Quand un sacristain te dit : « Constatant qu’il allait faire fort chaud, je craignais que tu eusses soif. Or, il restait un peu de substance hydratante après mon anniversaire » eh bien, même si le 51 n’est pas dans ta zone de confort dégustatoire, tu bois la Vittel hyperfraîche. Éventuellement un peu aromatisée, mais exclusivement par respect pour le beau geste.

 

Jouer une sonatine pour clarinette au saxophone : et pourquoi pas ? Cette pièce pas taillée pour son instrument, Dmitri Ouvaroff l’habite pour traduire – c’est le défi du concert – une partie de ses vastes steppes intérieures. Profitez bien du guide !

 

 

 

 

Est-ce de là que tu repars, où tu reviens chaque fois ? Après Jean-Jacques G., Claudio Z. semble nous parler de nous en nous racontant son paysage intérieur – thème du concert du festival Komm, Bach! dont est extraite cette vidéo. Bonne promenade dans nos jardins plus ou moins secrets tels que les esquisse il signor avec sa délicatesse coutumière !

 

 

 

Que les amateurs d’un piano exubérant veuillent bien chercher leurs pains quotidiens ailleurs.
Aujourd’hui, les petits marteaux vont offrir des pointillés aux auditeurs, mélomanes ou curieux, grâce à cet extrait choisi du concert Komm, Bach! précisément nommé Paysages intérieurs. Grâce et mystère nous accompagnent !

 

 

 

Et si l’on se réjouissait de réunir une clarinette et un orchestre à cordes avec un saxo et un orgue ? Bienvenue dans une pièce superbe, supérieurement transcrite et interprétée par les plus Parisiens des musiciens russes, sous la houlette et les micros de Mme Inna Ouvaroff en personne.

 

 

 

Ce n’était pas prévu d’enregistrer cette pièce. Mais il y avait le temps, l’orgue et un formidable musicien qui en voulait encore. C’est ainsi que s’est construit le concert YouTube des Splendeurs de la catastrophe : on ouvre sur les Ténèbres, symbole des catastrophes ; on clôture sur la Résurrection, splendeur de la catastrophe s’il en est.
Ceux qui accusent le festival Komm, Bach! de snobisme parce que l’on aime la musique récente et contemporaine auront de quoi chougner puisque le concert s’ouvre et se ferme sur des œuvres d’Olivier Messiaen à l’orgue seul (élitisme choquant en ces temps où le métissage et le breakdance sont les seules cautions censées justifier la musique savante). Du coup, c’est le concert YouTube qui a fait le plus de vues sur YouTube. Pan sur vos doigts (c’était pas un doigt ? mais c’est à s’y méprendre !), gros nazes. J’espère que les mêmes gens-qui-sachent se sont offusqués que, les concerts suivants, nous ayons eu la vulgarité d’inviter des chanteurs – fi, c’est vulgaire, la chanson. On s’en fiche tout autant.
N’empêche, cette vidéo est proposée aussi bien aux mélomanes qu’aux curieux sans a priori – bref, à ceux qui disposent d’un cerveau et d’un cœur les distinguant des, faut bien dire les mots, gros cons.

 

 

 

Pour le dernier concert de sa quatrième saison – rendez-vous ce soir à 20 h 30 précisément ici – et peut-être dernier concert YouTube, le festival Komm, Bach! s’enjaille en osant une thématique à contre-courant de la morne morosité ambiante. Une demi-douzaine d’artistes ont été convoqués pour nous rappeler que, malgré tout, malgré nous parfois, y a d’la joie !
Au piano, Jasmina Kulaglich nous fait le plaisir et l’honneur de rrrrevenir. De cette pépite du piano serbe, honorée des plus grandes récompenses dans un pays réputé pour son exigence et son très haut niveau musical, devenue à la fois l’une des pédagogues les plus recherchées, une soliste singulière et une chambriste gourmande d’expériences formidablement abouties, nous avons déjà tressé quelques louanges. Laissons parler la musique pour esquisser la puissance sans afféterie de cette artiste qui nous a, toujours, proposé un programme inédit et sur-mesure. Sans trop en révéler, disons que cette fois-ci ne sera pas, et c’est joyeux, une exception.

