Blog

Thérèse Malengreau

Lucie Vellère, Florilège (Musique en Wallonie) – 10/10

Première de couverture

Fin de partie en vue pour cette promenade à travers l’œuvre de Lucie Vellère, commencée le 25 janvier. Nous sommes dans la seconde moitié des Préludes pour la jeunesse et pour piano, avec une « Danse villageoise » aux intervalles mouvants. Dans cette miniature pimpante, il y a

  • du staccato,
  • des refrains tonifiés par des sforzendi claquants, mais aussi
  • la patte désormais reconnaissable de la compositrice
    • (harmonies inventives,
    • ruptures du discours,
    • accent sur le mâchonement de motifs plutôt que sur le développement…).

« Parfums d’Orient » propose au contraire une plage méditative dont le prélude-et-postlude travaille les suspensions

  • (points d’orgue,
  • effets d’attente,
  • silences…).

L’essor d’une ligne mélodique ne renie pas certains échos debussystes ; et l’attention que Thérèse Malengreau prête

  • à la nuance,
  • à l’intensité de toucher, et
  • au son dans sa triple composante
    • (attaque,
    • durée,
    • coupure)

donne une puissance envoûtante à ce feuillet d’album bien plus captivant que ce que son titre programmatique pouvait laisser craindre.

 

 

« Enfantine » est une ronde qui dépasse à peine la minute. Elle n’en est pas moins jouée avec un respect appréciable :

  • phrasés,
  • rythme et
  • caractérisation des registres

rendent mimi comme tout cette virgule musicale. Le cycle de préludes se termine avec « La caverne mystérieuse ».

  • Notes répétées,
  • phrases brisées et
  • importance de la pédalisation

dessinent un halo grave embrouillardé, et hop, et cependant nettement dessiné.

  • Des explosions,
  • des aigus laissant passer la lumière, et
  • les échos entre graves et médiums témoignant peut-être d’un souci pédagogique

dissocient mystérieux et morne. On est désormais moins chez Debussy que, légèrement, chez Ravel. C’est à la fois intéressant et plaisant.

 

 

Après une pause de douze secondes qui suggère que le disque est pensé pour une écoute continue et non morcelée par cycle, restent trois Feuillets épars (1966) sur notre gramophone. « Rêverie au crépuscule » se présente comme un balancement ternaire posé sur un accompagnement doux.

  • Le scintillement des aigus,
  • le pétillant rebond des notes répétées, et
  • la souplesse du legato

conduisent agréablement les rêveurs à bon port.  « Glissent les nuages » n’aurait jamais pu être ce perpetuum mobile que l’on croit pourtant deviner dès les premières mesures. En effet, Lucie Vellère aime rien tant que

  • la rupture,
  • la suspension et
  • le ressassement des formules interrompues.

Dans ce qui est souvent un duo, l’on goûte notamment

  • des dissonances piquantes,
  • un allant revigorant,
  • de belles variations d’intensités, et
  • des octaves lumineux.

 

 

Conclusion symbolique du double disque, « La terre s’est endormie » est le feuillet le plus développé de la trilogie et du disque pianistique dans son ensemble. Lancée par trois notes descendantes, la pièce façonne une atmosphère claire-obscure digne de la caverne mystérieuse visitée un peu plus tôt. La compositrice et sa porte-voix nous parlent

  • d’ombres aux densités variables,
  • de silhouettes imprécises et
  • des étranges vapeurs d’un monde qui s’efface.

En étirant la contemplation, Lucie Vellère

  • interroge l’espace sonore,
  • le refaçonne au gré des changements de registres et des  mutations de nuances, et
  • diffracte le rythme entre tenues et séries de notes descendantes.

On ne pouvait rêver coda plus appropriée et, à l’évidence, interprète plus pénétrée de l’importance de ce qu’elle nous permet de découvrir. Quelle formidable fin à la fois apothéotique et intériorisée pour un double album souvent passionnant !


Pour écouter gratuitement et intégralement le double disque, c’est ici.
Pour l’acheter moins gratuitement mais avec un livret profus, c’est par exemple çà.
Pour retrouver l’ensemble des chroniques sur le disque, c’est là.

Lucie Vellère, Florilège (Musique en Wallonie) – 9/10

Quatrième de couverture

Troisième cycle – le plus développé – au programme du florilège pianistique de Lucie Vellère confié à Thérèse Malengreau, Préludes pour la jeunesse a été composé en 1950 et publié en 1959, dans la foulée de Promenade au bord du lac, écouté tantôt. Onze miniatures pesant entre 1′ et 4′ y sont rassemblées.
« Bucolique » est la bande-son d’une promenade qui sait être charmante sans être chichiteuse. Sur un tempo allant, on apprécie le contraste entre

  • legato et staccati,
  • régularité et contrastes
    • (contretemps,
    • triolets,
    • ralentis habiles),
  • simplicité de la ligne et circulation du lead entre soprano et basse.

