Vénère from Sleepy & Partners. Photo : Bertrand Ferrier.

L’inspection experte des orgues continue.
Cette fois, Sleepy aka le KanGourou, a envoyé son partner Vénère tester le premier orgue-coffre de Gérard Cattin, spécialiste du clavecin. Rappelons aux nouveaux venus que l’objectif de ces examens est toujours d’évaluer la mystérieuse  granularité sonore « en soi et pour soi » bien entendu.
Il va de soi que nous n’avons pas eu accès au mémoire consécutif à l’évaluation. Dans une ville où la tribu des partners a réussi à causer un ramdam inattendu, dans une église où les entreprises restaurant le bâtiment ont réussi in extremis à finir de massacrer le grand orgue en tribune tout en fusillant une partie de l’électricité du local, le représentant des Connaisseurs a tenu à rester particulièrement discret, n’admettant qu’une satisfaction de surface appuyée sur « la stabilité du son », la « cohérence du propos » et la « vulnérabilité du meuble modeste, dans un contexte hygrométrique et celsiusique relativement hostile ».
Même la présence d’un string point G n’a pas suffi à décoincer un officiel dont la sériosité n’avait d’égal que l’uniforme. Ce qui ne veut rien dire, mais bon, classique.


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  1. … aux grandes orgues de la collégiale de Montmorency.
  2. … à l’église Saint-Marcel.
  3. … à l’église Sainte-Marie-Madeleine de Domont.
  4. ... à l’église Saint-Martin de Groslay.
  5. … à l’église Saint-Louis de Vincennes [l’épisode le plus polémique du monde].
  6. … à l’église Saint-Joseph d’Enghien-les-Bains.
  7. … sur l’orgue provisoire loué par Notre-Dame de Vincennes.
  8. … aux grandes orgues de la cathédrale de Gap.
  9. … aux grandes orgues de Sainte-Julienne de Namur puis de la cathédrale de Namur.
  10. … à l’église Notre-Dame de Beauchamp.
  11. … sur l’harmonium du temple protestant du Saint-Esprit.
  12. … à l’église de Taverny et à l’église de Bessancourt.
  13. … à l’église du Raincy.
  14. … à l’église de Notre-Dame du Rosaire.
  15. … aux grandes orgues de l’église Sainte-Marie des Batignolles.
  16. … aux grandes orgues de la chapelle du Val-de-Grâce.
  17. … aux grandes orgues de la basilique d’Argenteuil.

Photo : Bertrand Ferrier

Pas de trêve noëllique pour les explorateurs de la vibration que sont les Sleepy & Partners, cette équipe d’experts à la recherche de l’instrument « capable d’exprimer la plus parfaite granularité sonore, l’imperfection pouvant être manière de perfection », selon l’une des motivations de leur mission.
Si leur passage par Saint-Louis de Vincennes est le moment le plus illustre de cette saga, tant il a suscité de durs remous, il ne peut occulter leurs voyages à la collégiale de Montmorency, au grand orgue de l’église Saint-Marcel, aux orgues de Domont, Groslay, Enghien-les-Bains, Notre-Dame de Vincennes, aux grandes orgues de la cathédrale de Gap, de l’église Sainte-Julienne de Namur, aux orgues de Beauchamp, à l’harmonium du temple du Saint-Esprit, aux autres ogres des églises de Bessancourt, de Taverny, du Raincy, de Notre-Dame du Rosaire, de Sainte-Marie-des-Batignolles et du Val-de-Grâce [sur Google, tapez Bertrand Ferrier bien accompagné].

Photo : Bertrand Ferrier

Cette fois, l’expert s’attaque au Gonzalez de la basilique Saint-Denys d’Argenteuil. [Le titulaire nous écrit : « Ce n’est plus un Gonzalez. Juste un estropié anonyme et attachant, vivant de la bonne volonté des uns et des autres. Ôtez ce nom que je ne saurais voir. »] L’analyse technique est assurée par le partner Boulgour (« ça s’écrit presque comme bonjour, de même que couscous s’écrit presque comme coucou », stipule-t-il), notamment célèbre pour son slip de panda.
Comme de coutume, on ne saura presque rien de fondamental, la substance étant réservée au KanGourou Sleepy et au comité d’experts. « Il ne s’agit pas de dissimulation, mais de précaution : tout un chacun n’est pas préparé à entendre certaines vérités potentiellement cosmiques », précise l’explorateur, très concentré. « Ce nonobstant, je peux reconnaître être impressionné par la ductilité d’un certain mélisme de la vibe qui
, à n’en pas douter, s’épanouit dans une perspective multiplans dont il s’agit de percevoir la coaxialité afin de faire musique – oui, c’est cela : faire musique », tient-il à souligner.

