
Pour conclure la deuxième sonate pour violon seul (et le premier des deux disques de cette intégrale), nous attendent un andante et un allegro. Le mouvement lent s’avance avec la solennité requise. Le duo entre une basse obstinée et une ligne mélodique fonctionne grâce à l’association entre exigence métronomique et détente du geste à l’approche de la première reprise. Même si
- l’acoustique trop généreuse nous semble décidément mal rendre compte de la précision du geste de Saskia Lethiec,
- la prise de son très rapprochée ne nous cache rien de la respiration de l’interprète, et
- les points de montage sont souvent beaucoup trop rustiques (4’02, plus tard 1’06 dans l’allegro),
on parvient à se laisser prendre par la musique grâce à
- la sûreté de la technique,
- la qualité des sons filés,
- l’allure décidée de l’interprétation et
- la capacité de la violoniste à prendre son temps, aux endroits opportuns, pour laisser résonner son grain personnel au fil de la narration.
L’allegro, presque entièrement monodique, va son bonhomme de chemin,
- décidé,
- presque saccadé,
- sérieux et
- pressé.
Des bruits parasites (1’12, 1’23, etc.), étranges pour une captation non live et loin du métro, laissent supposer que le choix de la prise a été guidé par l’énergie de l’artiste plutôt que par la joliesse de la captation ; et c’est effectivement ce que l’on retient d’une proposition qui sait
- avancer sans sautiller,
- détacher sans hacher,
- phraser sans s’ensuquer, et
- nuancer sans faire son joli cœur.
De quoi aiguiser la curiosité pour le second volet du projet, composé des deux dernières partitas et de la troisième sonate. Ce sera l’objet de prochaines notules.
Pour écouter le disque en intégrale et gratuitement, c’est par exemple ici.
Pour l’acquérir moins gratuitement, c’est par exemple là.