question), elle extrait ce qui fut longtemps un de ses chevaux de bataille, « L’âme à la vague », où le public a plaisir à murmurer les parophonies du refrain (« J’ai l’âme à la vague / J’ai l’âme qui vogue / Avide, elle drague / C’est comme une drogue »). L’artiste veut-elle déminer toute complaisance dans la nostalgie ? Aussitôt, « Amour allergie », sorti du dernier album, rappelle que, « quand on est amoureuse, ça pose certains problèmes ». Le fil rouge commence à apparaître : l’amour, forcément, donc le voyage, l’un et l’autre ne faisant qu’un. Par conséquent, la chanteuse emprunte le « Trans Europ Express » ou la version rêvée du train bleu grâce auquel on partirait loin, sollicitant avec métier la participation d’un public qui n’attend que ça.
Chansons nouvelles, chansons d’antan, la problématique est connue des chanteurs qui durent. Anne Sylvestre l’a vécue, qui refusait farouchement de revenir à ses chansons à guitare du début. Le défi de Marie-Paule Belle semble d’être de dispatcher dans sa set-list trois types de chansons dont les caractéristiques se chevauchent parfois :

  • les anciennes,
  • les neuves et
  • les tubesques.

Voici donc venu le temps, finement pensé, de « Wolfgang et moi ». Passage obligé d’un récital de MPB, cette chanson est présentée comme un hommage à la sœur de WAM qui, en réclamant ses royalties, devient « la première féministe ». L’humour sauve cette présentation de la tarte à la crème tendant à réduire la valeur des artistes du beau sexe à l’aune de leur « féminisme ». Anne Sylvestre est un bon exemple de cette tendance assez salissante, elle qui a connu un regain de popularité quand les médias ont décidé de ne la considérer que comme une militante de l’égalité entre les genres, ce qui revient à regarder son œuvre par le trou de la meurtrière alors qu’une grande fenêtre, juste à côté, permet d’embrasser son travail d’un coup d’œil autrement plus juste et enthousiasmant. Ce soir-là,

  • l’urgence,
  • l’attente et
  • la pression qu’elles engendrent

font chalouper les paroles du premier couplet mozartien. Cela rappelle aux plus fervents bellomanes que cette bête de scène est aussi un être vivant, et ça fait du bien de le savoir ! Ici, rien d’automatique, même si « Wolfgang et moi » colle à la peau de l’artiste. Marie-Paule Belle ne récite pas sa chanson, elle l’interprète avec cœur. Si un cahot de concentration ou de mémoire peut réveiller le voyageur, il personnalise aussi le trajet et humanise l’artiste impressionnant qui se produit sur scène. En plus, ça rassure le petit chanteur qui se morfond en rentrant chez lui après qu’il a bafouillé ou carrément avalé un couplet quand il était derrière son micro : merci, Marie-Paule !

 

 

L’enthousiasme suscité par le tube ne retombe pas avec le classique suivant, le vintage et toujours poignant « Quand nous serons amis », où l’artisane continue de démontrer le métier en usant des multiples manières de recevoir les applaudissements parmi lesquels on peut citer, en sus de l’habitude qui est un métier,

  • le sirotage modeste d’un verre d’eau,
  • l’attente patiente devant le clavier puis le pivotage face public,
  • le petit sourire qui remet un coin dans le juke-box,
  • plus tard la position debout avec son bonus qu’est le salut,
  • la sortie de scène et l’attente du bon tempo pour revenir, etc.

L’amour – ici dédié à Serge Lama – bat aussi dans « Celui » (en gros, celui qui ne m’a pas parlé d’amour m’a plus donné que celui qui m’a aimé mais mal), chanson gnangnan mais à laquelle tient l’artiste. Elle l’a intégrée dans maints tours de chant, y compris dans la série de chansons interprétées sur YT au piano blanc pendant le confinement. Or, c’est pas mal que, en glissant des chansons variées dont certaines risquent de moins emballer a priori l’auditeur, l’artiste oblige ses fans à la suivre dans son parcours tel qu’elle le perçoit, le conçoit et le vit, pas juste là où ils préfèrent la retrouver. Après tout, la diversité d’un répertoire contribue à sa profondeur, par-delà les inclinations particulières de chacun.
D’autant que, finaude et rouée, Marie-Paule Belle est soucieuse de contraster ses titres afin de ne pas perdre les bellophiles, quelles que soient leurs préférences. Aussi enchaîne-t-elle avec une chanson dont elle disait ailleurs que Michel Grisolia et elle-même l’avaient écrite quand ils étaient ados. « Cinquante ans après, confie-t-elle le soir même, je la trouve d’actualité car c’est une chanson sur les curés, l’Église, tout ça ! » L’anticatholicisme est un topos de la chanson française. Évidemment et heureusement, nul ne s’en formalise, même si on attendrait les courageux sur les terrains d’autres religions encore plus strictes – si, si, c’est possible – quant au rôle dévolu aux moukères…
« L’œuf » fait un effet bœuf et se frotte avec bonheur au contraste qui arrive avec la chanson habillant un texte d’Isabelle Mayereau. « Beaux jours à Saint-Germain » ouvre le dernier disque et, avec les modulations attendues, évoque un moment (celui de la rencontre avec Françoise Mallet-Joris) autant qu’un lieu perdu – d’où, peut-être, les cinq premières notes qui semblent sampler « Auprès de mon arbre » de Georges Brassens, où là aussi le parolier se souvenait avec nostalgie d’un moment et d’un lieu disparus…

 

 

… et pour la suite du concert, il faudra aller au prochain post sur le sujet, a priori le 10 janvier !

 

Dansons sur le volcan

Photo : Jacques Bon (http://www.cafcom.net/)

 

Les menaces et interdictions n’en pourront mais.
Encore et encore, par la magie de la musique, nous danserons avec grâce.
Obstinément.

Car, comme chante Marie-Paule Mallet-Joris ou Françoise Belle, sur un volcan, il faut rester chic, c’est important.

 

 

Je, plein les vieux

Non, contrairement à Marie-Paule Belle, je n’en suis plus à midi, me murmure chacun aujourd’hui. Même les serviettes, tiens.