 

 

Comme le propose Komm, Bach!, revendiquant d’être le plus petit festival international d’orgue-et-pas-que, le concert ne s’arrêtera pas en Serbie. Il passera par le Japon d’où nous vient un « jeune talent » considéré comme l’une des plus belles pépites de l’impressionnante écurie d’excellents élèves formés par Christophe Mantoux. Midori Abe. Écoutée et acclamée dans quelques-unes des plus belles églises de Paris, la virtuose cèle à peine un tempérament de musicienne incandescente sous une modestie qui refuse effets et effusions. Ce qu’elle nous propose en cette Fête de la musique – la relecture pertinente d’un monument du répertoire – porte la marque délicate d’une exigence émoustillante et d’une sobriété bienvenue.

Midori Abe. Photographie : Bertrand Ferrier.

À peine posés au cœur battant du pays du Soleil levant, nous voilà repartis. Direction les États-Unis, plus précisément la Californie, avec Jennifer Young.
Titulaire d’un Bachelor cum laude en musique à l’université de Harvard, qu’elle prolongera d’un master de musique avec mention en chant à Longy, la soprano se produit en récital de Boston à La Haye, de San Francisco à Boston en passant par le Japon. Chef de chœur auprès d’enfants (mais pas que), elle s’est produite avec de nombreux ensembles vocaux réputés sous la baguette de zozos de l’acabit d’un Riccardo Muti ou d’un Zubin Mehta, de Tel Aviv à Salzbourg… Pour la Fête de la musique 2020, elle a choisi Saint-André de l’Europe et Komm, Bach! en signant une proposition festive, entre golden hits et suggestions inattendues. Accrochez-vous, ça va vibrer !

Jennifer Young. Photographie : Bertrand Ferrier.

Côté franchouillard, je viendrai poser quelques sons à l’improviste, en tant que titulaire de l’orgue de Saint-André de l’Europe. Mais nous aurons surtout la joie d’accueillir des artistes à la fois presque français et un peu spéciaux quand même puisqu’ils sont du Ch’Nord. Oh, rassurez-vous, ça ne se voit presque pas – si, en ces temps de pudibonderie nauséabonde, on peut encore faire ce genre de facéties sur les Nordistes sans avoir cette ignominie de Big Mama aviaire sur le râble.
Néanmoins, on est fort tout ravis, voire tout fort ravis, de compter sur la présence de Romain Watson, musicien professionnel (guitariste, chanteur, lead ou sideman, vidéaste itou), fomenteur de mille projets dont le groupe Atlantys qui claqua quelques albums au retentissement certain, et membre éminent du combo Old Tree’z en plein boom. Musicien atypique dont les mélodies fricotent avec les charmes des tubes pop, métisseur de styles capable de travailler avec d’autres artistes de sensibilités très différentes, Romain W. travaille souvent, c’en devient suspect, en complicité avec Magic Mélanie, chanteuse, batteuse et percussionniste dans la vraie vie – ça existe. Leur spécialité : la chanson en un jour. Pour savoir comment on fait « une chanson en un jour » (en l’espèce, celle-ci) quand on est secoué et que l’on a une machine à laver voire une cuisinière, merci de visionner le mode d’emploi ci-dessous.

 

 

Bref, c’est avec de joyeux drilles, de grands musiciens et un projet pétillant que nous avons rendez-vous ce dimanche 21 juin à 20 h 30 pour vibrer ensemble, en présence digitale des artistes avec qui vous pourrez échanger pendant le concert grâce au tchat !

