Blog

Le blog de Bertrand Ferrier, page 248

Marie-Aude Murail, « En nous, beaucoup d’hommes respirent » (2/2)


Comme promis ce tantĂ´t, voici une p’tite notulette sur l’autobiographie de Marie-Aude Murail parue chez L’Iconoclaste Ă  la fin aoĂ»t 2018 (430 p., 20 €).

De quoi ça parle ?

D’abord, il y a les morts : Raoul et CĂ©cile. Raoul le dragueur, le tĂ©nor, l’artisss, le satisfait de lui, le chougneur, le charismatique, le soldat. CĂ©cile la tacitement juive, CĂ©cile l’effacĂ©e, mĂªme, car seules les lettres qu’elle a conservĂ©es de Raoul racontent leur histoire d’amour huitogĂ©naire ; CĂ©cile qui ne s’en laisse cependant pas conter par les remontrances de son Ă©poux ; CĂ©cile dont on retrouvera la version de la rencontre amoureuse, une oĂ¹ l’on a « fait PĂ¢ques avant les Rameaux » et mĂªme fini par enfanter la maman de Marie-Aude Murail. Il y a donc Marie-ThĂ©rèse, la future MAMan Ă©levĂ©e dans un catholicisme qui ne rigolait pas, rĂªvant de devenir « Michèle Brune, comĂ©dienne », qu’elle fut aussi ; et Norbert dit « le pauvre surdoué », qui s’emmerde Ă  la guerre et verra son cerveau grignotĂ© par une tumeur, peut-Ăªtre, et par les chirurgiens, sĂ»rement.
Ensuite, il y a les vivants presque morts et les vivants qu’habitent les morts. C’est moins facile Ă  saisir, au point que Marie-Aude Murail doit dĂ©laisser les archives familiales oĂ¹ elle puisait la substantifique moelle de son rĂ©cit. Objectif : enquĂªter sur les lieux du crime – en l’espèce, au Havre (pour rien) et auprès des anciens qui ont connu les fantĂ´mes du passĂ©, donc qui ne les drapent pas forcĂ©ment sous les oripeaux attendus. Des souvenirs utiles s’échappent, d’autres remĂ©morations s’imposent (ainsi des gendarmes Cocu, Lecul et Couillard, puissance Ă©vocatrice de l’onomastique). Dans un second temps, Marie-Aude plonge dans ses souvenirs d’antan tels que fixĂ©s sur son vieux journal intime. On y parle de petits pois (tiens donc), de MĂ©hari verte, de confession, de ponctuation, de peluches donc de prout et de narcisse, de khova, de Winchester Ă  canon sciĂ©, de point mousse, de calvitie, de chimio maternelle, de foot dans le couloir, de ce qui nous Ă©chappe au cÅ“ur des souvenirs – bref, mĂªme dans la chronologie, ça confusionne. Aussi l’auteur opte-t-elle pour un « classement thĂ©matique », façon pour le sujet de reprendre la main sur la profusion de la mĂ©moire brusquement avivĂ©e. Cela nous permet de passer en revue la piscicole Annick Moinet, le sens de la dĂ©co literie d’Elvire Murail, les infidĂ©litĂ©s de Pierre (mĂªme si le prĂ©nom est hyperpolysĂ©mique dans cette « saga », alors que GĂ©rard est plus clair puisqu’il s’appelle Jean, bref).
C’est autour de GĂ©rard qu’une troisième partie du rĂ©cit se cristallise. GĂ©rard aime les putes, n’a rien contre les pĂ©dĂ©s, enthousiasme Marie-ThĂ©rèse, dite ThĂ©rèse et/ou MaĂ¯tĂ©, dont il tança pourtant « la croupe rustique », et fĂ©conde en poète trois Ă©crivains et un prix de Rome. Celle qui nous intĂ©resse ici se rĂ©vèle très tĂ´t journaliste, ultracatho, plagiaire, buissonniste et sĂ©cheuse, gourmande de sexualitĂ©s diverses, puis dĂ©tourneuse de futurs prĂªtres puisque la Murail attire quelque Pierre. On apprend alors, dans une seconde moitiĂ© de livre plus personnelle que gĂ©nĂ©alogique, qu’un comportement original peut naĂ®tre d’une envie de pisser discrètement ; qu’une jeune oie blanche peut rĂªver de violences sexuelles ; que le cancer est parfois curable mais que l’on meurt toujours ; que la sexualitĂ© peut Ăªtre orgasmique ou hypercasse-couille quand on veut aller se faire foutre sans se faire foutre mais en se faisant foutre quand mĂªme (moins d’obscurcissements p. 353) ; qu’une nuit de noces peut se passer sur l’oreiller mais pas avec le susnommĂ© Narcisse ; que la vie coĂ¯tale des escargots est très compliquĂ©e, mĂªme pour un statisticien ; que Cookie Dingler traduit plutĂ´t bien l’amour homosexuel pour les personnes de sexe diffĂ©rent, si, si ; que, si la vie est un Passage, les MST sont de piètres compagnons de traversĂ©e ; qu’il ne faut pas dire des choses intelligentes vu que, parfois, on vous croit ; qu’une femme peut avorter parce que ; qu’une trottinette peut dĂ©passer une Volvo ; qu’une maman devient vraiment maman quand son gamin manque de foi ; que Benjamin Murail buvait du thĂ©, oh, et qu’il lui Ă©tait arrivĂ© de prendre sa mère pour une rame de la RATP ; qu’un Sermon peut parler de masturbation enfantine, et un inĂ©dit d’un enfant inĂ©dit ; qu’une contraction n’en est pas Ă  une contradiction près ; que le pire, quand on attend 5 h 20, c’est qu’il soit toujours 5 h ; et que Marie-Aude Murail va Ă  Carrefour. Bref, que la vie, mĂªme de la plus grande romancière pour la jeunesse, reste la vie, mĂªme si, dès lors, elle est mieux racontĂ©e que le reste des vies.

Et sinon, ça ressemble à quoi ?

Alors que, dès l’argu, l’éditeur, fautif (et encore, on a dĂ©cidĂ© de ne pas parler de la piètre carte de couverture, abĂ®mĂ©e dès la première manipulation), annonce publier « le premier roman pour adultes » de Marie-Aude Murail (c’est bien de Marie-Aude Murail, c’est bien pour adultes, mais ce n’est ni le premier roman pour adultes de l’artiste, ni un roman tout court alors que le terme est martelĂ© trois fois dans le document), on se pourra intĂ©resser ici Ă  l’art de construire, prĂ©cisĂ©ment, un genre autobiographique. Non que le livre cherche Ă  rĂ©volutionner le projet, mais bien que sa construction du « pacte » passe par l’explicitation du genre. En clair, le projet muraillen n’est pas de dire « toute la vĂ©rité » sur sa famille, mĂªme si elle ne cherche pas Ă  celer ce qui pourrait paraĂ®tre moins flatteur aux gens parfaits, eux ; il consiste Ă  dire ce qui permet de dire. Donc : comment le texte se construit-il ? Sur quels matĂ©riaux s’appuie-t-il ? Quelles sont ses sources ? Et comment classer le fleuve qu’il devient ?
Il n’est pas lieu, ici, de revenir sur les formes biographiques qui jalonnent dĂ©jĂ  l’œuvre de la plus importante romancière française pour la jeunesse du vingtième siècle et du prĂ©sent siècle. Le sujet n’en serait pas moins palpitant. Il exigerait d’évoquer trois formes principales :

  • les mille et une « bio » Ă©ditoriales, les resucĂ©es de fanatiques, les versions relatĂ©es par les pairs comme le texte de Sophie ChĂ©rer inscrit dans la collection publicitaire « Mon Ă©crivain prĂ©fĂ©ré », peignant, après sa gĂ©nĂ©alogie Ă©voquĂ©e au premier chapitre, « la femme libre, la militante, l’épouse amoureuse, la mère de famille » et « la petite fille » (voire ses ascendants) pour l’école des loisirs (2001, p. 40) ;
  • le dĂ©codage biographique de ses romans, non seulement pour l’auteur mais aussi par rapport Ă  ses enfants (personnellement, ça ne me passionnerait pas des masses, des masses, mais faut bien bosser, parfois) ;
  • le renversement de la problĂ©matique – une problĂ©matique, c’est comme une jupe : c’est souvent plus palpitant sens dessus dessous – qui conduit Ă  s’intĂ©resser Ă  la biographie des autres que Marie-Aude Murail n’a cessĂ© de dresser : biographie de ses personnages (que raconte-t-elle d’eux ? que tait-elle ? etc.) ; biographie qu’elle a elle-mĂªme Ă©crites (Charles Dickens, JĂ©sus « comme un roman »…) ; modes d’emploi biographiques qu’elle a offerts Ă  ses lecteurs dans ses livres « pratiques » publiĂ©s dans la collection « Oxygène » chez De La Martinière Jeunesse, en 1996 et 1998 ; autobiographie partielle en Ă©crivain comme ce « journal d’une crĂ©ation » après Le Tueur Ă  la cravate, et…

