
Aujourd’hui. 19 h. 52, rue des Dames dans le dix-septième arrondissement de Paris. Interviouve, échange avec le public puis coquetèle-dédicaces. Avec vous serait un plus positif pour fêter le lancement parisien de ce livre qui secoue.

Aujourd’hui. 19 h. 52, rue des Dames dans le dix-septième arrondissement de Paris. Interviouve, échange avec le public puis coquetèle-dédicaces. Avec vous serait un plus positif pour fêter le lancement parisien de ce livre qui secoue.

En attendant un prochain post, quelques nouvelles du monde. À commencer par la sociologie version influenceuse en maillot.

Quand tu écris sans ciller un article sur un mec qui explique que « le vin est avant tout fait pour être bu » alors qu’il a stocké 40 000 bouteilles dans son palace.

Je pose ça là.

Quand tu penses : « Mais c’est super cher et pas très, très gentil ! »

Les déclarations des vedettes françaises sur le point d’être écrasées au premier tour après qu’on leur aura roulé dessus.

Quel beau pays que le nôtre !

Parfois, les sportifs, c’est comme n’importe qui : parler, vaudrait mieux pas. Même pour remplir L’Équipe.
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L’incise et la grammaire sont des arts et des artisanats. N’importe qui ne devrait pas être autorisé à s’y essayer. Surtout s’ils sont gratte-papiers au Figaro.

L’admirable engagement d’un festival, sept ans après, et d’un chanteur engagé auprès des associations par solidarité avec une cause. La sienne, mais bon, c’est pas plus dégueulasse que les associations qui se laissent acheter par celui qui ressemble de plus en plus à un sous-DSK. Qui chante. Mal. En plus.

Si défoncer une église n’est pas un acte antichrétien, en quoi consisterait l’incendie d’une synagogue ou d’une mosquée ? C’est pas pour moi, c’est pour un ami.

Tout s’achète. Les papes comme les Ferrari. L’important, c’est de ne pas avoir honte.

Les temps sont durs, soit, et les p’tits poissons font la gueule. N’empêche, parfois, c’est bien de se dire que quand la hausse du SMIC de 2 % est une catastrophe qui va tuer ce qu’il reste de l’emploi en France (pas grand-chose, donc, mais quand même)…

… augmenter un mec qui va gagner 8 millions d’euros au lieu de 5 millions l’an dernier, ça, y a bon. Pour info, l’augmentation du SMIC représente environ 35 €. 3 millions de hausse, c’est 85714 augmentations de hausse smiquistique. 8 millions, c’est 461 SMIC annuels.

Bref, c’était pour dire rien, pensez ! Et pourtant, c’est à suivre. Dingue, non ?

Oui, c’est carrément plus que gênant.
Mais admettons. Admettons que seule l’extrême-droite veuille lire un livre dont le titre est plutôt censé affrioler la gauche. Admettons qu’aucun journaliste non affilié à un milliardaire (ça va être difficile) ou à une institution nationale ne souhaite inviter l’auteur du livre qui renverse le cocotier policier pour sauver l’institution qu’abrite l’arbre.
Alors, oui, peut-être faut-il accepter cette gênance pour parler de sujets essentiels. A priori, l’auteur est prêt pour des invitations plus institutionnelles, genre France Inter, radio officielle du régime, mais, très curieusement, on a compris que c’était pas le projet.
Donc va pour Sud Radio. Ça permet de causer
Pour en discuter avec l’auteur, menacé donc légitimé par des caciques, rendez-vous ce jeudi à la librairie Au bonheur des livres | 52 rue des Dames | Paris 17.