 

 

 

Magnifique cadeau offert au festival Komm, Bach! par le quatuor Akos, feat. Alexis Gomez, Aya Murakami, Théo Delianne et Cyrielle Golin : un bout de quatuor abandonné là par Franz Schubert. Alors que nous nous préparons à déguster le dernier concert de la saison, retour sur un des beaux moments de l’histoire du plus petit festival international d’orgue-et-pas-que.

 

 

 

Vous prendrez bien un peu de musique qui ravive les couleurs des alentours ? Feuilletant les splendeurs des catastrophes musicales pour les besoins du récital, Vincent Crosnier a justement quelque chose d’idoine pour la circonstance…

 

 

Capture d’écran de contrôle, feat. Jennifer Young : Bertrand Ferrier.

Tu connais ce moment, oh, tu connais ce moment où, quand tu enregistres, alors que ce sera reproduit sans patch, id est comme en concert, la prise est plutôt correcte jusque-là, et tu ripes à une mesure de la fin.
Ce semi-sourire dit « aux lèvres mordues » n’est rien moins qu’une promesse de suicide pour échapper à la honte éternelle – promesse d’autant plus triste que tu ne la mettras même pas à exécution. La moue de la soprano dit, avec une sobriété toute américaine, ce qu’elle ne te dira jamais car, elle, a de l’élégance.

 

Après le succès du concert de ce samedi 6 juin, le festival Komm, Bach! a exigé de ses artistes qu’ils remettent le couvert… dès ce dimanche, à 16 h. Le thème du week-end n’était-il pas : « Racontez-moi une autre histoire (ou deux) ? »
On prend donc presque les mêmes artistes (un organiste, un altiste, un chanteur, une violoncelliste, une soprano et une pianiste), avec un programme 100 % différent. Au programme, cette après-midi : Bach, évidemment, Bloch, Brassens, Debussy, Dubois, Le Nagard, Saint-Saëns, de Séverac, Trenet et Kurt Weill… mais aussi quatre compositeurs moins connus, répartis dans deux sections.
La première section des compositeurs moins connus, ce sont les « compositeurs moins connus dont nous allons réentendre une œuvre que nous n’avons, pour la plupart, jamais entendue ». Frank Ezra Levy (1930-2016) a notamment signé un cheval de bataille de Brett Douglas Deubner, une Seconde sonate pour alto seul qui donne à peu près ceci…

 

 

Barry Lloyd Vercoe – pour découvrir sa formation et ses premières expériences musicales entre cornet et saxophone (et la suite !), c’est ici – est un informaticien et compositeur néo-zélandais, donc un spécialiste de la musique assistée par ordinateur ; et pourtant, la pièce que claquera Hannah Holman n’aura rien à voir avec cette veine. Pour la découvrir, rendez-vous sur la chaîne YouTube du festival pour le second concert de la série. En attendant, voici à quoi elle ne ressemblera pas.

 

 

La seconde section, ce sont les « moins connus qui nous offrent une première mondiale ». Premier de cordée, Patrick O’Malley, sorte de sosie de David Guetta, est un jeune compositeur et chef basé à Los Angeles et dans le Michigan. Le cœur de son travail : l’impression plutôt que la description. Sa notice officielle décrit son processus d’écriture comme « plaçant au centre l’imagination de l’auditeur », privilégiant « l’abstrait aux images concrètes ».
Essentiellement interprété aux États-Unis, l’artiste n’hésite pas à fricoter avec le jeu vidéo – à l’instar d’autres artistes du festival, comme Esther Assuied et Nicolas Horvath. Quant à la pièce qu’il a choisie d’interpréter, il nous la présent en personne (pour la version française, activez les sous-titres – première icône en bas à droite de la vidéo !).

 

 

Pour découvrir gratuitement et en intégrale la partition d’Outlines version hautbois, c’est ici. Pour entendre l’intégrale sur Soundcloud, c’est ci-dessous. Pour entendre le premier enregistrement de la pièce dans sa version pour alto… ce sera en direct (ou, ultérieurement, en replay) sur la chaîne YouTube du festival.