Mais comme on a dit qu’il n’était pas lieu, ici, de revenir blablabla, soit, on n’y revient pas. Oh, non.
Enfin, on n’y revient pas, mais on doit pointer le fait que la question biographique chez Marie-Aude Murail subsume les catĂ©gories. Ce n’est pas : « Je n’ai pas d’inspiration, je vais Ă©crire ma vie », c’est : Ă©crire ma vie, c’est transformer l’existant, l’ayant existĂ© et l’exister-encore en texte. C’est laisser ma vie textuelle envahir ma vie personnelle. C’est contaminer l’une avec l’autre comme quand, « quitte Ă  nuire Ă  la vĂ©ritĂ© historique, je vais faire les corrections orthographiques qui s’imposent » (317). C’est constater l’aller-retour entre rĂ©el et fictionnel, entre vĂ©cu et textuel, entre fabriquĂ© (fingere) et encaissĂ©, entre Ă©crits et cris. C’est ce que je fais depuis plus d’une centaine de livres, bordel.
VoilĂ  pourquoi, sans doute, la prĂ©sente autobiographie est bouffĂ©e par les mites, c’est pas une faute d’orthographe, intertextuelles – pour les non-fĂ©rus d’idiolecte critique, j’appelle intertexte un texte ou un Ă©lĂ©ment culturel (film, chanson, spectacle…) qui interagit avec le texte principal, celui que Marie-Aude Murail Ă©crit ; et j’appelle idiolecte – oh, ça va. Donnons quatre exemples des types d’intertexte qui enrichissent ce rĂ©cit au moment oĂ¹ « la mĂ©moire fuit de toutes parts » (252) :

  • les intertextes officiels, souvent partiels (bulletins de classe), parfois inattendus (numĂ©ro de carte de laboratoire, citation d’une fiche de confession…) ;
  • les intertextes externes, innombrables, de Dickens Ă  Pergaud en passant, entre autres, par Cocteau, Sartre, Vigny, Corneille, Scouarnec/Akepsimas (texte du cantique E 120 remixĂ© p. 293), Dufresne, Nietzsche, Leblanc, Legrand, Renard, Greg, Barbara, Aragon, Colette, Sade, Shaw, Roussin, sans compter les films aux beaux acteurs (et tarifs spĂ©ciaux de la Fnac) ;
  • les intertextes internes, qu’ils aient Ă©tĂ© mis en fiction (tel 3000 façons d’aimer ou Dinky rouge sang que l’on voit se faufiler p. 291), qu’ils assument leur ficticitĂ© ou qu’ils revendiquent une authenticitĂ© par leur intimitĂ© (journal personnel) ou par leur non-extimitĂ© (inĂ©dit autour de la naissance et des premières annĂ©es de Benjamin, dont la nature est intĂ©ressante car elle associe confession et Ă©criture dĂ©jĂ  prĂªte Ă  l’édition) ; et
  • les intertextes mixtes regroupant les tĂ©moignages personnels d’autrui (pour eux-mĂªmes via leurs journaux intimes, ou pour d’autres via leur correspondance), ainsi que les tĂ©moignages publics (entretien du père avec son beau-fils).

Cette multiplicitĂ© ontologique fait rĂ©sonner la multiplicitĂ© de natures (textes, images reproduites, descriptions…) et de modalitĂ©s d’insertion dans le flux chronologique du rĂ©cit (en vignette, centrĂ©, en cul de chapitre…). Ce qui fut vĂ©cu ou Ă©crit questionne toujours ce qui ne l’a pas Ă©tĂ©. Comme le pose l’auteur finissant sa visite Ă  une aĂ¯eule, « je suis en train de laisser passer une occasion, et je ne sais pas de laquelle il s’agit » (109). En ce sens, l’acte biographique en gĂ©nĂ©ral et autobiographique en particulier se constitue autour de ce qu’elle ne parle pas, de ce dont elle ne fait pas mention, de ce qu’elle omet – le dialogue avec des Å“uvres allogènes l’inscrit dans la chair du rĂ©cit. Surtout, par sa richesse, la multiplicitĂ© intertextuelle pose la question de la fonction de l’autre texte en autobiographie, bien au-delĂ  des propositions canoniques de Philippe Lejeune. Sans entrer dans un dĂ©bat universitaro-centrĂ©, il est Ă©vident que s’actualise ici, d’une manière très singulière, l’art vallĂ©sien de couturer le texte, donc de montrer ses bĂ©ances afin, Ă  la fois, de les masquer en les explicitant ou de les offrir en tant que garanties d’authenticitĂ© (l’auteur avoue « avoir des trous » pour certaines annĂ©es). Tout en mettant en scène et en page son exigence d’authenticitĂ©, tout en interrogeant dans de touchants mĂ©tatextes ce qu’il faut dire et ce qu’il conviendrait de dissimuler, tout en projetant le lecteur dans les mĂ©andres de sa vie, de sa mĂ©moire, de son Ă©criture elle-mĂªme Ă©talĂ©e sur quatre ans, l’autobiographe construit un texte oĂ¹ le divers fait unitĂ©. Ce n’est pas divers pour faire vrai, partiel pour surjouer la sincĂ©ritĂ©, explicitĂ© pour garantir la littĂ©raritĂ© de l’œuvre : c’est simplement divers parce que le texte est divers, c’est-Ă -dire que la vie est diverse.

Et concrètement ?

Que le lecteur de ces p’tites lignes ne s’inquiète pas : contrairement Ă  la prĂ©sente notule, le rĂ©cit est très clair. Pour preuve, il y a deux parties Ă©quitablement volumiques : l’avant-Marie-Aude Murail et la vie de Marie-Aude Murail. Mais ce qui les unifie avant tout, c’est cette diversitĂ©, cette spĂ©cificitĂ© d’écriture qui travaille, malaxe, reprend, revient, conteste, avoue, expose, efface, nĂ©glige, corrige, feint d’oublier, floute, zoome, dĂ©place par des autocitations de Passage, sanctionne, critique par la voix du mari, reprend, se moque de l’humour, convoque, disjoint, substitue une logique Ă  une autre qui ne fonctionne plus, renonce, allusionne, juge, dĂ©juge, prĂ©juge, s’absente et s’abandonne. Tout se passe comme si l’auteur avait voulu, dans un mĂªme mouvement, gommer les ratures ET les laisser visibles, car « la vie [est] une suite d’objets manquants », ainsi que pense Louise dans Sauveur et fils 3 (l’école des loisirs, 2017, p. 128). Dans cette perspective louisique, raconter sa vie, c’est aussi, c’est surtout, c’est forcĂ©ment raconter une suite d’objets manquants. Pas juste un sujet sachant ou croyant savoir, ou voulant donner l’illusion de savoir : aussi des objets de rĂ©cit, des gens dont on ne sait rien, ou dont, pis, on ne sait qu’un peu ; dont on ne donne qu’un prĂ©nom (contrairement aux profs, mais sont-ce leurs vrais patronymes ?), qu’une initiale, qu’une partie de l’existence ; des gens, dont l’auteur. Éric Chevillard, louisiste patentĂ© mais presque, pas pu m’en empĂªcher, ne faisait-il pas dire Ă  un narrateur : « Je veux rĂ©cupĂ©rer ma gomme. Je lui dois beaucoup, tout ce que je ne suis pas » (Du hĂ©risson, Minuit, 2002, p. 57) ? La narration d’une vie est avant tout la mise en scène de cette incomplĂ©tude rĂ©flexive – ce que j’ignore des autres illustre, en miroir, ce que j’ignore de moi ; aussi ce que je croyais savoir d’eux est-il parfois tout autant faux que ce que je m’obstinais Ă  croire de moi.
Certes, l’on pourrait s’imaginer que l’ensemble de cette notule est une intellectualisation d’une Å“uvre charnelle (En nous, beaucoup d’hommes respirent raconte « des vies », comme dans la chanson de Jean-Jacques Goldman, chanteur que Marie-Aude Murail cite parfois au long de son Å“uvre), alors que c’est vrai. Mais l’écriture d’une autobiographie est, malgrĂ© que l’on en ait (si, lĂ , ça passe, GĂ©rard, mĂªme si je combats avec toi ce maudit « par contre »), une forme prĂ©sentement littĂ©raire d’intellectualisation du vivant et du vĂ©cu. L’auteur dĂ©montre ainsi sa capacitĂ© formidable dâ€™Ăªtre Ă  la fois dans la trivialitĂ© de la vie et dans la sublimation de sa narration. Écrire sa vie, selon Marie-Aude Murail, ce n’est pas, semble-t-il, raconter ce que l’on a fait, c’est raconter ce qui a fait que l’on a fait plutĂ´t que pas fait. On pense Ă  Jules dans Papa et maman sont dans un bateau, que son institutrice tĂ¢che d’encourager en marquant « comme acquis exprime ses prĂ©fĂ©rences puisque Jules exprimait quotidiennement son dĂ©sir de ne rien foutre » (2009, p. 79). Qu’est-ce qui a fait que, malgrĂ© notre dĂ©sir sporadique ou dense de ne rien foutre, nous avons vĂ©cu nos vies en sus de les rĂªver ?
Par-delĂ  les rĂ©vĂ©lations sur lesquelles l’auteur s’interroge au long du texte, l’autobiographie d’un artiste remet au centre une sĂ©rie de quatre questions. Première question, l’identité : certains prĂ©noms sont floutĂ©s, nĂ©gligĂ©s, omis. Par respect pour les individus Ă©voquĂ©s, certes ; mais aussi dans une sorte de forme-sens. En effet, Marie-Aude, « mondialement connue », a failli ne pas s’appeler Marie-Aude. L’autobiographie est ainsi l’occasion de s’interroger sur son identitĂ© propre autant que sur son identitĂ© sociale (fille, Ă©lève, fiancĂ©e, Ă©pouse, mère…), sexuelle ou sociĂ©tale (auteur, vedette, rĂ©fĂ©rence). Est-on construit par la sociĂ©tĂ© qui nous case si volontiers, par sa famille dont on ignore souvent beaucoup, par ses parents dont les mystères sont souvent nombreux, par son existence dont les Ă©pisodes Ă©chappent parfois Ă  celui qui les vit, par ses aspirations qui s’échappent ou s’imposent ou se fracassent et nous fracassent ? Chez un auteur pour la jeunesse, bassinĂ© par les questions sur « comment ça vient, les idĂ©es ? et vous avez toujours voulu Ă©crire ? et comment on devient Ă©crivain ? et vous gagnez beaucoup d’argent ? », ces interrogations mĂ©ritent peut-Ăªtre une telle mise au point.
La deuxième question est celle de l’attachement. Alors que l’identitĂ© centripète, en un mot, met au centre l’individu, l’attachement centrifuge le met en relation avec le monde extĂ©rieur. L’auteur montre que cela ne le constitue pas comme acteur pour autant : l’exploration d’une gĂ©nĂ©alogie propose un axe donnant profondeur Ă  des options ultĂ©rieures ; la notion de « fratrie d’artistes », propre aux Murail, souligne le mystère des choix et l’interdĂ©pendance des options prises consciemment ou non ; les multiples possibles donc interdits sexuels, sentimentaux, mais aussi professionnels, humains, transcendantaux – les rĂªves, les espoirs, la foi… – ne sont pas que des donnĂ©es ou des choix ou des Ă©vidences, ils peuvent Ăªtre des passages, des passades, des parades et des passerelles.
La troisième question mise en Ă©vidence par ce texte est celle de la discontinuitĂ© temporelle. En effet, paradoxalement, le flux biographique que nous croyons Ă©vident et acquis, est mis Ă  mal par l’autobiographie, avec ses Ă -coups, ses prolepses, ses analepses, ses ellipses, ses gouffres, ses silences pudiques ou impudiques, ses imprĂ©cisions (le souvenir peut se dissoudre ou se tromper). Le temps biographique est un mensonge ; le temps autobiographique est une fiction, interrogeant « comment faire durer le temps » plutĂ´t que le tuer (173). Dinky rouge sang ne disait pas autre chose en s’ouvrant sur la lettre post mortem du hĂ©ros sempervirens. Ce livre-ci ouvre le travail de mĂ©moire par un verbe choisi : « J’oublie. » Diffraction du savoir. Implosion de l’acquis. Disparition du solide. Pourtant, Marie-Aude Murail prĂ©cise : « J’oublie mes romans. » Mais est-il plus romanesque que l’autobiographie, avec son lot d’inventions, d’erreurs, de censures (ces « raisons dont je ne parlerai peut-Ăªtre pas », 99, ne sont-elle pas plus constitutives du soi et de son rĂ©cit que les plus jolies explications gĂ©nĂ©tiques ou lacaniennes ?), de reconstitutions et d’ignorances ? Est-il plus fabriquĂ© que cette concentration d’un siècle en quatre cents pages, de dizaines de vies en quelques chapitres ? Ce pari, cette illusion assumĂ©e exige une rechronologisation que Marie-Aude Murail met en scène Ă  l’aide de va-et-vient entre l’auteur-qui-Ă©crit Ă  partir de documents en train d’Ăªtre dĂ©couverts et les personnages-qui-ne-sont-pas-des-personnages mais des personnes ayant existĂ©. Le temps se dissout dans ces Ă©changes transtemporels qui rappellent que non seulement le temps n’est pas une ligne droite, non seulement il n’est pas une logique que l’on pourrait maĂ®triser, par exemple « en attendant ce moment de la vie, très improbable, que l’on dĂ©signe communĂ©ment par les mots : quand j’aurai le temps » (19), mais il n’est pas davantage une ligne courbe ou ondulĂ©e. Il n’est pas, en fait. VĂ©ronique Pestel le chante ainsi : « Notre temps, le temps, n’est jamais devant / Le seul temps qui soit passe derrière soi / Notre temps, le temps, n’est jamais devant / Le seul temps qui fut, c’est le temps reçu. » Mais reçu par qui ? Comment ? Et conservĂ© dans quel Ă©tat ? dans quel Ă©tant ? L’un des forts intĂ©rĂªts de ce texte est que Marie-Aude Murail a l’art de rendre sensibles l’espace donc le temps, et rĂ©ciproquement, soulignant que, oui, « il y a peut-Ăªtre des lettres qui arrivent Ă  destination quarante ans plus tard ». Seul, peut-Ăªtre, le travail littĂ©raire peut donner du sens au temps – et, une fois de plus, la posture d’écrivain pour la jeunesse rend la question spĂ©cifique : peut-on, par exemple, Ă©crire pour les jeunes alors que le temps a passĂ© et, non seulement, on est vieux mais on vieillit ? Le vieux clichĂ© du « on est restĂ© un petit enfant dans sa tĂªte » rĂ©siste-t-il Ă  sa bĂªtise chichiteuse et Ă  l’opiniĂ¢tretĂ© des corps ? DiscontinuitĂ© temporelle, chaos de la diĂ©gèse, Ă©carts de la chronologie : le rĂ©cit de Marie-Aude Murail met en mots, par la structure propre au livre, la distance entre l’illusion (on tourne des pages, donc « ça » avance) et la rĂ©alitĂ© (mais ça avance oĂ¹Â ? comment ? vers quoi ? la mort pour au moins commencer de finir, soit, mais de quoi parle-t-on ?).
Dès lors, la quatrième question ne peut Ăªtre que celle de la crĂ©ation. Elle traverse le livre pour trois raisons principales :

