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Le blog de Bertrand Ferrier, page 236

Jean Olivet et Jean Dubois, L’Ogresse, 24 janvier 2019

Juste avant le show. Photo : Bertrand Ferrier.

RĂ©entendre Jean Dubois et dĂ©couvrir un autre Jean : l’affiche proposĂ©e par l’Ogresse ce 24 janvier paraĂ®t tout Ă  fait pĂ©tillante. Assez pour nous aspirer rue des Prairies – rue qu’aucun autochtone interviouvĂ© Ă  la sortie du mĂ©tro ne connaissait ou, Ă  tout le moins, ne situait avec une marge d’erreur raisonnable. Par chance, un retard adĂ©quat dans le dĂ©but des dĂ©bats du dĂ©bit nous permet d’arriver en avance sur le retard qui eĂ»t Ă©tĂ© vraiment un retard. Bref.

Jean Olivet. Photo : Bertrand Ferrier.

En première partie, Jean Olivet promène sa chanson Ă  l’ancienne avec des airs bonhommes. Sa voix ne nĂ©glige pas le vibrato sur moult finales, façon Julos Beaucarne (sans le mĂªme accent !). Elle n’hĂ©site pas non plus Ă  explorer avec une certaine adresse les hauteurs de son spectre. Le tour de chant lui-mĂªme est parsemĂ© de murmures amoureux (« Je te dirai des mots doux / Je mettrai des baisers dans le creux de ton cou ») et de quelques idĂ©es gourmandes, quoique en hommage Ă  Jean Cocteau (« Un souvenir s’est prĂ©sentĂ© devant ma porte / Il avait froid, il m’a souri / Il Ă©tait beau dans son habit de feuilles mortes »). Les musiques, souvent mĂ©lodieuses, sont parfois balayĂ©es par tel ou tel cers intertextuel. Ainsi de cette tramontane de « Comme d’habitude » qui souffle sur « La femme seule » au buffet de la gare de Narbonne – dont le texte Ă©voque bien sĂ»r « Le nouveau big bang » de Maurice Vallet.
Aussi, selon le goĂ»t de chacun, goĂ»tera-t-on plus ou moins ce moment paisible, sporadiquement habillĂ© par des contrechants, accompagnĂ© de prĂ©sentations systĂ©matiquement vintage (« alors, maintenant, la chanson qui suit, sur un texte de X, ça s’appelle Y », etc.) des introductions annonçant le thème par des lalalas ou des sifflements, des textes parfois sciemment naĂ¯fs (du type : « Père NoĂ«l, s’il te plaĂ®t / S’il te reste du blĂ© / Je suis sag’ comme un grand / J’voudrais un camion blanc » ou « Je t’aimeuh, je t’aimeuh si fort / Que j’en redemandeuh encor »), et une certaine rectitude de ton qui sĂ©dimente un personnage doux, oscillant entre mĂ©lancolie et rĂªve de femmes parfois très charnelles – ce plaisir de possĂ©der fĂ»t-il confiĂ© au fantĂ´me de Charles Aznavour (« Dis-moi que tu m’aimes »). Une reprise toujours aussi sage de « C’est toujours un plaisir » annonce l’entracte et la seconde partie investie par Jean Dubois.

Photo : Bertrand Ferrier

Le zozo, que l’on maintes fois loué sur ces cyberpages, propose de nouveau un récital inattendu. L’on aurait pu s’attendre à ce que, armé de sa guitare comme d’un fusil, il fracasse d’emblée ses chansons les plus efficaces pour secouer l’Ogresse. Or, il arrive en toute humilité, guitare acoustique discrète et non-microphone. Les mots se détachent, les notes sont rares, faisant écho aux paroles : « Si tout n’est pas parlé, y a des gestes qui disent. » Ce nonobstant, la patte duboisique (?), associant swing et texte, ne tarde pas à embraser ces vers chorégraphiés sur les pointes.
En effet, en quelques minutes, l’artiste a esquissĂ© ce qui sera la spĂ©cificitĂ© de ce rĂ©cital : un tour de chant intimiste, sur mesure pour un public qui, en grande partie, ignore les fredonneries de Jean le Second, et Ă  qui ledit Jean le Second veut prĂ©senter son travail plus par l’esprit et le caractère que par l’hymne immĂ©diat. En tĂ©moigne le titre suivant oĂ¹ l’ex lance Ă  son ex : « Amour, courage ! Vis comme il te plaĂ®t. » Tant la libertĂ©, symbolisĂ©e par le tournoiement d’un rythme ternaire, que l’étrangetĂ© – au sens fort – de l’hĂ©roĂ¯ne font miroir de (ça ne veut rien dire, mais j’aime bien) l’originalitĂ© du chanteur qu’il est une joie de connaĂ®tre. La chanson la plus oxymorique du rĂ©pertoire (« Splash ») remet l’église au milieu du village et souligne le savoir-faire et l’efficacitĂ© de l’ACI. AussitĂ´t, l’artiste, pas dupe de ses savoureuses facilitĂ©s, propose un pas de cĂ´tĂ© avec « The Man in me » de son cher Bob Dylan oĂ¹, prĂ©cisĂ©ment, « l’homme en moi se cachera parfois pour nâ€™Ăªtre pas vu / Juste parce qu’il ne veut pas devenir une machine ».

