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Le blog de Bertrand Ferrier, page 265

C’est le printemps, qu’ils disent

Comme chien et chat

Quand j’Ă©tais choriste…


… on projetait des vidĂ©os symboliques derrière moi, et ça me rendait flou. Depuis, je suis restĂ© flouflou mais j’ai plus de vidĂ©os symboliques derrière moi. En somme, on peut dire que je progresse. Enfin, peut-Ăªtre.

Après PĂ¢ques, Saint-Cloud

Ayguemorte au Prix des Pyrénées orientales (Saint-Cloud, 2 avril 2018). Photo : Bertrand Ferrier.

Ă€ la base, Ă  Chantilly ou Ă  Compiègne, on vient pour ça : voir le favori Ayguemorte (Ă  l’extrĂªme-gauche sur cette photo) rosser ses adversaires selon son envie, les circonstances ou le talent de son jockey.

Ayguemorte, Jérémie Monteiro et Pierre-Louis Guerin. Photo : Bertrand Ferrier.

Dézoomons donc et remontons le temps avec celui qui revint du Portugal pour, précisément, monter Valdeblore puis Ayguemorte.

Le dossard du favori avant le run. Photo : Bertrand Ferrier.

DĂ©zoomons encore. C’est classe, Ă  mon Ă©chelle – disons : Ă  mon escabeau, d’arriver comme un plouc et de nĂ©gocier avec succès, par deux fois, de pouvoir entrer dans le lieu saint oĂ¹ travaille la puissance invitante, M. le docteur, propriĂ©taire et entraĂ®neur Pierre-Louis Guerin. Et de retrouver ses monstres dans le dĂ©dale de Saint-Cloud.

Stalle réservée. Photo : Bertrand Ferrier.

DĂ©zoomons encore. Le sprint pour choper le train. Le sprint en sortant du train. Le sprint pour remonter l’hippodrome Ă  la recherche d’une entrĂ©e. L’infiltration des lieux et l’impression cabrĂ©lique d’Ăªtre arrivĂ© hors saison.

On doit Ăªtre hors saison. Photo bio, sans filtre ou trucage : Bertrand Ferrier.

DĂ©zoomons encore. Après le troisième sprint. Une vie de migrant chic qui profite dès qu’il peut des (c’est pas le mĂªme « des ») invitations que certains lui lancent.

Le Val d’Or de la fenĂªtre du train. Photo, ben, c’est pas la peine de le dire, mais : Bertrand Ferrier. Faut assumer, mĂ¢rde.

Et confusionnons pour finir. C’est vrai que, le plus grand zizir, faut lire les mots jusqu’au bout, c’est que, après les courses, brillantes ou mitigĂ©es, on finit par ramener les chevaux en bon Ă©tat dans leur Ă©curie. Et lĂ , on peut laisser les locaux (« pour pas gĂªner car j’y connais rien », ben tiens) gĂ©rer l’intendance tandis que l’on joue avec le chien (ssssĂ©curitĂ©), les chats (effrayage des souris passionnĂ©es par la bouffe des chevaux) et les chevaux que tu sais pas parler leur langue mais qu’ils veulent quand mĂªme bien parler avec toi.

Photo : Bertrand Ferrier

Ouais, c’est triste de les quitter. J’imagine que c’est bon signe de regretter de faire son come-back Ă  Paris. Si cet insignifiant Charles Aznavour pouvait m’imiter !

Bon tempo

Les Parisiens inventent le sapin de PĂ¢ques

Mesdames, messieurs les Parisiens, PĂ¢ques est passĂ©. Si. Nan mais chupolo pour tĂ©patr. Merci de jeter vos sapins bien emballĂ©s, comme ce premier avril, afin que M. Chien les arrose d’une dernière proposition urinaire. Youpi, et Ă  NoĂ«l prochain.

« Tu lances le chant d’entrĂ©e quand je te fais coucou »


Comment mieux spliker la vie d’un rganiss lors de la Vigile pascale ? Après, c’est mimi, je dis pas. Moins qu’Ă  l’endroit star, mais au moins tu bosses. Bon, soit, mais avant ? Tu sais que l’Ă©glise est dans le noir, et tu me fais coucou quand mĂªme ? Ou tu sais que l’Ă©glise est dans le noir, et du coup (coup), tu vas boire des coups (coups) ? J’ai ma prĂ©fĂ©rence, mais bref.