  • un, chez les Murail au sens large, on crĂ©e Ă  tour de bras depuis des gĂ©nĂ©rations ;
  • deux, l’autobiographie suppose que la vie se crĂ©e, se dĂ©cide, se construit avec volontĂ© en dĂ©pit des coups du sort ou grĂ¢ce aux astuces d’un hypothĂ©tique destin tĂ©lĂ©ologique ;
  • trois, l’autobiographie est une crĂ©ation.

Or, la force de Marie-Aude Murail est certainement dans cet art du mĂ©tatexte. En gĂ©nĂ©ral, le mĂ©tatexte, c’est le texte qui critique le texte : « Finalement, je ne suis pas sĂ»r que ce soit vraiment passĂ© comme ça », « quand mĂªme, j’en fais trop », etc. Ici, il y a du mĂ©tatexte de cette eau, et c’est heureux, pour rappeler que l’auteur n’est pas dupe de son jeu – il n’y a pas que le rap qui a droit Ă  son game ; mais il y a aussi du mĂ©tatexte jouant avec les Ă©lĂ©ments allogènes (commentant les photos, y faisant allusion ou les commentant) ; il y a aussi du mĂ©tatexte qui prĂ©pare, intègre et met en perspective un texte insĂ©rĂ© dans le texte principal ; il y a, surtout, un mĂ©tatexte qui rĂ©flĂ©chit sur lui-mĂªme par sa pluralitĂ© autant que par le commentaire des choix de chapitrage, par sa construction autant que par sa dĂ©construction, par ce qu’il ne fut pas autant que par ce qu’il est (l’un des personnages principaux est ce Dragon, flirt de l’artiste – les amateurs de jeux de mots se rĂ©galent – que, parfois, l’auteur remise et, souvent, l’autobiographe corrige).

Source photo : site éditeur. Photographe non stipulé.

En conclusion

En nous, beaucoup d’hommes respirent (titre auquel l’auteur fait deux allusions explicites, 270 et 425) est un texte qu’il est tout à fait conseillé de lire notamment parce que :

  • y a deux super blagues de Toto ;
  • y a des expressions comme « il a la pisse au bout du rouleau » ou « il a des exigences de personnage » ;
  • y a une excellente critique musicale vachement courte (276) ;
  • y a des trucs sur l’importance du prout pour faire passer l’émotion (enfin, ça se dit plutĂ´t : « Tout ce que j’ai Ă©crit, je l’ai corrigĂ© d’un sourire », ce qui est plus meilleur, d’accord, d’accord) ;
  • y a de très beaux passages sur les derniers moments et leurs illusions (251) ;
  • y a des mĂ©ditations sur des sujets intĂ©ressants comme le goĂ»t de l’hostie en gĂ©nĂ©ral et l’intĂ©rĂªt pĂ¢tissier de prier pour les gens (121 et 129) ;
  • y a un court cours de pĂ©nis très bien ratĂ© sur la diffĂ©rence entre fellation et sodomie (308) ;
  • juste après – coĂ¯ncidence ou rĂ©alitĂ© scientifique ? –, on voit l’auteur qui sent le bouc, c’est ravissant ;
  • y a un syntagme pour les fanatiques de Kaamelott! (187) ;
  • y a des gros mots, du genre : « Je prends conscience de ma naĂ¯vetĂ©. De ma connerie, en fait » ;
  • y a des phrases du style « Je n’aime pas trop vos recherches de prĂ©nom. Il ne faut pas construire des maquettes de bonheur » et ça, ça crache ;
  • et, en prime, y a du cul (ben oui, ça couvre plusieurs gĂ©nĂ©rations, donc, faut ce qu’il faut).

En somme, cette autobiographie sĂ©duit tant par son ambition transgĂ©nĂ©rationnelle que par son souci de malaxer narration et travail gĂ©nĂ©rique. En clair, ça raconte plein d’histoires et c’est quand mĂªme intelligent, comme pour rĂ©pondre Ă  la boutade du deuxième chapitre de 3000 façons de dire je t’aime : « Vous existez souvent ? – Oh non, j’ai autre chose Ă  faire » (l’école des loisirs, 2013, p. 21).


