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Le blog de Bertrand Ferrier, page 274

Claudia et Grégory Moulin, Institut Goethe, 9 janvier 2018

M. Piano BlĂ¼thner, GrĂ©gory Mouline et Claudia Galli-Moulin. Photo juste bonne pour le souvenir, c’est dĂ©jĂ  ça : Bertrand Ferrier.

Dans la série « Classique en suites », François Segré proposait, ce 9 janvier, le duo Moulin & Moulin, constitué de la soprano italo-lusitano-luxembourgeoise Claudia ex-Galli, adepte de photos volontiers, euh, charnues, et du pianiste drômois, Grégory, passé par l’atelier lyrique de l’opéra de Paris, institution apparemment plus douée pour choisir ses chefs de chant que ses metteurs en scène. Afin de célébrer leur premier récital 2018, les artistes ont choisi la carte de l’opulence, avec pas moins de vingt lieder au programme. Le principe : des blocs de 2+2 mélodies, Wolf-Strauss, Berg-Strauss, Brahms-Strauss, von Zemlinsky-Strauss, Korngold-Strauss. Un projet d’1 h 20 avec entracte, suscitant les questions régulières du vieux d’à côté s’enquérant auprès de sa nénette : « Il en reste combien ? » Du danger de promettre un coup à boire aux malotrus qui fréquentent les concerts parisiens…
Ă€ la dĂ©charge du gros con, il faut reconnaĂ®tre l’unitĂ© de la set-list. En refusant la progression thĂ©matique ou chronologique ; en choisissant, par-delĂ  les spĂ©cificitĂ©s d’écriture, la cohĂ©rence stylistique d’un lied romantique ou post-romantique ; en privilĂ©giant la caractĂ©risation par pièce plutĂ´t que le contraste Ă©vident d’atmosphère, le duo prend le risque de perdre les oreilles distraites, et c’est tout sauf un dĂ©faut. Visiblement, il compte sur trois atouts pour dissoudre ce risque : la qualitĂ© des Å“uvres, le talent musical des artistes et leurs particularitĂ©s (sens de la prĂ©sentation concise de GrĂ©gory qui s’affine au cours du rĂ©cital, prĂ©sence scĂ©nique de Claudia). Bien sĂ»r, en bon grincheux, on regrette l’absence de traduction au moins des titres – que le pianiste sent puisqu’il traduira les derniers –, d’autant que le programme complet n’était pas disponible avant pour les auditeurs de ma race – incultes mais consciencieux : dans un lied, le sens du texte, ça compte ! Mais on applaudit le rĂ©sultat musical.

Entracte BlĂ¼thner dans la salle comble de l’Institut Goethe. Photo : Bertrand Ferrier.