Photo : Bertrand Ferrier

L’observation techniciste n’excluant pas une approche plus artistique, l’examen des « possibles applications de Bach » à l’instrument a permis d’étayer les observations du fin connaisseur.
« Pour moi, il n’est certainement pas question de réduire la granularité à une formule magique, pointe-t-il. La granularité sonore, du fait même qu’elle paraît indéfinissable, se positionne dans une protéiformité qui nécessite une appréhension pluridisciplinaire. Les constatations pratico-pratiques sont un substrat essentiel, mais elles ne sauraient, en aucun cas, prétendre à l’appellation d’expertise si elles ne se confrontaient pas à des problématiques prolongeantes et kaléidoscopiques. Aussi le polymorphisme de notre approche est-il le contraire d’une dispersion : il se fait concentration d’énergies impalpables – oui, c’est cela : concentration d’énergies impalpables. »

Photo : Bertrand Ferrier

Cette pluralité semble consubstantielle de la quête du Graal granulaire – ce que, entre eux, les initiés appellent la graalnularité sonore.
« Penser l’orgue comme un tout exige de penser le tout comme un multiple, et vice et versa, insiste Boulgour. L’addition de perspectives n’est point protubérance, elle est essence, comme la diversité des registres d’un orgue est la moelle de l’instrument. La synthétisation des investigations doit produire une révélation. Si elle n’émeut pas, si elle ne donne pas naissance à un sentiment, par-delà la technicité, elle s’expulse de l’incarnation et, partant, s’invalide comme médium entre nous – en tant que nous – et la granularité sonore. Car quoi de plus incarné, en ces temps de Noël, que la granularité sonore comme unité du multiple et multiple de l’unité – oui, c’est cela, unité du multiple et multiple de l’unité ? Voilà, quoi. Quand je vous disais que tout le monde n’est pas apte à saisir la cosmicité de la pensée granulaire ! Bon, et sinon, j’suis mignon, quand même, hein ? Et jusqu’au slip, s’il vous plaît ! »

Photo : Bertrand Ferrier

Photo : Rozenn Douerin

Régulièrement, les Sleepy & partners, experts organiers, partent examiner des orgues. Sans fin est leur quête de granularité sonore et d’instrument idéal. Ils se sont lancés à la recherche de la vibration gourmande et/ou de la gouleyance faite ondulation musicale. Moi-même, je n’entends goutte à la substance de cette inspection généralisée des orgues, mais je me réjouis qu’elle ait pu faire scandale dans le Val-de-Marne (Sleepy a été dénoncé comme un intrus déloyal à l’évêque du lieu, la classe !) et continue d’amuser d’autres titulaires moins benêts voire des lecteurs bienveillants.
En l’état, sans entendre avec précision le détail de leur idiolecte ultratechnique, du moins puis-je constater l’entrain de la fine équipe qui ne manque nulle occasion de tester un nouveau monstre. Tantôt, c’est le KanGourou en personne, SLM (Sleepy-Lui-Même) qui s’est déplacé pour jauger, selon ses termes, le « Cavaillé-Cool » du Val-de-Grâce.

Photo : Rozenn Douerin

Nullement impressionné à l’idée de ploum-ploumer sur l’instrument d’Hervé Désarbre et de son adjoint Benjamin Pras, l’expert spécialiste a tâché de percevoir « la spécificité transversale d’une observation envisageant en Narcisse, si t’es mieux, la personnalité propre d’un instrument – en tant que telle – et, en coordonnées, la subjectivité objectivante d’un projet de recherche subsumant ». Bon, c’est un peu le problème quand on parle de facture d’orgue : rapidement, ça devient un brin le brun quand t’es toi-même ni postier ni facteur.
Hélas, aucun moyen de tirer davantage de lombrics de la narine du Konnaisseur. La saga n’étant point finie, les conclusions sont hic et nunc réservées au cénacle des Sleepy & partners. C’est déceptif – mais quel teasing, mazette, quel teasing !