Jean Dubois et la guitare qui l’accompagne. Photo : Bertrand Ferrier.

La substance de ce concert est là, cachée dans l’anglais de l’Américain, loin de la « langue crétine » dénoncée à bon droit par Anne Sylvestre. Jean Dubois a beau afficher des centaines de concerts au compteur, il n’a jamais été une machine. Chaque prestation s’adapte au lieu et au projet – c’est pourquoi retourner l’applaudir n’est pas une simple preuve de reconnaissance pour un artiste allant volontiers applaudir ses pairs ou un signe inquiétant de fanitude : Jean Dubois reconfigure sans cesse son show, ha-ha, en fonction des circonstances et ce, « just because he doesn’t want to turn into some machine ».

Photo : Bertrand Ferrier

« La Belle Indienne » associe de nouveau la question amoureuse aux problĂ©matiques crĂ©atrices. En fusionnant l’oxymoron goldmannien de « l’intime Ă©trangère », cette fille venue se perdre dans un monde Ă©trange et Ă©tranger, Jean Dubois pose la question de l’amoureux comme du crĂ©ateur, questionnant « juste pour savoir / si j’ai bien tort d’y avoir cru ». Un poème musiquĂ© de Jean Olivet plus tard, oĂ¹ l’on « crève de vivre, est-ce que ça va comm’ ça ? », il est l’heure d’envoyer le joyeux tube qui, au nom des filles, interpelle « le poète qui nous observe les seins / le nez en l’air, le cÅ“ur en Ă©ventail » : « Si tu me trouv’ Ă  ton goĂ»t, Marguerite / Laiss’ pas ta place Ă  une autre / Comm’ dans les pomm’, il faut pas qu’tu hĂ©sites : / avanc’ la bouche et croque ! »

Photo : Bertrand Ferrier

Tout ne se peut terminer sans que le chanteur n’évoque sa passion pour les danses que d’aucuns jugeraient surannĂ©es, toujours sous l’ombre de l’amour… puis sa reconnaissance envers « les lĂ¢ches, les vicieux, les hypocrit’s et les mĂ©chants » que l’« on oublie presque toujours dans les remerciements » alors que, sans leurs coups tordus, « on n’aurait jamais pris la voie qui, justement, nous a rĂ©ussi ! » Puisque l’on n’arrive Ă  rien tout seul – « il faut toujours quelqu’un pour nous en empĂªcher » –, saluons le talent sinon solitaire, du moins Ă©trangement pas assez populaire, de Jean Dubois, le barde qui, souvent dans les sous-sols de la Chanson Française, celle qui pue le pignon donc le pognon sur rue, trace sa voie, avec « e » ou « x », Ă  la fois revigorante sans Ăªtre youp-la-boum, pensĂ©e sans Ăªtre intellichiante, Ă©nergique sans rejeter notre sombritude, comme l’allĂ©gorie d’une vie qui, sur scène ou ailleurs, se serait nimbĂ©e de la seule mĂ©lancolie ironique qui tienne – celle qui rend joyeux autrui et permet Ă  soi de survivre Ă  la vie machinale.

Rare cliché de Jean Dubois qui sourit sur scène. Photo : Bertrand Ferrier.

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Bigre, voilĂ  long de temps que point n’avais postĂ© çà quelque photo de chat. Affront rĂ©parĂ©.

As-tu deux secondes ?


HĂ©las, il y a Jul. Ouf, il reste surtout Julien Pauline, que Jann Halexander interprète ce jour, avec moi-mĂªme-je au piano.
Aux tubes indĂ©modĂ©s que fredonnait l’interprète (« As-tu deux minutes ? », « Ah que l’hiver », « L’Ă¢me Ă  la tendresse »…) se mĂªleront des quasi raretĂ©s comme « L’Ă©tranger », des chansons qui rĂ©sonnent avec la femme des GĂ©meaux (« Dis-moi, Pauline ») et des titres de Mr Jann Halexander en personne, associant hymnes dĂ©sormais fĂ©dĂ©rateurs, comme « C’Ă©tait Ă  Port-Gentil », et crĂ©ations peu chantĂ©es sur scène (« L’abduction »). Bref, un tour de chant variĂ©, tour Ă  tour drĂ´le, prenant, secouant, inattendu, et toujours vivant – mais en meilleure forme que l’autre ex-grand chanteur toujours vivant.
Les dernières places sont Ă  saisir d’urgence ici… mĂªme si, une semaine après, nous le professons avec force : la vie, elle, n’est toujours pas Ă  vendre !

… et le froid fut dĂ©fait

Emmanuelle Isenmann. Photo : Bertrand Ferrier.

