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Le blog de Bertrand Ferrier, page 274

Cat in the box

Allez, pour faire un bisou aux « bonnes Ă¢mes » qui dĂ©noncent certains posts de ce site Ă  tel ou tel curĂ© en espĂ©rant rĂ©cupĂ©rer mon poste de rganiss, une visite pour rien : voici juste une jolie photo de pikifa prise par JosĂ©e Novicz lors d’un repas commun chez un hautboĂ¯ste jouant des thèmes tibĂ©tains au cor anglais, ce qui n’est pas rien.
Toutefois, bien entendu, cela n’interdit pas Ă  ces salopes, pardon, Ă  ces dĂ©latrices anonymes, que dis-je, Ă  ces bonnzam de merde, de visualiser, derrière le sac, un mĂ©dius prĂ©alablement humectĂ© puis tendu bien haut Ă  leur intention. Nous sont libres, mĂ¢rde.

Laure Striolo et Hervé Dupuis chantent Schumann et Liszt

Laure Striolo. Photo : Bertrand Ferrier.

Impressionnant. Dans un programme magnifique pour l’auditeur mais tissĂ© d’exigences pour les interprètes, Laure Striolo, rĂ©cente Traviata (et artiste Komm, Bach!), s’apprĂªte Ă  sĂ©duire par ses trois talents : son art lyrique (souffle, projection, sensibilitĂ©), son sens de l’interprĂ©tation (contrastes, nuances, sens du texte) et sa prĂ©sence scĂ©nique. Lors de la gĂ©nĂ©rale, nous avons eu la chance de dĂ©couvrir son quatrième talent : HervĂ© Dupuis, pianiste brillant et accompagnateur attentionnĂ©. Comme il ressemble Ă  Antoine de Caunes, on l’a dĂ©capitĂ© pour la photo, mais rassurez-vous : dans la vraie vie, sa tĂªte fonctionne aussi bien que ses doigts.

Hervé Dupuis (extrait). Photo : Bertrand Ferrier.

En rĂ©alitĂ©, il reste trois talents Ă  apprĂ©cier pour comprendre pourquoi il faut absolument aller plaudir ces zozos ce dimanche. Le cinquième talent, c’est l’entrĂ©e gratuite (libre) pour une set-list pyrotechnique : « Les amours du poète » de Heinrich Heine et Robert Schumann enchaĂ®nĂ© ou presque avec les « Trois sonnets » associant PĂ©trarque et Franz Liszt. Une heure de chant-et-piano virtuose gratos pour les pauvres et les avaricieux.

Vue de la scène (quart-de-queue Kawai,décor : Laure Striolo). Photo : Bertrand Ferrier.

Le sixième talent, c’est le lieu. Un thĂ©Ă¢tre modulable, passant de salle de cabaret Ă  salle de concert chic, selon les projets, profitant d’un Kawai de qualitĂ© et d’une acoustique bien-sonnante. Et le septième talent, c’est l’idĂ©e d’associer une rĂ©citante rĂ©ellement comĂ©dienne au projet, afin de lire avec tact mais sans excès de thĂ©Ă¢Ă¢Ă¢Ă¢Ă¢Ă¢tre les textes, traduits en français, que Laure Striolo chantera ensuite en allemand.

Christiane Corthay, récitante. Photo : Bertrand Ferrier.

On l’aura compris, l’endroit oĂ¹ aller, ce dimanche 7 janvier Ă  19 h 30 trĂ©buchantes, c’est aux Rendez-vous d’ailleurs (109, rue des Haies | Paris 20) pour le rĂ©cital titulĂ© De l’Elbe au Danube. On peut s’y prĂ©parer en rĂ©servant un siège ici. On pourra ensuite retrouver HervĂ© Dupuis dans de nombreux projets divers : le spectacle « Hommage Ă  Jack Ledru » (Rendez-vous d’ailleurs, dimanche 21 janvier, 19 h 30, entrĂ©e libre) ; le rĂ©cital Bachopin, (Rendez-vous d’ailleurs, les samedis 20, 27 janvier et 3 fĂ©vrier Ă  16 h) ; et le spectacle Kreisleriana au thĂ©Ă¢tre du Gouvernail du 19 fĂ©vrier au 2 mars (sauf 24 et 25 fĂ©vrier). Bonnes dĂ©couvertes aux curieux !