Vu du train qui passe

Philippe Entremont : bilan, actualité et prospective (3)

Philippe Entremont chez lui. Photo : Bertrand Ferrier.

Philippe Entremont, l’entretien :
troisième mouvement, la prospective

Philippe Entremont, la première puis la deuxième parties de cet entretien en trois mouvements l’ont montrĂ© : l’enregistrement de la sonate D 960 de Schubert est une pierre sur votre chemin.
C’est mieux qu’une pierre dans mon jardin… J’ai eu très peur de votre audace, jeune homme !

Ne vous dĂ©faites pas de votre crainte, monsieur. En effet, puisque vous avez fait des choses objectivement folles, Ă  l’échelle du commun des mortels : obtenir des distinctions mythiques dès votre adolescence, jouer un grand concerto de Mozart sous la direction de votre père, Ăªtre invitĂ© et rĂ©invitĂ© dans les plus grandes salles du monde, obtenir un succès jamais dĂ©menti, former des jeunes artistes que vous avez choisis, diriger des orchestres, enregistrer la sonate de Schubert qui signe la maturitĂ© de l’artiste et qui vous tenait tant Ă  cÅ“ur, il ne me reste plus qu’à poser la question qui s’impose : pourquoi Ăªtes-vous encore vivant ?
Ben c’est pas ma faute, quand mĂªme ! Je vous assure que j’ai rien fait pour. J’ai eu une vie tout Ă  fait normale, donc j’ai commis toutes les bĂªtises du monde. En revanche, je ne me suis jamais fixĂ© un but. Jamais. Ce qui m’intĂ©resse, c’est dâ€™Ăªtre bien au moment oĂ¹ je suis sur scène. VoilĂ . J’ai besoin dâ€™Ăªtre sur scène. C’est quelque chose que j’estime naturel. Je me sens bien, sur scène. J’adore communiquer avec le public. Je dĂ©teste l’esbroufe. Ça ne sert Ă  rien. Vous voulez une rĂ©ponse dĂ©finitive ? Très bien : pour moi, ce qui est important, c’est le prochain concert. Toujours. En espĂ©rant y faire de mon mieux. Dire que je suis content tout le temps, ce n’est pas vrai. Ne croyez pas ça. Mais, tout de mĂªme, il y a des moments très agrĂ©ables.

Ce sont ces « moments agréables » que vous recherchez ?
Oui. Donner un concert au cours duquel je me sens bien. C’est lĂ  oĂ¹ je me sens le mieux : sur scène, devant un piano. LĂ , ça va. C’est ça mon but. Je n’ai pas l’intention de m’arrĂªter. Je sais que la fin arrivera. En attendant…

RĂªvez-vous toujours de diriger un grand opĂ©ra de Mozart – puisque, en 2015, vous annonciez deux rĂªves : enregistrer cette sonate gravĂ©e pour Solo-Musica et diriger un grand opĂ©ra de Wolfgang Amadeus ?
Oh, quant Ă  ça, je sais que ça ne se produira pas. Tant pis. Ça ne m’empĂªche pas d’adorer Mozart, mais le monde de l’opĂ©ra est aussi dĂ©vorant que passionnant. Maintenant, j’ai besoin de davantage de calme. Je ne me vois plus dans la fosse. Bien sĂ»r, diriger un opĂ©ra de Mozart, je serais capable de le faire, je vous le dis tout de suite ! Ce n’est peut-Ăªtre pas un hasard si, en tant que chef d’orchestre, j’ai connu, travaillĂ© avec et accompagnĂ© les plus grands chanteurs. J’ai enregistrĂ© avec eux. J’ai fait le dernier disque de RĂ©gine Crespin, si je ne me trompe. Un disque que j’aime Ă©normĂ©ment ? Les mĂ©lodies de Strauss avec Sophie Koch. J’ai dirigĂ© le dernier concert de Carlo Bergonzi…

… mais il restera donc ce regret mozartien…
Oui et non. J’ai quand mĂªme dirigĂ© un opĂ©ra, dans ma vie. Pas n’importe oĂ¹Â : Ă  Saint-PĂ©tersbourg. On m’avait demandĂ© de diriger un opĂ©ra français. J’étais tout Ă  fait d’accord. Puis j’ai reçu la demande : « Nous voudrions que vous fassiez La Bohème. »  « Comme opĂ©ra français, on fait mieux », ai-je objectĂ©. Et on m’a rĂ©torqué : « Voyons, ça s’passe Ă  Paris ! »

Ça doit Ăªtre coton Ă  diriger !
Coton ? Vous plaisantez, jeune homme ! Ce n’est pas coton : c’est l’opĂ©ra le plus difficile Ă  diriger. Comme c’était horriblement compliquĂ©, je l’ai fait. Et je dois dire que ça s’est bien passĂ©.

