Blog

Le blog de Bertrand Ferrier, page 222

L’accord rĂ¢le

Photo : Bertrand Ferrier

Quand une chorale te sollicite pour rĂ©pĂ©ter et ploum-ploumer avec elle, mais que, mĂªme si t’as oubliĂ© ton appareil photographique, t’es Ă©galement palpitĂ© par les gros chiens des environs et, Ă  dĂ©faut, par les parties secrètes de l’Ă©glise oĂ¹ tu rĂ©pètes, feat. le clocher et les charmantes charpentes.

En cours de répétiition chorale. Photo : Bertrand Ferrier.

There’s no sunshine when it’s gone

Juin 2019 Ă  Montmorency. Photo : Bertrand Ferrier.

… et pourtant, t’avais pas si mal jouĂ© de l’orgue que ça, ce jour-lĂ .

Bien accompagné 3

Photo : Bertrand Ferrier

Aujourd’hui Sleepy aka Grand Gourou aka King of the Groove a envoyĂ© un mandataire pour prospecter l’orgue mutin CavaillĂ©-Coll de Sainte-Marie-Madeleine de Domont. Ă€ l’heure oĂ¹ nous mettons sous presse, le verdict dĂ©livrĂ© par l’expert n’a pas Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©.

En danse classique, peut-Ăªtre on a une chance le 25 aoĂ»t

Coup de pouce bien accompagné

Orgue de l’Ă©glise Saint-Marcel (Paris 13). Photo : Bertrand Ferrier.

Émule de la starteupe nĂ©chonne, je me suis mis en mode fusion pour ce post. Après la session « coup de pouce » et le moment « bien accompagné », voici le mix : le coup de pouce bien accompagnĂ©. En d’autres termes, il s’agit de l’après-midi registration-tourne du dimanche pour un ami au carrĂ© (un ami d’ami, donc), qui s’aventurait sur les terres de Vera Nikitine en compagnie d’un jeune apprenti coachĂ©, comme la puissance invitante, par Jean-Luc Thellin.
Cerise sur le clafoutis, deux percussionnistes Ă©taient de la partie pour interprĂ©ter le BolĂ©ro de Pierre et Jean-Marc Cochereau. Enfin, deux et demi. RĂ©capitulons afin d’Ăªtre stipulatoire. Ă€ la base, nous avons donc deux organistes en formation.

Grégoire Veyrac et Franck Patrone. Photo : Bertrand Ferrier.

Aux deux organistes s’ajoutent deux percussionnistes professionnels, ici prĂ©sentĂ©s sur une photo d’organiste. On appelle « photo d’organiste » une photo de groupe oĂ¹ les organistes sont presque nets, les percussionnistes, non. Peut-Ăªtre aussi parce que lesdits percussionnistes sont soupçonnĂ©s d’Ăªtre allĂ©s boire une bière avant le concert sans inviter le photographe – ça peut jouer.

Franck Patrone, Grégoire Veyrac, Cédric Cyprien et William Mège. Photo moche : Bertrand Ferrier.

Ce nonobstant, notre exigence de transparence nous oblige Ă  stipuler que ce concert concatĂ©nant Buxtehude, Bach, Mozart, LefĂ©bure-WĂ©ly, Franck, Messiaen et Cochereau n’aurait sans doute pas Ă©tĂ© le mĂªme si un artiste polymorphe n’avait pas pris la peine d’apporter ses lumières musicales. Sleepy, dit Grand Gourou, avait une nouvelle fois dĂ©cidĂ© de tester (« quasiment au sens anglais de goĂ»tation buccale ») les deux contributeurs instrumentaux du jour, Ă  commencer par l’orgue.

Photo : Bertrand Ferrier

Après s’Ăªtre senti très Ă  l’aise, au point de faire l’article du Beuchet-Debierre Ă  la façon d’un guide très sĂ»r de lui, il a condescendu Ă  s’essayer Ă  la percussion. Il a fort apprĂ©ciĂ© cette expĂ©rience, puis a regagnĂ© sa place de spectateur privilĂ©giĂ© afin d’assister, en connaisseur, Ă  ce qu’il considĂ©rait dès lors comme « son concert ». Jugeant « gouleyant » le sens du rythme de l’un, « scrupuleux » le souci de restitution de l’autre, il a surtout goĂ»tĂ© les interventions de ses amies les percussions. Au point d’envisager de ne plus s’appeler seulement Grand Gourou mais, peut-Ăªtre, aussi, en guise de sous-titre, King of the Groove. VoilĂ  oĂ¹ l’on en est, hic et nunc. La suite, inch’Allalalalah, aux prochains Ă©pisodes.

