Saskia Lethiec, « Sonates et Partitas pour violon seul de Bach » (Cascavelle) – 7/11

Première de couverture

Objet des plus grands délires de musicologues cherchant à passer pour des experts façon Da Vinci Code, la chaconne de la deuxième partita pèse 256 mesures, soit plus que les quatre précédents mouvements réunis. Soupçonnée d’être un hommage funèbre à la première épouse du compositeur, l’œuvre s’avance sur un ostinato d’abord vertical qui s’épure peu à peu pour revenir à une voix. Saskia Lethiec soigne

  • la profondeur du lamento intranquille,
  • la profusion discursive et
  • la versatilité thymique sous la perpétuation d’une même structure harmonique.

L’interprète

  • cisèle les phrasés,
  • éclaire les différents segments par des respirations finement pensées,
  • caractérise avec habileté les différents épisodes, tuilant
    • séries d’accords,
    • séance de virtuosité digitale au gré des triples croches et
    • agilité agitée des arpèges.

 

 

Le retour au calme et le passage en majeur au mitan de l’exécution creusent les possibles du geste créatif.

  • Le détaché,
  • les changements de registre et
  • les variations d’intensité

donnent du charme au groove des notes répétées. La prise de son a beau ne pas flatter le son du violon, dont les aigus peuvent paraître suresxposés, ou laisser entendre ce qui ressemble fort à des points de montage que l’on eût souhaité plus discrets (10’42, par exemple), Saskia Lethiec entraîne l’auditeur dans l’énigme qu’est ce mastodonte d’un quart d’heure. La dernière partie, mineure, sait

  • rendre la dimension interrogative du propos,
  • en flatter la propension mystérieuse à associer allant et retenue,
  • en exposer la malléabilité perpétuelle qui dessine une histoire déjà connue mais sans cesse en renouvellement par, notamment,
    • le débit,
    • le rythme (surgissement du ternaire),
    • le dialogue entre monodie et polyphonie, ainsi que
    • l’usage multiple d’un instrument tour à tour lyrique, solennel et rugueux.

Un point de bascule qui, dans une prochaine notule, nous conduira à la troisième et dernière sonate du cycle. À suivre !


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