Tristan Pfaff, « Voltiges II » (Ad Vitam) – 4/5

Première de couverture

Aujourd’hui, grâce au disque de piano virtuose claqué par Tristan Pfaff, on s’envole. En valsant d’abord autour de pactes érotico-diaboliques ; en suivant les dingueries de la nounou la plus célèbre du monde ensuite.
La « Valse de Faust » ouvre le bal. Tirée en 1861 par Franz Liszt de l’opéra de Gounod, elle revendique un curieux mélange de fidélité à la « valse de la kermesse » ou au mégahit qu’est « Ô nuit d’amour », par exemple, mais aussi une liberté assumée dans la confusion des récits (le duo d’amour apparaît au troisième acte, la scène de la kermesse est incluse dans le deuxième) et l’écriture de transitions abracadabrantesques donc fascinantes. Le prélude du tournoiement est siglé « allegro molto vivace » et exigé fortissimo avec de violents contrastes et de sérieuses accélérations.

  • Octaves puissantes,
  • variations de registres et d’intensités,
  • souplesse de tempo et
  • circulation du thème aux deux mains

animent l‘incipit.

  • Vigueur et malléabilité des triples forte,
  • capacité à revenir en un claquement de mesure à une humeur plus intériorisante mais pas moins habitée,
  • réussite de la construction des plans sonores entre accompagnement et lead, et
  • art indispensable d’exploser quand cela est judicieux

soulignent moins les capacités du pianiste que son souci de faire de la musique par-delà l’invitation à l’admiration pour la vivacité des petites saucisses. La rencontre entre Faust et Marguerite (« Je ne suis ni demoiselle, ni belle / Et je n’ai pas besoin qu’on me donne le bras ») permet de goûter à nouveau aux charmes

  • de la modulation chromatique,
  • des trilles enchanteresses et
  • des enivrants traits improbables.

Ne finassons point :

  • l’énergie de l’allegro vivace assai,
  • la folie des modulations embrassant les registres,
  • la puissance du groove hors glissendi,
  • la finesse des nuances,
  • la malice des nuances incroyables et
  • la puissance des octaves injouables

ne peuvent que susciter le wow. Alors que le pianiste a l’air humain, hein. Juste : a l’air. Car est venu le temps de la « Mary Poppins Fantasy » créditée par Sherman et Tenenbaum.

  • La virtuosité digitale exacerbée,
  • la magie d’un clavier bourré explosifs,
  • la tendresse des moments slow

sidèrent. Et ce n’est pas tout, ouh-ouh.

  • La puissance des staccati,
  • l’invraisemblable tonicité des petons manuels, et
  • la capacité narrative de cette excellence extravertie

sidèrent. Tristan Pfaff ? Ce mec est too much, il a même de l’humour, tant pis pour lui. Ce que nous sachons, c’est que son disque finit avec Prokofiev donc Schubert et même Kapustin. Rendez-vous dans une prochaine notule pour un prochain wowowisme assumé !

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