Photo : Rozenn Douerin

Photo : Bertrand Ferrier

Suite de la saga des expertises organistiques par Sleepy & Partners, les spécialistes aux yeux riboulants (sauf exception), « idéaux pour faire la ribouldingue ». Le Graal de la ribouldingue consisterait à dénicher l’instrument dont la granularité sonore paraîtrait correspondre « aux pistes esquissées par l’exigence du KanGourou » (comme un grand gourou, mais qui saute partout). C’est peu dire que l’ambiance était complètement crazy, quasi camerounaise, à l’arrivée du mandataire – l’expert était à l’heure… mais on ne lui avait pas communiqué la bonne ! Aussi s’est-il mis à la tâche sans tarder, réalisant ces exercices que seuls les connaisseurs peuvent décrypter, tel que ce célèbre test de résistance au postérieur, réussi par l’instrument examiné ce jour.

Photo : Bertrand Ferrier

Sur le chemin du retour, à notre accoutumée, nous tentâmes d’en savoir plus sur le ressenti granulaire du technicien-conseil. « Nous tâcherons de ne point tenir compte de notre déception animalière, mais nous sommes indubitablement déçu de n’avoir pas rencontré le noble individu qui nous était pourtant présenté comme le contraire d’un pigeon », a-t-on accepté de nous lâcher. « Pour le reste, il est certain que notre prospective, je dirais notre cap, notre proposition co-créée avec ce qui est et ce qui énergise le présent, peut-être l’appellerons-nous l’espérance du possible, notre prospective, donc, s’inscrit dans une démarche où l’exigence pragmatique se conjugue à une vision à 360°. En d’autres termes, nous essayons d’envisager la problématique de la granularité sonore sous l’angle du concret et d’un certain horizon transcendant les biais qui se seraient, fort malencontreusement, ensuqués dans une partisanerie mal tempérée. » Dont acte, bien sûr : faut bien l’avouer, c’est impressionnant, les vrais gens qui savent.

Photo : d’après Rozenn Douerin

Ceux qui fréquentent ce site connaissent notre conviction : on fait de la musique pour avoir la chance de participer aux afters. On va pas se mentir, madame Lucet. Ce que je vais dire, ça va p’t-être pas faire plaisir à tout l’monde, mais j’vais l’dire quand même : je crois que je suis pas le seul à partager ce credo. Car quand on propose à un expert de participer à la répétition d’un Belge, il n’accepte pas que pour le plaisir de l’accent exotique. Tôt ou tard, donc tôt, il a soif, et on le comprend.

Photo : d’après Rozenn Douerin

Bien entendu, cela n’exclut pas d’envisager les choses avec un mini môme de professionalimse. En art, l’alcool a toujours été un lieu de réunion, d’engueulade, donc de fructuation, j’ose le mot. De détestation et de franchise aussi, mais ça, c’est quand ça se passe mal. Quand un expert et un Belge se rencontrent, aucun danger. Même si on attire le Belge pizzophile dans un couscous, tout se passe bien tant que l’on peut discuter autour d’un verre. Faut dire que l’expert s’appelle Boulgour, donc connaît bien tout ce qui est semoule, et le Belge est le virtuose de Wallonie François-Xavier Grandjean, aka le Bûcheron des Ardennes – lui connaît bien tout ce qui rapproche. Jamais il n’est question de hips, toujours de fraternité, de relation post-travail, de partage le plus possible décérémonialisé, et hop. Autrement dit, tant qu’il y a du Boulaouane, même rouge parce que l’autre imbécile de rganiss a omis de commander du gris, plus typique, ça devrait bien se passer.

Boulgour l’espert et François-Xavier Grandjean. Vague photo : Bertrand Ferrier.

L’autre imbécile confirme : ça s’est bien passé. On est entre experts, nom d’une pipe en bois ! (Vivement la prochaine spertiz, ce nonobstant.)