En effet, la soprano sonne comme une ancienne mezzo reconvertie, ce qui est loin, bien loin dâ€™Ăªtre une insulte (rendez-nous Violeta Urmana Ă  Paris, bon sang !). Son mĂ©dium est charnu (formidables douces chansons d’amour pour « Leise Lieder »), et ses aigus, après deux lieder hĂ©sitants, s’assouplissent petit Ă  petit. Comme on est snob jusqu’au bout, on mettra deux petits bĂ©mols pour attĂ©nuer ces grands dièses : peut-Ăªtre une lĂ©gère tendance Ă  abuser des ports de voix et des sons dĂ©timbrĂ©s (surtout sur la seconde partie) ; et peut-Ăªtre les notes dĂ©passant le la au-dessus de la portĂ©e manquent-elles d’un chouĂ¯a de rondeur aux oreilles des zozos oxymoriques qui, eh bien, aiment les rondeurs aiguĂ«s. MalgrĂ© le plaisir de la fine bouche, typique du petit critique, rien de rĂ©dhibitoire, oh non : on apprĂ©cie le sens de l’expression de la soprano, comme quand elle donne Ă  vivre l’éclosion tardive du dahlia donc de l’amour (« Die Georgine ») alors que, mĂªme traduit en français, le texte est pas hyperclair ; plaisante aussi est sa capacitĂ© Ă  crĂ©er un climat de confidence pour nous souffler Ă  notre oreille personnelle qu’elle craint que le petit jour nous sĂ©pare d’elle (« Die nacht »), ce qui est, malgrĂ© qu’on en ait ou pas, tout Ă  fait flatteur ; et, mĂªme si les dĂ©parts en commun manquent parfois de nettetĂ©, pertinente est la complicitĂ© entre les deux musiciens pour rendre les contrastes de la tempĂªte qui se repose enfin (« Ruhe, meine Seele! »).
Pour la soutenir, le piano de GrĂ©gory Moulin est prĂ©cis, fin, vivant. Admirable est la façon dont il restitue l’ambiguĂ¯tĂ© des jours d’étĂ© que remplit le « bleu Ă©ternel » au point de rĂ©duire au silence un cÅ“ur trop plein (« Sommertage » sur une musique d’Alban Berg) ; prĂ©cieux est l’art qui l’aide Ă  distiller les pleins et dĂ©liĂ©s bleus de « Blauer Sommer », ou les rares moments d’énergie distillĂ©s en Ă©clats brillants mais subtils (« Junge Lieder I » musiquĂ© par Johannes Brahms, « Wir sollten wir geheim sie halten », chantant l’impossibilitĂ© de tenir secrète la jubilation qui bouillonne dans l’interprète) ; sĂ»r est son sens du discours dans les pièces plus longues, au motif ressassĂ©, comme le « Sterbelied », chant du mourant souvent rĂ©quisitionnĂ© par les mezzos. Ne semblant dĂ©rangĂ© ni par l’accumulation de notes ni par la nĂ©cessitĂ© de nuancer et de suivre le souffle de sa partenaire, jamais soucieux de se mettre en avant, toujours capable de faire sonner sa partie en privilĂ©giant la ligne ou l’énergie qui dialogue le mieux avec sa complice, GrĂ©gory Moulin sĂ©duit presque autant qu’impressionnait Maciej Pikulski jadis.

Claudia Moulin lailleve Ă  l’Institut Goethe. Photo moche mais bon : Bertrand Ferrier.

En conclusion, un programme ambitieux, sans concession mais sans chichi, permettant au public français de dĂ©couvrir une soprano expĂ©rimentĂ©e et un pianiste remarquable dans des pièces passionnantes. Chapeau bas aux artistes pour le talent et la spontanĂ©itĂ© qui perce çà et lĂ  en cours de route (quasi Ă©mouvant bis « en version salon », excellente idĂ©e !), bravo aux organisateurs pour cette soirĂ©e dont le prix maxi Ă©tait fixĂ© Ă  10 €, pot final (incluant des cornichons, chic) inclus, et vivement le 6 fĂ©vrier, car Corinne Kloska jouera alors du Bach au piano. Y a de quoi faire. Inch’Allah on y sera. Si vous Ăªtes franciliens ce jour-lĂ , mĂªme si on nous a offert notre place et donc que notre avis est sponsorisĂ©, venez. On n’a pas peur de dire que ce sera forcĂ©ment bien ; car, si on y va et que c’est pas bien, ben, on le dira. Na. (Non mais.) (Allez, on boucle.)

Ça approche…

Musique sĂ©farade, Purcell, Vivaldi, Haendel, Pergolese, Bach, FaurĂ©, Alain, Messiaen, improvisations… On voulait faire plus chic, ce samedi. Une fois encore, on a lamentablement Ă©chouĂ©. Comme l’entrĂ©e est libre, vous pouvez quand mĂªme venir ouh-ouhter Ă  peu de frais la soprano Emmanuelle Isenmann et son fidèle complice Olivier Willemin Ă  l’orgue. Si on ne nous met pas trop de bĂ¢tons dans les roues, on essayera de monter l’Ă©cran gĂ©ant promis, voire : l’Ă©cran gĂ©ant, promis. ParaĂ®t qu’un peu de suspense n’a jamais nui, alors bienvenue.