Addendum : la question de Claire E.-G.
(et la réponse qui va bien)

– Pourquoi ne pas mentionner, parmi les formes autobiographiques, Continue la lecture, on n’aime pas la rĂ©crĂ© (Calmann-LĂ©vy, 1993) ?
– Ă€ votre question lĂ©gitime, sans doute puis-je rĂ©pondre d’abord que, comme vous l’avez constatĂ©, j’ai choisi de ne pas citer l’exhaustivitĂ© des livres de Marie-Aude Murail afin de ne pas surcharger une notule dĂ©jĂ  fort longuette. Continue la lecture… fait en effet partie des textes non mentionnĂ©s, alors qu’il avait toute qualitĂ© pour l’Ăªtre. Cependant, pour le mentionner avec pertinence, il me semble qu’il eĂ»t fallu Ă©voquer la problĂ©matique distinguant et mĂªlant Ă  la fois les autobiographies professionnelle et personnelle, ce qui aurait Ă  nouveau allongĂ© la recension.  Enfin, sur un mode cyranien, on aurait pu encore ajouter bien des choses en somme, Ă  ces formes autobiographiques. Donnons-en trois exemples, parmi d’autres : les allusions personnelles dans – entre autres – les aventures de Hazard ; l’autobiographie rĂ©trospective, c’est-Ă -dire celle que le lecteur peut lire en pointillĂ©s si, après avoir lu En nous, beaucoup d’hommes respirent, il rĂ©explore les romans prĂ©cĂ©dents ; et les entretiens YouTube tel que celui-ci. EspĂ©rons que, tantĂ´t, un Ă©tudiant en Lettres aura l’occasion d’explorer cette piste avec une exigence de complĂ©tude !

Marie-Aude Murail, « En nous, beaucoup d’hommes respirent » (1/2)

La taupe lectrice. Pièce de Gérard Murail.

On Ă©crit toujours d’un lieu, l’objectivitĂ© n’est qu’une feinte critique et tout ce genre de balabalas justifiĂ©s. Partant, soyons prĂ©cis : il s’agit, ici, de rendre compte du tout chaud En nous, beaucoup d’hommes respirent (L’Iconoclaste) de Marie-Aude Murail. Or, Marie-Aude Murail, je lui dois Ă  peu près presque tout ce que j’ai Ă©tĂ© quand j’ai failli Ăªtre. Aussi m’est-ce, en trois mots quoi qu’il soit souvent question de « messe » voire de mess dans ce livre, compliquĂ©.
Stratégie de contournement :
on va jouer cette partition en deux Ă©pisodes. Le premier Ă©pisode, celui de l’honnĂªtetĂ©, c’est le post du jour qui explique pourquoi c’est compliquĂ© de rendre compte de ce texte. Le second suivra, logique, afin de, enfin, rendre compte dudit texte.
Ce nonobstant, en prĂ©ambule, message personnel pour un correspondant anonyme qui envoie des mots d’insulte parce que ce que j’Ă©cris lui disconvient.

Cher lecteur,
Merci pour ta curiositĂ©, celle qui te pousse Ă  feuilleter le prĂ©sent site. Toutefois, si ce diptyque te dĂ©plaĂ®t, je t’invite, avec beaucoup de dĂ©licatesse, il me semble, après t’Ăªtre carrĂ© au fion ta peu ragoĂ»tante verve, avec deux « v », coquin, je t’invite, dis-je, Ă  t’aller tranquillement ouvrir le bide du pubis au cou, de ton propre chef il va de soi, puis de jouer avec tes entrailles en attendant l’arrivĂ©e des pompes funèbres Ă©tant donnĂ© que, Ă  titre personnel, de ton avis, ben, je m’en balec.
Saluant l’honnĂªtetĂ© qui t’a fait m’Ă©crire ta curieuse rĂ©probation mais tordant le nez devant ton anonymat, je suis au regret de te signaler que c’est les première et dernière fois que je rĂ©ponds Ă  ta sotte et lĂ¢che malveillance. Ben, parce que, d’une part, je m’en fous, ça joue, et, d’autre part, tempus fugit, Ă©videmment.
Cela dit, sais-tu, fougueux cybercorrespondant, ce qui me navre le plus ? Ce n’est point toi. C’est moi. Ou, plus prĂ©cisĂ©ment, que j’en sois rĂ©duit, par la fatigue, la hĂ¢te engendrĂ©e par d’autres obligations et mon manque de crĂ©ativitĂ© du moment, Ă  vitupĂ©rer Ă  ton encontre en des termes violents et bas, malgrĂ© que j’en aie. Je trouve ça 100 % daubĂ© du cul. Aussi sache que, si tu me rejoins sur cette estimation, suggĂ©rant que je ne fus point capable, sur-le-champ, de te rĂ©pondre avec cette pointe digne de madame de Villedieu plutĂ´t qu’en rajouter sur ces quasi rodomontades ennuyeuses faisant Ă©cho Ă  la platitude de ton courriel menaçant, nous aurons Ă©tĂ©, sur ce point, fort proches tous deux.
Par chance, sur ce point seulement.

À nous, à présent.

1.
Pourquoi Marie-Aude Murail ?

Après avoir Ă©tĂ© le second puis le premier recalĂ© Ă  ne pas intĂ©grer Normale Sup, le jour oĂ¹ le RER a explosĂ© Ă  Saint-Michel, j’ai dĂ» retourner Ă  la fac oĂ¹ je voulais explorer, dans un mĂ©moire de maĂ®trise, « la monstruositĂ© chez AmĂ©lie Nothomb » (ben oui, on m’avait dit que la littĂ©rature contemporaine n’avait pas droit de citĂ© Ă  la Sorbonne – hĂ©las, mĂªme Ă  l’époque, c’Ă©tait faux). Ne trouvant pas le prof au rendez-vous – apparemment, il m’attendait dans la bibliothèque, mais j’avais pas osĂ© rentrer –, je l’ai conspuĂ© dans une missive fort agacĂ©e. Il l’a, curieusement, peu apprĂ©ciĂ©. J’ai donc dĂ©cidĂ© de passer un cran supplĂ©mentaire dans l’insolence universitaire, et proposĂ© de rĂ©diger un mĂ©moire sur les « typologie, fonctions et fonctionnement du dialogue dans Dinky rouge sang de Marie-Aude Murail ». Non seulement de la littĂ©rature contemporaine mais, en sus, un livre (rien qu’un) pour la jeunesse. Genre, total rebelle, no future, mon cul sur ta commode Louis XV, tout ça tout ça.
Ce fou d’Alain Lanavère, maĂ®tre de confĂ©rences Ă©minent de l’universitĂ©, avait accepté… car il connaissait Marie-Aude Murail, son ancienne Ă©lève – so long, insolence et originalitĂ©. Je me souviens de, euh, surtout de la soutenance de ce mĂ©moire de maĂ®trise, moi prenant la chose très au sĂ©rieux, lui essayant de ne pas me vexer tout en gĂ©rant sa progĂ©niture qui poireautait dans la petite salle de soutenance en lisant un Tom-Tom et Nana. De ce mĂ©moire, que je ne veux surtout pas relire pour ne pas m’avilir une fois encore Ă  mes propres yeux, je me rappelle surtout avoir reprochĂ© Ă  l’auteur de confondre « rĂ©ceptionnaire » et « rĂ©ceptionniste » avant d’essayer, en Ă©tudiant de prĂ©pa mĂ©diocre mais tĂªtu, d’y trouver un sens puissant – c’est le jeu.
(Non, aujourd’hui, je ne connais plus la diffĂ©rence entre les deux termes, mais je n’ai jamais niĂ© la sĂ©lectivitĂ© opportune de ma mĂ©moire, bon sang – et, du mĂ©moire Ă  la mĂ©moire, on s’approche presque de la critique du livre dont, mine de rien, il est question. Ou plutĂ´t, il sera bientĂ´t question. Presque bientĂ´t. Passons.)
Par l’intĂ©rĂªt de ce qu’elle Ă©crivait, Marie-Aude Murail m’a conduit Ă  penser que, par-delĂ  la provoc, y avait de quoi creuser dans les livres pour la jeunesse et chez ceux qui les fomentaient. Dans cette perspective, outre les caciques de l’Ă©cole des loisirs et mes Ă©diteurs Ă  moi, j’ai surtout rencontrĂ© feue Charlotte Ruffault, l’éditrice qui, Ă  son tour, a changĂ© ma vie – pas seulement par le pognon, la gloriole ou la confiance, mĂªme si ça compte : par l’exigence, le talent et la singularitĂ© tenace que reprĂ©sentait cette hurluberlute. Longtemps, comme quelques-uns de ceux qui ont su s’engueuler avec elle donc Ăªtre choisis par elle, je me suis dit que, si j’avais pu exercer un mĂ©tier sĂ©rieux, j’aurais fait charlotte-ruffault.

2.
Marie-Aude Murail, so what?

Sans le savoir, Marie-Aude Murail m’a ainsi poussĂ© Ă  faire, parallèlement Ă  un DEA puis Ă  une thèse sous la direction du grrrrand ponte local et la supervision de mon idooole universitaire en sĂ©miologiiiie, un mĂ©moire de DESS d’édition spĂ©cialisĂ© sur la jeunesse. En fin de compte, MAM m’a permis de devenir « enseignant en université » pendant, pfff, huit ou neuf ans, la coquine, en crĂ©dibilisant mes recherches au moment oĂ¹ moult pensaient que rĂ©flĂ©chir sur le rapport entre jeunesse et littĂ©rature (et pas pĂ©dagogie, socialisation ou dressage) n’avait aucun sens, qui moins est si l’on n’est ni normalien ni agrĂ©gĂ© ni, pire, mère de famille. NĂ©anmoins, je dois avouer que je n’ai pas toujours mis tous les atouts de mon cĂ´tĂ©. Par exemple, le jour oĂ¹ on m’a demandĂ© si j’avais rencontrĂ© Marie-Aude Murail pour « recueillir son ressenti sur son Å“uvre et vĂ©rifier ce qu’elle pensait de l’analyse de ses romans », j’ai dit : « Oui, je l’ai rencontrĂ©e quand je buvais du champagne / – Ă€ un prix littĂ©raire ? / – Non, Ă  l’enterrement de son père ; et / – Oui, et quoi ? / – Ben, elle m’a proposĂ© de choisir une Å“uvre du dĂ©funt. / – C’est pas ça, rencontrer un auteur ! / – Alors non. »
(Du coup, j’ai choisi la taupe lectrice de GĂ©rard Murail, qui ouvre ce post.)