 

On l’aura supputé en contemplant l’expert : il était tôt quand il a fallu se bouger les saucisses pour examiner un orgue ayant, jusqu’à ce jour, échapper à la virtuosité spécialiste des grands inquisiteurs. Ce nonobstant, devant l’obligation de bosser, chacun doit s’incliner. Même si, on l’aura supputé en contemplant l’expert : ce jour-là, il était, décidément, très tôt.

 

 

Trop tôt, ça, incontestablement.

 

 

Et le fin du fin, c’est que cette expertise matinale s’est prolongée avec une expertise après-midique. C’est pas que l’expert ne voulait pas la faire ; c’est surtout qu’il convenait de ne point se risquer à susciter son ire (un seul « r »).

 

 

Il est possible qu’une profonde méditation ait fini par saisir l’expert. Fort heureusement, l’expertise n’a fait aucune victime. Enfin, je crois. Mais c’était moins une. Trop tôt, donc. Toujours trop tôt.

 


Pour fêter mon engagement mensuel par la communauté hongroise d’Île-de-France, un expert en granularité sonore est venu tester le son de l’harmonium mis à ma disposition pour accompagner le culte. En dépit de la nouveauté de l’expérience (une heure en hongrois, tous les experts n’y sont pas habitués), ce spécialiste a tenu à signifier son appréciation d’un son « authentique et charnu, sans outrance de couleurs, offrant une chaleur équilibrée sur l’ensemble du spectre sonore ».
Bien entendu, le reste de l’expertise demeure réservée à son mandant, et l’on ne peut que regretter ce tacet tant les premiers éléments de l’analyse nous poussent à nous pourlécher les babines neuronales. Peut-être plus d’éléments perceront-ils lors d’une prochaine expertise… si le fin connaisseur a récupéré ?

 

Photo provisoire : Bertrand Ferrier

Ils sont de plus en plus nombreux, de plus en plus riboulants et de plus en plus granulaires. Les experts organistiques les plus redoutés de toute la Francilie, entre autres, semblent se multiplier. En témoigne cette photo volée lors d’une réunion « smooth et ce nonobstant, on va s’gêner, granulaire ». Orgues de France, n’avez plus qu’à vous bien tenir. (Même en Belgique, ils se méfient pas, c’est dire.)

Figus, expert et partner, en inspection à Sainte-Julienne de Namur. Photo : Bertrand Ferrier.

Ça ne prévient presque pas, ça arrive – du coup, on vient de loin. À l’invitation de François-Xavier Grandjean, j’ai rejoint Namur cet été pour y propulser un concert d’improvisations en l’église Sainte-Julienne. Par le fait même, j’étais flanqué d’un expert chargé de scruter la granularité sonore des claviers belges. Dès l’arrivée, il s’est agi d’organiser une inspection en profondeur, puis un test selon la technique dite du tape-cul, un truc que seuls certains facteurs d’orgue sont habilités à pratiquer.

Test du tape-cul à Sainte-Julienne de Namur. Photo : Bertrand Ferrier.

Le spécialiste ayant donné son accord, les répétitions ont pu commencer. Et il y a de quoi faire, d’autant que, face à moi, se dresse la concurrence du festival Les Solidarités, un gros machin bien beauf avec, en vedette, Pascal Obispo et Aya Nakamura, et, en invitée, la gagnante d’un télécrochet belge qui n’a pas encore de chanson à son répertoire, à part « Bohemian Rhapsody » mais, si elle a gagné c’est sûrement une future vedette, ce qui est un gage de qualité comme chacun sait. Pas question, donc, de décevoir ceux qui auraient renoncé au featuring de Charlotte pour assister à mon concert à moi.

Répétition à Sainte-Julienne de Namur. Photo : François-Xavier Grandjean.

Enfin, « mon concert à moi »… En vérité, c’est plus compliqué, mais on y viendra. Pendant que je travaille, l’expert, lui se remet de ses émotions – ce qui, selon lui, constitue néanmoins une autre facette de son travail. En effet, il s’agit de compenser « une extrême attention où les connaissances accumulées, les exigences de l’analyse et l’objectivation de la subjectivité indispensable au jugement » par un retour au calme à même de « structurer les conditions sine qua non d’une évaluation probante et, forcément, granulaire ». Ce qui, en termes iconographiques, se traduit ainsi…

Le repos de l’expert. Photo : Bertrand Ferrier.

