Blog

Le blog de Bertrand Ferrier, page 262

Jean Muller, « Les variations Goldberg », le disque, Hänssler


Après avoir ouï les Variations Goldberg en concert sous les doigts enthousiasmants de Jean Muller, après avoir reçu confirmation par Stéphane Blet des admirables qualités de l’interprète dans tous les répertoires pianistiques (y compris dans les œuvres pas piquées des hannetons dudit Stéphane Blet !), est-il raisonnable d’écouter le disque sur lequel l’artiste a préalablement gravé les trente-deux pièces entendues en live ? On connaît les deux risques majeurs : déception pour l’auditeur, répétition pour le critique. Par chance, dès les premières notes, fin du suspense pour le risque numéro un : pas de déception en vue. Fin décembre 2015, lors des trois jours d’enregistrement sous les micros de Marco Battistella, la patte Muller était déjà là.
En effet, d’emblée, avec cette aria ultralente, le pianiste laisse chacun s’imprégner du thème qui, de façon plus ou moins reconnaissable, va irriguer ces cinquante minutes de musique. Les variations suivantes et l’aria finale, au tempo tout aussi modéré, confirmeront, en revanche, le risque de répétition pour le critique. C’est un risque paradoxal puisque l’artiste, au contraire, choisit avec pertinence d’alléger la partition des reprises les plus fastidieuses – la basse ressassée étant un élément lui-même assez répétitif ; mais c’est un risque dont il faut bien assumer les conséquences.


Hélas, donc, nous nous répéterons. À cause d’un enregistrement séduisant à tout point d’audition, nous voilà derechef contraint de pointer la clarté du discours qui anime cet « art de la variation » – par complément à l’« art de la fugue », ce que Gilles Cantagrel appelle « les arts du varié et du variable », dans J.-S. (sic) Bach : l’œuvre instrumentale (Buchet-Chastel, 2017, p. 249… et non 155 comme l’annonce l’index). Nous sommes obligé de réitérer notre rengaine admirative sur, entre autres,

  • le sens du swing (variation 7) ;
  • la rigueur de cette force qui va sans barguigner (8, 10) ;
  • la légèreté (9) de ces doigts qui coulent (11) avec délicatesse (13) ;
  • l’art convaincant de retenir l’énoncé du thème (mettant par ex. en valeur la bizarre séquence enchaînant D7/F# sur Fm dans 25) ;
  • la particularité d’avoir des balles de ping-pong montées sur ressort à la place des saucisses terminant les mains des hommes ordinaires (17) ;
  • le souci de moduler l’énergie quand reprise il y a (atténuation dans 12) ;
  • la capacité à dessiner la polyphonie même dans le brouhaha des notes virtuoses (14) ;
  • la manière de faire chanter les moments d’apaisement (15) ;
  • le sens du toucher (jeu sur les liaisons et les détachés dans 19) ;
  • le plaisir de la virtuosité rigoureuse (20, 27 par ex.), de l’ironie et des contrastes, grâce à un judicieux temps d’enchaînements des pistes audio, et… Bon, ça ira pour cette fois.

Des critiques par-delà les brava ? Et pourquoi pas ? Même si on aimerait dénoncer, effarouché comme une Vierge voyant ses reproductions dans une rue de Lourdes, l’absence légère d’ornement sur la mesure 20 de la première aria, car ce serait sans doute hyperclasse, on préfère admettre que, parfois, même si l’on a conscience du renoncement à la facilité que constitueraient de plus nets contrastes d’intensité, on frétillerait si davantage de nuances coloraient des monolithes (22, 27), quelque solides et bien amenés fussent-ils. Autre exemple : n’aurait-on pu envisager un complément de programme, la version Muller pesant 49’20, ce qui laissait la place pour quelque autre gourmandise susceptible d’agrémenter le disque…
Toutefois, en l’état, cette version pour piano, concise et maîtrisée, nous paraît mériter les applaudissements les plus sonores et pour l’artiste, et pour cette réalisation pensée sur le fond (choix des reprises jouées), sur la forme (choix du piano) et sur le rendu (choix des techniques de prise de son). Une belle ouvrage.