Mallemonde est (bientĂ´t) sur le retour !

Alors que se profile un dĂ©jeuner de travail avec Mr Maxime Fontaine en personne, the co-auteur of this trilogie, voici que s’accĂ©lère la prĂ©paration du lancement de TĂ©nĂ©bria. Il vous reste Ă  peine quelques semaines pour Ăªtre au point, vous aussi, en sirotant çà Ézoah, lĂ  Immemoria !

Louis Sachar est (bientĂ´t) sur le retour !

PrĂ©parez-vous Ă  la suite de L’École Zarbi en rĂ©visant, c’est hyper bien pensĂ©, le dĂ©but, encore un peu disponible ici !

Les fĂªtes passĂ©es annoncent les prochaines

Just believe.

Ensemble Perspectives, Songs of Experience, Outhere Music

Dans le beau disque de l’Ensemble Perspectives, impressionnant par sa maĂ®trise technique et son constant souci d’excellence musicale, il y a le savoir-faire d’arrangeurs excellents, la qualitĂ© de la production, le talent et le travail collectif de Mathilde Bobot, Marie Pouchelon, Sean Clayton, Romain Bockler, mais aussi, Ă  la base, la provocation du brillant baryton Geoffroy Heurard. Fonder un quintette vocal, orientĂ© lyrique-mais-pas-que, dans une France qui ne regorge pas de ce genre de formation classique Ă  haut niveau, est-ce une bonne idĂ©e ou un dĂ©fi facĂ©tieux d’artistes cherchant Ă  se distinguer ?
Après de nombreux spectacles, le deuxième disque du combo, en partie financĂ© par le crowdfunding, rĂ©pond. Et il atteste, sans surprise, qu’il s’agit d’un projet rĂ©ellement musical, dont nous rendions compte ici tantĂ´t. Songs of Experience embrasse six siècles de musique, de Thomas Tallis Ă  David Bowie. L’ensemble des pièces est traitĂ© avec la mĂªme attention au rendu, Ă  l’expression et Ă  la justesse d’intonation. L’auditeur ne peut quâ€™Ăªtre happĂ© par cette association entre, d’une part, cinq voix distinctes formant un tout et, d’autre part, six siècles de composition rassemblĂ©es dans un son reconnaissable.

Photo : Sandrine Expilly. Avec l’aimable autorisation de l’Ensemble Perspectives.

Toutefois, d’emblĂ©e, prĂ©venons les oreilles distraites : Songs of Experience n’est pas fait pour elles. Parce que la première piste, ouvrant façon pop d’Ă©lite sur David Bowie, est une fausse piste. Et parce que, Ă  force de commander des arrangements chic donc gouleyants mais un peu uniformes, Ă©vitant toute forme d’outrance caricaturante dans la caractĂ©risation des pièces quintettisĂ©es, l’ensemble Perspectives peut paraĂ®tre Ă©craser, pas pu m’en empĂªcher, les perspectives. Écoutez Ă  la suite les plages 6 et 7, arrangĂ©es avec brio par Vincent Manac’h : la spĂ©cificitĂ© des harmonies de Maurice Ohana par rapport Ă  « Black is the color of my true love’s hair » n’apparaĂ®t pas avec acuitĂ© Ă  un cerveau distrait. Ce dĂ©faut apparent exige l’Ă©coute, ce qui affaiblit le qualificatif de « dĂ©faut ». En effet, il faut rendre justice Ă  cette ambition de chanter dans un mĂªme souffle trois types de rĂ©pertoire : la variĂ©t’ bon teint (Bowie, Brel, Salvador), la musique Renaissance et les compositions, en gros, du dĂ©but du xxe siècle.
Or, le rĂ©sultat est toujours remarquable d’artisanat (excellents arrangements de Philip Lawson, Étienne Planel, Vincent Manac’h et Libby Larsen, contrairement Ă  ce que nous supputions avec une fatuitĂ© ridicule lors de notre prĂ©cĂ©dent compte-rendu – j’ai laissĂ© tel parce que, faut bien le dire, parfois, le critique qui s’y croit Ă©crit des bĂªtises, Ă  quoi bon le cyberbiffer), et rĂ©alisĂ© avec une finesse et un sens du dĂ©tail que la prise de son de Ken Yoshida valorise. C’est donc dans cette globalitĂ© qu’il faut apprĂ©cier le travail de la bande Ă  Mr Heurard, mĂªme si des questions se posent : ce souci de cohĂ©rence ne risque-t-il pas d’effacer quelques aspĂ©ritĂ©s et diffĂ©rences qui eussent pu paraĂ®tre bienvenues ? le dĂ©sir d’Ăªtre perpĂ©tuellement so chic n’entraĂ®ne-t-il pas un manque de dĂ©prise dans les chansons contemporaines (ironie totalement absente de « Syracuse », sĂ©rieux plombant un peu « Bruxelles » alors que, Ă  sa façon, la concurrence sur ce crĂ©neau semble un brin plus pertinente, des Cinq de chÅ“ur aux Jambons reprenant a capella « Antisocial ») ?