On notera que la présence d’une bière ambrée s’inscrit dans une volonté résolue de s’imprégner de la culture locale » afin de mieux saisir les particularismes propres aux orgues de la capitale de la Wallonie » et de se ressourcer aux fiertés autochtones. Il ne s’agit donc aucunement d’une perversion ou d’un simple apéro au bord d’une piscine chic. Bien plus, l’on doit parler d’une imprégnation – le terme est bon, je trouve – aussi méthodique que consciencieuse, seule à même de cerner les spécificités géographiques dans leur dimension holistique, au moins. Sinon, oui, il paraît que la bière était délicieuse.

La conscience de l’expert, en gros. Photo : Bertrand Ferrier.

Pendant ce temps, à la différence du spécialiste, parti se ressourcer après tant d’émotion consciencieuse

Photo : Bertrand Ferrier

… le musicien était tenu de ploum-ploumer. Alors, soit, on ne va point le cacher, selon certaines révélations, lui aussi avait dû céder aux pressions – le terme est excellent, je trouve – et se retrouver dans tel ou tel endroit de perdition, en l’espèce le Cardinal. Mais c’était essentiellement pour profiter d’un super piano idéalement désaccordé, fracasser des standards et échanger des impros à quatre mains sur des marches harmoniques bien carrées avec le Bûcheron des Ardennes qui se trouve être le prof d’orgue du coin.

Photo : François-Xavier Grandjean

Puisque certains farceurs ont cru bon de faire circuler cette photo, nous préférons la révéler nous-même : oui, à un moment, nous avons partagé quelques gouttes de houblon avec le patron du lieu ; mais c’est, bien entendu, parce qu’il eût été indélicat de lui refuser un tel honneur, après en avoir accepté de semblables de la part d’à peu près tous les habitués du lieu. Pas question de risquer un incident diplomatique alors qu’approche à toute berzingue le concert, intitulé « France-Belgique, le match »

Il reste toujours deux coups à boire au Cardinal de Namur, surtout avec Hoki, le patron. Photo : François-Xavier Grandjean.

Le dimanche venu, forcément trop tôt après un bref passage au Cardinal, il n’en était pas moins temps d’aller à la messe. L’occasion faisant le luron, l’expert a décidé de se transbahuter aux grandes orgues de la cathédrale de Namur, où le titulaire, Emmanuel Clacens, lui a volontiers laissé expertiser sa Bête. Disons que, là, il ne s’agissait plus d’être dans l’esprit ploum-ploum-tagada. Clairement, le projet était différent, comme le sous-tendait une certaine esthétique peu propice à la farce et à la gaudriole.

C’est donc avec le sérieux respectueux requis que l’expert a décidé de se coller à son expertise, dont le clou reste forcément l’épreuve du tape-cul, réalisée d’abord très posément puis dans la vitalité que l’exercice impose.

Après avoir eu la chance de jouer un offertoire et la sortie à la cathédrale, ne restait plus qu’à préparer le concert de l’après-midi à Sainte-Julienne ; et c’est alors que, patatras, une idée surgit. Et si, tant qu’à improviser, on intégrait un local de l’étape, le tout nouveau directeur de conservatoire et excellent flûtiste Jean-François Dossogne ? Aussitôt dit, aussitôt acté. Pour la troisième fois sur trois concerts namurois, l’énergumène s’est retrouvé engagé dans une nouvelle posture : d’abord co-soliste, ensuite percussionniste, enfin, ce 25 août, partenaire pour la première des trois séries d’improvisations.

Avec Jean-François Dossogne, devant Sainte-Julienne de Namur. Photo : François-Xavier Grandjean.

Après écoute, l’expert est formel : il attend avec hâte une prochaine invitation en Wallonie. Il estime n’en avoir pas fini avec cette granularité sonore qu’il traque inlassablement à chaque tribune que ses partners et lui visitent. L’appel est lancé. Au nom du salut, puisse-t-il être bon entendu !