Toujours rebelle aux développements en bonne et due forme, Lucie Vellère privilégie

  • le ressassement,
  • la reprise de motifs identifiés et
  • la modification plus ou moins insidieuse des cellules reconnaissables.

« Ombres chinoises » creuse la veine d’un détaché espiègle que l’art de l’interprète pare d’une dimension ludique fort appréciable.

  • La variété des harmonies,
  • la multiplicité des attaques,
  • le recours à de nombreux breaks suspendant le discours, et
  • l’art de la modulation

captent l’attention par-delà l’aspect peu spectaculaire de la pièce.

 

 

« À tire d’ailes », pièce la plus courte du cycle, aurait aussi bien pu s’intituler « Le frais ruisseau » ou « le gai souriceau » ! Chacun entendra ce qui lui chante dans cette cavalcade douce que, fidèle à sa patte, Lucie Vellère prend plaisir à entrecouper de silences.

  • Des bouts de phrase évoquent des chansons enfantines,
  • la parole circule sur différents registres, et
  • les harmonies chamarrées de la compositrice soufflent sur l’auditeur comme une brise bienfaisante baguenaudant dans un crépuscule estival.

La « Nostalgie » suivante va son p’tit bonhomme de chemin. Thérèse Malengreau y fait sonner un piano

  • précis,
  • coloré et
  • cristallin

joliment capté par Manuel Mohino. L’on apprécie sa manière d’incarner des pièces sans doute pas pensées pour le concert et qui, en conséquence, donnent par interstices l’impression d’être certes bien troussées mais plus mignonnes voire gentillettes que cherchant à chambouler le mélomane.

  • Les quelques dissonances,
  • les intervalles inattendus et
  • le jeu épuré mais investi de l’interprète

poussent toutefois à chercher dans cette musique rarement ouïe un intérêt autre que documentaire.

 

 

« Masques » fait planer une main droite

  • virevoltante,
  • piquante et
  • presque facétieuse

sur une main gauche motorique, la compositrice utilisant ses effets stylistiques préférés

  • (énoncé du thème à la main droite,
  • dialogue entre basse et soprano,
  • ruptures)

que Thérèse Malengreau mitonne aux petits oignons

  • (phrasé,
  • toucher,
  • nuances et
  • usage remarquable de la pédale de sustain).

« L’histoire inachevée » prolonge cette marque de fabrique dans un dialogue entre les deux mains qui dévoile des facettes variées selon l’inspiration d’une compositrice qui, youpi, préfère changer de narration plutôt que de traîner en longueur.

 

 

« Les routiers » déroute par le contraste entre l’imaginaire convoqué par son titre et l’entrain primesautier qui caractérise la miniature. Il y a

  • de la bonne humeur dans ces sautillements,
  • une forme de bien-être dans les notes tenues et prolongées, et
  • du charme dans des harmonies qui, décidément, ont l’art et la manière de titiller les portugaises.

« Voici l’automne » révèle une mélancolie qui garde la politesse de l’élégance.

  • Un peu de noirceur point ici,
  • sourd çà un soupçon de taedium vitae façon contemplation des feuilles qui tombent dans le presque-crépuscule, et
  • un spleen pudique se faufile là, notamment dans les échanges entre les deux pognes tandis que l’on se prépare délicatement à prendre congé en écoutant une dernière fois le thème liminaire.

C’est sur cette pièce fort réussie que nous suspendrons notre écoute jusqu’à la prochaine notule qui portera sur les quatre derniers préludes et sur l’ultime cycle au programme, Feuillets épars. À suivre !


Pour écouter gratuitement et intégralement le double disque, c’est ici.
Pour l’acheter moins gratuitement mais avec un livret profus, c’est par exemple là.

Lucie Vellère, Florilège (Musique en Wallonie) – 8/10

Première de couverture

Après un disque partagé entre voix et quatuor à cordes, le florilège Lucie Vellère fomenté par Musique en Wallonie se complète par un disque entièrement consacré au piano. L’instrument est confié à Thérèse Malengreau, et le récital commence par Trois tanagra, cycle composé en 1918. Première statuette, la « Danseuse » esquisse une gymnopédie partagée entre un groove ancré dans les graves et des octaves aériennes. L’inversion des rôles ouvre la voie à un travail autour

  • de la résonance,
  • des caractérisations de registre et, plus généralement,
  • de l’équilibre du son.

Le dialogue entre gauche et droite du clavier se poursuit autour

  • d’harmonies piquantes,
  • d’itérations tenant lieu de développement et
  • d’une ultime suspension.

« La porteuse d’offrandes » garde le principe d’une main gauche accompagnante, fondée sur un balancement motorique, au-dessus duquel se greffe une mélodie

  • mystérieuse,
  • délicate et
  • diaphane.

Tantôt,

  • des accords,
  • des octaves et
  • une accélération vigoureuse

secouent provisoirement la tranquillité de la miniature.