 

Tomo Hirayama est le second compositeur à nous offrir aujourd’hui un inédit, confié aux doigts experts de la pianiste Jasmina Kulaglich. À trente-neuf ans, Tomo assume une triple affiliation : c’est un husserlien patenté, c’est un corniste expert, et c’est un musicien dont les pièces ont été jouées dans son pays, aux États-Unis et en France, comme le rappelle le témoignage ci-dessous – avec, déjà, Jasmina au clavier.

 

 

Quant à l’œuvre qui sera créée cette après-midi… eh bien, il la présente avec le sourire, mais nous avons réservé cette introduction pour le film lui-même. Rendez-vous, donc, à 16 h, heure de Paris. Na.

 

 

 

Ce samedi 6 juin, à 20 h 30, quatre-vingt-quatrième concert du festival Komm, Bach!, le premier d’un diptyque dont le thème est : Racontez-moi une autre histoire (au moins).
Après avoir évoqué les artistes invités,  il est temps d’évoquer les compositeurs. Au programme : Arlen, Bach, Beethoven, Borodine, Brel, Debussy, Dubois, Saint-Saëns, Scarlatti et Shemer. Or, ce n’est pas sur eux que nous nous attarderons ici, mais sur les deux compositeurs qui nous ont offert une œuvre à découvrir en première audition mondiale… comme nous en proposons sporadiquement au gré des concerts.

 

 

Judith Markovitch est une jeune compositrice de 71 ans… dont 6 d’exercice. « Jusqu’à soixante-cinq ans, explique-t-elle, l’idée que j’étais compositrice ne m’avait pas effleurée. Je n’avais même pas étudié la composition. C’est à peine si, nécessité faisant loi, j’avais réalisé quelques arrangements pour l’orchestre de l’établissement scolaire où je travaillais – en me demandant comment équilibrer trois trompettes, une flûte et cinq percussions… Pour moi, ce bricolage n’était pas de la composition. Pourtant, Dieu me poussait dans cette voie sans même que j’en eusse conscience. C’est alors que j’ai rencontré l’étonnant David Moser McKay, qui m’a généreusement prise sous son bras fraternel. Il a nourri ma confiance en remplissant les béances de mes connaissances et de mon savoir-faire. J’ai étudié dur, j’ai travaillé dur ; et, aujourd’hui, à 71 ans, je n’ai plus le moindre doute sur cette évidence : je suis compositrice ! »
Ce samedi soir, nous entendrons pour la première fois un nouvel exemple de l’art de la « miniature » selon Judith Markovitch, prolongeant l’expérience esquissée il y a quelques jours par Brett Douglas Deubner… Au côté d’autres pièces, dont son « Quintette pour piano et chaise vide » en hommage à une personne décédée, vous pouvez en entendre une version « électronique » de la composition sur la page SoundCloud de l’artiste.

 

 

Second compositeur à nous offrir une première ce soir, David Sampson, né en 1951 à Charlottesville affiche un joli catalogue dépassant les cent numéros d’opus, dont le premier claque en 1973.
On y trouve, entre autres, de nombreuses pièces symphoniques, chorales et chambristes. Les cuivres, en solo ou en petit ensemble, font aussi partie de ses instruments de prédilection. À chaque fois, il tâche de s’approprier, à sa manière, les leçons reçues – entre autres – de maîtres comme John Corigliano ou Henri Dutilleux, notamment à travers un travail sur la couleur dont donne un aperçu la partition ci-dessous.

 

 

Pour faire partie des premiers auditeurs de sa nouvelle œuvre (et toutes les autres pièces rassemblées pour l’occasion !), rendez-vous dès ce samedi 6 juin à 20 h 30 !