Dans votre livre, vous dites que la soif d’une grande carrière s’accompagne de choses qui ne sont pas toujours très jolies…
Faut pas vouloir. Faut pas compter sur quoi que ce soit. C’est voué à l’échec. Ça paralyse.

Vous, vous dites : je ne m’y suis jamais abaissé.
C’est normal, le mot « carrière » ne m’intéresse pas. Je trouve ça éminemment prétentieux ; et je n’aime pas la prétention. Cela dit, je peux vous raconter un exemple de prétention extraordinaire dans un train. Ça vous intéresse ?

Mes lecteurs et moi sommes tout ouĂ¯e.
Mon manteau sur le dos, j’entre dans un compartiment. Un grand type s’y dressait, aussi massif que laid et gros. Rapidement, j’ai appris qu’il était président d’un conseil général… Il était carrément odieux et me regardait de haut, rosette de la Légion d’honneur en évidence. Il me cassait les pieds, multipliant les exigences du genre : « Non, mettez ça là-haut », etc. N’en pouvant plus, j’ai retiré mon manteau, et le type en est resté comme deux ronds de flanc : devant lui, il avait un type qui était commandeur de la Légion d’honneur. Et là, je me suis dit : « Au fond, ça vaut la peine de l’avoir, cette rosette ! » Le pauvre type était décomposé. Sa fierté était si mal placée…

Puisque l’on est dans le civisme et la politique, via ce président d’un conseil général, restons-y un instant : selon vous, un ministre de la culture est inutile.
C’est pas « selon moi » ! On en a confirmation tous les jours.

Vous allez plus loin : à vous croire, la France devrait suivre le modèle des États-Unis, donc s’en remettre exclusivement aux financements privés. N’est-ce pas paradoxal pour quelqu’un qui a lancé sa carrière sur ses années passées au Conservatoire National et sur le prix que celui-ci a décerné ?
Soyons sérieux, et regardons ailleurs. En Amérique, c’est formidable. Tout – la recherche, l’université, la vie culturelle – dépend de l’argent privé. Pour les gens très riches, c’est entièrement déduit des impôts.

Pourquoi un système fondĂ© sur les dĂ©sirs privĂ©s serait-il meilleur qu’un système fondĂ© sur l’intĂ©rĂªt public ?
Vous voulez dire que le système américain a ses défauts ?

Un peu, oui.
Peut-Ăªtre en a-t-il ; mais, croyez-moi, tout système a ses dĂ©fauts.

Sauf que, pour vous, le système français n’a que des défauts…
Ne me parlez plus du système français, enfin ! Regardez l’Allemagne. Là-bas, il y a le fédéralisme. Il y a les Länder qui subventionnent ce qu’ils veulent. Prenez Munich, par exemple…

Comme par hasard, vous choisissez un exemple hors norme, lié à la richesse de la Bavière.
Qu’importe ! Vous savez ce qu’ils claquent comme argent pour l’art ?

Ça ne rĂ©pond pas Ă  la question du rĂ´le de l’État : la Bavière est une rĂ©gion très riche. Qu’ils dĂ©pensent beaucoup d’argent pour la musique, c’est joyeux ; mais quid des autres Länder et de leurs habitants ?
Attendez, vous avez vu ce qu’ils en font, les Bavarois, de ce que vous appelez la richesse ? Le plus grand opéra du monde, trois orchestres symphoniques, des orchestres un peu partout… Tout ça est financé par la région ! C’est formidable, il me semble.

Le Bösendorfer (Yamaha) offert à Philippe Entremont par la firme pour son anniversaire. Photo : Bertrand Ferrier.

Alors, en France, on crée cinq nouveaux orchestres à Paris et on abandonne la Creuse ?
En France, puisque ça vous obsède, il y a beaucoup d’argent dépensé ; mais il est tellement mal dépensé ! C’est ça, le problème. Je suis découragé de voir les ministres de la Culture de tous bords se succéder. Ils sont tous aussi mauvais les uns que les autres. Depuis Malraux, on n’a pas eu de vrai ministre de la Culture.