 

 

Les astuces harmoniques de la compositrice sont habilement ciselées par une Thérèse Malengreau qui ne joue jamais mignon, préférant

  • la netteté des accents,
  • la justesse de l’agogique et
  • la précision du phrasé.

« Bacchante » oppose une nouvelle fois une main gauche rythmique et une main droite plus

  • libre,
  • légère et
  • presque festive,

entraînant sa consœur dans son élan.

  • Ruptures,
  • méli-mélo et
  • variations

reprennent plaisamment le motif jusqu’à l’accélération conclusive. 41 ans plus tard paraît Promenade au bord du lac, un cycle de six pièces brèves (entre 1’45 et 3′). « L’heure tranquille » va son chemin dans la paix des médiums et des graves.

  • La compositrice veille à partager le lead entre dextre et senestre ;
  • l’interprète équilibre les voix ;
  • l’auditeur goûte ce singulier mélange absolument inconnu ici-bas, aussi loin que nous sommes concernés, nowadays.

 

 

« Pétales sur la cendre » se présente comme une aimable bluette paisiblement dissonante.

  • Les recherches harmoniques,
  • les questionnements nuancés,
  • les échos habilement rendus par l’interprète

animent ce deuxième épisode jusqu’à la coda savoureuse. « L’eau profonde » est volontiers

  • trouble,
  • agitée et
  • instable.

Thérèse Malengreau en rend le mystère insaisissable jusque dans les abysses et les points d’orgue. « Danse au clair de lune » y va sur

  • le rebond,
  • l’étrangeté des registres, et
  • l’habileté des ruptures thymiques.

Grâce à l’énergie de l’interprète, la praticité a posteriori un rien pataude des titres programmatiques n’obère en rien l’intérêt des propositions musicales qui, suppute-t-on, devaient passer par ce processus.

 

 

« La maison abandonnée » s’épanouit dans

  • une esthétique de l’évocation,
  • une sensibilité du possible et
  • une intellignce profonde de l’instrument que l’interprète semble éprouver intimement.

« L’île en feu » s’amorce sur des accords aigus, fort convenus, dont le grave ne s’en fasse l’écho. Dans cette friction, il y a

  • de la tonicité multi-registres,
  • de la suspension évocatrice, et
  • de la rugosité bienvenue pour ne pas réduire, alléluia, une promenade lacustre à un pensum.

À suivre !


Pour écouter gratuitement et intégralement le double disque, c’est ici.
Pour l’acheter moins gratuitement mais avec un livret profus, c’est par exemple là.

Lucie Vellère, Florilège (Musique en Wallonie) – 7/10

Première de couverture

La dernière partie du premier disque construisant un florilège de Lucie Vellère rassemble onze mélodies enfantines avec piano. Les Petites histoires, composées en 1949, intercalent des textes de stars de la poésie et des quasi inconnus par le truchement d’un chœur de femmes durant entre trente-cinq et cent soixante-dix-neuf secondes.
À l’unisson, « Simone, allons au verger » invite via Rémy de Gourmont à dire aux pommiers, avec une équivoque coquinement post-édénique, « voici la saison des pommes », autrement dit : en voiture, Simone. Toujours unissonnée, « La neige tombe », sur un texte de Jean Richepin, se demande qui, cette nuit, plume la lune sur un piano concentré dans les aigus. S’ouvrant à plusieurs voix, « Cavalier à la fontaine », sur un texte de Jean Moréas, raconte ce « noir cheval blanc » de poussière qui, avec son maître, s’arrête boire un coup.
De Paul Verlaine, la compositrice choisit « Dame souris »  pour inciter les paresseux (pas forcément les mammifères arboricoles) à se lever avec le petit jour, au rythme d’un piano dynamique. « Petite fée » de Gabriel Vicaire narre la micro-histoire d’une fée « légère comme une bergère » car « toute jeune encore » mais, déjà, la robe « entr’ouverte ». Enfin, « Odelette » de Madeleine Ley chante une toile d’araignée, cette « échelle exquise » qui « tremble dans le vent ». S’il est difficile de s’extasier devant le résultat dans le cadre de l’écoute d’un disque, ce snobisme n’obère pas l’évidence :

  • l’écriture est fine,
  • l’exécution est délicate,
  • l’accompagnement est attentionné,
  • les harmonies sont joliment tournées, bref,
  • l’ensemble est charmant,

et l’on apprécie que le mixage de Manuel Mohino laisse la place aux points d’orgue et aux silences musicaux qui prolongent la musique.