L’âge du capitaine


Tu sais que t’es vieux si, à l’époque où on t’a offert ta clarinette, c’était pas bizarre d’avoir un téléphone à sept chiffres.

On dirait que ça r’semble au bonheur


On dirait, hein.

Le maître de Vincennes


Le bottin s’éloigne, mais le beau temps approche. Presque. En tout cas, l’être préféré de tout Vincennes recommence ses rondes. Youpi.

Craquons une allumette

Photo : d’après Damien Ferrier.

– Photographier, c’est empaqueter une scène dans la bouteille vide d’un appareil, et craquer une allumette pour la remplir de lumière.
– Docteur ? Oui, c’est ça, bonjour, ça va, bon dimanche, tout ça, on s’en fout. Je crois que l’on vous a déniché un bon client.

En route vers Chartres

Quand tu tournes les pages (deux) d’une jeune rganiss que son prof a convaincu d’enregistrer une démo pour Chartres et que, connaissant ta réputation de pire assistant du monde à la console, l’insolente gamine commence son brief par : « Alors, vous allez voir, c’est pas compliqué. » Bien.

En attendant Julien Bret et Hervé Désarbre…

Fix Grandjean par Rozenn Douerin (photo et vidéo live).

… c’est François-Xavier dit « Fix » Grandjean qui était aux manettes, ce 8 avril. Le titulaire de la plus importante paroisse de Wallonie, Sainte-Julienne de Namur, fracassait sa grande carcasse contre les récifs parisiens de Saint-André de l’Europe, à l’occasion d’un récital vespéral associant notamment Bédard à Franck et Decerf à Bach en passant par exemple par les variations de Dandrieu sur le thème pascal.

Fix Grandjean : florilège avec alliance (extrait). Photo : Rozenn Douerin.

Bien sûr, les fans du bûcheron des Ardennes préfèrent la photo ci-dessous. Et nous, même si on est plus intéressé par son talent que par son collier poilu de mec qui fricote avec les sangliers, on est fier d’apprendre aux admirateurs de tout sexe que l’homme sera derechef des nôtres en octobre pour un programme fièrement propulsé sous le titre « Florilège des plus grands succès de l’orgue » ou environ. Vues la dextérité et la musicalité du zozo, vivement que et youpi.

Fix Grandjean par Rozenn Douerin

 

Édith Butler et Robert Charlebois, Théâtre de Poissy, 11 avril 2018

La scène avant la bataille. Y a un peu d’rangement à faire, mais bon.

N’est-il bon bec que de Québec, comme s’en agaçait Anne Sylvestre en interpelant Pauline Julien ? Ce serait oublier qu’il en plut aussi d’Acadie, dont la représentante qui, ici, plut le plus (en partie grâce à Marie-Paule Belle, ainsi qu’elle le rappelle), demeure Édith Butler. Ce 11 avril, elle était réunie avec Robert Charlebois au théâtre de  Poissy.
En présence de complices de l’artiste comme Catherine Lara et Lise Aubut (pourtant annoncée enterrée au détour d’un lapsus), le concert s’ouvre donc par une première partie d’une heure assurée par Édith Butler, plus connue pour son énergie débordante, appuyée sur sa passion pour le folklore, que pour l’ensemble de son répertoire chansonnier. Ce jour-là, elle est annoncée en formation trio, avec Javier Asencio, un pianiste argentin, et la violoniste Andrée-Anne Tremblay dont le nom, contrairement à ceux de maints fouteboleurs français, ne nécessite pas de précision quant à la provenance. Cette formule resserrée est hélas trahie par une bande-son remplaçant la section rythmique. Reconnaissons-le, ici comme pour Michèle Bernard, jadis, au Forum Saint-Germain : quelque admirateur de la chanteuse que nous soyons, payer pour entendre de la musique partiellement en conserve nous hérisse – autant comme musicien syndicaliste que comme spectateur. On nous dira : manque de moyens. Je répondrai : avec un piano, un violon et une chanteuse pouvant guitariser, y avait de quoi réarranger quelques tunes, même sans beaucoup de thune, non ? D’autant que chaque utilisation de ce stratagème, rendant superflu et inaudible le piano, suscite ce soir-là de tristes décalages entre le mp3 et le chant. Les trois tubes remixés par Catherine Lara, « Marie Caissie », « À la claire fontaine » et « Dans les prisons de Nantes » en souffriront ; le bis indispensable, « Paquetville », sera de justesse sauvé par les indications orales d’Andrée-Anne Tremblay alors que l’on se dirigeait de nouveau vers la cata.