Photo : Sandrine Expilly. Avec l’aimable autorisation de l’Ensemble Perspectives.

Sans doute, dans ce questionnement, rĂ©side-t-il une partie de l’identitĂ© de Perspectives. Grande et louable est son exigence, qui pousse le quintette Ă  refuser le contraste diffĂ©renciant au profit de l’unitĂ© du rĂ©pertoire. Ce nonobstant, carrĂ©ment, peut-Ăªtre certains verront-ils dans ce qui peut passer pour une ravissante indiffĂ©renciation, une piste d’approfondissement du travail : la cohĂ©rence vocale et la qualitĂ© musicale Ă©tant assurĂ©es, peut-Ăªtre serait-il judicieux d’oser, avec dĂ©licatesse mais sans tabou, prĂ©ciser l’interprĂ©tation des diffĂ©rents genres – notamment, pour ce qu’aussi loin je suis concernĂ©, le sens des chansons, fussent-elles arrangĂ©es avec noblesse donc frisant, faute de rendu adaptĂ©, le contresens.
Pour conclure, saluons les qualitĂ©s de ce disque : original, uni, ambitieux, techniquement sĂ©duisant et, Ă  l’ère du mp3 rĂ©ducteur, habillĂ© d’un bel objet physique malgrĂ© une relecture perfectible (Philip Lawson sans cap sur le premier titre, graphie du castillan mal maĂ®trisĂ©e, nom des auteurs/compositeurs inĂ©galement annoncĂ©s : n’est-il pas paradoxal que les paroles soient inscrites sous le seul nom du compositeur – le cas de la « batucada » offrant un nouveau cas d’amĂ©lioration pour les fanatiques du dĂ©tail ?). Bref, une dĂ©couverte vivement conseillĂ©e pour sa qualitĂ© d’ensemble et les vraies questions qu’elle agite.

Le réveillon est loin, la glotte est sèche

Bertrand Ferrier et Jean Dubois by Rozenn Douerin

Aujourd’hui, on n’arrĂªte pas les rĂ©veillons pour des raisons mĂ©dicales.

Bonne année !


C’Ă©tait bien parti. Je rentrais avec un plantigrade prĂªtĂ© pour l’occasion, qui souhaitait kiffer la vaillebe en Ă©coutant « Rires et chansons ». Et puis tout est allĂ© trrrès vite. Une serrure qui refuse de s’ouvrir. La nĂ©cessitĂ© ce nonobstant de se glisser Ă  l’abri. Le troc d’un matelas confortable contre un parquet de tribune d’orgue. Et, heureusement, un chien qui assure ta sĂ©curitĂ©, dans l’immensitĂ© nocturne d’une Ă©glise parisienne.


Un radiateur en plus et un pote serrurier, l’annĂ©e aurait, finalement, pas commencĂ© si mal. Mais bon, ne m’appelez pas bonne annĂ©e, merci.

C’est rĂ©veillon ! C’est rĂ©veillon !

Le bruit s’est rĂ©pandu…

… les invitĂ©s du rĂ©veillon sont arrivĂ©s…

… et ils arrivent encore. Seigneur, je vois mĂªme un Ă©lĂ©phant rose punk !

En espĂ©rant que le temps m’attende quelque part

Quand tu es presque pas en retard, donc que ton métro se bloque, que tu te dis « pas grave, ça fera une photo pour le site », que la photo est pourrie et que, en plus, a y est, tu es en retard.