 

 

Dernier cycle, les Chansons enfantines musiquent, entre 1959 et 1964, soit quand la mort s’approche à pas de loup de la compositrice, cinq poèmes de Maurice Carême. Sur une musique martiale, « Les soldats du roi » confond avec amusement soldats de plomb et jeu de domino pouvant entraîner la chute du monarque. Dans un contexte circassien donc triste, « L’éléphant » laisse entendre sur une walking bass l’étonnement d’un enfant voyant un pachyderme sans roulettes contrairement à celui que saint Nicolas lui a offert. « On ne danse plus en rond » remotive les chansons traditionnelles, façon « La route des quatre chansons » de Georges Brassens (enregistrée six ans après la publication des poèmes).

  • La marjolaine est remplacée par la verveine,
  • l’on rêve des « singapours lointaines »,
  • les poissons finissent par rire à perdre haleine, et
  • la musique légère incite à l’insouciance.

Par opposition, « L’orphelin » est l’histoire triste d’un canard que seul « le bon brouillard prend dans son foulard ». À raison, les riches harmonies vellériennes n’incitent pas à s’en réjouir en dépit de l’optimiste tierce picarde finale. « Comme ça » raconte la certitude du poète d’être plus léger que

  • l’écureuil,
  • le vent et
  • le soleil,

au point de pouvoir attacher aux étoiles son hamac pour se balancer « jusqu’au-dessus de la France / comme ça ».

 

 

La musique

  • balance,
  • tangue,
  • s’alanguit doucement,

puis la reprise fragmente l’unisson pour donner de l’ampleur à cette rêverie. Les femmes du chœur de Namur, placées sous la direction de Thibaut Lenaerts et fort bien serties dans le piano de Philippe Riga, chantent

  • juste,
  • frais et
  • pimpant.

Un pédant jugerait que tout ce que contient ce passionnant premier disque n’est pas essentiel. Qu’il se réjouisse de sa sottise : la musique n’est pas que l’essentiel, quelle que soit la définition que l’on donne à ce terme. Elle est surtout ce qui permet à l’auditeur

  • de s’envoler,
  • d’élargir son esprit fût-ce l’espace d’un vertige, et
  • de se libérer par petits fragments et pour une illusion aussi microscopique qu’enivrante de la pesanteur du monde.

Le talent de Lucie Vellère et la capacité de son florilège à brasser large et qualitatif convainquent que la compositrice ne vaut pas seulement de susciter l’intérêt parce qu’elle est femme (haaaaa ! le créneau des compositrices, haaaaa !) et wallonne, carrément pas. Sa musique pour piano, confiée à Thérèse Malengreau, abondera-t-elle cette intuition ? Nous le questionnerons dans de prochaines notules. À suivre, donc !


Pour écouter gratuitement et intégralement le double disque, c’est ici.
Pour l’acheter moins gratuitement mais avec un livret profus, c’est par exemple là.

Thérèse Malengreau joue Hans Erich Apostel – 2/3

 

Avec Zehn Variationen über ein eigenes Thema, le compositeur Hans Erich Apostel et Thérèse Malengreau, sa porte-voix, donnaient à entendre une musique inspirée d’une série de portraits griffés Oskar Kokoschka. Les Kubiniana, dont nous allons causer ci-après, vont un cran plus loin puisqu’ils s’inspirent d’une œuvre musicale deux fois plus longue (les Sechzig Schemen, que nous raconterons ultérieurement) elle-même inspirée par des portraits d’Alfred Kubin (1877-1959).
Seule œuvre enregistrée avant le présent disque, les Zehn Klavierstücke op. 13 ont été fomentés en 1945 et signent une sérieuse mutation depuis l’opus 1. Ils s’ouvrent sur un Lento assai plongé dans le grave et le mystère.

  • Doubles notes,
  • traits,
  • accords et
  • silences

construisent et déconstruisent à la fois le mouvement qui puise tant dans les registres graves qu’aigus.

  • Surgissement de l’énergie,
  • épaisseur de l’énigmatique,
  • tonicité de l’interprétation et
  • valorisation des possibles instrumentaux

captent l’oreille – notamment pour celui qui n’est pas capable d’une exégèse plus poussée, juste : tu écoutes et tu te dis « Mazette, ça m’intéresse ».

 

 

Plus resserrée, la Marcia moderato ajoute au suspense des graves l’explosivité virtuose des autres registres.

  • Dextérité,
  • art des touchers,
  • science de la pédalisation

habitent la pièce. La plus brève miniature de la série surgit alors sous forme d’Allegretto.

  • Légèreté,
  • accentuation,
  • bariolages mégarapides et
  • contrastes

aspirent l’oreille sans merci. S’ensuit un Grave qui, ancré dans le grave, lequel unifie la suite, explore la souterranéité – et hop – avant de se risquer vers le médium et l’aigu.

  • La surprise,
  • le possible et
  • la résonance

réussissent à aviver l’envie d’exploration de l’auditeur.

 

 

Un Andante molto joue sur

  • la fragmentation,
  • l’interrogation et
  • ce mélange
    • de clarté,
    • d’harmoniques et
    • de rebonds

qui rapte inévitablement celui qui risque une portugaise dans l’affaire, même s’il kiffe d’ordinaire une bonne vieille mélodie joliment harmonisée. Le Tempo di Marcia est plus bondissant que ne laissait subodorer son titre. Il s’acoquine avec

  • du rythme,
  • de la variété de registre et
  • de la récurrence sans redite – ce qui fait le charme d’une miniature.

