Saskia Lethiec, « Sonates et Partitas pour violon seul de Bach » (Cascavelle) – 10/11

Première de couverture

Conclusion du cycle de sonates et partitas pour violon seul, la troisième partita BWV 1006 en Mi et en sept mouvements s’ouvre avec un prélude célèbre. Saskia Lethiec en rend

  • la tonicité gaie,
  • les contrastes efficaces et
  • l’allant roboratif.

Certes, les points de montage ne se seront décidément jamais améliorés au fil des deux disques, faisant claudiquer çà ou là le propos (0’44, par exemple), et la prise de son très rapprochée flatte plus le violon dans le médium que dans le suraigu. L’interprète sait néanmoins surpasser nos préventions terre-à-terre grâce à sa capacité

  • à nuancer habilement,
  • à poser les premiers temps importants pour donner une assise et de la clarté à cette éruption impressionnante, et
  • à nous emporter dans le vertige saisissant que crée l’intarissable partition.

Le loure (avec un « e ») en 6/4 renoue avec le dialogue entre lead et accompagnement.

  • Trilles,
  • contretemps et
  • rythme pointé

contribuent au charme de cette danse plus solennelle que solennelle mais point empesée. Saskia Lethiec y évoque

  • l’élégance du geste maîtrisé,
  • le plaisir du temps que l’on partage en bonne compagnie, et
  • la grâce de la musique quand elle transcende une tradition (la musique à danser) en un art.

 

 

La gavotte en rondeau, autre tube de la série, est ici exécutée avec

  • une joie communicative,
  • une saine attention aux détails de l’ornementation,
  • une judicieuse variété d’attaques, et
  • une précision de phrasés qui entraîne aisément l’auditeur dans la danse.

La légère accélération à l’avant-dernier refrain souligne la nécessaire liberté d’une interprétation qui ne se fait pas au clic. Emporté par le bouillonnement lethiecquique, on en oublie complètement la maîtrise technique qu’exigent ces pétillements… et l’on regrette d’autant plus le fade out brutal qui gâche notre envie de prolonger quelques secondes cette fête après la note finale. Laquelle n’est pas tout à fait finale puisqu’une dernière notule nous permettra d’écouter les quatre derniers mouvements au programme. À suivre !


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