Photo : Bertrand Ferrier

 

Bien accompagné

Photo : Bertrand Ferrier

Ă€ l’occasion des trois cĂ©rĂ©monies Ă  jouer ce jour, j’Ă©tais escortĂ© par un « amateur de curiositĂ©s ». Sa conclusion : « Pour jouer de la musique comme pour boire quelques coups, l’important est d’Ăªtre fort bien assis. Le reste relève de la paraffine. » Dont acte.

Photo : Bertrand Ferrier

 

44 – Jour J+4

La dream team du 7 juin : Claudio Zaretti, RĂ©jean Mourlevat, Antoine Delahaye, Rozenn Douerin, Al’Sleepy et Fabrice Dupray. Photo : Bertrand Ferrier.

Aujourd’hui, comme depuis cinq jours, jour spĂ©cial. RĂ©unis exactement sous le soleil de Drancy, quatre choristes, un trompettiss-baryton-chanteur, un rĂ©alisateur artistique (voire plus) ont acceptĂ© de se plier au jeu de l’album-de-quarante-quatre-chansons-enregistrĂ©-en-cinq-jours. Faut dire pourtant, ils sont pas toujours accueillis avec le smile. Genre s’ils sont retardĂ©s, le convocateur grogne et pourtant prend quelques minutes pour discuter avec un pitt qui passe (en prĂ©textant que, sifo, après, on n’a qu’Ă  courir). Mais peut-Ăªtre ils comprennent, et sans doute ils sont gentils. Du coup, on abuse. Tiens, typique, un exemple.

Fabrice Dupray. Photo : Bertrand Ferrier.

Le trompettiste qui ressemble Ă  Siegfried ou Ă  l’organiste-compositeur Serge Ollive, lĂ … Oui, Fabrice Dupray, c’est ça. Bon, on lui dit : « Faudrait jouer ça comme ci », il joue comme ci. Puis tu lui dis : « Non, finalement, t’es mignon, mais faudrait plutĂ´t jouer comme ça. » Le mec joue comme ça. Puis tu dis – bref, le mec pourrait Ă´ter ses lunettes et te dire : « Écoute-moi bien, jeune gougnafier Ă  la trogne absurde, tu commences Ă  susciter en moi l’espoir d’un pneumatique en dĂ©but d’Ă©tĂ© – voilĂ , tu me gonfles », mais point. Il te regarde bien droit dans ta partie oculaire, et il rigole. D’ailleurs, je sais pas si ça vaut mieux, mais bon. Alors que tu lui demandais juste de jouer moins bien pour Ăªtre dans l’esprit de la chanson. Du coup, il a proposĂ© une pose, histoire de faire une pause.

Fabrice Dupray. Photo : Bertrand Ferrier.

En fait, cette posture de drille joyeux n’a qu’un objectif : tenter de centre l’attention sur lui, afin de faire oublier la prĂ©sence de l’Ă©crivain Anthoine Delahaye, fan de Patrick s’il en est, celle de la violoniss-artiss lyrique Rozenn, celle de son ours-singe Sleepy, et celle du contrebassiss-chanteur Claudio Zaretti, dont nous dĂ®mes parfois quelques bonnes choses et en Ă©crivĂ®mes certaines, certaines. Les cuivres, c’est ça : super pour jouer donc aller boire un coup avec, mais, cĂ´tĂ© professionnel, y en a que pour ma gueule. SĂ©rieux, parfois, t’as envie de les secouer dans une grande boĂ®te… puis tu te souviens qu’ils viennent gratos, avec les autres zozos, pour essayer de pimper tes billevesĂ©es. Alors, tu leur dis merci, comme aux autres, et tu remballes tes affaires. Soyons stipulatoire : comme dans un prĂ©lude et fugue, le plus difficile, c’est clairement pas la première partie du dĂ©fi.

Photo : Bertrand Ferrier

 

44 – Jour J+3


– Alors, aujourd’hui, Bertrand Ferrier, c’Ă©tait vraiment une journĂ©e spĂ©ciale dans votre enregistrement du gros disque de 44 chansons « dans les conditions du direct »…
– Oui, comme les autres.
– Comme les autres conditions ?
– Non, comme les autres journĂ©es.
– Impressive, guy. On voit ci-dessus l’entrĂ©e du studio par laquelle, ce jour, vous n’Ăªtes pas seul – avec le rĂ©alisateur artistique de l’album – Ă  Ăªtre passĂ©…
– Absolument. Comme que nous disons en termes techniques de musicoss, nous avions de la visite.

Pierre-Marie Bonados au studio RĂªve le jour, donnant son max, comme d’hab, devant le micro de RĂ©jean Mourlevat. Photo : Bertrand Ferrier.