… avec un « French flair » mais en anglais : le programme étonnant – et débordant le titre, puisque René Gerber, compositeur suisse iconique, qui plus est chez Cascavelle, trouve sa place dans la set-list – se couvre commercialement ou pense se couvrir ainsi en se parant d’anglophonie derrière un visuel qui ne se pique pas d’être aguichant. Étrange option anglophone, mais pas de quoi nous faire bouder notre joie d’entendre pêle-mêle
Mazette, quel beau menu ! Certes, l’éditeur le reconnaît : sur la quatrième de pochette, à l’exception de René Gerber, il s’est cagué dessus rapport aux dates des compositeurs, mais celui qui n’a jamais fauté la première pierre lui lancera une erreur, ou l’inverse. Donc, merci d’avoir mangé le chapeau, and let the music play!
Le parcours proposé par le clarinettiste Luigi Magistrelli, artiste sponsorisé par Buffet, et la pianiste Claudia Bracco, pourvue d’un Steinway pour l’enregistrement, a été capté par le clarinettiste en personne dans un auditorium du conservatoire milanais. Il s’ouvre par la redoutable rhapsodie de Claude Debussy.
Classique du répertoire de l’instrument en si bémol, l’œuvre a été composée fin 1909. Elle sera arrangée un peu plus tard par le compositeur afin de transformer le piano en orchestre. En attendant, la pianiste orchestrale se retrouve avec six bémols à l’armature, sans compter les doubles altérations et les accidents supplémentaires. Bon courage, ma mignonne ! Pourtant, l’affaire commence
L’énigmaticité feutrée du prélude fantasque joue habilement avec les irrégularités rythmiques d’un piano partagé entre contretemps binaires et pulsation ternaire. Le liant de la clarinette se nourrit
qui séduisent l’oreille en assumant manière de fragilité spontanée que la réverbération sonore, peut-être excessive, amplifie en semblant la vouloir masquer.
célèbrent le plaisir rhapsodique de l’imprévisible, et les interprètes l’assument avec talent puisqu’ils ne cessent d’avancer en dépit des sursauts de la partition.
ébaubissent l’auditeur.
saisissent, même si le montage est parfois un tantinet bricolé (4’28, par exemple). La partition inflammable jouit d’une restitution attentive
Résultat ?
sont tout à fait séduisantes. Voilà bien une entrée en matière intrigante. À suivre !
Pour écouter le disque gratuitement, c’est là.
Pour l’acheter moins gratuitement, c’est par exemple là, mais pas le même « là », bien sûr.

Jean-Pierre Colombiès, jadis inspecteur de police puis commandant, témoigne franco de port de cette douceur de la violence étatique.
Pour
Au plaisir de vous y croiser !


L’ennui, quand un spectacle commence avec un bon quart d’heure de retard, c’est pas le retard, c’est les gens. En l’espèce un troupeau de vieux croutons de la pire espèce. À leur tête, une sardine moisie qui essaye de conserver la place qu’elle s’est choisie quand celui à qui elle a été attribuée arrive (– Vous pouvez pas vous mettre ailleurs ? / – Non). Autour d’elle, un aréopage d’imbéciles pontifiants nous offrant un florilège d’âneries saupoudrées de bruits de bouche, du type :
Alors que le compositeur a rejoint le public et que les lumières s’éteignent, je file chercher une autre place pour ne pas écharper les dondons qui mâchent leur pastilles très fort tout en partageant des commentaires à voix haute pouvant dériver côté mâle décati vers : « C’est bien qu’il y ait des petites filles sur scène, surtout que certaines ne sont plus si petites, j’aime bien. » Enfin, Yann Stoffel, remplaçant au pied levé de Louis Dechambre, entre en scène et se met au piano. On va pouvoir passer à table.
Le livret de Nicolas Slawny narre la vie des Gernais-Davone (Delphine Cadet et Nicolas Bercet), industriels dans l’agroalimentaire, dont la vie est partagée entre deux passions : refourguer de la merde à becqueter aux clients et, pour leur part, manger très sainement, trop peut-être. Problème : leur fille Végana (Isabelle Savigny) est tombée amoureuse de M. Viandard (Charles Mesrine), ci-devant kébabier de son état.
Effarés, les parents décident de couler la boutique du commerçant pour en dégoûter leur fille mais, patatras, ils apprennent que, en réalité, Végana n’est pas leur fille… alors que M. Viandard est leur fils. Tout finit par un festin de malbouffe aux plaisirs de laquelle chacun cède jusqu’à la faim.

Composé par Orlando Bass et créé en 2024, cet opéra bouffon associe quatre solistes, un comédien (la sage-femme par qui la révélation arrive est jouée par le livrettiste, tant il est vrai qu’un opéra mis en scène sans interversion de genre ne serait pas vraiment un opéra) et un orchestre sous forme de piano. D’emblée, on est saisi par une musique qui optimise l’usage de l’instrument, tour à tour
Le redoutable pianiste qu’est Orlando Bass a confié une partition puissante et virtuosissime à Yann Stoffel, qui ne tarde pas à montrer qu’il sait aussi bien
L’opéra est divisé en scènes habilement complémentaires :
Première scène chantée, le chœur des obèses glorifie le kébab à toutes les sauces en oscillant entre chant et voix parlée, préparant le triomphe des empereurs de la malbouffe, incarnés par la soprano Delphine Cadet et le baryton Nicolas Bercet. Cyniques et intellectuellement limités, leurs personnages, pour qui « tout baigne dans l’huile » tant ils s’éclatent dans « le caque quarante », semblent les inspirer et porter leur chant. On goûte
Elle est méchante à souhait, lui est passionné par le pognon comme il se doit. Le compositeur les gâte en leur ciselant des tirades

