Structure à Pézenas, le 20 septembre 2026. Photo : Bertrand Ferrier.
Ce moment où la chatte sauvage qui vient parfois squatter chez tes hôtes mais refuse tout contact humain se résout, après un rien de drague de ta part, il est vrai, à pourrir ta nuit en venant te faire un câlin à trois heures du matin – ce moment-là, par ma foi, tu pourrais crier : « Alors,
dépression,
pensées négatives,
sentiments de lose,
vous êtes où ? Je vous entends pas, sales merdes. Je viens de devenir le king of the entire universe ! Pour quelques demi-heures, oui, mais c’est déjà ça, bande de petits crevards. »
Et pourtant, je n’ai pas de chat. N’en ai jamais eu. Jamais. J’ai même écrit un roman sur le sujet, et les courageux peuvent l’acheter – haha – en livre digital par exemple ici (bah oui, faut bien vivre…).
À l’occasion d’une célébration, Peppone, chat de M. le curé et panthère chargée de ma sécurité quand je vais remplir ses bols d’eau, est venu me rendre visite à la tribune, près d’une des caisses de matériel réservée au festival Komm, Bach!, actuellement suspendu. La photo est bof, mais le moment était chouette, donc l’essentiel fut sauf.
Peppone dans ses salons privés, en l’église Saint-André de l’Europe (Paris 8). Photo : Bertrand Ferrier.
Depuis mai 2018, il avait peu ou prou disparu. Voici que Peppone, le chat du curé, profite des nouveaux aménagements pour réintégrer les coulisses de l’église Saint-André de l’Europe. Youpi.
Oh, il peut se dissimuler ! Mais jamais le chat de passage n’échappera à l’œil aguerri du rganiss professionnel et zzzzitinérant qui aime rien tant que grattouiller et/ou discuter avec les tites bestioles qui zont rinde mieux zafèr.
(Il est fou, lui. Moi, je suis normal, mais ce pikifa est foufou. Voilà mon diagnostic, madame la Cour.)
Quand je remplace le titulaire de Notre-Dame (j’ai pas fini) de Vincennes, en sortant du RER, je passe toujours par la petite rue parce qu’il y a un véto et, parfois, quand il fait beau mais pas trop, il laisse un chat ou deux dans une espèce de petit jardin, à l’entrée – comme ici. Quand y a patcha, c’est un peu triste ; mais quand y en a, aussi, parce que vient toujours ce moment du :
– Sans déconner, tu t’barres ? Comme ça ? Et moi, je reste là, c’est ça ?
Photo : Bertrand Ferrier
Alors, t’expliques que, par ta musique encore plus que par ta beauté, tu dois apporter du réconfort à une famille en deuil (et, accessoirement, gagner quelques picaillons). Et, à tous les coups, le tibonom qui n’aurait pas hésité à t’arracher le bras deux secondes plus tôt, insiste :
– T’es sûr que tu vas m’abandonner ? J’veux pas rester là, moi ! Chu mignon !
Argh.
Toujours joyeux de croiser des p’tites boules de poils quand tu as 1 h 40 de trajet pour aller au boulot. Mais pas toujours joyeux quand eux n’en ont rien – sa mère rien – à carrer de ta fiole. Disons que ça distribue un peu d’honnêteté dans un monde volontiers faux-cul. Voilà, disons ça.
Au gré des pérégrinations, le petit joueur de flûteaux a parfois la chance de croiser quelques bestioles affriolantes. Témoin le terre-neuve ci-dessus. Bon, sur la photo, c’est pas vraiment un terre-neuve, plutôt un vieux lapin très sympa, sis à Nerville-la-Forêt. Toutefois, dans la même maison que le lapin, y a un yéti qui se fait passer pour un terre-neuve. Ayant raté toutes mes photos du monstre le plus velu, je me suis rabattu sur le stremon le plus paisible. Ben quoi ? J’fais mon possible, c’est déjà ça.
Il arrive que l’on croise aussi des chatons, histoire de constater qu’il est plus facile de s’embrouiller avec les ivrognes du PMU de Groslay – et non les gros laids du PMU des ivrognes, quoi que – que de vraiment discuter avec les poilus quadrupèdes. L’inverse ferait beaucoup plus plaisir : comme quoi, les théologiens ont beau dire, la Création n’est pas si bien pensée que ça.
D’autant que certaines créatures sont peu soutenantes, ce qui ne veut rien dire mais swingue presque. Dès qu’elles ont compris que répéter ou accorder un orgue, c’est du travail, elles n’hésitent pas à assumer leur solidarité à leur façon, histoire que l’URSSAF, affirme le présent dalmatien effronté, ne prétende pas qu’il y a là exploitation d’un travailleur non déclaré.