Depuis Malraux ? Ce n’était pas un passionné de musique…
… mais c’était Malraux ! Il y a eu aussi le jardinier… Comment s’appelait-il, dĂ©jà ? Ah, oui, Michel Guy [de 1974 Ă  1976, secrĂ©taire d’État Ă  la Culture car il Ă©tait horticulteur, mort du Sida en 1990]. J’aimais bien aussi FrĂ©dĂ©ric [Mitterrand]. Il avait des dĂ©fauts mais il Ă©tait engagĂ©. En dehors de cela, quelle collection de zĂ©ros ! et, grĂ¢ce Ă  eux, quelles nominations absurdes Ă  l’opĂ©ra ou Ă  la tĂªte des grands orchestres ! C’est d’une absurditĂ© totale et d’une grande mĂ©connaissance.

Vous n’avez jamais eu de grand poste en France.
J’en suis bien content.

Ça ne vous a jamais tenté ?
J’ai failli en avoir un, une fois. On m’avait pressenti pour Ăªtre professeur au Conservatoire national de Paris. Mais le responsable du recrutement a dĂ©cidĂ© que j’étais inaccessible : je dirigeais des orchestres, pensez ! En vrai, il ne m’avait pas posĂ© la question. Bref, ne me parlez pas de ça, c’est moche. Et, le plus moche, c’est que ce n’est pas mieux aujourd’hui. Dommage.

Les relations de pouvoir doivent Ăªtre compliquĂ©es, avec des personnalitĂ©s plus politiques que compĂ©tentes…
Écoutez, un jour, un directeur de grrrande scène vient me voir.

Qui ?
Je ne dirai pas son nom.

Un indice, au moins !
Il dirigeait le ChĂ¢telet.

On progresse.
Ce monsieur vient me voir Ă  la fin d’un concert que je dirigeais. Vous savez ce qu’il m’a sorti ? « Ha ! Si nous avions, en France, un chef comme vous ! » Je crois qu’il Ă©tait persuadĂ© que j’étais Canadien… VoilĂ  oĂ¹ on en est. Bien entendu, vous ne l’écrivez pas, hein !

Vous décidez ce qui est off.
Bon, marquez-le quand mĂªme. Ça pourra toujours Ăªtre utile pour mon livre posthume.

Alors, avant le off, le on. Une presque-dernière-question : comment l’artiste qui vient de sortir un disque écoute-t-il son travail ? Quelle est la part de la satisfaction de la frustration, de…
Je sais que l’on peut toujours faire autrement. Je le souhaite. Sinon, on meurt. Comme disait Stravinsky, tout enregistrement est un cadavre. Moi, j’avance. Depuis, j’ai dĂ©jĂ  gravĂ© un autre disque, on peut le dire ? [Son attachĂ© de presse approuve.] Ça s’est très bien passĂ©. Je suis très content du rĂ©sultat. Pourtant, il n’y a rien d’amusant Ă  faire un disque. Cela exige de faire abstraction. Beaucoup. Il faut penser Ă  l’œuvre. Surtout pas se dire : y a des micros. LĂ , on est foutus. Faut faire attention Ă  ça.

La spécificité du studio joue-t-elle ?
ÉnormĂ©ment. Je crois beaucoup Ă  l’environnement. Y a des salles que j’aime bien, d’autres que je n’aime pas. Pas beaucoup, mais y en a. Et il y a quelques salles que je dĂ©teste. Par exemple une qui n’est pas loin de chez moi. On peut y aller Ă  pied. Une fois que l’on est passĂ© devant le palais de l’ÉlysĂ©e, il suffit de [censure]. Mais, non, ce n’est pas le thĂ©Ă¢tre des Champs-ÉlysĂ©es, très beau thĂ©Ă¢tre… sauf pour la musique. Moi, je n’aime pas les salles qui n’ont pas d’acoustique. C’est pour ça que des salles comme le Concertgebouw Ă  Amsterdam, c’est merveilleux. Et les salles modernes, il y en a beaucoup d’excellentes.