 

 

 

Le projet est désormais connu : nous avons voulu solliciter des artistes pour qu’ils nous racontent une autre histoire (au moins). Il y aura donc deux concerts. Un samedi, à 20 h 30, et un dimanche, à 16 h (cliquez sur les liens pour assister à la première diffusion en direct, en présence digitale des artistes, puis aux replays).
Pour cela, nous avons réuni un orgue, une soprano, un altiste, un chanteur, une violoncelliste et deux pianistes, qui interprèteront des classiques, des standards, des créations mondiales, le tout allant de Bach à Trenet, de Beethoven à Shemer, de Scarlatti à Markovitch, de Brassens à Sampson, de Borodine à Hirayama, de Le Nagard à Vercoe, de Debussy à O’Malley, etc. De la diversité, de la qualité, du pimpant, du poignant – des histoires, en somme.
Parmi les artistes, les p’tits nouveaux se mêlent aux grands habitués. Côté habitués, saluons d’abord Emmanuelle Isenmann, lauréate des CNR de Rouen et Strasbourg ainsi que du Conservatoire royal de Bruxelles. En soliste, en troupe ou en chœur, la soprano se produit dans le monde entier, de la Sibérie aux tropiques latino, de la Philharmonie de Paris à l’ambassade de France à Washington. Également chantre et chef de chœur, Emmanuelle enseigne au Conservatoire du cinquième arrondissement de Paris.
Elle sévit souvent au côté de Jorris Sauquet, sorte de lutin des tribunes qui a glané, dans sa folle et prime jeunesse, les premiers prix d’orgue, de clavecin et de basse continue au CNR de Boulogne-Billancourt. Jorris a également été une bête à concours – parmi ses titres de gloire, la licence d’interprétation et de virtuosité du concours Marcel Dupré de Chartres, graal de cette compétition. Titulaire du Cavaillé-Coll de Notre-Dame du Rosaire (Paris 14), il a claqué des récitals spectaculaires sur quelques-unes des plus belles orgues de France (la Madeleine, Saint-Étienne-du-Mont, cathédrales de Poitiers ou de Monaco…) sans pour autant renoncer à son travail de claveciniste : il est ainsi de la troupe de la Comédie-Française avec laquelle il a joué sur scène, plusieurs centaines de fois (et ce n’est pas fini !), la musique de Marc-Olivier Dupin qui accompagne Le Malade imaginaire.
Bref, quand les deux zoulous s’acoquinent à Saint-André de l’Europe, ça peut donner des merveilles comme ceci…

 

 

Ceux qui ont profité des Petites symphonies pour un nouveau monde et des Splendeurs de la catastrophe connaissent déjà bien Jasmina Kulaglich. Artiste Naxos, la lauréate – à l’unanimité – du Premier Prix du Conservatoire national supérieur de musique de Belgrade se produit en solo comme en formations chambristes et avec orchestre. Ouïe à la Radio Télévision de Belgrade et à la Radio suisse romande, elle associe à son travail de soliste un devoir de transmission, puisqu’elle est professeur au CRR d’Aubervilliers ainsi qu’au Pôle Supérieur 93, deux endroits d’excellence, où elle enseigne le piano et la musique de chambre. Et, donc, elle joue.

 

 

Dernier artiste désormais habitué, Jean Dubois, chanteur aux centaines de concert, accompagnateur de vocalistes de tout sexe et en nombre variable, auteur de quatre albums principaux, a sévi itou lors des Splendeurs de la catastrophe. Après avoir donné un concert quotidien en Facebook live chaque jour de Grand Confinement que firent Dieu et Pharaon Ier de la pensée complexe, il a retrouvé le goût, jamais vraiment perdu mais parfois sourdiné, des « reprises » variées. Samedi 6 et dimanche 7 juin, lui et la guitare qui l’accompagnent vont donc nous offrir ses propres chansons, excellentissimes, et, histoire de tirer la coverture à eux, sans doute, des œuvres signées d’autres inventeurs de fredonnerie. Attention, ça chatouille !