(Détail)

Bref, si j’ai tardĂ© Ă  rencontrer MAM, j’ai, Ă  cause d’elle ou grĂ¢ce Ă  elle, rencontrĂ© des auteurs, des Ă©diteurs, des traducteurs (ai-je dit ce que je devais Ă  cette grande traductrice qu’est Vanessa Rubio ?), de vrais chercheurs – pas des… oh, chacun subodore ceux dont il aurait pu s’agir ici –, soutenu mon doctorat sur le sujet, publiĂ© des dizaines d’articles « dans des revues Ă  comitĂ© de lecture », prĂ©sentĂ© mes recherches sur le rapport entre la notion de littĂ©rature et d’horizon de rĂ©ception jeunesse « dans des colloques avec comitĂ© scientifique », et mĂªme, exploit hĂ©naurme Ă  mes yeux, diffusĂ© un riche remix de ma thèse chez l’éditeur qui me paraissait le plus grand Ă©diteur universitaire français de l’époque car le seul Ă  publier des travaux poussĂ©s de recherche tout en se proposant d’ouvrir ses publications aux curieux selon trois axes : la qualitĂ© du travail Ă©ditorial (retravail intelligent, marketing, valorisation), l’attractivitĂ© de l’objet-livre rĂ©alisĂ© et le prix public affichĂ©. Le fait qu’il se serve doublement, sur l’universitĂ© de rattachement et en arnaquant les droits d’auteur sur les 500 premiers exemplaires, Ă©tait hĂ©las un signe que l’on parlait d’un Ă©diteur professionnel, mais bref – ou presque bref.
Marie-Aude Murail a rĂ©digĂ© la prĂ©face de cette version de ma thèse, premier de mes deux livres chez cet Ă©diteur – prĂ©face oĂ¹, dans mon souvenir, elle disait en substance et avec sa modestie humoristique coutumière qu’elle n’était pas du tout d’accord avec moi, de sorte que moult lecteurs me dirent : « C’est quand mĂªme la partie la plus intĂ©ressante de votre livre, et la seule que l’on comprend. » Pour le souvenir, quand la plus grande romancière française pour la jeunesse a accĂ©dĂ© Ă  ma demande de prĂ©face (dois-je le prĂ©ciser ? gratis pro Bertrando), je me souviens d’avoir fait le tour du quartier en criant « wouh-wouh-wouh », l’index tournoyant au-dessus de ma tĂªte. Ceux qui m’ont dĂ©jĂ  vu marquer un point dans quelque sport ou jeu de carte que ce soit savent que ce genre d’anecdote est tout sauf une exagĂ©ration.

3.
Marie-Aude Murail, et après ?

Chemin faisant, je suis devenu, pendant quelques annĂ©es, un grotraducteur et un noteur pour la jeunesse. J’ai connu des succès, des moments de grĂ¢ce autant que de gloire, vĂ©cu des « trucs », croisĂ© de nouvelles silhouettes Ă©tonnantes. En peu de termes, disons que Marie-Aude Murail a Ă©crit de nombreux chapitres de ma vie (mĂªme si ce n’est pas la seule raison pour laquelle je continue de conseiller systĂ©matiquement son bouleversant roman Ma vie a changĂ©). Intellectuellement, son Å“uvre, en dehors de son aspect immĂ©diatement sĂ©duisant, m’a permis d’aborder autrement la question de l’horizon de lecture qui m’intĂ©ressait aussi Ă  travers « le nouveau thĂ©Ă¢tre », l’autobiographie en poĂ©sie ou le travail Ă©ditorial. In fine, jusqu’à nunc, l’exploitation – un adhĂ©rent Ă  la CGT comme moi ne peut employer ce terme sans conscience – de son travail a orientĂ© ma vie sans l’ensuquer, et m’a surtout permis d’apprendre Ă  dire « bravo » en français (ça se dit « bravo », professe Le Hollandais sans peine).
Or, voici que ledit auteur publie ces jours-ci le type de livre qui m’intĂ©resse le moins du monde. Un livre bandeauisĂ© « Une grande saga familiale française », le genre de truc qui me fait pfffer (qui donne : je pfffe, tu pffes, que nous pfffions, que vous pfffissiez, etc.) a priori. Un livre sur la famille, ce grand sujet, ce grand machin livresque qui ne m’intĂ©resse pas, mais alors, pantoute. Un livre autobiographique – au sens large, mais autobiographique quand mĂªme –, ce qui me palpite autant que, disons, de savoir ce que bouffe Ă  mes frais cette cochonnerie de Pharaon Ier de la PensĂ©e Complexe tous les soirs. Un livre, enfin, qui s’annonce gorgĂ© de petites boĂ®tes de souvenirs oĂ¹ l’on trouve des scoupses, et de lettres en paquet que l’on dĂ©fait avec Ă©motion – j’ai tant « tonnĂ© contre » cette stratĂ©gie d’Ă©criture dans mes articles fustigeant la marchandisation et la hashtaguisation de la Shoah dans les romans soi-disant pour la jeunesse, en fait pour les prescripteurs envasĂ©s dans un consensualisme prĂ©texte Ă  souiller l’Histoire d’un massacre par une rentabilisation aussi Ă©hontĂ©e que stĂ©rĂ©otypĂ©e, alors pensez…
SynthĂ©tisons : pour quelqu’un qui prĂ©tend aimer rĂ©flĂ©chir sur la notion de littĂ©rature en tant que rapport entre une Ă©criture et un horizon de rĂ©ception, ou pour quelqu’un qui prĂ©tend rĂ©flĂ©chir sur l’édition comme marchĂ© d’offre transformĂ© en marchĂ© de demande, l’occasion de rendre grĂ¢ces en faisant le kĂ©kĂ© est pourrie. Ce n’est pas un livre pour la jeunesse. Ce n’est pas un roman, contrairement Ă  ce que croit l’Ă©diteur du texte (on y reviendra). C’est un texte devant lequel il faut Ă  la fois pas dire de mal mĂªme si le projet motive peu, et rester honnĂªte parce que, hĂ©, ça va bien, quand mĂªme, Ă  la fin. J’en ai dĂ©duit que ça valait une recension en deux Ă©pisodes.
Bref, rendez-vous pour le second tome de cette aventure critique.

Desperate


Heureux de voir des animateurs de chant aux gĂ©nĂ©alogie, pedigree et train de vie impressionnants prendre la peine de diffuser, par souci Ă©cologique bien sĂ»r, leur CV au dos du dĂ©roulĂ© d’une messe. J’en profite pour rappeler Ă  mes lecteurs que je suis disponible pour plein de boulots sympa et valorisants, dans le respect des conventions de Genève bien Ă©videmment (sinon, c’est encore plus cher). Quant Ă  ceux qui veulent rĂ©aliser de bons p’tits plans sociaux, entre la Profession de foi et la Prière universelle, j’ai votre homme – moyennant une grosse commission d’un menton voire d’un montant librement fixĂ© par vous Ă  20 % de la transaction.
Rendez-vous après le chant de sortie !

Jean Guillou, « Lives à Saint-Matthias de Berlin, vol. 1 », Augure

Premier Ă©pisode des concerts de Saint-Matthias de Berlin Ă©ditĂ©s par Augure, le rĂ©cital dont il sera question ici n’est certes pas le premier qu’ait donnĂ© in situ Jean Guillou – pas plus que l’autre concert allemand chroniquĂ© tantĂ´t. Cependant, comme les autres publications de ce label, il bĂ©nĂ©ficie, en sus du numĂ©ro 1, d’une prĂ©sentation soignĂ©e, avec livret trilingue de 28 pages et, surtout, double prĂ©sentation des Å“uvres sur CD et DVD (avec morceaux bonus), et il dĂ©montre donc l’originalitĂ© de la maison Augure. En effet, a priori, sa production a tout pour lasser promptement : elle n’Ă©dite que des archives de Jean Guillou. Pourtant, ses manitous rĂ©ussissent Ă  trouver systĂ©matiquement un axe qui dĂ©passe la publication d’un des milliers de rĂ©citals donnĂ©s par l’organiste. GrĂ¢ce Ă  ses envois, nous avons ainsi eu l’occasion d’Ă©voquer cinq aspects du musicien :

Après le temps du sujet pluriel, voici venu le temps de l’objet singulier – bref : un CD + DVD, première dans le catalogue Augure, quoi que le produit soit vendu au prix presque rigolo de 15 €, rendant une telle production accessible tant aux fans qu’aux curieux. La retransmission s’ouvre sur le monumental diptyque BWV 548. Le prĂ©lude semble intarissable : ça festonne, ça pĂ©tille, ça rebondit… en dĂ©pit de tenues sporadiques de la pĂ©dale semblant proposer une conclusion au discours. Puis la danse de saint Guy contamine aussi les pieds, emportĂ©s dans la mĂªme course Ă©nergique. Point de facĂ©ties, ici, mais des doigts sĂ»rs (le DVD montre l’artiste jouant par cÅ“ur) et une volontĂ© d’avancer indispensable pour que les ressassements obsessionnels de la fugue ne sombrent pas dans l’ennui du raga. Tel fat pourra pointer çà des noires Ă  la pĂ©dale un brin irrĂ©gulières, des dialogues manuels qui sonnent parfois un peu confus dans le finale, une accĂ©lĂ©ration Ă©trange – quoique assumĂ©e – et des rajouts d’octaves en fin de bal dont l’incongruitĂ© signe une interprĂ©tation guillouistique. L’ensemble n’en est pas moins de très haute tenue. En sus des doigts, on salue le souci de faire de la musique en donnant vie aux diffĂ©rents plans des pleins jeux et en privilĂ©giant, en dĂ©pit des moyens du septuagĂ©naire, la partition sur les tentations de virtuose – excès de brio ou tentative d’aller plus vite que la musique.