L’Allegro molto travaille cette fois les registres suraigus et médiums. Il

  • les explore,
  • les arpente et
  • les abandonne

comme s’il renonçait à aller plus loin, donc en laissant l’écouteur sur sa faim – c’est malin. D’autant que se présente un Lento suspendu à souhait :

  • itérations,
  • ruptures,
  • traits ascendants et descendants, et
  • contrastes d’intensité

habitent une partition inventive.

 

 

Le Moderato travaille sur l’extraordinaire.

  • L’imprévisible,
  • l’impulsif et
  • le furioso

rythment l’espace sonore tout en laissant du mou à l’exploratoire. L’Andante molto conclusif creuse la veine

  • du prompt,
  • de l’indécidable et
  • de la pulsation.

Thérèse Malengreau veille à en rendre

  • la variété des couleurs,
  • l’attractivité des variantes et
  • le soyeux des dynamiques jusqu’au tréfonds de la partition.

Ce n’est jamais soyeux, c’est aussi mieux : toujours captivant. En un mot finement musicologique, ce me semble : youpi.

 

À suivre !


Pour acheter le disque c’est, par ex., ici.
Pour l’écouter gracieusement, c’est, par ex., là.

 

Thérèse Malengreau joue Hans Erich Apostel – 1/3

 

En 2018, Thérèse Malengreau – dont nous chroniquâmes çà et là le disque Mompou – débarque chez Bis avec un projet à la fois original et ambitieux enregistré dès août 2013 : 1 h 11 de musique signée Hans Erich Apostel (1901-72), dont 55′ enregistrées en première mondiale.
La première partie, Zehn Variationen über ein eigenes Thema, inspirées par les Variationen über ein Thema du peintre Oskar Kokoschka, nous plonge d’emblée dans la problématique du disque, id est la relation entre musique et arts visuels. Plus que de relation, peut-être faudrait-il parler d’entrelacement. En effet, les 10 variations de Hans Erich Apostel, découvertes dans des archives par l’interprète en personne, se fondent sur dix dessins exécutés à la craie noire par Oskar Kokoschka. Or, ces dessins croquent deux spectatrices assistant à un concert. La musique surgit donc du dessin lui-même forgé par la musique.

 

 

L’œuvre constitue l’opus premier du compositeur. Elle s’ouvre sur un énoncé aux accents schubertiens assumés que le jeu perlé de Thérèse Malengreau rend savoureux. La première variation fait souffler la houle derrière l’énoncé têtu du thème.

  • Les nuances,
  • les accents et
  • l’usage des multiples registres de l’instrument

colorent le motif central. La deuxième variation (où « plusieurs transformations de la série dodécaphonique n’intervient qu’à un niveau formel secondaire », signale la pianiste dont son livret) prolonge la veine des guirlandes de notes en transposant dans l’aigu le registre médium, dominant dans la variation deuxième. Dialoguent savoureusement

  • hésitations et sforzendi,
  • allant et suspension,
  • régularité et décalages.

Sautillements et tonicité sont au programme de la troisième variation.

  • Doigts déliés,
  • toucher variés et
  • sens du swing

font merveille, superbement servis par l’excellente prise de son d’Evi Illiades sous la supervision de Nikolaos Samaltanos dans l’inusable église évangélique Saint-Marcel de Paris.

 

 

La quatrième variation ralentit la chamade. Le thème disloqué est énoncé par la main gauche et commenté par les accords aigus de la main droite que vient bientôt ponctuer une basse. Le résultat est

  • narrativement intrigant,
  • harmoniquement riche et
  • musicalement passionnant
    • (résonances hypnotisantes,
    • contrastes saisissants,
    • ampleur du spectre chromatique…).

La cinquième variation – la plus longue – est violente, grave, mystérieuse. On est saisi par le travail sur

  • les effets de pédale,
  • les attaques,
  • la spécificité des registres et
  • la continuité du discours par-delà
    • ruptures,
    • assèchements et
    • épuisements des mouvements montants et descendants.

 

 

La sixième variation pétille en tout sens dans des teintes pourtant plus inquiètes qu’ensoleillées. Le thème est représenté en pointillés, le compositeur poursuivant son exploration des tensions entre

  • développement et brisures,
  • lisibilité et enrichissement,
  • récurrences et fragmentation.

La septième variation – la plus brève – s’avance d’une mine résolue. Profuse, elle aussi est marquée par

  • des mouvements ascendants et descendants brusquement interrompus,
  • des cahots secouant la prévisibilité du propos, et
  • l’hésitation palpitante entre
    • bonhommie de la virtuosité rythmique versus
    • profondeur captivante de l’harmonie.

