La dream team du 7 juin : Claudio Zaretti, RĂ©jean Mourlevat, Antoine Delahaye, Rozenn Douerin, Al’Sleepy et Fabrice Dupray. Photo : Bertrand Ferrier.
Aujourd’hui, comme depuis cinq jours, jour spĂ©cial. RĂ©unis exactement sous le soleil de Drancy, quatre choristes, un trompettiss-baryton-chanteur, un rĂ©alisateur artistique (voire plus) ont acceptĂ© de se plier au jeu de l’album-de-quarante-quatre-chansons-enregistrĂ©-en-cinq-jours. Faut dire pourtant, ils sont pas toujours accueillis avec le smile. Genre s’ils sont retardĂ©s, le convocateur grogne et pourtant prend quelques minutes pour discuter avec un pitt qui passe (en prĂ©textant que, sifo, après, on n’a qu’Ă courir). Mais peut-Ăªtre ils comprennent, et sans doute ils sont gentils. Du coup, on abuse. Tiens, typique, un exemple.
Fabrice Dupray. Photo : Bertrand Ferrier.
Le trompettiste qui ressemble Ă Siegfried ou Ă l’organiste-compositeur Serge Ollive, lĂ … Oui, Fabrice Dupray, c’est ça. Bon, on lui dit : « Faudrait jouer ça comme ci », il joue comme ci. Puis tu lui dis : « Non, finalement, t’es mignon, mais faudrait plutĂ´t jouer comme ça. » Le mec joue comme ça. Puis tu dis – bref, le mec pourrait Ă´ter ses lunettes et te dire : « Écoute-moi bien, jeune gougnafier Ă la trogne absurde, tu commences Ă susciter en moi l’espoir d’un pneumatique en dĂ©but d’Ă©tĂ© – voilĂ , tu me gonfles », mais point. Il te regarde bien droit dans ta partie oculaire, et il rigole. D’ailleurs, je sais pas si ça vaut mieux, mais bon. Alors que tu lui demandais juste de jouer moins bien pour Ăªtre dans l’esprit de la chanson. Du coup, il a proposĂ© une pose, histoire de faire une pause.
Fabrice Dupray. Photo : Bertrand Ferrier.
En fait, cette posture de drille joyeux n’a qu’un objectif : tenter de centre l’attention sur lui, afin de faire oublier la prĂ©sence de l’Ă©crivain Anthoine Delahaye, fan de Patrick s’il en est, celle de la violoniss-artiss lyrique Rozenn, celle de son ours-singe Sleepy, et celle du contrebassiss-chanteur Claudio Zaretti, dont nous dĂ®mes parfois quelques bonnes choses et en Ă©crivĂ®mes certaines, certaines. Les cuivres, c’est ça : super pour jouer donc aller boire un coup avec, mais, cĂ´tĂ© professionnel, y en a que pour ma gueule. SĂ©rieux, parfois, t’as envie de les secouer dans une grande boĂ®te… puis tu te souviens qu’ils viennent gratos, avec les autres zozos, pour essayer de pimper tes billevesĂ©es. Alors, tu leur dis merci, comme aux autres, et tu remballes tes affaires. Soyons stipulatoire : comme dans un prĂ©lude et fugue, le plus difficile, c’est clairement pas la première partie du dĂ©fi.
Photo : Bertrand Ferrier
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