Image extraite du DVD. Vidéo : Ulrich Gembaczka / Tomasz Cichawa. Production : Augure.

 Le DVD place les Scènes d’enfant du compositeur-musicien en deuxième position alors qu’elles sont annoncĂ©es troisièmes sur le CD. Ce sera la seule pièce jouĂ©e « pas par cÅ“ur ». L’œuvre se prĂ©sente comme une succession d’idĂ©es discontinues, articulĂ©es en treize mouvements caractĂ©risĂ©s par une simple indication de tempo. La pièce, exigeant une grande dextĂ©ritĂ©, est un plaisir pour l’auditeur qui veut dĂ©couvrir une grande partie des immenses possibilitĂ©s de l’orgue. VariĂ©tĂ© des registrations (id sunt les types de sons utilisĂ©s) mettant notamment en valeur les divers anches et fonds, sonneries Ă  des octaves opposĂ©s, richesse des modes de jeux (notes rĂ©pĂ©tĂ©es, unissons avec notes en cascade et cependant immobiles, Ă©chos, quasi clusters, bariolages, combats d’accords, pĂ©dale en soutien ou en doubles accords enchaĂ®nĂ©s…), Ă©clectisme des modes de narration (Ă©clatements fiĂ©vreux, moments planants oĂ¹ dialoguent anches et deux pieds, crescendos menaçants, brusques changements d’atmosphère avec la prĂ©sence d’un inquiĂ©tant tremblant, enchaĂ®nements soudains ou ruptures silencieuses) font que, mĂªme si l’oreille n’est jamais sĂ©duite – disons : dĂ©tournĂ©e – par une mĂ©lodie accrocheuse, elle se laisse capter par cette instabilitĂ© sonore qui dĂ©montre une envie gourmande de jouer, avec un sĂ©rieux enfantin mais une maĂ®trise adulte, en tripatouillant tous les p’tits bitounious que cache le concept gĂ©nĂ©rique d’« orgue » et en se racontant une histoire comprise par le seul joueur. La pièce ne s’appelle-t-elle pas Scènes d’enfant ?
Ă€ l’instar des Scènes exigeant d’entrer dans le monde de Jean Guillou, le Deuxième choral de CĂ©sar Franck exige d’accepter les paris de l’interprète, donc de laisser ses convictions franckistes personnelles Ă  la porte de cette piste. C’est une condition indispensable pour profiter d’une vision partiellement dĂ©routante. Les premières minutes surprennent, par exemple, par l’accentuation des notes pointĂ©es, par l’enchaĂ®nement des sĂ©quences souvent aĂ©rĂ© grĂ¢ce Ă  des respirations de durĂ©e variable, ou par le surlignement des notes rĂ©pĂ©tĂ©es – sans doute pour montrer l’hĂ©sitation de la pensĂ©e qui se construit, puisque ce « choral » s’amorce par une passacaille, id est un morceau tournant en boucle autour d’une sĂ©quence de seize mesures thĂ©oriquement immuables. Toutefois, ces prĂ©venances peuvent s’estomper rapidement grĂ¢ce Ă  trois Ă©lĂ©ments. D’abord, on doit reconnaĂ®tre la cohĂ©rence de la vision qu’apporte Jean Guillou Ă  l’œuvre : il ne la joue pas pour les franckophiles tradi, il la joue selon son point de vue musicologique, et pourquoi pas ? Ensuite, il faut saluer le soin apportĂ© Ă  la registration, dans les sonoritĂ©s d’ensemble – superbes ondulants et fonds de 16’ – ou le changement d’un jeu, prĂ©cis et prĂ©cieux, au sein d’une mĂªme sĂ©quence. Enfin, les modifications de tempi et d’esprit, autrement dit la dimension rhapsodique de l’œuvre, avec ses passages Ă  jouer parfois « largamente con fantasia » – voilĂ  qui correspond Ă  merveille Ă  un interprète qui a souvent aimĂ© redĂ©finir les carcans des rythmes rĂ©guliers et des mesures. Ajoutons que la fin, Ă©thĂ©rĂ©e mais certainement pas mièvre, est rendue avec une justesse tout Ă  fait susceptible non pas de lever les prĂ©ventions que l’on pourrait avoir, mais assurĂ©ment de convaincre que cette interprĂ©tation personnelle mĂ©rite dâ€™Ăªtre et diffusĂ©e, et Ă©coutĂ©e.

Image extraite du DVD. Vidéo : Ulrich Gembaczka / Tomasz Cichawa. Production : Augure.

En sus d’une crinière de savant fou, Jean Guillou a moult couvre-chefs : le musicien ajoute son chapeau d’interprète au sombrero de compositeur, et au bĂ©ret d’organologue le kĂ©pi de transcripteur. C’est cette capette qu’il va coiffer pour la grosse demi-heure que rĂ©clament les Tableaux d’une exposition de Modeste Moussorgski, jadis pour piano.
La première « Promenade » joue avec prouesse de la spatialisation sonore que permet l’instrument de Saint-Matthias. En faisant gronder les basses, « Gnomus » instaure une inquiĂ©tude dĂ©licieuse, celle que l’on ressentait jadis en jouant Ă  se faire peur. La deuxième « Promenade » poursuit notre baguenaudage musical immobile puisqu’elle offre l’occasion aux petites flĂ»tes de chanter. L’orientalisant « Il Vecchio Castello » justifie, s’il en Ă©tait besoin (non, donc), la transcription pour orgue, en opposant aux fonds deux cromornes pendus au balancement de la pĂ©dale, puis en dĂ©veloppant un dialogue entre moult sonoritĂ©s sans perdre le fil conducteur. La troisième « Promenade » secoue la torpeur hypnotique qui s’est installĂ©e en proposant un petit interlude sur plusieurs pleins jeux. « Tuileries » optimise les quatre claviers en offrant d’amusantes frictions entre sonoritĂ©s lĂ©gères. Parfait contraste avec l’entrĂ©e solennelle de « Bydlo », pièce que parcourt une double pĂ©dale rythmique dont l’Ă©nergie prĂ©pare un très beau decrescendo.
La quatrième « Promenade » se promène dans les aigus tremblants avant que le grondement des fonds et des 16 pieds ne trouble cet angélisme comme pour mieux se laisser surprendre par le grotesque « Ballet des poussins dans leurs coques ». Jean Guillou parvient à y créer des effets d’écho en sautillant d’un clavier à l’autre et en y ajoutant les jeux aigus de la pédale – les minuscules scories, inévitables, n’entachent en rien l’équilibrisme brillant ainsi démontré. « Samuel Goldenberg et Schmuyle » explore de nouveau la richesse des anches appliquées à des thèmes orientalisants. Sur un accompagnement d’abord paisible, des notes répétées aux anches s’opposent aux lourdes basses de la pédale. Le thème de la dernière « Promenade » est distribuée aux deux claviers, tandis que la partie harmonisée s’enferme dans la boîte expressive, devenant à la fois écho et mystère.
« Limoges. Le marché » paye son petit presque-french-cancan Ă  l’occasion duquel les saucisses doivent s’agiter vite et sans cesse. Le rĂ©sultat organistique est fort convaincant. Ensuite, les « Catacombae » et « Cum mortuis in lingua mortua » associent la rondeur des jeux graves de la pĂ©dale au cornet. Un panel d’autres registrations fait presque oublier la performance technique de l’interprète, tandis que le transcripteur s’amuse Ă  entendre se rĂ©pondre le tremblant et la rĂ©pĂ©tition des notes aiguĂ«s. Reste Ă  affronter le double grand finale. D’abord, « Baba-Yaga (la cabane sur des pattes de poule) » inquiète comme il se doit, en dĂ©gainant ses 32 pieds de pĂ©dale ; des guirlandes de notes pĂ©tillent aux quatre pattes de l’organiste – quasi une invention de Jean Guillou – afin de prĂ©parer l’arrivĂ©e de « La grande porte de Kiev ». Cette fois, le sens du contraste du transcripteur met en valeur l’interprète, en dĂ©pit d’un usage du tremblant dĂ©cidĂ©ment envahissant Ă  notre très immodeste goĂ»t. Ce dernier exercice sĂ©duit : autant que la registration, la clartĂ© de l’énoncĂ© du thème en dĂ©pit de la cavalcade presque finale doit susciter les brava. Ne reste plus qu’à conclure par un tutti pianistique avec ses trilles triomphales.

Image extraite du DVD. Vidéo : Ulrich Gembaczka / Tomasz Cichawa. Production : Augure.

S’ensuivent quatre bis. La « Danse de la fĂ©e DragĂ©e » de Piotr Ilitch TchaĂ¯kovski, est extraite de la transcription maison de Casse-noisette. Une gourmandise pour les spectateurs, une ode aux rĂ©flexes pour l’interprète. Une badinerie extraite de la suite BWV 1067, prise Ă  fond de train, rappelle Ă  qui n’en doute que Jean Guillou sait tricoter des gambettes autant qu’ajouter des ornementations plus festives que bachiennes. La « Marche » de L’Amour des trois oranges de SergueĂ¯ Prokofiev, dans une transcription de l’artiste, dĂ©poussière les tuyaux qui en auraient encore besoin Ă  ce stade du concert. Puis, après que l’on a vu, fait rare, sourire le musicien, le rĂ©cital prend toute sa dimension grĂ¢ce Ă  la chapka d’improvisateur que l’artiste choisit de se visser sur le crĂ¢ne. Registrant en direct, le crĂ©ateur semble d’abord chercher l’inspiration dans des festons de notes interrogatives qui parcourent l’étendue de trois des quatre claviers. Des accords rĂ©pĂ©tĂ©s mettent un terme Ă  ce prĂ©lude et laissent gronder les basses tandis qu’un motif descendant cherche Ă  s’affirmer. Il est renvoyĂ© dans ses cordes aiguĂ«s par les notes graves. L’ajout de jeux de deux pieds voire moins accentue le contraste avec les fonds qui, Ă  leur tour, dĂ©cident de gronder de façon inquiĂ©tante, suscitant une accĂ©lĂ©ration finale dĂ©baroulant sur un plein jeu conclusif. Un bonus sympathique pour conclure un rĂ©cital ambitieux, personnel, souvent brillant et fort stimulant.