Y avait peu de risques, mais l’impudent profite du climat canin local. En effet, autour de la tribune de Saint-André de l’Europe, en hommage sans doute au curé précédent, le P. Alain-Christian Leraitre, et à sa bergère suisse Vaïka, l’on croise parfois des terreurs velues amenées par des chanteuses de jazz – terreurs qui ne manquent pas de te regarder en spécifiant, dans leur langage : « Tiens, ce gros tas, j’le bouff’rais bien. » Ce qui est presque flatteur, in a way.
On ne saurait terminer ce tour d’horizon parcellaire sans se réjouir de la montée de la peur dans le Val-d’Oise. Cela nous permet d’apercevoir, dans des villas bien clôturées d’Enghien-les-Bains, des chiens de garde fort effrayants quoique trop occupés à se dorer la couenne pour nous venir grignoter, même si on insiste. Pas de doute : le petit joueur va devoir aller jouer des flûteaux et travailler. En un sens, c’est plutôt bon signe.
La seule chasse à laquelle j’accepte de participer – même la chasse d’eau, je tire dessus –, c’est la chatsse, celle qui consiste à traquer les chats qu’un vacancier te demande de s’occuper de, afin de vérifier s’ils vont bien. De ma précédente traque, voici mes deux trophées. Le premier s’appelle Alaska, le meilleur cache-cachat que je connaisse.
Un peu plus d’Alaska. Photo : Bertrand Ferrier.
Le second trophée s’appelle Mimi. Elle, soyons honnête, n’est pas du tout douée pour le cache-cachat.
Mimi, l’intégrale. Photo : Bertrand Ferrier.
Du coup, on s’amuse à d’autres jeux. Par exemple le célèbre « si j’étais un animal, je serais », et là, faut avouer qu’elle ne manque pas de chien. Enfin, j’me comprends. Bref, vivement les prochaines vacances, si je n’ai pas perdu ma place en allant à la chatsse.
Plus ça approche, plus ça ressemble à l’horizon, donc plus ça s’éloigne. Pourtant, au moment où ces lignes filochent sur le Net, la générale s’est passée (comme une générale). Plus qu’un raccord et une mise en place, et il sera temps de vérifier si le boulot fourni était à la hauteur des œuvres puissantes de Michel Bühler. Notez que, pour le dernier filage, nous avions convoqué les oreilles félines qui se sont fadées la plupart des répétitions collectives.
Photo : Bertrand Ferrier
Nous avions aussi réquisitionné les instruments de torture préférés de Jack Good. Les habitués de ce site noteront néanmoins la différence avec les séances précédentes, çà ou là : des stands ont été installés pour que les bois soient dressés sur le sol comme sur la tête d’un cerf. On vous le dit, l’heure de vérité approche ; sans doute est-ce pourquoi le monde ressemble de plus en plus à un théâtre de quarante places qui s’appellerait, au hasard, l’Atelier du Verbe, et qui souhaiterait découvrir de quels bois nous nous chauffons (c’est une expression, Jack, du calme, on va pas cramer tes joujoux, t’es un ouf).
Photo : Bertrand Ferrier
Donc, pendant que l’un roule des anches doubles, l’autre zicoss rutile de tous ses cuivres. Qu’importent, pour quelques demi-heures, certains aléas de la vie : le défi de la chanson, paroles, musique et vie scénique comprises, secoue tout sur son passage. Si, en sus, cela peut faire bisquer tel ou tel mauvais karma – de quelque sexe que soit ce truc – insistant, youpi, nous n’en grouverons que davantage, toc.
Photo : Bertrand Ferrier
Bref, ce mercredi s’est fomentée l’ultime révision « en conditions réelles » en attendant les patchs et rustines des dernières demi-journées. Soit, sans le confort d’un théâtre mais, oui, avec l’idée que nous aurons fait notre possible pour que, as much as we can hope it, se goberge le public assez curieux pour réserver, c’est prudent, sa place ou venir directement à l’Atelier du Verbe (la dénomination fiche les choukoutounses mais, pour ce qui nous concerne, c’est pas une secte, alléluia !). Alors, on s’active, entre suspense et grande hhhâte de vous trouver pour entourer la musique de Michel Bühler… ainsi que Michel Bühler en personne !
Photo : Bertrand Ferrier
Alors, trêve de blabla, public, trêve de blabla. Affrontons la question qui vous turlupine et vous torture simultanément : que diable a pensé Églantine, dite Mimi, de la générale ? À vrai dire, la demoiselle a bien participé au grand débat en émettant un avis motivé et radical. Néanmoins, nos traductions et exégèses divergèrent, ce n’est pas un jeu de mots, car son expression était, admettons-le tout rond, un peu flou.
Phlouto : Bertrand Ferrier
Finalement, la seule certitude, elle est infra. C’est déjà ça, bon sang.
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