Édith Butler et Andrée-Anne Tremblay. Photo : Bertrand Ferrier.

Pour autant, fut-ce un mauvais concert ? Certes non, et pour trois raisons, en sus de notre fanitude.
Première raison, le répertoire est choisi pour plaire puisque, hormis une chanson d’amour, le reste ressortit du folklore énergisé qui fit le succès, mérité, de l’« ethnologue et interprète », ainsi qu’elle se définissait sur Madame Butterfly (Kappa, 2003). Deuxième raison, la violoniste, rock mais précise à souhait, apporte un geyser de pétillements qui colle parfaitement au concept de party, à la fois chéri et honni par la chanteuse pour avoir, parfois, étouffé ses autres facettes. Troisième raison, l’artiste continue d’irradier comme un voyageur immobile. Vêtue avec soin, elle a du souffle, de la voix, du métier, de l’aisance scénique (poupée comprise) et cette distance légèrement ironique qui lui va comme une chapka.

Édith Butler. Photo : Bertrand Ferrier.

Ainsi, à soixante-seize ans, deux cancers au compteur et un téton en moins, la squaw Édith Butler continue d’être une exceptionnelle passeuse de chansons antiques et une formidable distributrice d’énergie souriante, que l’on a hâte de réentendre… débarrassée de ces béquilles consternantes que sont des arrangements lourdauds et l’utilisation d’une bande-son. Pour preuve, si besoin était, « Le grain de mil » en solo était à tomber. Avouons-le, c’est cette simplicité, cette pulsation, cette profondeur qui nous émeuvent encore et toujours, quand le talent, la singularité de la démarche et le savoir-faire s’extraient donc nous extraient de la contingence.

Photo : Bertrand Ferrier

Après demi-heure d’entracte, s’avançait Robert Charlebois, un jeunot au moins au regard de la légende précédente (soixante-quatorze ans, lui, mais quarante et un ans de mariage, ce qui ne se voit guère). Comme à chaque fois que nous l’avons vu, le Montréalais propose un récital de haute volée, appuyé sur une batterie, un contrebassiste-bassiste, un claviériste-pianiste et, curieusement, deux guitaristes – le musicien à jardin semble, pardon pour lui, superflu. L’ouverture, plate, sur « La complainte du phoque en Alaska » pourrait décevoir si l’artiste omettait de s’en expliquer, ce qui la rend formidable : à force que des dames bien mises regrettent qu’il ne chante pas cette chanson (celle qu’elles préfèrent, « et de très, très loin », parmi les trois cents qu’il a écrites), il a décidé de faire tomber de la ouate de phoque dans leurs oreilles… comme s’il avait écrit le tube de Michel Rivard. La suite sera de ce tonneau : qualité de l’interprétation, variété du répertoire, énergie du rockeur et, pour pimenter le tout, entre les chansons, minisketchs toujours percutants et bienvenus.