Image extraite du DVD. Vidéo : Ulrich Gembaczka / Tomasz Cichawa. Production : Augure.

Quid, in fine, du film ? Ce document d’1 h 30 n’est pas un produit professionnel. PortĂ©e par un CD de belle qualitĂ© et un vrai livret, la vidĂ©o est de qualitĂ© tout Ă  fait correcte pour un souvenir. Serait-elle issue d’une retransmission en direct partiellement remixĂ©e par la suite ? Son cĂ´tĂ© authentique, non lĂ©chĂ©, contribue paradoxalement au sentiment d’assister a posteriori aux coulisses d’un moment remarquable et ce, en jouxtant l’artiste ! Certes, sur le plan principal, l’écran de contrĂ´le bien en vue attire l’œil en bas Ă  gauche ; les zooms et contre-zooms ne sont pas fluides, euphĂ©misme ; les remontages de camĂ©ra et autres travellings suscitent leur lot d’à-coups ; la captation de l’improvisation assume son cĂ´tĂ© documentaire façon rare boots, ce qui ravira les fans de cet organ heroe ; et quelques plans curieux sont restĂ©s tout aussi curieusement lors du montage (1 h 01’23 !!!). NĂ©anmoins, comment critiquer un tĂ©moignage aussi consĂ©quent offert par la maison Augure en sus de l’audio ? D’autant que le DVD ouvre le produit aux  mĂ©lomanes curieux de savoir comment ça se passe lĂ -haut pendant un concert du mythique JG ! Seul regret, peut-Ăªtre : pas de supplĂ©ment dans le DVD, alors qu’un entretien rĂ©cent avec le maestro eĂ»t Ă©tĂ© une belle occasion de l’entendre, par exemple, expliciter son rapport Ă  cette Ă©glise et Ă  son orgue. Peut-Ăªtre un projet est-il en cours sur ce thème dans cette maison soucieuse d’Ă©diter, avec exigence, quelques moments musicaux, choisis avec soin, ayant jalonnĂ© le parcours d’un musicien majeur du vingtième… et du vingt-et-unième siècles ?

Guide-nous vers la lumière, qu’ils me disent

Enghien-les-Bains, 1er septembre 2018. Photo : Bertrand Ferrier.

Toujours plus forts : alors qu’ils continuent de me faire rire avec leur parole plus chaloupĂ©e qu’un chemtrail, les spammeurs ont trouvĂ© une nouvelle façon d’enrichir mon site. Nous allons donc proposer deux Ă©pisodes en un, constituĂ©s de spams rĂ©ellement reçus sur ma boĂ®te miel. (De rien, c’est gratuit et ça le restera toujours.)

1.
Les propositions de base

  • Est-il possible de faire Ă©tablir des objets de marché ? Pas d’absence !
  • Seule ce steward est capable. Vos annonces raccourciront très peu de temps.
  • RĂ©jouis-toi Ă  chaque moment de tes vie. Comment savoir Ă  t’aimer, tu vas apprendre.
  • Comment les dĂ©cisions de rĂ©alisation changent-elles des vie ? ApprĂ©ciez et apprenez de quelle façon augmenter votre estime de son corps.
  • Amusement pour les plus jeunes et les adolescents et adultes grĂ¢ce Ă  des produits curieux et lumineux. Ce n’est pas seulement Ă  retrouver ici.
  • Es-tu dĂ©cevant? Pensez-vous qu’il n’y a pas de plaisir et de bonheur dans les choses? Aidez-vous Ă  jouir des choses.
  • Voulez-vous voir de vos spĂ©cifiques yeux de quelle façon des rĂ©ponses inhabituelles deviennent vĂ©ritables et attendues depuis des gĂ©nĂ©rations? Dans ce cas, les professionnels des surprises travaillent.
  • Vous Ăªtes assurĂ© d’une intuition sympathique et nerveux, grĂ¢ce Ă  des Ă©motions lumineux et des images joyeuses. Supprimez clairement de l’ensemble des fĂªtes actuels et allez Ă  ce moment.
  • Voulez-vous prĂ©senter un commission renouvelĂ© Ă  vos enfants et ripailler avec eux? Le monde du divertissement est au rendez-vous ! Ceci et non seulement potentiellement trouvĂ© message.
  • Si les choses est pleine de Ă©tonnement inconfortables, vous avez la possibilitĂ© de venir Ă  cet endroit et vous amuser. Je le fais depuis très longtemps, et ma vie barbant et triste a un certain temps Ă©tĂ© au prĂ©alable.
  • Quoi de plus exceptionnel que de monter un mirage en autrefois? La certitude potentiellement magique avec ce programme.
  • Si vos rituels ne sont plus agrĂ©ables et que les choses est simple, vous dĂ©sirez la diversifier d’une façon ou d’une autre, pour ne pas plonger totalement dans votre destin quotidienne. Qu’est-ce que c’est-Ă -dire? Plus de dĂ©tails sont dĂ©crochĂ©s Ă  ce moment.
  • Votre rĂ©flexion est choquante si vous lisez. La vie ne sera pas la mĂªme, et s’il vous plaĂ®t.
  • Toutes les orientations globales sont prises sponte sua. Nous allons vous donner le pouvoir Ă  apprendre de quelle manière rendre la vie plus simple. Je propose de s’assurer prĂ©sentement.
  • Il existe toujours bernique de non standard, tout Ă©ventuellement dĂ©cidĂ© vite. Comment trouver cette bonheur, vous serez informĂ©s.
  • Que puis-je faire pour gagner en popularitĂ©? Vous aurez besoin non seulement de police d’assurance pour cela.
  • Des entortillĂ© sont rĂ©solues? Ou avez-vous besoin d’attendre de l’aide dans la problĂ©matique? Dans ce cas, je suis sur ce site et ma vie a brusquement changĂ© pour le plus.
  • Dans l’hypothèse ou la culture gĂ©nĂ©rale intĂ©ressante est pour vous des mots vides, alors regardez.
  • Les problèmes les plus graves qui se trouvent insolubles sont des rĂ©ponses franches. Il est une nĂ©cessitĂ© absolue d’effectuer que la rĂ©alitĂ© est plus proche que vous ne le rĂ©flĂ©chissez.
  • Une information mythologique vous fera voir le monde  Il s’avère  qui se fait bernique que vous n’avez pas encore connu.
  • Si vous me montrez les sources les plus visitĂ©es sur votre ordinateur, je peux vous dire quel modèle de rĂ´le vous avez. Vous serez informĂ©s sur ces mĂ©thodes et beaucoup d’autres mĂ©thodes de psychanalyse.

Mais ça, ça n’Ă©tait pas assez mystique. Voici donc, nouveautĂ© et toujours sous forme de citations authentiques tirĂ©es de spams…

2.
Les mentions techniques

  • Un gĂ¢teau sec si il existe un petit recueil qui rĂ©clame l’autorisation de s’avĂ©rer Ăªtre placĂ© sur le enregistrement dur de votre ordinateur. Une fois que vous Ăªtes oui, le index est mouche et le cookie aide Ă  solutionner le traite Web ou vous permet de dĂ©couvrir quand vous visitez un site particulier. Les cookies permettent aux applications Web de vous vous apporter des rĂ©ponses comme qu’individu. L’application Web peut arranger ses procĂ©dĂ©s Ă  vos objectifs, goĂ»ts et aversions en recueillant ainsi qu’en retenant vos rĂ©ponses sur vos choix.

  • Nous utilisons des cookies de journal de commerce pour test les pages utilisĂ©es. Cela nous aide d’Ă©lucider les donnĂ©es sur le trafic de la page Web et Ă  simplifier notre but de besoins de la clientèle. Nous utilisons uniquement ces prĂ©cisions Ă  des rĂ©sultat de mĂ©trique mĂ©compte, puis les donnĂ©es sont supprimĂ©es du système. La reproduction est nĂ©anmoins interdite sinon que suivant l’avis de droit d’auteur, qui est membre de ces formulation et circonstances. Toutes les modèles de vente reproduites lĂ -dessus site Web qui ne sont pas la propriĂ©tĂ© de l’exploitant ou dont la licence lui est attribuĂ©e sont reconnues dans le contenu du site Web. L’utilisation non autorisĂ©e de ce site peut donner lieu une griefs pour et / ou construire une faute pĂ©nale.

  • Bienvenue sur notre site dans le cas ou continuez Ă  chercher et nĂ©cessaire ce site Web, vous acceptez de respecter et d’Ăªtre liĂ© par les termes et conditions de prise en main prochains, qui, grĂ¢ce Ă  notre charte de confidentialitĂ©, rĂ©gissent la sexe des États-Unis avec vous dans le cas ou n’Ăªtes pas ensemble possĂ©dant une partie de ces phrasĂ©ologie et circonstances, s.v.p. ne pas appliquer l’url du site web Web. Vous acceptez de respecter et de s’avĂ©rer par prise en main suivants.