Derrière une écriture riche mais accessible, Orlando Bass paraît interroger le matériau même qu’il malaxe, transformant le chant lyrique en une multitude de possibles qui renforcent la narration et donnent de la musicalité au propos, par-delà la pantalonnade drolatique.
séduisent, captent l’écoute et conservent l’attention entière des spectateurs de bout en bout. Le compositeur est habile. Il sait user des sortilèges de l’écriture contemporaine et des parodies témoignant d’un savoir-faire époustouflant (grand airs véristes, musical à l’américaine, comédie musicale bien franchouillarde). Toutefois, ce qui séduit dans son travail est qu’il évite toute tentation rhapsodique. Il ne colle pas un genre après l’autre. À chaque instant, sa patte est reconnaissable, et l’imitation qui fait sourire (tels l’air de la rencontre chanté par Isabelle Savigny, excellente vocalement malgré son personnage de niaiseuse, l’air du plan pour Delphine Cadet, rayonnante, l’air du foie offert à Charles Mesrine, convainquant) est toujours épicée par un orlandobassisme
Ainsi l’opéra associe-t-il, en sus de quelques instrumentaux,
le tout tuilé par un piano savamment polymorphe. Dans un monde binaire où, au choix, on ingurgite de la merde ou l’on file dans sa chambre après avoir ingurgité son quinoa au gingembre en ne sortant point de chez soi sans son nutritionniste, le choc du « coup de foudre dans un food truck, ce truc de fou », secoue
convoquant même une voix de supermarché pour louer les promotions de Carchan ou d’Aufour. On apprécie la réalisation tant musicale que scénique qui se joue d’un budget sans doute très serré (costumes remplacés par des cartons…) sans renoncer à la volonté dramatique et à l’exigence opératique sans lesquelles le spectacle serait sympathique au lieu d’être, comme ce soir-là, saisissant. C’est drôle comme convenu, oui, mais c’est aussi assez astucieux pour oublier les leçons de moraline que l’on pouvait craindre en lisant le pitch ; et c’est surtout porté par le combo gagnant alliant

Résultat ?
Un moment
dont on regrette juste les derniers clusters que Yann Stoffel claque avec les mains alors que, stipule la partition, il eût pu les fracasser « éventuellement avec les fesses ». Diable, la délicatesse perdra-t-elle la musique savante ?

En attendant un prochain post, quelques nouvelles du monde. À commencer par de bonnes nouvelles du journalisme sportif, même quand il semble avoir un peu forcé sur le rosé.
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Autre bonne nouvelle : les lobbies des pollueurs qui nous empoisonnent inventent le cancer sans risque.

Tiens, un saint homme a commis 200 infractions sous les caméras avant qu’on ne le chope. C’est beau, non, un talent pareil ?

La culture, version coquetèle.

La bravoure de Mbappé est admirable dans sa capacité à profiter de ses souffrances pour aller en villégiature avec sa nénette pendant que ses coéquipiers galèrent. Ce nonobstant, le courage de certains rugbymen ne saurait être passé sous silence, je crois.

Bon, au cas où il y aurait des Français parmi les lecteurs de la présente notule, je voudrais leur rappeler leur préférence couplistique. Pour moi, c’était pas inutile, alors, si j’peux aider d’autres qui auraient oublié qu’ils préfèrent des couples afin qu’ils pensent ce qui doit être pensé, à votr’ service m’sieursdames !

Le journalisme sportif, niveau faut vraiment que j’arrête le rosé. « Les présents » ? « Semblent troubler » ? « [Cassandre Beaugrand] se dirigea au départ » ? Aïe. Incontestablement, aïe.
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Paris, cette fameuse ville des Alpes idéale pour les Jeux olympiques d’hiver.

Si je peux aider les réalisateurs en galère, et pas que parce que, quand tu signes une déclaration de haine, ben, tu peux en subir les conséquences, je voudrais rappeler aux chercheurs de sous-sous la bonne parole qui permet de trouver des financements pour ses séries…

… et, pas d’inquiétude, la phrase n’était pas finie.

En plus, c’est pas vrai, le personnage n’était pas du tout aussi tolérant ou aware que cela. Mais, au moins, la bonne parole est passée. À suivre !