Soyons prĂ©cis : certains artistes du festival Komm, Bach!, dĂ©couvrant le plaisir du concert en plein air d’intĂ©rieur (ceux qui jouent dans des p’tites Ă©glises l’hiver savent de quoi cause cet oxymoron), explosent en vol sur l’air du « Si tu me rĂ©invites, c’est quand il fait chaud ». Emmanuelle Isenmann, dĂ©jĂ  ouĂ¯e tantĂ´t en l’Ă©glise Saint-AndrĂ© de l’Europe pour un rĂ©cital qui remua et enthousiasma ses nombreux auditeurs, avait, elle, imposĂ© ses conditions comme toute soprano que l’on respecte : « Reprogramme-moi en hiver, s’il te plaĂ®t, je pars dĂ©but fĂ©vrier pour une tournĂ©e en SibĂ©rie, je serai hyper au point. »

Jorris Sauquet. Photo : Bertrand Ferrier.

Donc, juste avant son dĂ©part pour les grands lacs gelĂ©s, elle est venue regoĂ»ter aux conditions extrĂªmes de Saint-AndrĂ©-en-janvier. Seule prĂ©caution, elle a demandĂ© au grantorganiss, Jorris Sauquet de sĂ©curiser ses volutes vocales. Sur le principe, on n’a pas protestĂ© : après tout, c’est lui qui va l’envelopper le samedi 16 fĂ©vrier, Ă  20 h, pour leur duo fracassant. Donc, la première rĂ©pĂ©tition du rĂ©cital a pris place ce 23 janvier.

Jorris Sauquet et Emmanuelle Isenmann. Photo : Bertrand Ferrier.

Le principe saint-andrĂ©ique voulant que ce qui se passe Ă  la tribune reste Ă  la tribune, nous n’en dirons rien. Mais, pour ne point dĂ©cevoir nos lecteurs, nous y avons volĂ© une musiquette soufflĂ©e en fin de rĂ©pĂ©tition, quand les artistes sont rĂ©putĂ©s Ăªtre bien fatiguĂ©s… et que le « groupe de louange » censĂ© arriver une heure après te fait sentir que, sur l’Ă©chelle de l’art, le mĂ©chant piano en plastique sera toujours prĂ©fĂ©rable dans une Ă©glise Ă  cette quantitĂ© nĂ©gligeable qu’est la musique avec orgue. Du coup, on a captĂ© au plus vite et mal ce que l’on a pu – pas grave : la vraie version du samedi 16 fĂ©vrier, 20 h, vous y serez et savez que ce sera, juste, popopopopo. Et avec le sourire en prime.

Gaspard Dehaene, Schubert et plus, Institut Goethe, 22 janvier 2019

Photo : Bertrand Ferrier

Il n’est pas de juste critique, faut-il espĂ©rer ; et celle qui suit, ambivalente, est triplement biaisĂ©e, nous nous en expliquerons. Meanwhile, un programme copieux nous attend, eĂ»t-il Ă©tĂ© allĂ©gĂ© depuis le copiĂ©-collĂ© du programme actuellement tournĂ© par l’artiste pour promouvoir son disque (le commentaire glissĂ© dans la feuille distribuĂ©e au public porte trace de ce raccourcissement tardif – on le peut retrouver ici, par exemple, pour le concert du 6 novembre 2018).
Le bal s’ouvre par la grande Sonate D959 en La de Franz Schubert – la dernière avant le trĂ©pas (compter une quarantaine de minutes). L’Allegro est pris sans euphorie, avec un souci Ă©vident de clartĂ© : très peu de pĂ©dale de sustain et des attaques franches qui sonnent plus comme du pianoforte que comme un grand piano de concert – ce qui est loin d’Ăªtre absurde pour du Schubert. L’acoustique sèche de l’auditorium accentue cette forme d’ascĂ©tisme rigoureux, qui a son revers : Ă  l’auditeur de chercher Ă  se laisser sĂ©duire. Il est Ă©vident que Gaspard Dehaene (prononcer « De Hane », la famille y tient) est venu jouer de la musique, pas proposer une danse du ventre pour spectateur ronronnant. Pour preuve, l’Andantino qui suit paraĂ®t pris Ă  un tempo rrrredoutablement lent. Certes, cela en accentue le naturel dolent, mais la magie des harmonies aurĂ©olant des lignes mĂ©lodiques claires rĂ©siste-t-elle Ă  cette rectitude qui privilĂ©gie le texte au sentiment ? Ce sera, nul n’en doute, affaire de goĂ»t.
Oui, le goĂ»t, voilĂ  bien la question. La technique, elle, est indiscutable. Pas seulement dans les traits du Scherzo ; tout autant dans la capacitĂ© de l’interprète Ă  y caractĂ©riser, grĂ¢ce Ă  la sĂ»retĂ© de ses doigts et Ă  sa familiaritĂ© avec la pièce, les diffĂ©rentes atmosphères Ă©voquĂ©es par le compositeur. Aussi la vertu de cette exĂ©cution est-elle, a minima, de placer le spectateur devant sa subjectivitĂ© : cette musique, rendue Ă  la pointe sèche, est-elle valorisation d’un texte qui se suffit Ă  lui-mĂªme
ou raideur compatible avec l’admiration de la performance mais pas avec l’Ă©motion de l’auditeur ? Admettons que, lors de l’Allegretto final, nous avons choisi notre camp : ce thème-et-variations est enlevĂ© avec science, mais il sonne Ă  nos esgourdes benoĂ®tes trop raide et scolaire – trop pur, peut-Ăªtre – pour nous toucher.

