22 h, ça peut paraître tard, mais, en été, c’est la meilleure heure pour un concert d’orgue à la collégiale Saint-Martin de Montmorency (Val-d’Oise) : il fait frais, la nuit tombe et les vitraux sont néanmoins encore vibrants, ce qui rend ce magnifique endroit – certes salopé par la Révolution, mais pas assez pour ne pas demeurer magnifique – tout simplement magique.
Ce 21 juin, à l’occasion de la nuit des églises et/ou de la Fête de la musique, je serai invité à donner un récital d’une heure intitulé « le rire de Dieu ». Improvisations colorées et musique apaisante seront au rendez-vous, sur un orgue au potentiel puissant et au large spectre. L’entrée est libre, la sortie aussi, mais le concert pourrait être bien quand même. Avis aux curieux, même désargentés !
Quand un saxophoniste de jazz et un organiste se rencontrent, ils ont souvent des idées saugrenues. Après avoir mêlé des standards de jazz à leurs récitals « classiques », Pierre-Marie Bonafos et moi avons fini par nous avouer un désir commun : « Et si on fomentait tout un concert à partir des thèmes de Pat Metheny et Lyle Mays ? »
L’hommage à ces maîtres du jazz contemporain est issu d’une passion assez forte pour rassembler l’huile et l’eau, en l’espèce un jazzeux et un classicos. Le répertoire que cette association fait flotter sur l’acoustique délectable de Saint-André de l’Europe se nourrit de mélodies imparables, de rythmes ébouriffants, de riffs saisissants et d’harmonies éblouissantes… d’autant que le duo sera accompagné par la voix aérienne du contre-ténor Michaël Koné, et par les machines magiques de Jacques Bon, maître ès électronique musicale. Avec vous serait un plus.
Nota bene : les Val-d’Oisiens pourront profiter d’une première en trio le samedi 17 juin, à 20 h 30, en la collégiale de Montmorency !
Pour le dernier concert de sa quatrième saison – rendez-vous ce soir à 20 h 30 précisément ici – et peut-être dernier concert YouTube, le festival Komm, Bach! s’enjaille en osant une thématique à contre-courant de la morne morosité ambiante. Une demi-douzaine d’artistes ont été convoqués pour nous rappeler que, malgré tout, malgré nous parfois, y a d’la joie !
Au piano, Jasmina Kulaglich nous fait le plaisir et l’honneur de rrrrevenir. De cette pépite du piano serbe, honorée des plus grandes récompenses dans un pays réputé pour son exigence et son très haut niveau musical, devenue à la fois l’une des pédagogues les plus recherchées, une soliste singulière et une chambriste gourmande d’expériences formidablement abouties, nous avons déjà tressé quelques louanges. Laissons parler la musique pour esquisser la puissance sans afféterie de cette artiste qui nous a, toujours, proposé un programme inédit et sur-mesure. Sans trop en révéler, disons que cette fois-ci ne sera pas, et c’est joyeux, une exception.
Comme le propose Komm, Bach!, revendiquant d’être le plus petit festival international d’orgue-et-pas-que, le concert ne s’arrêtera pas en Serbie. Il passera par le Japon d’où nous vient un « jeune talent » considéré comme l’une des plus belles pépites de l’impressionnante écurie d’excellents élèves formés par Christophe Mantoux. Midori Abe. Écoutée et acclamée dans quelques-unes des plus belles églises de Paris, la virtuose cèle à peine un tempérament de musicienne incandescente sous une modestie qui refuse effets et effusions. Ce qu’elle nous propose en cette Fête de la musique – la relecture pertinente d’un monument du répertoire – porte la marque délicate d’une exigence émoustillante et d’une sobriété bienvenue.
Midori Abe. Photographie : Bertrand Ferrier.
À peine posés au cœur battant du pays du Soleil levant, nous voilà repartis. Direction les États-Unis, plus précisément la Californie, avec Jennifer Young.
Titulaire d’un Bachelor cum laude en musique à l’université de Harvard, qu’elle prolongera d’un master de musique avec mention en chant à Longy, la soprano se produit en récital de Boston à La Haye, de San Francisco à Boston en passant par le Japon. Chef de chœur auprès d’enfants (mais pas que), elle s’est produite avec de nombreux ensembles vocaux réputés sous la baguette de zozos de l’acabit d’un Riccardo Muti ou d’un Zubin Mehta, de Tel Aviv à Salzbourg… Pour la Fête de la musique 2020, elle a choisi Saint-André de l’Europe et Komm, Bach! en signant une proposition festive, entre golden hits et suggestions inattendues. Accrochez-vous, ça va vibrer !
Jennifer Young. Photographie : Bertrand Ferrier.