MĂªme en France ?
Vous savez que, dans ce pays, on a longtemps Ă©tĂ© victime de Mondial Moquette. Jusqu’Ă  une pĂ©riode rĂ©cente, ils ont souillĂ© toutes les salles de France. C’était monstrueux ! En plus, certaines salles sont insauvables. Elles doivent avoir une vie et une Ă¢me. Ă€ PĂ©kin, j’étais aux anges. Toutes les salles sont magnifiques. Imaginez que, en Chine, ils ont construit cent six opĂ©ras. Et des gĂ©ants, attention ! C’est ça, la Chine. Moi, j’ai pris le nouveau train qui va de ShanghaĂ¯ Ă  PĂ©kin. Y a 1273 km. Ă€ cĂ´tĂ© de leur train, notre TGV soi-disant merveilleux est un tortillard. Leur train est incroyable. On ne sent rien. Il est d’un confort ! J’ai demandĂ© si cette ligne Ă©tait une incongruitĂ©. On m’a rĂ©pondu : « Non, nous en avons partout ! » Et ce n’est rien – c’est simple : ils ouvrent un aĂ©roport par mois.

Donc l’avenir du transport et de la musique est en Chine ?
Il ne faut pas nĂ©gliger ce pays. Ils sont très musiciens. J’ai Ă©tĂ© un des premiers Ă  aller en Chine. C’est fou, ce qu’il s’est passĂ© depuis. Quand vous irez en Chine, vous n’en croirez pas vos yeux.  D’autant que ce sera le premier pays Ă  se dĂ©barrasser de la pollution. Ils ont pris le problème Ă  bras-le-corps. Du coup, quand j’étais Ă  ShanghaĂ¯ et Ă  PĂ©kin, il n’y avait aucune pollution. Ils y mettent les moyens. Il faut dire qu’ils sont riches.

Y compris pianistiquement ?
Vingt millions de Chinois jouent du piano. Par conséquent, faut fournir les pianos. Leurs usines de pianos, Renault, c’est de la bibine, à côté ! En plus, ils commencent à avoir de très bons orchestres et de très beaux luthiers – c’est essentiel d’avoir de beaux instruments !

En somme, la Chine vous redonne la confiance que vous n’avez plus dans la France.
Oh, on n’est pas encore morts, mais, culturellement, on s’en approche. Quand le journal tĂ©lĂ©visĂ© d’une chaĂ®ne publique parle en pleurnichant de la succession du « plus grand artiste français »… on se fout du monde, non ? Quand on voit que le prĂ©sident de la RĂ©publique va Ă  l’enterrement de ce Johnny Hallyday, je suis choquĂ©. M. Macron n’y avait pas sa place. Comment peut-il saluer l’un des plus grands Ă©vadĂ©s fiscaux du pays ? C’est se foutre du monde. Tenter de manipuler un peuple de la sorte, c’est choquant. Et le pire, c’est que je paye ma redevance ! Ça me rend malade. Je prĂ©fère les États-Unis. Les gens savent se tenir. Et pourtant, ils ont des entertainers d’un talent plus notoire, quelque sympathique qu’ait pu Ăªtre ce monsieur. Quand ils meurent, le prĂ©sident se tient Ă  l’Ă©cart. Un peu de dignitĂ©, que diable ! Tenez, je vais vous le dire, pour conclure notre entretien – un prĂ©sident de la RĂ©publique française qui se comporte comme ça… ça me scandalise. Mieux : ça me dĂ©goĂ»te.

Toutes les sept minutes, la pause s’impose

– Alors, ça va pas vous plaire, mais faudrait jouer pas trop fort pendant une heure trente en vous arrĂªtant trois minutes toutes les dix minutes.
– Mais je joue quoi ?
– Ce que vous voulez. IdĂ©alement, vous improvisez sur les chants de la feuille de CarĂªme. C’est pour qu’il y ait un fond musical pendant que les gens prient en attendant de se pouvoir confesser.
– Bigre, peste et youpi, je crois n’avoir jamais jouĂ© une cĂ©lĂ©bration aussi excitante que ça. Vous pensez que je suis vraiment un psychopathe, Père ?

La face cachée du Ring

On ira tous Ă  l’opĂ©ra, mais c’est pas sĂ»r

Pour complĂ©ter nos p’tites critiques glissĂ©es çà et lĂ  sur la première partie du Ring vu par Gergiev et ses loulous, quelques instantanĂ©s complĂ©mentaires pris dans la tourmente. Comme ce rappel, en chemin, que la vraie vie est aussi ailleurs…


… ou cette installation très symbolique reprĂ©sentant un type qui a obtenu un job consistant Ă  se demander pourquoi il est payĂ©…


… ou ces crottes jaunes, genre atelier de maternelle ratĂ©, qui parsèment le parterre jouxtant la Philharmonie. Ni de l’art, ni du cochon, juste du caca que, curieusement, personne n’aurait ramassĂ© Ă  l’heure oĂ¹ nous bouclons ces lignes musicales.