Cat in the box

Allez, pour faire un bisou aux « bonnes Ă¢mes » qui dĂ©noncent certains posts de ce site Ă  tel ou tel curĂ© en espĂ©rant rĂ©cupĂ©rer mon poste de rganiss, une visite pour rien : voici juste une jolie photo de pikifa prise par JosĂ©e Novicz lors d’un repas commun chez un hautboĂ¯ste jouant des thèmes tibĂ©tains au cor anglais, ce qui n’est pas rien.
Toutefois, bien entendu, cela n’interdit pas Ă  ces salopes, pardon, Ă  ces dĂ©latrices anonymes, que dis-je, Ă  ces bonnzam de merde, de visualiser, derrière le sac, un mĂ©dius prĂ©alablement humectĂ© puis tendu bien haut Ă  leur intention. Nous sont libres, mĂ¢rde.

Laure Striolo et Hervé Dupuis chantent Schumann et Liszt

Laure Striolo. Photo : Bertrand Ferrier.

Impressionnant. Dans un programme magnifique pour l’auditeur mais tissĂ© d’exigences pour les interprètes, Laure Striolo, rĂ©cente Traviata (et artiste Komm, Bach!), s’apprĂªte Ă  sĂ©duire par ses trois talents : son art lyrique (souffle, projection, sensibilitĂ©), son sens de l’interprĂ©tation (contrastes, nuances, sens du texte) et sa prĂ©sence scĂ©nique. Lors de la gĂ©nĂ©rale, nous avons eu la chance de dĂ©couvrir son quatrième talent : HervĂ© Dupuis, pianiste brillant et accompagnateur attentionnĂ©. Comme il ressemble Ă  Antoine de Caunes, on l’a dĂ©capitĂ© pour la photo, mais rassurez-vous : dans la vraie vie, sa tĂªte fonctionne aussi bien que ses doigts.

Hervé Dupuis (extrait). Photo : Bertrand Ferrier.

En rĂ©alitĂ©, il reste trois talents Ă  apprĂ©cier pour comprendre pourquoi il faut absolument aller plaudir ces zozos ce dimanche. Le cinquième talent, c’est l’entrĂ©e gratuite (libre) pour une set-list pyrotechnique : « Les amours du poète » de Heinrich Heine et Robert Schumann enchaĂ®nĂ© ou presque avec les « Trois sonnets » associant PĂ©trarque et Franz Liszt. Une heure de chant-et-piano virtuose gratos pour les pauvres et les avaricieux.

Vue de la scène (quart-de-queue Kawai,décor : Laure Striolo). Photo : Bertrand Ferrier.

Le sixième talent, c’est le lieu. Un thĂ©Ă¢tre modulable, passant de salle de cabaret Ă  salle de concert chic, selon les projets, profitant d’un Kawai de qualitĂ© et d’une acoustique bien-sonnante. Et le septième talent, c’est l’idĂ©e d’associer une rĂ©citante rĂ©ellement comĂ©dienne au projet, afin de lire avec tact mais sans excès de thĂ©Ă¢Ă¢Ă¢Ă¢Ă¢Ă¢tre les textes, traduits en français, que Laure Striolo chantera ensuite en allemand.

Christiane Corthay, récitante. Photo : Bertrand Ferrier.

On l’aura compris, l’endroit oĂ¹ aller, ce dimanche 7 janvier Ă  19 h 30 trĂ©buchantes, c’est aux Rendez-vous d’ailleurs (109, rue des Haies | Paris 20) pour le rĂ©cital titulĂ© De l’Elbe au Danube. On peut s’y prĂ©parer en rĂ©servant un siège ici. On pourra ensuite retrouver HervĂ© Dupuis dans de nombreux projets divers : le spectacle « Hommage Ă  Jack Ledru » (Rendez-vous d’ailleurs, dimanche 21 janvier, 19 h 30, entrĂ©e libre) ; le rĂ©cital Bachopin, (Rendez-vous d’ailleurs, les samedis 20, 27 janvier et 3 fĂ©vrier Ă  16 h) ; et le spectacle Kreisleriana au thĂ©Ă¢tre du Gouvernail du 19 fĂ©vrier au 2 mars (sauf 24 et 25 fĂ©vrier). Bonnes dĂ©couvertes aux curieux !