Photo : Josée Novicz

Une composition de Rodolphe Bruneau-Boulmier, « producteur sur France-Mu » et auditeur de France-Cu, se faufile dans le programme. Formellement et intellectuellement (elle reprend le titre d’un roman du grand-père gaspardien) dĂ©diĂ©e au pianiste, « Quand la terre fait naufrage » articule autour d’un mĂ©dium charnu des graves grondants ou des aigus festonnants. Entre consonance biensĂ©ante et dissonance percussive, elle revendique une suggestivitĂ© très maritime et ne manque pas de sens narratif, mĂªme si, comme toute Å“uvre, elle pourra paraĂ®tre manquer de personnalitĂ© et de puissance en dĂ©pit de son chatoiement.
Le bal s’achève en trombe avec la Rhapsodie espagnole de Franz Liszt. Par contraste avec l’ambiance Ă©thĂ©rĂ©e de « Quand la terre fait naufrage », cette poursuite pour virtuose rouĂ© paraĂ®t plus Ă©nergique. Toutefois, Gaspard Dehaene y maintient sa ligne de conduite, ce que l’on ne saurait lui reprocher, hĂ©las ! La pièce est donc très bien jouĂ©e, en dĂ©pit des mille – euphĂ©misme – difficultĂ©s qui la hĂ©rissent. Partant, les lamentations du snob qui se prend pour un pseudocritique ressortent, car l’hurluberlu concède que cela est de belle facture technique, mais s’Ă©poumone sur l’air du : « Tu nous a prĂ©sentĂ© Liszt comme une rock star qui faisait tomber les minettes, OK ? Ben, elle est oĂ¹, l’ivresse de la rock star ? Elle est oĂ¹, la putain de folie d’un motherfucker de guitar hero ? Pourquoi on entend plus la battue de Graeme Allwright que le groove de Steve Vai, bon sang ? » Les deux bis proposĂ©s – la MĂ©lodie hongroise de Franz Schubert et un lied du zozo remixĂ© par Franz Liszt – sont d’autant plus rageants qu’ils semblent, eux, frĂ©mir davantage sous les doigts d’un interprète que l’on aime imaginer enfin un peu plus libĂ©rĂ©.

Gaspard Mondrian. Photo : Josée Novicz.

En conclusion, non, il n’est pas de juste critique. Celle-ci l’illustre pour trois raisons. Pas parce qu’elle est plus admirative d’une technique qu’enthousiasmĂ©e par une prestation artistique – il nous est arrivĂ© d’avouer, immodeste et navrĂ©, une dĂ©ception plus franche avec presque moins de circonvolutions. PlutĂ´t pour les motifs suivants.

  • Premièrement, en termes de proportion, si elle Ă©tait juste, notre critique devrait essentiellement s’extasier sur le savoir-jouer et le style très personnel de l’encore-jeune artiste plutĂ´t que de le morigĂ©ner pour avoir su si tĂ´t forger ce qui semble Ăªtre sa touche, celle-ci ne nous convainquĂ®t-elle pas complètement… mais, alors, elle ne serait pas aussi honnĂªte qu’en Ă©tant moins juste, bref.
  • Deuxièmement, le risque du clichĂ© est patent : le style que nous affirmons avoir entendu correspond Ă  l’apparence physique de l’artiste, guère portĂ© sur la loufoquerie ou le show-off. Dès lors, ne nous sommes-nous pas laissĂ© submerger par une forme de surditĂ© visuelle, sur l’air du « Laisse-moi te regarder, je te dirai comment tu joues » ?
  • Troisièmement, n’avons-nous pas laissĂ© notre fatigue Ă©couter Ă  notre place, la lassitude prĂ©cĂ©dant le concert nous poussant Ă  pointer, en dĂ©pit des qualitĂ©s digitales, un manque de fougue, d’Ă©motion et d’Ă©lan qui, au fond, serait le nĂ´tre ?

Nous en acceptons l’augure, mĂªme si je sais toujours pas le sens prĂ©cis de cette expression. Quoi qu’il en soit, nous n’avons surtout point prĂ©tendu Ăªtre objectif. Ă€ peine tĂ¢cher de rĂ©diger cette notule le plus justement possible… tout en sachant qu’il n’est pas de juste critique, blablabla taratata tsoin-tsoin (en gros, hein).