La huitième variation, notée allegro con fuoco, n’hésite pas à montrer plusieurs visages, presque sous forme ABA. Elle associe

  • notes répétées,
  • silences intenses,
  • changement d’intensités et
  • utilisation de l’ensemble des registres de l’instrument.

 

 

La neuvième variation revient au thème, fragmenté et chaloupé à en être quasi bluesy, sur un clapotis à main droite. L’interprétation brille par

  • sa délicatesse de toucher,
  • sa poésie évocatrice ainsi que par
  • sa hauteur de vue embrassant avec fermeté et clarté les multiples changements
    • d’atmosphère,
    • de caractère et
    • de rythmes.

La dernière variation, forcément vivace furioso, revient au thème avec une fermeté qui ne renonce cependant pas aux contrastes. Pour déployer sa palette de jeu dont la largeur contribue aux plaisirs intenses et multiples suscités par cette découverte, Thérèse Malengreau joue

  • de la percussivité des marteaux,
  • de la résonance de la pédale et
  • de la perfection technique d’un piano réglé par Kasuto Osato .

De quoi mettre en appétit avant les Kubiniana que nous chroniquerons bientôt…

 

À suivre !


Pour acheter le disque c’est, par ex., ici.
Pour l’écouter gracieusement, c’est, par ex., là.

 

Thérèse Malengreau joue “Música callada” de Federico Mompou (Soupir) – 2/2

 

Que l’on s’attarde sur les couleurs debussystes ou sur la concision évocatrice alla Erik Satie, une évidence demeure : l’oxymoron structurel qui réunit

  • la sobriété de miniatures dépassant rarement les 3′ et
  • la prolifération inspirée que cette forme a suscitée chez Federico Mompou.

Car il serait fallacieux de se goberger de l’épure propre à des pièces de petite dimension en omettant le fait que le compositeur en a griffonné 28, ce qui associe rareté et abondance. Nous avons évoqué les deux premiers cahiers, donc les seize premières pièces de la Música callada de Federico Mompou. Partons de ce pas écouter les douze dernières œuvres rassemblées dans les deux cahiers ultimes.

 

Troisième cahier

Premier sur le grill, un « Lento » à quatre temps qui semble chercher sa voie tonale et musicale, faisant

  • de l’hésitation,
  • du ressassement et
  • de l’indécidabilité

sa singularité. Un « Luminoso » ternaire oscille entre le trois temps et le 6/8.

  • Points d’orgue,
  • changements de tempo,
  • ritendi et
  • forme ABA remâchant l’échec initial sans réellement l’éclairer

déjouent l’espoir d’un propos facilement caractérisable ou dessinant simplement la voie vers la lumière d’un balancement libérateur ou d’aigus qui élèvent. Le « Tranquillo » suivant, ternaire itou, creuse davantage le sillon du swing, mais

  • son instabilité rythmique,
  • son insécurité mélodique et
  • ses mystères harmoniques

font claudiquer ce petit plaisir inabouti. « Calme » est la vingtième miniature (comme l’était la seizième et comme le sera la vingt-troisième).

  • Rythme pointé,
  • contretemps et
  • notes répétées

habitent ce petit espace intranquille où

  • le doigté,
  • le sens de la couleur et
  • le feeling de l’interprète

sont indispensables pour irriguer donc faire vivre le propos en suspens du compositeur. Plus agité est le « Lento » qui clôture le troisième cahier.

  • Dissonances,
  • appogiatures,
  • notes répétées,
  • élargissement des registres notés sur trois portées,
  • changements de mesure et
  • immutabilité structurelle du motif

construisent une immobilité en mouvement – à croire qu’un oxymoron en appelle un autre…

 

Quatrième cahier

Pour changer des « Lento » et des « Tranquilo”, Federico Mompou a eu une idée : ouvrir le quatrième cahier sur un « Molto lento e tranquilo”. Malin. Sur une tonalité indécidable mais contant initialement fleurette au ré mineur avant de dériver, le compositeur offre à l’interprète un boulevard volontiers octavié pour nous faire apprécier les différences de toucher accessibles via un marteau.

  • L’art de l’attente,
  • la jubilation de l’harmonie consonante,
  • la rage joyeuse de la fin déceptive en mode tierce picarde

illuminent ce très joli premier mouvement. Le deuxième, « Calme, avec clarté » s’ouvre sur des accords qui s’enrichissent et profitent de la résonance de la pédale de sustain.

  • Le passage du « canto » à la main gauche,
  • la persistance de la rythmique d’accompagnement,
  • le mélange entre ligne mélodique et structure enfermante

contribuent à l’originalité relative de la miniature. S’ensuit un « Moderato » qui se pourlèche les babines

  • de dissonances,
  • de balancements,
  • d’échos et
  • d’une palette de nuances et de respirations fort plaisante.