Photo : Bertrand Ferrier

Bien sûr, comme pour Édith Butler, on a mauvaise conscience d’aller à la fois applaudir un chanteur et rendre visite à un monument, fût-il fort bien conservé. Vient-on saluer un excellent compositeur-interprète, vivant et potentiellement créatif, ou, comme ces consternants gogos payant des centaines d’euros pour s’ennuyer devant la momie aznavourienne, profiter de ses chansons tant-qu’il-est-vivant ? Oui, nous venons entendre l’artiste en espérant découvrir de nouvelles idées stimulantes ; mais pourquoi le nier, niais ? Il y a, assurément, un fort relent muséal devant l’alignement d’autant de tubes formidables : les émouvants « Ordinaire » et « J’veux d’l’amour », l’obligé « Je reviendrai à Montréal », son pendant à huit temps « Québec », l’ironique « Conception »,  le psychédélique « Lindberg » qui échoïse, et pourquoi pô, l’higelinien « Paris – New York », le basiquement hyperpêchu « J’t’aime comme un fou » repris avec une fougue communicative hier soir, etc. Dès lors, dans une set-list hyper efficace, rares sont les raretés. Pour autant, elles existent ! Citons « Les ondes », extrait de Doux sauvage (2003, La Tribu / Universal), le joyeusement archaïsant « Les talons hauts », l’inattendue mise en musique de la scie dite de saint Augustin « le Berbère » (« Je ne suis pas loin, juste passé de l’autre côté », pfff) et l’inédit « Des livres et moi », collant des titres de romans pour en faire de la musique (« évidemment, pour ceux qui ne savent pas lire, ça va paraître long », stipule astucieusement le cultivé cultivateur).

Robert le rockeur. Photo : Bertrand Ferrier.

Sûr de son fait, porté par un répertoire en béton rose fort soyeux, et poussé par une énergie à décorner Anne Sinclair, célèbre reine des cocus, l’entertainer fait la job (oui, la job car, « chez nous, pour les anglicismes, le féminin l’emporte sur le masculin ; de toute façon, l’égalité des sexes marchera jamais, y en a pas deux de la même longueur »). Malgré des soli un brin systématiques du guitariste au chapeau, on apprécie le savoir-faire du Robert à l’abondante chevelure frisottée, sa vitalité, la qualité de son contrebassiste, la variété du spectacle et la subtilité des sorties de scène inversées (d’abord accompagnateurs puis vedette, et inverse après le bis : c’est du détail, et c’est d’autant plus efficace). Bref, une fois de plus, même si l’artiste avoue tourner pour le pognon « depuis quinze ans » (sortie de son dernier disque d’inédits), fans et nombreux vieux spectateurs venus pour la première fois le plodir sortent bluffés par une performance ébouriffante. Quant à nous, en prime, nous ajoutons, snob, un conseil pour nos lecteurs : ne pas aller voir de concerts de chansons rock dans le théâtre de Poissy. En effet, du milieu du balcon, on subit une sonorisation gravement inadaptée, donnant l’impression à la fois que ça envoie du gros son mais que les baffles sont immensément loin – regret technique qui n’altère qu’à la marge le plaisir procuré par cette soirée inattendue et joliment troussée. C’est dire si les artistes furent bons !

Après le show. Toujours du rangement en perspective, mais bref. Photo : Bertrand Ferrier.

La réponse d’Édith Butler

Cher Bertrand !
Un gros merci pour les commentaires sur le spectacle d’hier, très constructifs et instructifs. J’en prends grandes notes, car je suis d’accord(s) avec tout! Il me manquait 3 musiciens (question de budget ), pas subventionnée. Je le serais si j’étais parmi les ÉMERGENTS! Hélas il y a longtemps que j’ai passé par là! Merci d’avoir pris le temps de venir nous écouter avec autant d’attention. J’apprécie.
Toute mon amitié,
Édith.

Jean Muller, « Les variations Goldberg », Institut Goethe, 10 avril 2018

Jean Muller. Photo moche, mais photo quand même : Bertrand Ferrier.