50 ans de chanson bĂ¼hlĂ©rienne : la fĂªte, ThĂ©Ă¢tre Atelier du Verbe, 18 janvier 2019

Photo : Rozenn Douerin

Alors on va Ăªtre pulsatoire et stipulant : ce vendredi soir-lĂ  Ă©tait un (bien) portant. Devant un thĂ©Ă¢tre archicomble – oui, de quarante places, mais bref –, il se fĂªtait les cinquante ans de chansons de M. Michel BĂ¼hler via un rĂ©cital avec piano-voix-arrangements-mise en scène, basson-cor anglais-hautbois, trompette-baryton et rĂ©citant-haute-contre. Et des guest stars de luxe, a minima.

Mais pas que des invitĂ©s vedettes, attention. Aussi des zozos qui ont mouillĂ© leur motivation pour s’exfiltrer de la vraie vie, celle qui rapporte du pèze et suscite l’admiration des proches, pour se produire dans un petit thĂ©Ă¢tre afin de propulser des chansons mĂªme pas qu’elles passent Ă  la tĂ©lĂ© française, cette conne. Tout Ă  fait, des losers. Y a que ça, pour accompagner Bertrand Ferrier, chanson connue – Ă´ humour ! Mais, mĂ¢rde, des losers comme tous les winners se rĂ©jouiraient d’avoir de leur cĂ´tĂ©.

Jann Halexander et Michaël Koné. Photo ! Bertrand Ferrier.

Des losers comme Jann Halexander, THE chanteur franco-gabonais, spĂ©cialiste du fredonnement cabaret, de la variĂ©tĂ© engagĂ©e, du pas de cĂ´tĂ©, capable de dire : « OK, on fait cette soirĂ©e, je m’occupe de trouver un thĂ©Ă¢tre, je produis, tu t’occupes de l’artistique » quand tant d’autres auraient dit : « Tu viens d’faire un disque très beau, avec des chansons Ă  tomber ? Pas d’pot, j’viens d’engager Duteil ! » Du coup, en son hommage et pour ouvrir au max notre public, on a proposĂ© un spectacle hyper commercial. Genre qui touche tout l’monde. Aussi bien les p’tits qu’les gros, c’est dire.

Mais on est allĂ©s au-delĂ . Sans honte, en sus. On a acceptĂ© de faire de la chanson internationale. Pis, de la chanson en anglais. Comme elle Ă©tait signĂ©e d’un Suisse, a priori, ça passe. Mais on s’mĂ©fiait quand mĂªme, quoi que cela nous valorisĂ¢t vachement. Ou parce que cela nous valorisait vachement, va savoir.

Après, les beaux esprits diront : « C’Ă©tait perfectible. On eĂ»t pu, etc. » Pour une fois, on est d’accord avec eux. Genre, cent pour cent. Mais, pour une première, sans sub’, sans rĂ©sidence, sans financement, on est fiers d’avoir, grĂ¢ce au prod’ et au public, pu proposer une esquisse partielle, partiale mais joyeuse, de fĂªte Ă  BĂ¼bĂ¼.


D’autant que les figures canoniques Ă©taient lĂ . Madame A, la muse dĂ©sormais Ă©ternelle de Monsieur B. Claude A., le compositeur de la plus belle marche chromatique de toute l’Å“uvre de Michel B. Et, donc, Michel B. Putain, merde, Michel B. Le mec que j’entends depuis 41 ans, que j’Ă©coute depuis moins, que je chante depuis encore moins, mais qui prend le risque de perdre une soirĂ©e en bonne compagnie pour se perdre dans un thĂ©Ă¢tre de quasi carton-pĂ¢Ă¢Ă¢Ă¢teuh. Just, you know, wow.

Photo : Rozenn Douerin

T’essayes d’Ăªtre sĂ©rieux, strict, gĂ©nĂ©reux. Genre « tout est normal, je te dis tout est normal » alors que, en fait, po, popo, popopo, po. Bien sĂ»r, tu n’en laisses rien paraĂ®tre, parce que les collègues bossent comme des oufs. Sauf qu’ils savent bien, eux. Et, en plus, au fond, on s’en fout, de nos p’tites personnes, surtout quand Michel BĂ¼hler propose de chanter « Rue de la Roquette » avec son vieux complice.

SoirĂ©e folle. Qui plus est en compagnie d’un des plus grands chanteurs français mĂ©connus, dont on attend sans doute qu’il crève pour le jouer en symphonique du cĂ´tĂ© des Pays-de-la-Loire, mais puissiez-vous attendre longtemps, charognards. Merci Ă  chacun qui se put dĂ©placer jusqu’au-delĂ  du mĂ©tro GaitĂ©, dont les chanteurs Tita Nzebi, c’est la classe, et mister Jean Dubois, qu’habite une fenĂªtre sur Paris et qui sait combien les gens, notamment les Gens Importants Qui Savent sont ridiculement petits. Car, en rĂ©sumĂ©, grĂ¢ce aux musiciens hypermotivĂ©s ; grĂ¢ce Ă  Michel BĂ¼hler et Ă  son entourage, Ă©diteur compris ; grĂ¢ce Ă  Claude Arini et Ă  chacun de ceux qui crurent bon de claquer 13 € pour cette soirĂ©e, nous fĂ®mes ce que nous pĂ»mes : passer un putain de moment ensemble.
Merci, merci, merci.