Sans titre mais bientôt bardé d’indications allant de « lento » à « lento molto » en passant par « molto rit », le quatrième mouvement s’étourdit d’étrangetés

  • harmonique,
  • tonale et
  • rythmique

que l’art de la pianiste rend hypnotisantes. L’antépénultième « Lento » à deux temps semble chercher une aspiration dans

  • l’écho,
  • l’explosion,
  • la recherche de l’effet sonore et
  • la gourmandise harmonique que manifestent les ritendi.

Le pénultième « Lento molto » revendique un statisme exprimé notamment par

  • l’épuration de la mesure,
  • l’énigmaticité mélodique et
  • le rôle prépondérant accordé aux points d’orgue

que l’attirance pour la tonalité de Si bémol ne suffit pas tout à fait à subsumer. La dernière extinction de la musique, un « Lento » évidemment, est la plus longue des vingt huit propositions. Elle part sur le simplissime : un Ut en quatre temps.

  • Le temps laissé au temps,
  • l’exploitation de l’ensemble des registres,
  • l’ivresse de la modulation sauvage,
  • l’évolutivité du tempo et
  • la cyclicité d’un propos en boucle sur lui-même

laissent cependant peu de place à l’espérance et à une liberté hors de la cage. Comme si, quoi que nous fissions, la vie restait surtout le souvenir d’une musique que nous avions davantage écouté s’éteindre que s’étendre fors le domaine où elle était attendue. Cette interrogation philosophique mompouique trouve en Thérèse Malengreau plus qu’une interprète : un porte-voix d’une ardeur profonde qui tend à transformer Federico Mompou en Feerico Mompou.


Pour acheter le disque contre environ 16 €, c’est ici.

 

Thérèse Malengreau joue « Música callada » de Federico Mompou (Soupir) – 1/2

 

Le programme du disque ?

  • Quatre cahiers, composés de 1951 à 1967, contenant entre 5 et 9 miniatures.
  • Une heure de musique partagée entre « Lento », « Tranquillo », « Calme » et « Moderato ».
  • Un titre pas super clair, tiré de saint Jean de la Croix qui associe la música callada (la musique qui s’est tue) et la soledad sonora (la solitude sonore).
  • Le tout enregistré sur un Fazioli, en deux jours de février 2020 par Joël Perrot, le patron du label, dans un lieu parisien tenu secret.
  • La promesse d’une pluie de qualificatifs comme « retenue », ascèse », « minimalisme », « épure », « essentiel » et autres « indicibilité de l’ineffable en suspens ».

Bref, un défi

  • plus musical que technique pour l’interprète,
  • plus narratif que mélodique pour l’auditeur,
  • plus sémantique que musicologique pour le chroniqueur.

Taïaut !

 

Premier cahier

« Angelico » dessine une mélodie que la main gauche accompagne légèrement par des accords et des effets d’écho. Le « Lent » qui suit s’enrobe d’une citation de Paul Valéry (« car j’ai vécu de vous attendre / et mon cœur n’était que vos pas ») pour frotter des dissonances troublant la notion de tonalité. Le ressassement s’enrichit de l’insertion d’une basse (cloche rythmant le temps qui passe ?) et s’évanouit dans un point d’orgue pouvant évoquer l’infinitude de l’attente toujours recommencée. La troisième miniature est annoncée « Placide”. Elle aussi peine à rester dans sa case tonale (officiellement Si bémol). Thérèse Malengreau joue justement sur la tension qui perce derrière l’apparence d’une doulce berceuse – tension notamment entre

  • le ton et la dissonance,
  • le balancement ternaire et la suspension du discours,
  • la légèreté de la mélodie aigüe et le mouvement diatonique, systématiquement descendant, qui semble aspirer le céleste vers l’ensuquement tellurique.

« Afflitto e penoso » , toujours ternaire, exprime d’abord la couleur de l’intitulé par l’opposition entre le balancement des tierces descendantes de la main droite (temps 1-2) et des réponses ascendantes de la main gauche (temps 3-1). Les accents neutralisent cette contradiction en unifiant les balancements (1-2). Les forte qui laissent espérer une résolution s’épuisent dans des piani tristes et bientôt étouffés. Ce sentiment, disons, d’inallégresse déborde sur la cinquième miniature qui n’a pas de titre. Des indications sont cependant intégrées à la partition (« legato metallico », « in lontananza ») pour orienter intuitivement l’interprétation des six rochces répétées qui garnissent les mesures. Des appogiatures semblent imiter plus ou moins des attaques de cloches. Pour éclairer le brouillard têtu du texte musical, Thérèse Malengreau contraste les intensités de cette plaine morne en lutte avec un Mi bémol rebelle qui ne se laissera jamais redresser. Ainsi parvient-on au « Lento, molto cantabile » en quatre temps et pourtant énigmatique.