Plus de 300 demandes pour environ 200 places : c’est peu de dire que le succès des concerts « Classique en suites » ne se dément pas. D’autant que, ce mardi 10 avril, le programme, impressionnant, est à la fois cohérent (quoi de plus classique que les Variations dites Goldberg de Johann Sebastian Bach ? selon des experts, l’artiste a publié le 582ème enregistrement de l’œuvre…) et oxymorique (l’intégrale n’est pas si souvent donnée en concert, même si quelques témoignages discographiques comme celui  de Tatiana Nikolayeva, en 1986, édité en 2007, témoigne de l’intérêt de l’exercice). Né en 1979, le semi-sosie du prince Albert en concert ce soir-là nous vient du Luxembourg, sosie fiscal de la principauté détestable, où le pianiste sévit comme directeur artistique de l’Orchestre de chambre du grand-duché. Le monument bien tempéré et la présence de l’ambassadrice en France du haut-lieu bancaire sont-ils de nature à faire trébucher le colosse ? Après un concert aussi prometteur que décevant (c’est sans doute le danger de susciter une belle attente), peut-être certains habitués ont-ils des craintes.
À tort.
Déjà, un petit Steinway a remplacé l’imposant mais redoutable piano à queue local. La belle idée ! Car, pour cette heure de musique jouée avec partition, la délicatesse, l’énergie et la précision exigées par Johann Sebastian Bach ne paraissaient pas compatibles avec l’instrument habituel. Le quart Steinway a sans doute moins de personnalité, mais il s’adapte parfaitement au propos de Jean Muller, dont, détail qui n’a pas son importance, les photos officielles semblent dater d’avant son relooking radical. Pour ces trente-deux pièces (aria au début et à la fin, plus trente variations), l’artiste a décidé de privilégier la clarté du discours, l’expressivité intérieure – s’exprimât-elle par des gestes extérieurs qui vivent le son et le feeling – ainsi que la lisibilité des contrastes. Le résultat est plus que séduisant.

Fête à l’Institut. Enfin un organisateur qui a compris que l’on fait ou que l’on écoute tous de la musique pour l’after ! C’est aussi pour ça que l’on va aux enterrements des autres. Pour le sien, c’est différent, mais, bon, c’est pas le sujet. Photo : Bertrand Ferrier.

Souvent, Jean Muller nous emporte dans le vertige de la polyphonie en réussissant à faire entendre, avec un art exceptionnel, les voix qui dialoguent, n’en déplaise aux tenants d’une musicologie chichiteuse qui considérerait qu’une pièce pour clavecin à deux claviers doit être jouée scluzivman sur un clavecin à deux claviers (nous sommes heureux de les inviter le samedi 2 février 2019 à 20 h en l’église Saint-André de l’Europe où Pascal Vigneron interprètera la même intégrale sur pire qu’un orgue : un orgue de concert). D’autres fois, Jean Muller nous précipite dans le vertige du contraste entre apaisement soudain et virtuosité ébouriffante, fût-elle pimentée par quelques rares scories montrant que c’est du live, bordel. Tout est précis, palpitant, simplissime, maîtrisé, élégant sans jamais de chichis, perlé sans cul-de-poule, énergique sans forcer, jusque dans le choix des rares reprises, rendant intelligible et accessible l’œuvre sans la trahir aucunement.
Que cette interprétation remarquable s’achève sur une « Cathédrale engloutie » de Debussy (« pour unir France et Allemagne, Paris et Goethe-Institut, Jean et Muller ») suggestive à souhait enchante en dévoilant un autre profil de ce musicien autant musicien qu’expressif – je sais, mais « cet expressif autant expressif que musicien », c’était encore moins clair ; et l’initiative de l’Institut ajoute une coda fort bienvenue à cette grande joie, en proposant aux spectateurs de partager un verre (et de goûtus cornichons) à la fin de la performance. Autant dire qu’il ne faut pas tarder à réserver au 01 44 43 92 30 pour le concert de Mitsuko Saruwatari le mardi 22 mai, à 20 h, à guetter sur le calendrier de l’Institut. En vue, un récital présentant les sonates pour clavier de Wilhelm Berger (1861-1911, comme chacun sait), avec des places cotées 5 à 10 €. Le cadre (auditorium confortable), l’accueil avenant et les récitals passés mettent le cornichon à la bouche. Autrement dit : les places seront vite rares ce qui, en un sens, est fort joyeux.

Moi, ego et myself (vu par un grand organiste grand)

À la tribune de Saint-André de l’Europe. Photo : François-Xavier Grandjean.