Côté franchouillard, je viendrai poser quelques sons à l’improviste, en tant que titulaire de l’orgue de Saint-André de l’Europe. Mais nous aurons surtout la joie d’accueillir des artistes à la fois presque français et un peu spéciaux quand même puisqu’ils sont du Ch’Nord. Oh, rassurez-vous, ça ne se voit presque pas – si, en ces temps de pudibonderie nauséabonde, on peut encore faire ce genre de facéties sur les Nordistes sans avoir cette ignominie de Big Mama aviaire sur le râble. Néanmoins, on est fort tout ravis, voire tout fort ravis, de compter sur la présence de Romain Watson, musicien professionnel (guitariste, chanteur, lead ou sideman, vidéaste itou), fomenteur de mille projets dont le groupe Atlantys qui claqua quelques albums au retentissement certain, et membre éminent du combo Old Tree’z en plein boom. Musicien atypique dont les mélodies fricotent avec les charmes des tubes pop, métisseur de styles capable de travailler avec d’autres artistes de sensibilités très différentes, Romain W. travaille souvent, c’en devient suspect, en complicité avec Magic Mélanie, chanteuse, batteuse et percussionniste dans la vraie vie – ça existe. Leur spécialité : la chanson en un jour. Pour savoir comment on fait « une chanson en un jour » (en l’espèce, celle-ci) quand on est secoué et que l’on a une machine à laver voire une cuisinière, merci de visionner le mode d’emploi ci-dessous.
Bref, c’est avec de joyeux drilles, de grands musiciens et un projet pétillant que nous avons rendez-vous ce dimanche 21 juin à 20 h 30 pour vibrer ensemble, en présence digitale des artistes avec qui vous pourrez échanger pendant le concert grâce au tchat !
Les vrais et les habitués de ce site le savent : Esther Assuiedest l’une des plus convaincantes jeunes virtuoses des claviers, et non seulement la chouchoute du festival Komm, Bach! (entre autres). À l’occasion de la Fête de la musique, solidement assistée par deux autres brillants musiciens, Samuel Campet et Antoine Rychlik, elle a lancé le concert de clôture de la troisième saison par Dans la lumière, le chef-d’œuvre pour orgue de Robert M. Helmschrott, notre compositeur-fil rouge cette année.
Cette version en concert fait suite à la version filmée par la musicienne-réalisatrice elle-même. Les deux brillent d’une même énergie, d’un même sens des couleurs, d’une même exigence virtuose. On aurait bien proposé ce double diptyque pour en faire le tube de l’été, mais il paraît que ça n’existe plus, le « tube de l’été ». Du coup, laissons cette lumière devenir le néon estival des curieux, sur lequel les moustiques de toute race qui tentent de médiocriser nos existences et nos goûts sont invités à bien aller se faire griller.
Et voilà, la troisième saison de Komm, Bach! s’achève presque. Cependant, avant d’entendre filer la dernière note du soixante-sixième concert, il reste un peu de pain sur la planche… ou sur l’orgue, tout juste accordé par le facteur Yves Fossaert en personne.
Depuis l’affiche, quelques rebondissements ont défrisé le programme des cinq concerts offerts ce jour, mais l’entrée reste gratuite, la sortie aussi ; les concerts seront bien diffusés sur écran géant sous le regard attentif et expérimenté de la cadreuse du festival, Rozenn Douerin ; et ce qui attend les curieux reste fort croquignolesque, crois-je.
Pour voir tout cela plus en détail, cliquer sur les images ci-d’sous… ou venir, simplement, au 24 bis, rue de Saint-Pétersbourg (Paris 8, proche métros Place de Clichy – Europe et pas loin Saint-Lazare) partager tout ou partie de ces cinq heures de musique !
Quand, au cours d’une répétition pour la Fête de la musique, un jeune organiste nommé Egor Kolesov se faufile à la tribune, tu le laisses tester la Bête comme tu eusses aimé que, en semblable circonstance, on te laissât tâter quelque monstre. Du coup, tu lui proposes de graver un souvenir de son passage – il accepte, l’effronté ; et, de fil en aiguille, tu lui suggères de venir participer à la Fête. Et il dit oui ! Retrouvez le bougre à 17 h et 18 h ce 21 juin, lors des concerts « orgue, contre-ténor et chanteuse de jazz ».