– Featuring un caĂ¯d des souffleurs.
– StĂ©za. Pierre-Marie Bonafos, le mec en question, est un saxo de rĂ©fĂ©rence dans le monde du jase. Tu lui montres des paroles, il trouve la tonalitĂ© et il la transcrit en saxophone soprano italien.
– Pardon ?
– Laisse bĂ©ton, et retiens que ce mec a le feeling et le grouve. La preuve, quand tu lui dis : « Tu peux la refaire George Michael ? », non seulement il te la refait George Michael mais il est devenu George Michael, le bastardo.
– Et vous le connaissiez, avant, ce fossoniss ?
– Un tipeu.
– Un mec ?
– Pardon ?
– Un type ?
– Non, faut s’ouvrir les esgourdes un petit peu. Mais je veux pas m’Ă©nerver. Je prĂ©fère juste dire que c’est PMB qui me connaissait. Il joue hypermieux du Bertrand Ferrier que Bertrand Ferrier – si c’est pas un signe de talent, mon canard…

– C’est pas très clair, mais j’imagine que c’est un code de musicien. Heureusement, PMB n’Ă©tait pas le seul Ă  franchir le seuil, humour…
– Fort drĂ´le, en effet. Et, de fait, une soprano qui chante la Traviata Ă©tait au rendez-vous.
– Et ?
– Ben, dĂ©jĂ , c’est important de noter que des gens qui chantent la Traviata parfois ils mangent des sangs-de-gouiche.
– Ha, vous dites « sangs-de-gouiche » ?
– En revanche, la nana, par le fait mĂªme qu’elle chante la Traviata, mĂªme pas elle voulait Ăªtre photographiĂ©e.
– Mais vous l’avez quand mĂªme photographiĂ©e.
– Si peu, si peu…

La soprano mystère au studio RĂªve le jour de RĂ©jean Mourlevat. Photo : Bertrand Ferrier.

– En effet. Un mot de conclusion ?
– Trois : l’aventure continue.

44 – Jour J+2


– Bertrand Ferrier, bon ben, bonjour, j’crois qu’y a pas d’autre mot. Aujourd’hui, journĂ©e spĂ©ciale dans l’enregistrement de l’album 44 ?
– Comme les quatre autres journĂ©es, oui.
– Super, j’adore ton humour. C’est vrai que, demain, y a des loulous qui dĂ©barquent ?
– Oui, on fait une première demi-journĂ©e avec des musiciens additionnels.
– Donc les partitions sont Ă©crites, les…
– Tu sais, pour moi, l’important, c’est la granularitĂ© du son et la spontanĂ©itĂ© du musicos.
– Mais les partitions sont quand mĂªme Ă©crites, les…
– J’ai envie de te rĂ©pondre : peu importe. Ce qui compte, c’est que les artistes soient vraiment prĂ©sents Ă  eux-mĂªmes. Le reste vient de surcroĂ®t.
– SĂ©rieusement, tu ne crois pas que ce serait mieux si…
– J’aimerais qu’entreprendre un recording, ce fĂ»t s’extirper de la zone de confort qui nous ensuque, et se dĂ©prendre du carcan qui nous limite. Laissons le feeling et les vibes exprimer notre transport.
– OK, man, une dernière chose Ă  ajouter ?
– Quand j’Ă©voquais le transport, je ne pensais pas Ă  la brouette.


– Bon, sinon, au niveau canin…
– J’ai retrouvĂ© les deux monstres de Drancy. Hier, c’Ă©tait mon cĂ´tĂ© miniDiam’s, j’ai prĂ©sentĂ© une p’tite boulette. Aujourd’hui, je vous prĂ©sente un autre pit.
– Il a l’air triste.
– Il est triste. Il est super gentil, mais supertriste. C’est ça qui est triste. J’espère que les artistes de demain sauront lui redonner le smile.
– Ceux qui viennent au studio ?
– Et les autres. Ceux qui continueront de musiquer pour que de belles vibrations envoient chier la tristesse des demains Ă  venir.
– Je pense qu’on va arrĂªter lĂ  l’entretien. Zarma, jamais y a une personne elle accepte de publier ça !

44 – Jour J+1


Ceci, c’Ă©tait juste avant de tirer les rideaux pour que la musique sonnĂ¢t sinon bien, du moins mieux. Puis, la journĂ©e passĂ©e, il fallut rouvrir la cage et battre des ailes jusqu’Ă  ce que la vedette du quartier sollicitĂ¢t Ă  son tour quelque interaction au passage.


Alors, interagir. Et pour le troisième jour d’enregistrement de l’album aux quarante-quatre chansons, prĂ©parer – plus qu’attendre – demain, en espĂ©rant que la vedette sera toujours en libertĂ© dans son domaine.