  • Nous ne vendrons, distribuerons ou louerons vos informations spĂ©ciales aux troisième que si nous avons votre autorisation ou mais dans le cas oĂ¹ la ligne l’exige. Nous pouvons exĂ©cuter vos informations personnelles pour vous envoyer des info promotionnelles sur des tiers ainsi que nous constatons les choses susceptibles de vous lacer si vous nous pensĂ©s que vous souhaitez que cela se produise. Vous avez la possibilitĂ© de demander des critères sur les donnĂ©es humaines que nous dĂ©tenons Ă  votre contexte en raison de la Loi sur la protection des chiffres de 2001. Des coĂ»ts minimes seront exigĂ©s. Pour obtenir une feuillage de l’information qui vous a Ă©tĂ© transmise, veuillez nous mettre.

  • En cas, nous serons gĂ©rants d’une perte ou mal, notamment sans limitation, baisse ou dĂ©savantage penchĂ© ou inhĂ©rent, mais Ă©galement de toute baisse ou atteinte induit par la perte de donnĂ©es ou des bienfaits arrivant de , ou en du sexe avec , l’usage de ce site. GrĂ¢ce Ă  ce site Web, vous Ăªtes en mesure de crĂ©er des liens vers d’autres sites web qui ne sont effectivement pas sous le contrĂ´le des États-Unis. Nous n’avons aucun est en contrĂ´le de sur la type , le texte et la disponibilitĂ© de ces sites. L’inclusion de tout liaison n’implique pas nĂ©cessairement une guide ou ne souffert pas aux avis exprimĂ©es en leur sein.

  • Dans le bloc, les cookies nous aident Ă  vous procurer un meilleur site Web en nous offrant la possibilitĂ© de occuper les pages que vous dĂ©couvrez obligatoires et ce qui ne le sont pas. Un biscuit ne nous donne nib quinconce Ă  votre ordinateur ni Ă  aucune information vous Ă  propos d’Ă  l’exception des chiffres que vous dĂ©cidez d’Ă©changer avec nous. Tu peux choisir d’accepter ou alors de avoir envie les cookies. Vous avez la possibilitĂ© de frĂ©quemment remanier les paramètres de votre explorateur web pour refuser les cookies si vous dĂ©sirez. Cela peut vous retient de jouir foncièrement du site Web.

  • Vous avez la possibilitĂ© de choisir de enfermer la rĂ©colte ou l’utilisation de vos prĂ©cisions propres Ă  chacun de la manière chauffeur : chaque fois que vous Ăªtes invitĂ© Ă  empiler une page dans le contenu du site Web , recherchez la scenario sur laquelle vous pouvez cliquer pour spĂ©cifier que vous ne dĂ©sirez pas que l’information soit utilisĂ© par qui le souhaitait Ă  des bout de publicitĂ© amour si vous aurez dĂ©jĂ  admis que nous utilisions vos infos intimes aux mort de publicitĂ© immĂ©diate, vous pouvez changer d’opinion n’importe quand en nous scripteur ou en nous expĂ©diant un mail .

  • Un biscuit si il existe un petit programme qui demande l’autorisation d’Ăªtre placĂ© sur le disquette difficile de votre poste informatique [tout moi : je suis le disquette difficile de mon poste informatique]. Une fois que vous Ăªtes entendu, le Ă©tat est moumoute et le gĂ¢teau sec favorise rĂ©gler le trafic Web ou vous offre de savoir quand vous venez dĂ©couvrir un site particulier. Les cookies permettent aux applications Web de vous rĂ©pondre en tant qu’individu. L’application Web peut coller ses coups Ă  vos dĂ©sirs, goĂ»ts et rĂ©pugnance en collectant et en mĂ©morisant vos rĂ©ponses sur vos choix.

  • Un gĂ¢teau sec ne nous propose bagatelle ruelle Ă  votre poste informatique ni Ă  aucune information vous Ă  propos d’Ă  l’exception des donnĂ©es que vous choisissez d’Ă©changer avec nous. Tu peux choisir d’accepter ou bien de envier les cookies. Ni nous ni aucun tiers ne fournissons de garantie mais aussi de garantie Ă  propos de l’exactitude, la ponctualitĂ©, la exploit, l’exhaustivitĂ© ou la Ă -propos des informations et des matĂ©riaux dĂ©crochĂ©s ou offerts sur ce site Web dans le but de fournir un utilisation particulier. Vous reconnaissez que ces prĂ©cisions et annales vont pouvoir apprĂ©hender des inexactitudes ou des illusions et nous excluons clairement toute devoir pour de telles inexactitudes ou bĂ©vues dans toute la mesure permise par la règlement.

  • Ce courriel et les pièces jointes peuvent Ăªtre confidentiels et sont destinĂ©s seulement Ă  l’utilitĂ© de la personne duquel ils sont adressĂ©s. Toutes la philosophie ou opinions exprimĂ©es sont seulement celle de l’auteur et ne reprĂ©sentent pas nĂ©cessairement celles des États-Unis. Dans le cas ou n’Ăªtes pas le allocutaire de cet courriel, vous ne devez rĂ©aliser aucune action selon ses textes, ni le sembler ou le prouver Ă  tout le monde. Veuillez contacter l’expĂ©diteur si vous rĂªvez avoir encaissĂ© cet courriel par erreur. Les informations contenues dans ce site sont Ă  rang d’information seulement. L’information est carrĂ©e par US et bien que nous nous efforcions de maintenir les dĂ©clarations habituĂ© et correctes, nous ne faisons aucune vision ou assure d’aucune sorte, expresse ou Ă©quivoque, sur l’exhaustivitĂ©, l’exactitude, la rĂ©solution, la pertinence ou la dĂ©lai de validitĂ© du site ou les informations, packs, services ou graphismes mĂªlĂ©s textes dans le contenu du site Web Ă  quelque issue que ce soit. Toute renonciation que vous accordez Ă  ces informations est ainsi lĂ©gèrement Ă  toutes vos dangers et pĂ©rils.

  • Le contenu des web pages de ce site est pour votre plus value gĂ©nĂ©rale et utilisation seulement. Un subversion sans demander est possible. Ce site internet fait l’usage de cookies pour suivre les goĂ»ts de dĂ©placement. dans le cas ou autorisez l’usage de cookies, les donnĂ©es spĂ©ciales suivantes peuvent Ăªtre stockĂ©es par nous pour usage par des tiers. Toutes les marques de vente reproduites sur ce site Web qui ne sont pas la propriĂ©tĂ© de l’exploitant ou dont la licence lui est attribuĂ©e sont reconnues sur le site Web. L’utilisation non officielle de ce site peut prendre naissance une plainte pour et / ou constuire une transgression pĂ©nale.

  • Ce site y a de l’Ă©quipement qui nous dĂ©pend ou qui nous est acceptĂ© sous autorisation . Ce concret inclut, mais n’est pas limitĂ© Ă , la fabrication, la mise en page, l’apparence, la forme et les dessins. Les prĂ©cisions contenues dans ce site sont Ă  place d’actualitĂ© seulement. L’information est fournie par US. Toute concession que vous accordez Ă  ces prĂ©cisions est donc simplement Ă  toutes vos risques et pĂ©rils.  Des fois , ce site Web peut Ă©galement comprendre des liens vers d’autres sites web. Ces backlinks sont dĂ©livrĂ©es pour votre commoditĂ© dans l’optique de procurer plus questions. Ils ne signifient pas que nous approuvons les suppĂ´ts. Nous n’avons aucune gĂªne pour le rĂ©dactionnel du ou des sites internet dus. Votre utilisation de ce site Web et tout discorde Ă©tant d’une telle usage du site Web sont soumis aux lois d’Angleterre, d’Irlande, du Haute-Vienne, d’Écosse et du Pays de Galles.

Pas mieux pour le moment.

Saisir un modèle par ses anses

Photo : Bertrand Ferrier

– T’as pas l’occasion d’aller au musĂ©e ? T’as qu’Ă  faire des photos de meuhwa.
– Genre quoi comme photo ?
– Ben genre ça.

Photo : Bertrand Ferrier

– Tu penses que ça passe ?
– Bien sĂ»r ! Un chien, tout le monde trouve ça trop mimi.
– Mais on Ă©tait parti sur un projet artistique, note bien.
– Absolument : artistique trop mimi. Tout moi. Chu mimi, non ?

Photo : Bertrand Ferrier

– Attends, c’est pas la question. C’est juste que, par ma foi, on peut pas rrrre-faire un post que de photos noir et blanc d’un chien.
– Bouge pas, je te rĂ©ponds en image. La lĂ©gende, c’est : « T’es sĂ»r ? »

Photo : Bertrand Ferrier

– Alors ?
– Oh, tu fais suer.
– Super. Au fait, de rien. La prochaine fois, tu prendras le bus (pour aller au musĂ©e).

Photo : Bertrand Ferrier

 

Choyons pas siens


– L’important, c’est le son.
– Dans la prĂ©cision esthĂ©tique, tout de mĂªme.
– Il est vrai que le show-off orientĂ© autour du naming doit cesser.
– Le musicien est itou un facteur prĂ©cieux.
– N’oublions pas le luthier.
– Certes.

C’est pas ma faute Ă  moi…


… si c’est lĂ  que l’on range les clefs de l’orgue dans certaine Ă©glise. Tsss. Enfin. Bien.

It was IRL, it was no fantasy


Quand la feuille paroissiale confirme que ta vie d’organiste Ă©tait, ce tantĂ´t, plutĂ´t un grand vide d’organiste.

Hot travail


RĂ©pĂ©titions de fin d’Ă©tĂ©. Des moments de passion partagĂ©e…


… oĂ¹ toute l’attention est focalisĂ©e sur la musique qu’il convient d’intĂ©roriser.


Que d’Ă©motions en perspective, pouĂ«t !