 

 

Retrouver des habitués est une joie – visages connus, fierté de la confiance renouvelée, plaisir du déjà-vu qui s’enrichit de nouvelles expériences. Mais comme il est doux d’agrandir le cercle grâce à de nouveaux venus dans la danse du festival ! Hannah Holman est de ces artistes tout neufs pour le festival. Violoncelliste du New York City Ballet Orchestra depuis huit saisons, mais son expérience orchestrale va beaucoup plus loin : de l’Angleterre au Michigan, elle s’est intégrée à de multiples formations prestigieuses et tient même le rang de première violoncelliste dans le Quad City Symphony Orchestra, basé dans l’Iowa. Soliste aux multiples disques, chambriste passionnée, enseignante infatigable, Hannah n’a peur de rien, avec son violoncelle Becker de 1920 (celui de sa grand-mère) à la main. Quoique artiste, elle revendique d’être humaine, puisqu’elle a un chat, un fils et des hobbies tout à fait respectables : « Food, wine and finding killer deals on shoes. »

 

 

Pour ces deux concerts, elle nous offre essentiellement des pièces en solo, filant de Bach à la musique contemporaine ; mais elle tenait aussi à s’associer avec sa complice de quarantaine, la pianiste d’origine jordanienne Ghadeer Abaido. Ghadeer a joué dans le monde entier, du Japon aux États-Unis en passant par l’Italie et la République tchèque… sans hésiter à se mesurer à l’art pyrotechnique d’Arcadi Volodos – ce qui se fait de mieux sur la planète digitale.

 

 

Terminons par le septième phénomène de la soirée, Mr B2D. Le pétulant Brett Douglas Deubner s’est imposé comme l’un des altistes qui comptent sur la planète. Il s’est produit en soliste devant des orchestres sur les cinq continents. Musicien aux facilités techniques impressionnantes, l’homme est une bête de scène – les mélomanes apprécieront son sens de l’incarnation lors de ses apparitions sur Racontez-moi une autre  histoire (ou deux). Il mixe pratiques solistes et chambristes… et même direction de festival en Sicile. Passionné par le répertoire et son développement, il vient de remporter le prix ACAM du Meilleur album classique pour son dernier disque, incluant A kiss before the World’s End, le concerto de Houston Dunleavy qu’il a créée à Melbourne  avant de l’enregistrer au Costa Rica. So chic!

 

 

Retrouvez tous ces artistes ce samedi, à 20 h 30, puis dimanche à 16 h pour un programme 100 % différent !

 

Les amateurs de bruit détesteront ce post. Les autres dévoreront la double dentelle proposée en pièce jointe par Jean-Luc Thellin, organiste et claveciniste capable de jouer, et bien, tout ce que Bach a écrit pour deux ou quatre pattounes. Voilà le cadeau qu’il avait réservé pour le concert confiné des Splendeurs de la catastrophe.

 

 

 

Une des premières pièces et une des œuvres les plus spectaculaires d’un compositeur soviétique plus tard vilipendé pour son omnipotence malsaine : voilà à quoi Jasmina Kulaglich s’attaque avec la virtuosité et l’énergie indispensables. Accrochez vos oreilles avant d’appuyer sur « Play », puis bonne écoute !

 

 

 

Enregistré dans les conditions du direct, dans une version pour orgue à deux mains et deux pieds, l’un des sommets in-finis de la fugue selon Bach, avec un chouchou de Jean Guillou (qui taquinait itou son Johann Sebastian)  à l’orgue de Saint-André de l’Europe. Please, enjoy.

 

 

 

– Mais vous n’avez pas invité ces diables de gratteux sans éducation dans un festival de musique savante ?
Ach, nein, mildiou. Juste des chanteurs de classe. Parmi ceux que l’on se dit : si des gens comme ça ils existent, peut-être ça vaut la peine que l’on continue à faire semblant d’exister aussi, nom d’une pipe !