Mallemonde est (bientĂ´t) sur le retour !

Alors que se profile un dĂ©jeuner de travail avec Mr Maxime Fontaine en personne, the co-auteur of this trilogie, voici que s’accĂ©lère la prĂ©paration du lancement de TĂ©nĂ©bria. Il vous reste Ă  peine quelques semaines pour Ăªtre au point, vous aussi, en sirotant çà Ézoah, lĂ  Immemoria !

Louis Sachar est (bientĂ´t) sur le retour !

PrĂ©parez-vous Ă  la suite de L’École Zarbi en rĂ©visant, c’est hyper bien pensĂ©, le dĂ©but, encore un peu disponible ici !

Les fĂªtes passĂ©es annoncent les prochaines

Just believe.

Ensemble Perspectives, Songs of Experience, Outhere Music

Dans le beau disque de l’Ensemble Perspectives, impressionnant par sa maĂ®trise technique et son constant souci d’excellence musicale, il y a le savoir-faire d’arrangeurs excellents, la qualitĂ© de la production, le talent et le travail collectif de Mathilde Bobot, Marie Pouchelon, Sean Clayton, Romain Bockler, mais aussi, Ă  la base, la provocation du brillant baryton Geoffroy Heurard. Fonder un quintette vocal, orientĂ© lyrique-mais-pas-que, dans une France qui ne regorge pas de ce genre de formation classique Ă  haut niveau, est-ce une bonne idĂ©e ou un dĂ©fi facĂ©tieux d’artistes cherchant Ă  se distinguer ?
Après de nombreux spectacles, le deuxième disque du combo, en partie financĂ© par le crowdfunding, rĂ©pond. Et il atteste, sans surprise, qu’il s’agit d’un projet rĂ©ellement musical, dont nous rendions compte ici tantĂ´t. Songs of Experience embrasse six siècles de musique, de Thomas Tallis Ă  David Bowie. L’ensemble des pièces est traitĂ© avec la mĂªme attention au rendu, Ă  l’expression et Ă  la justesse d’intonation. L’auditeur ne peut quâ€™Ăªtre happĂ© par cette association entre, d’une part, cinq voix distinctes formant un tout et, d’autre part, six siècles de composition rassemblĂ©es dans un son reconnaissable.

Photo : Sandrine Expilly. Avec l’aimable autorisation de l’Ensemble Perspectives.

Toutefois, d’emblĂ©e, prĂ©venons les oreilles distraites : Songs of Experience n’est pas fait pour elles. Parce que la première piste, ouvrant façon pop d’Ă©lite sur David Bowie, est une fausse piste. Et parce que, Ă  force de commander des arrangements chic donc gouleyants mais un peu uniformes, Ă©vitant toute forme d’outrance caricaturante dans la caractĂ©risation des pièces quintettisĂ©es, l’ensemble Perspectives peut paraĂ®tre Ă©craser, pas pu m’en empĂªcher, les perspectives. Écoutez Ă  la suite les plages 6 et 7, arrangĂ©es avec brio par Vincent Manac’h : la spĂ©cificitĂ© des harmonies de Maurice Ohana par rapport Ă  « Black is the color of my true love’s hair » n’apparaĂ®t pas avec acuitĂ© Ă  un cerveau distrait. Ce dĂ©faut apparent exige l’Ă©coute, ce qui affaiblit le qualificatif de « dĂ©faut ». En effet, il faut rendre justice Ă  cette ambition de chanter dans un mĂªme souffle trois types de rĂ©pertoire : la variĂ©t’ bon teint (Bowie, Brel, Salvador), la musique Renaissance et les compositions, en gros, du dĂ©but du xxe siècle.
Or, le rĂ©sultat est toujours remarquable d’artisanat (excellents arrangements de Philip Lawson, Étienne Planel, Vincent Manac’h et Libby Larsen, contrairement Ă  ce que nous supputions avec une fatuitĂ© ridicule lors de notre prĂ©cĂ©dent compte-rendu – j’ai laissĂ© tel parce que, faut bien le dire, parfois, le critique qui s’y croit Ă©crit des bĂªtises, Ă  quoi bon le cyberbiffer), et rĂ©alisĂ© avec une finesse et un sens du dĂ©tail que la prise de son de Ken Yoshida valorise. C’est donc dans cette globalitĂ© qu’il faut apprĂ©cier le travail de la bande Ă  Mr Heurard, mĂªme si des questions se posent : ce souci de cohĂ©rence ne risque-t-il pas d’effacer quelques aspĂ©ritĂ©s et diffĂ©rences qui eussent pu paraĂ®tre bienvenues ? le dĂ©sir d’Ăªtre perpĂ©tuellement so chic n’entraĂ®ne-t-il pas un manque de dĂ©prise dans les chansons contemporaines (ironie totalement absente de « Syracuse », sĂ©rieux plombant un peu « Bruxelles » alors que, Ă  sa façon, la concurrence sur ce crĂ©neau semble un brin plus pertinente, des Cinq de chÅ“ur aux Jambons reprenant a capella « Antisocial ») ?