 

La vérité sur Domenico Severin

Photo : Bertrand Ferrier

Au dĂ©but, c’Ă©tait simple : « Grimpe et vois ce que fabrique le facteur italien venu accorder l’orgue pour le concert de Domenico Severin, avec l’accord, ha-ha, du titulaire de l’entretien, Mr Yves Fossaert from the Manufacture Yves Fossaert. » Donc je grimpai – c’est un vertige Ă  ma hauteur, si j’puis dire.

Photo : Bertrand Ferrier

Bon ben, une fois dans la bĂªte, comme les restaurateurs fossaertiques ont comblĂ© les trous qui faisaient flipper tout l’monde, c’est toujours sympa, hein. Genre : oh, y a des tuyaux ! Et de la lumière ! CarrĂ©ment gĂ©nial !

Photo : Bertrand Ferrier

Et y a d’la lumière Ă  travers ! Oui, d’accord, je suis le pire photographe de l’interstellaritĂ©, mais je dois pouvoir montrer la lumière, non ? Si. VoilĂ . C’est ce qu’il me semblait. Et j’aimerais que, Ă  ma mort, on rappelĂ¢t que Bertrand Ferrier fut le zozo qui, Ă  travers les fĂ»ts, aka les tuyaux d’orgue, symboliquement mais pas que, montra la lumière. Si vous pleurez pas lĂ , franchement, belle bande d’hypocrites vous fĂ»tes.

Photo : Bertrand Ferrier

Surtout que, soit, prĂ©sentement, c’est moi qui prends des photos de brun. Mais imaginez que quelqu’un prenne de belles photos, avec un vrai appareil, un vrai savoir-faire et une sacrĂ©e post-prod, voire un orgue encore plus popopo, mazette. Ben, peut-Ăªtre vous trouveriez ça spectaculaire. Alors que moi, mon souci fut tout autre, peste et bigre.

Photo : Bertrand Ferrier

Oh, jusqu’Ă  prĂ©sent, ma visite dans les entrailles du Monstre sentait le zouk et la soukouss. C’Ă©tait pomme, pet, deupe. Y avait de l’Ă©motion et de l’Ă©merveillement. J’aurais mĂªme, tant pis pour ceux que je vais choquer, pu Ă©crire un manuel pour les CM2, si je dois Ăªtre honnĂªte. Pis : j’aurais pu co-construire un projet de sensibilisation culturelle et transversale avec un groupe-classe de prĂ©-sachants issus de milieux pluriels sis dans des zones Ă  apprentissage multiple. Nan mais allĂ´, quoi, on va pas se mentir, j’Ă©tais chaud. Et soudain, badaboum.

Photo : Bertrand Ferrier

Le monde s’est mis Ă  trembler. Ă€ chier. Quelque chose couillait dans le ventilateur du rĂ©verbère. J’ai perçu une vibration nĂ©gative. L’univers est devenu noir et blanc. Et pas dans l’esprit je veux un Oscar je m’appelle Jean Ofthegarden. Ce noir et blanc suintait l’inquiĂ©tude. Le : « Et il est oĂ¹, le facteur vĂ©nitien que je t’ai confiĂ©, il est oĂ¹ ? » Après, je sais pas ce qu’il s’est passĂ©. Un visage est apparu. J’ai tout jetĂ© : de l’ail, du persil, des fines herbes… MĂªme de la ciboulette qui poussait lĂ , va savoir pourquoi. ForcĂ©ment, le mec est tombĂ©. J’ai chu sur lui. Je lui ai arrachĂ© son visage et j’ai fait le concert Ă  sa place. Quand sa femme et sa fille sont arrivĂ©es, j’ai arrachĂ© mon visage et j’en ai affublĂ© M.Chien. Right now, nobody knows the trouble I live. Ce sera, donc, notre petit secret.

Photo : Bertrand Ferrier

 

Certaines n’avaient jamais vu la mer, ThĂ©Ă¢tre des Quartiers d’Ivry, 17 janvier 2019

Photo : Bertrand Ferrier

Triple mise en situation

C’est, premièrement, l’histoire, signĂ©e Julie Otsuka, d’une double dĂ©portation, et ça n’a pas grand-chose Ă  voir avec la Shoah – mĂªme si une douche vise, suppute-t-on, autant Ă  Ă©voquer la quĂªte de l’impossible purification qu’Ă  laisser un peu d’ambiguĂ¯tĂ©. GrĂ¢ce Ă  Richard Brunel, c’est, deuxièmement, une pièce de thĂ©Ă¢tre – paraĂ®t-il – qui a buzzĂ© au Festival d’Avignon 2018. Et c’est, troisièmement, un spectacle donnĂ© Ă  la Manufacture des Å’illets d’Ivry-sur-Seine jusqu’au 25 janvier.