C’est un complice. Un mec qui a une voix inattendue (si, haute-contre-ténor, en gros, c’est inattendu), une présence ultracharismatique et une personnalité formidablement sympathique – au point que, même quand on voudrait le jalouser, on n’y arrive pas, ce qui est encor plus fort escagassant. Aussi à l’aise dans la musique savante (c’est un habitué des grandes scènes opératiques), dans la technosphère, dans les théâtres, sur les plateaux saturés de caméras et dans le monde mystérieux des musicals, Michaël Koné était la proie idéale à convoquer pour zouker l’ouverture de la Fête de la musique de Saint-André de l’Europe. Suite au désistement in extremis pour raisons de santé d’un artiste programmé à 18 h, l’olibrius a accepté d’inventer avec moi un semi-double récital que nous avons intitulé « Vice et versa ». Nous donnerons donc le même récital, mais à l’envers, à 17 h et à 18 h.
Dedans, y aura du Bach.
Du chant profond visant à fouailler l’intestinité de l’auditeur.
Photo : Bertrand Ferrier
Des gestes lumineux (le concert sera retransmis sur écran géant, quand même).
Photo : Bertrand Ferrier
Et un peu de l’orgue aussi, ne serait-ce que pour swinguer les tubes au programme.
Photo : Bertrand Ferrier
Bref, en 2 X 45′, on ne devrait pas trop s’ennuyer. D’autant que, en sus du contre-ténor, une musicienne inattendue viendra se faufiler pour faire sourire le Roi des instruments et, en passant, émouvoir les auditeurs. Alors, Saint-André de l’Europe, are you ready to rrrrrrumble?
Bruno Beaufils de Guérigny en été. Photo : Bertrand Ferrier.
Soyons trichotomique, ça fait du bien, parfois. Il y a trois sortes d’organistes :
ceux qui se plaignent parce qu’ils sont toujours invités à donner des concerts quand il fait trop froid,
ceux qui se plaignent parce qu’ils sont toujours invités à donner des concerts quand il fait trop chaud, et
ceux qui ressortissent des deux catégories à la fois.
Bon, y a aussi ceux qui se plaignent de ne jamais être invités à donner de concerts, quel que soit le temps, ceux qui se plaignent d’être invités à donner des concerts alors que d’habitude ils les vendent, ceux qui se plaignent de ceux qui se plaignent de ceux qui se plaignent et, quelquefois, fait rarissime partant d’autant plus appréciable, ceux qui ne se plaignent pas ; mais ce sont quelques-unes des autres catégories qui sévissent dans ces bises-naissent où, à notre échelle, l’amitié et le plaisir de partager son art subsument in fine toute lamentatio.
Bruno Beaufils de Guérigny devant « Réflexion et lumière » de Robert M. Helmschrott. Photo : Bertrand Ferrier.
Bruno Beaufils de Guérigny, lui, n’a pas chougné au moment d’affronter la chaleur du premier lundi de juin parisien qui ressemblait enfin à un lundi de juin parisien. Au programme : une première mise en relation entre un orgue qu’il connaît bien et des pièces qu’il connaît bien aussi… y compris Réflexion et lumière, un hommage à Albert Schweitzer signé Robert M. Helmschrott et travaillé spécialement pour Komm, Bach! car, cette saison, le compositeur était notre fil rouge. Découvrez un extrait dans la vidéo ci-d’sous !
Pour entendre l’intégrale, on vous attend afin de fêter la musique, ancienne ou contemporaine, toujours variée et surprenante, avec écran géant et entrée libre. C’est vendredi, dès 17 h, et, malgré les rebondissements de dernière minute chahutant légèrement le programme affiché, on a hâte de vous y offrir cinq concerts – rens. ici !
Soleil, grand soliste, belle humeur et découvertes : pour finir la moitié de l’année (donc la deuxième saison de Komm, Bach!), l’heure est venue de profiter du concert de la Fête de la musique. Au programme, orgue et saxophone soprano, avec des arrangements, des tubes, de l’improvisation et même, tadaaam, une création intergalactique. En prime, ce soir-là sera dévoilé le contenu de la troisième saison de Komm, Bach!, toujours aussi pulsatoire et secouante.
Bref, on vous attend ce jeudi à 20 h en l’église Saint-André de l’Europe (Paris 8).
19 h, au 60, rue de Rome : concert « chansons et religion » avec que des belles chansons de Debronckart, Barrier, Polo, Tekielski, Leprest, Sabina Russell… plus deux chansons de moi. Durée : 1 h 05 environ. Personnel : moi-même-je, piano-voix et chorégraphie possible ; Jacques Bon, basses et hautbois. Attention, nombre de places très limité !
Le programme est dispo ici. 21 h, au 24 bis, rue de Saint-Pétersbourg : orgue, soprano et djembé pour la rencontre improbable entre Johann Sebastian Bach et le Togo, où le Maître fut embarqué par les missionnaires. Un concert singulier qui fête la musique all over the world. Et, en plus, on sera au frais (pas de la princesse, mais bon).
Et voici le programme du soir…
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