Avec Paradisiac Memories s’annonce la neuvième sonate pour piano d’Olivier Greif, un temps intitulée « Suite » puis démantibulée pour les besoins d’un concours à l’École Normale de Musique. C’est la pièce majeure de l’édifice pianistique du compositeur, et elle est à l’image de sa production à la fois immédiatement reconnaissable et polymorphe. Par
elle pourrait passer pour
La miniature « A Mourning Brew » (« Café funéraire » aux accents matinaux) descend dans les graves malgré plusieurs tentatives pour élever les registres. En une fraction de minute, elle oscille entre
« The Aegyptian Mathematician » pourrait rendre hommage à Ératosthène, ce qui ne nous avance guère. Sur un rythme latino que le toucher léger mais rythmé de Jonathan Benichou rend d’autant plus sémillant que l’on est entré dans la sonate sous de noires auspices, se développe une mélodie tout à fait pimpante. Le compositeur se délecte de sonorités argentinisantes, et hop, et notamment de cette saudade joyeuse qui associe
« Stars! Stars! » serait un hommage à Marylin Monroe et aux points lumineux qui palpitent dans la voûte céleste. Un unisson
Le développement cumule
Et voici donc ce morceau de concours inspiré, d’une part, par une chanson des années 1930, « 42d Street » et, d’autre part, par le « Caprice pour un sou perdu » de Ludwig van Beethoven, un rondo « à la hongroise » résolument enflammé, limite bien vénère. L’exposition du thème jazzy offre une première démonstration de virtuosité presque moins par la digitalité, pourtant discrètement vertigineuse (les saucisses s’affairent avec hâte) que par
Un second motif moins dansant que martial fracasse cette évidence guillerette.
impressionnent. L’oreille se goberge
Jonathan Benichou tire la plus grande expressivité des mutations de couleur qui témoignent de la fluctuation d’une écriture jamais en repos,
Sur la dernière partie, l’on ne peut qu’être émoustillé par
Le disque, passionnant de bout en bout, s’écoute gratuitement ici et s’achète moins gratuitement par exemple là. Dans un mois, Jonathan Benichou sera en concert à l’hôtel de ville de Versailles, en duo avec la soprano Jessica Naïm. Entrée gratuite, programme en marbre de Carrare, affiche ci-dessous (cliquer pour agrandir). Nota bene : ceci n’est pas un publireportage mais un partage pour ceux qui aiment frétiller des esgourdes. Belles découvertes à chacun !


Dans son nouveau livre, Jean-Pierre Colombiès sort la sulfateuse. L’inspecteur devenu commandant honoraire ne décolère pas de voir sa chère police s’embourber dans une mascarade à tous les étages dont témoignent
Avec sa faconde de Marseillais que ses années parisiennes ont à peine mâtinée de diplomatie narquoise in extremis, Jean-Pierre Colombiès évoque quelques-uns des ces aspects dans sa toute nouvelle interviouve.
Pour retrouver ses diatribes solidement étayées, l’on peut lire son livre fraîchement paru en l’allant quérir chez votre libraire ou ici. Pour le découvrir en chair et en os et échanger avec lui sur Paris, une seule date est prévue pour le moment : le jeudi 28 mai, à 19 h, à la librairie Au bonheur des livres. Au plaisir de vous y croiser !


Avec la sonate intitulée Le Rêve du monde, nous sommes entrés dans le cœur mystique battant qui a animé, submergé et parfois même annihilé l’inspiration d’Olivier Greif. Après « Wagon plombé pour Auschwitz », le compositeur creuse sa veine la plus noire avec le « Thrène des désincarnés » qui constitue le troisième mouvement.
suscitent une atmosphère fantasmatique. Ça sent
Le tempo a le temps. Il
Rien d’uniforme, cependant.
Les registres s’écartent. Le grave s’impose, mais l’aigu surplombe. Peu à peu, le silence prend possession de la musique et la recouvre. La procession funèbre s’éloigne ou retourne à la poussière. Plus de lamentation crépitant à nos oreilles. Ainsi que l’aurait stipulé le grand philosophe s’il en est qu’est Jean-Jacques Goldman, « réponse ou question, je sais pas ».
« Un éblouissement de Sri Ramakrishna » se déploie alors sur neuf minutes. La notice promet une transe chorégraphique et des souvenances de motifs ouïs précédemment. L’affaire s’ouvre sur un balancement tranquille mais épicé par des dissonances rugueuses.
grignotent progressivement la partition. Jonathan Benichou dirige son orchestre digital dont l’ampleur se révèle, cherchant à associer
L’interprète met judicieusement en valeur
qui pimpent l’écoute. Sa science
scintille dans cette synthèse musicale d’une sonate
qui se dissout dans une coda abrasive et un point d’orgue presque infini (regrettons au passage que le montage ne laisse pas respirer quelque peu la musique en insérant quelques secondes de silence entre les sonates…).
de quoi se préparer dans l’émotion à la neuvième sonate du compositeur, considérée comme un monument du piano du vingtième siècle. À suivre !