Double résumé

La première dĂ©portation est une importation. RejetĂ©s par les Blanches et les autres Asiat’, les Jap’ mĂ¢les importent des femmes par le truchement d’une marieuse vĂ©reuse, promettant aux uns des vierges, aux autres des semblables-Ă -verge ayant, eux, rĂ©ussi aux States. Ă€ peine descendues du bateau, les nĂ©nettes se font troncher bien baiser violer dĂ©foncer ça dĂ©pend. Puis elles travaillent aux champs. Puis elles vivent le bon vieux racisme blanc de base anti-niakwĂ©s, puis le racisme interasiatique. Puis elles sont bonniches et se font parfois engrosser par le patron, moyennant un bifton quand ça s’prĂ©sente. Puis elles travaillent dans des ateliers de confection. Puis elles enfantent. Puis leurs enfants s’éloignent de leur culture et tentent de s’amĂ©ricaniser. Puis la guerre fait de leurs familles des suspects. Puis elles sont dĂ©portĂ©es avec leur marmaille. C’est la deuxième dĂ©portation, une dĂ©portation pour de bon. En conclusion, une AmĂ©ricaine de base raconte son Ă©tonnement devant la disparition des braves Jap, le chagrin de ses enfants, avant que le temps ne fasse son Å“uvre et considère que, le courrier dĂ©bordant aux portes des pavillons, la mĂ©moire dĂ©clare cette destruction amĂ©ricaine hors saison.

Photo : Bertrand Ferrier

Le spectacle simple

Voici donc l’adaptation Ă  succès d’un roman Ă  succès itou, Ă©crit par une obsessionnelle : « Son premier roman, Quand l’empereur Ă©tait un dieu, raconte l’internement des familles nippo-amĂ©ricaines » ; son deuxième roman, Certaines n’avaient jamais vu la mer, titre ridicule vu l’original – The Buddha in the Attic –, reprend une partie finalement non incluse dans le premier. D’emblĂ©e, une question Ă©clate : s’agit-il d’une adaptation ou de la transposition basique d’un roman ? Nombreux sont les clichĂ©s de la TVF (la thĂ©Ă¢tralisation vite fait) qui maculent cette dĂ©clinaison pourtant signĂ©e d’un « comĂ©dien et metteur en scène de thĂ©Ă¢tre et d’opĂ©ra » (d’oĂ¹, suppute-t-on, la prĂ©sence synthĂ©tique de Nathalie Dessay, lors d’un long monologue final oĂ¹ on la fait quand mĂªme et parler et chanter). Citons-en quatre, Ă  titre d’exemples :

  • l’impression, comme le soufflait une lycĂ©enne Ă  l’issue de la reprĂ©sentation, d’avoir assistĂ© pendant deux heures Ă  la « lecture d’un livre audio » ;
  • l’inscription physique du livre dans la scĂ©nographie (chapitres et sous-chapitres affichĂ©s en fond scène) ;
  • l’utilisation de techniques dignes d’une mauvaise MJC. Genre la radio qui dĂ©verse les nouvelles opportunĂ©ment ou, pis : « Nos enfants nous demandaient oĂ¹ Ă©taient passĂ©s leurs camarades. / L’ENFANT : – OĂ¹ sont passĂ©s nos camarades ? », Seigneur, ten piedad ;
  • la quasi absence de moments vraiment dramatiques, oĂ¹ la rĂ©citation s’efface au profit des corps, des mouvements et de leur langage propre (exceptons la fin de l’avant-dernier chapitre qui, partant, nourrit plus les regrets qu’elle ne les dissout).
Photo : Bertrand Ferrier

Ajoutons Ă  nos griefs, quelque subjectifs semblassent-ils :

  • les incohĂ©rences incomprĂ©hensibles sans, nous n’en doutons point, formation poussĂ©e (pourquoi certaines Japonaises sont-elles jouĂ©es par des Japonaises comme Kyoko Takenaka ou la jolie Yuika Hokama – ce n’est pas une insulte, et d’autres servies par des Asiatiques non-nippones ou par, carrĂ©ment, des Françaises ?) ;
  • les bizarreries de la sonorisation inĂ©gale ;
  • l’apport peu intelligible d’une vidĂ©o remplaçant sporadiquement les actrices en fixant longuement d’autres actrices (ou les mĂªmes) rĂ©citant un texte ou attendant la fin de la sĂ©quence ;
  • l’utilisation d’un dĂ©cor associant les topoi du thĂ©Ă¢tre in, avec les praticables partiels et mobiles, et les clichĂ©s qui font opĂ©ra moderne (ah ! le tapis de trucs que les acteurs doivent nettoyer Ă  temps, ah ! ah, cette douche qui permet de faire mouiller les filles, façon Huguenots cheap, ah !) ;
  • la saturation d’une bande-son omniprĂ©sente, soulignant la conscience de l’adaptateur que le texte ainsi propulsĂ© ne suffit pas (toujours VĂ©ronique Pestel, mĂªme si c’est mal dit : « … et la musique est lĂ  pour ne pas qu’on s’ennuie »).

Dans ce contexte, en dĂ©pit des efforts louables de la plupart des actrices anonymes (le « nous » l’emporte sur le « je ») et des quelques acteurs rĂ©duits Ă  des clichĂ©s, on peine Ă  se laisser traverser par une quelconque tension ou compassion artistiquement puissante. En deux heures de temps, c’est quelque peu fĂ¢cheux.