  • Un rythme pointé qui circule de voix en voix,
  • des harmonies surprenantes et
  • l’exploitation d’un vaste spectre de registres

tentent de secouer la quadrature du temps et ne manquent pas de soutenir l’attention. Le « Lento » qui suit indiqué dans la partition « profond » comme pour dramatiser la ligne de basse qui s’avance à découvert, feint de de se présenter comme un solide 4/4 en fa mineur.

  • Un premier sol bémol contredisant promptement l’évidence,
  • l’alternance de mesures à deux, trois et cinq temps,
  • la fragmentation du propos par des soupirs ou des demi-soupirs,
  • l’intégration de passages « poco più mosso » délissant, et hop, l’énoncé et
  • la construction en miroir plus qu’en arche de la miniature

trahissent une patente intranquillité derrière l’aspect paisible de la musique. Un « Semplice » de moins de quarante secondes creuse moins la piste d’une ronde cristalline que celle d’un impossible envol, les freins étant ici incarnés par

  • les ritendi,
  • la tonalité difficile à déterminer et
  • la brièveté résonante qui renvoie au titre général de la composition.

Le premier cahier s’achève sur un « Lento » en 4/4 et vaguement en Mi.

  • Le moelleux du toucher,
  • la joliesse du rythme pointé et
  • la tonicité du poco più mosso éclatant dans les aigus

semblent esquisser une conclusion sinon plus heureuse du moins plus sereine.

 

 

 

Deuxième cahier

La deuxième livraison s’ouvre sur un « Lento – cantabile » à l’échancrure résolument énigmatique qui prélude à une curiosité, dans le catalogue : un « Allegretto » aux apparences puériles, qui se nourrit

  • de silences,
  • de dissonances,
  • de ressassements entrechoqués et
  • de suspensions

qui semblent esquisser l’envers tourmenté des comptines. Un « Lento » qu’habitent un rythme pointé et des appogiatures hésite entre la légèreté de doubles croches en traits et de descentes tranquilles. Le résultat est sans surprise : c’est le grave profond qui nous rattrape toujours, même quand nous essayons de nous accrocher aux nuages. En Mi bémol, le « Tranquilo – très calme » tâche donc de s’enivrer

  • d’aigus,
  • de guirlandes cristallines et
  • des rebonds des notes répétées.

Peine perdue.

  • Trilles,
  • ostinato lugubre,
  • sforzendi et
  • retour à la case départ

laissent supputer que l’Ecclésiaste avait raison : tout n’est que vanité. Un « Severo » que notre partition indique « sérieux » et non « énergique » (ce ne serait pas la seule bizarrerie de la quatrième, du « metallic » sans eau au « tranquillo » affublé de deux ailes…) s’appuie sur des harmonies jazzy et effectivement énergiques pour aboutir, ô surprise, à un délitement quasi évanescent du matériau : le swing aura permis l’envol mais pas l’épanouissement.
La pénultième pièce du cahier est étiquetée « Lento – plaintif”. D’abord axée sur le registre medium, elle s’apparente à un thrène dont

  • le rythme hypnotisant,
  • les contretemps étranges,
  • les secondes mineures et
  • l’engloutissement d’un semblant mélodique dans l’accompagnement

disent sans ambiguïté l’impossible évasion par la musique.

 

 

Désespérant ? Pas vraiment, si l’on en croit le « Calme » avec lequel s’achève le cahier. À deux temps (en fait, 12/12 pour les parties A de cette forme ABA), la pièce joue sur le clapotement des doubles croches que la grève paraît assécher un temps, exigeant comme pour la plupart des autres pièces une souplesse d’exécution qui seule peut permettre à l’interprète de faire passer la musique de l’état liquide à l’état solide. Le soleil miroite sur la surface aqueuse, l’évapore puis entend, avec une gourmandise d’ogre – pervers comme doit l’être un ogre – qu’un autre clapotis ne va pas tarder à s’échouer sur la terre ferme. Le long point d’orgue (d’ogre, donc) dit assez l’etc. qui paraît hanter le compositeur.
En effet, chaque miniature semble comme arrachée à l’évidence de la fatalité. Elle se dresse, modestement, calmement, lentement, contre l’à-quoi-bonisme bernanossien qui plane sur elle. Les seize pièces que nous avons entendues sont autant de victoires sur le démon de notre cœur et le néant qui nous aspire. Certes, tout s’achève mal, et il est probable que la suite persistera dans ce constat lucide. Toutefois, ce qui a précédé le silence, ce qui a fait musique avant d’être tu, cela rappelle que l’existence ne se juge pas qu’à l’aune de l’inéluctabilité de sa fin : le jeu maîtrisé, polymorphe donc poétique de Thérèse Malengreau donne à croire ou à espérer que la vie se peut aussi penser en fonction de ce qu’elle permet de vivre, de vibrer et de mettre en résonance. Nous le vérifierons tantôt en écoutant les deux derniers cahiers de ce cycle.

 

À suivre !


Pour acheter le disque contre environ 16 €, c’est ici.