Photo : Sandrine Expilly. Avec l’aimable autorisation de l’Ensemble Perspectives.

Sans doute, dans ce questionnement, rĂ©side-t-il une partie de l’identitĂ© de Perspectives. Grande et louable est son exigence, qui pousse le quintette Ă  refuser le contraste diffĂ©renciant au profit de l’unitĂ© du rĂ©pertoire. Ce nonobstant, carrĂ©ment, peut-Ăªtre certains verront-ils dans ce qui peut passer pour une ravissante indiffĂ©renciation, une piste d’approfondissement du travail : la cohĂ©rence vocale et la qualitĂ© musicale Ă©tant assurĂ©es, peut-Ăªtre serait-il judicieux d’oser, avec dĂ©licatesse mais sans tabou, prĂ©ciser l’interprĂ©tation des diffĂ©rents genres – notamment, pour ce qu’aussi loin je suis concernĂ©, le sens des chansons, fussent-elles arrangĂ©es avec noblesse donc frisant, faute de rendu adaptĂ©, le contresens.
Pour conclure, saluons les qualitĂ©s de ce disque : original, uni, ambitieux, techniquement sĂ©duisant et, Ă  l’ère du mp3 rĂ©ducteur, habillĂ© d’un bel objet physique malgrĂ© une relecture perfectible (Philip Lawson sans cap sur le premier titre, graphie du castillan mal maĂ®trisĂ©e, nom des auteurs/compositeurs inĂ©galement annoncĂ©s : n’est-il pas paradoxal que les paroles soient inscrites sous le seul nom du compositeur – le cas de la « batucada » offrant un nouveau cas d’amĂ©lioration pour les fanatiques du dĂ©tail ?). Bref, une dĂ©couverte vivement conseillĂ©e pour sa qualitĂ© d’ensemble et les vraies questions qu’elle agite.

Le réveillon est loin, la glotte est sèche

Bertrand Ferrier et Jean Dubois by Rozenn Douerin

Aujourd’hui, on n’arrĂªte pas les rĂ©veillons pour des raisons mĂ©dicales.

Bonne année !


C’Ă©tait bien parti. Je rentrais avec un plantigrade prĂªtĂ© pour l’occasion, qui souhaitait kiffer la vaillebe en Ă©coutant « Rires et chansons ». Et puis tout est allĂ© trrrès vite. Une serrure qui refuse de s’ouvrir. La nĂ©cessitĂ© ce nonobstant de se glisser Ă  l’abri. Le troc d’un matelas confortable contre un parquet de tribune d’orgue. Et, heureusement, un chien qui assure ta sĂ©curitĂ©, dans l’immensitĂ© nocturne d’une Ă©glise parisienne.


Un radiateur en plus et un pote serrurier, l’annĂ©e aurait, finalement, pas commencĂ© si mal. Mais bon, ne m’appelez pas bonne annĂ©e, merci.