HaĂ¯ni Wang et Nathalie Dessay. Photo : Bertrand Ferrier.

En conclusion (nulle)

Ce qui prĂ©cède explique notre enthousiasme mitigĂ© pour cette nouvelle production programmĂ©e au ThĂ©Ă¢tre des Quartiers d’Ivry – un lieu hyper difficile Ă  trouver mais fort chaleureux quand on y dĂ©baroule (super hall d’accueil avec bar accessible et minibanquettes confortables dans la salle, aux places hĂ©las non numĂ©rotĂ©es)… malgrĂ© un « dossier pĂ©dagogique » ridicule et une distribution de programmes perfectible (par chance, nous en subtilisĂ¢mes un sur une table : pas de programme distribuĂ© Ă  l’intĂ©rieur – WTF ?). Notons que le rĂ©cit dĂ©roulĂ© devant nous n’est pas inintĂ©ressant, utilisĂ¢t-il la technique bien connue de l’accumulation contradictoire soulignant l’identitĂ© (toutes des Japonaises) et la singularitĂ© (le « nous » collectif ne saurait masquer les alĂ©as de dame Fortune).

Table du dossier pĂ©dagogique (« Tu vas pas leur vendre ça, quand mĂªme ! / – T’inquiète, ils n’y verront que du feu, on parie ? »).

Notons en sus que, le jour oĂ¹ nous nous glissĂ¢mes dans l’enceinte, un dĂ©bat avec l’auteur new yorkaise concluait la rencontre. Cette bonne idĂ©e en cachait une mauvaise : mieux vaut payer un animateur. Pourquoi ? Une intuition, comme ça. Mais ça Ă©vitera de laisser la place Ă  un dĂ©bat dĂ©bile, du style : « J’adore le cinĂ©ma, n’empĂªche, au niveau thĂ©Ă¢tre, y a d’autres pièces comme ça ? », ou : « Apparemment, il y avait des actrices japonaises sur scène, c’était fait exprès ? ». Bref, malgrĂ© la prĂ©sence sur scène de deux chiens aussi mimis qu’inutiles, une proposition sĂ©rieuse mais curieusement plate car, as far as we’re concerned, peu dramatisĂ©e, par paresse ou, prĂ©fère-t-on suborodorer, respect paralysant du Texte Original, sur un sujet pourtant rare et susceptible de vibrer d’une Ă©motion tant humaine que politique.

Presque Julie Ostuka. Photo : Bertrand Ferrier

Komm Bach, épisode 56

Photo : Bertrand Ferrier

ParĂ©s pour une soirĂ©e d’hiver qui dĂ©pote ? Plongez dans le monde suritalien et tout aussi survitaminĂ© de Domenico Severin, il virtuoso importĂ© ce soir depuis Meaux jusqu’Ă  Saint-AndrĂ© de l’Europe.

Photo : Bertrand Ferrier

Pour un concert pied au pĂ©dalier, venez accrocher vos ceintures et laissez-vous subjuguer par de la musique qui sonne, sonne, sonne… et une technique Ă  couper le souffle, Ă  admirer gracieusement sur grantĂ©cran sous les doigts de l’artiste Komm, Bach! du soir.

Domenico Severin en répétition. Photo : Bertrand Ferrier

Pour les curieux, voici l’programme. Pour les gourmands, rendez-vous aussi après le concert pour rencontrer de vifs yeux le musicien, qui dĂ©dicacera ses disques Ă  qui-n’en-veut. On vous attend presque dĂ©jĂ  pour la fĂªte des esgourdes Ă  la sauce italienne !

 

L’Italie envahit Paris…


… et le pire, c’est que l’on s’apprĂªte Ă  fĂªter cela ! Domenico Severin, le plus virtuose des plus français des organistes italiens, ouf, vient fracasser son talent sur les rĂ©cifs de l’orgue emblĂ©matique du festival Komm, Bach!. Au programme : de la grande musique italienne – ou, au pire, du Bach remixant Antonio Vivaldi. Un concert riche, spectaculaire, passionnant et original qui sera retransmis en direct sur grantĂ©cran, avec cadreuse live, entrĂ©e libre, sortie aussi et programme offert. Quoi d’autre ? Ben, par exemple, ce minibout de rĂ©pète volĂ© Ă  la volĂ©e, ha-ha, pour ceux qui se voudront dĂ©lecter après la prĂ©cĂ©dente rapine celĂ©e ici.
Domenico Severin, grand rĂ©cital d’orgue. Église Saint-AndrĂ© de l’Europe, samedi 19 janvier, 20 h. 24 bis, rue de Saint-PĂ©tersbourg, Paris 8. M° : Place de Clichy (2, 13) ou Europe (3). ProximitĂ© arrĂªts 66, 80, 95. EntrĂ©e libre, sortie aussi, mais on a aussi le droit de laisser des sous pour soutenir les musiciens vivants et le festival.