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Le blog de Bertrand Ferrier, page 265

Bon ben, salut les gens

Prêt à l’emploi

Photo : Rozenn Douerin

Vimavidd rganisateur, en attendant la seconde de tourner une page puis de redescendre voir s’il faut gérer des intrusions de passionnés plus intéressés par le vol que par les notes de Bruno Beaufils de Guérigny.

La révolte avec Bösendorfer


Université de Paris VIII. Amphi X. 20 mars 2018. Sans trucage.

Un sacré wow

L’Ensemble Vocal International Bastille, sous la direction de Luca Sannai. Photo : Rozenn Douerin.

Impressionnant, émouvant, puissant : en conclusion du week-end magique de Saint-André, le concert de Carême donné par l’Ensemble Vocal International Bastille (EVIB) a fait plus que tenir ses hautes promesses. À la base, une proposition absurde, faite à ces artistes, pour la plupart membres titulaires du chœur de l’Opéra national de Paris : venir chanter pour le festival Komm, Bach!² en contrevenant à une de leurs règles – inclure une partie d’orgue, au moins pour l’ouverture et la conclusion du concert. Ces foufous ont accepté le défi et se sont donc armés du jeune, brillant et néanmoins fort sympathique continuiste Geronimo Fais, formé aux meilleurs conservatoires italiens avant d’intégrer le Conservatoire à Rayonnement Régional de la rue de Madrid, et fortifié par les conseils, entre autres, de Christophe Rousset et Noëlle Spieth.

Dans cette perspective, les artistes dirigés par Luca Sannai ont osé interpréter un programme d’une exigence audacieuse ou d’une audace gorgée d’exigence, va-t’en savoir, qu’ils n’ont point hésité à mettre en espace en fonction du sens des pièces interprétées et de l’acoustique du lieu. Le résultat : 1 h 20, avec entracte, de motets « de circonstance » carémistologique, puisant dans la musique grégorienne comme dans la musique contemporaine (on peut retrouver le détail du programme ici), bref, une set-list capable d’embrasser et d’embraser le cœur du public. Sous la direction d’un chef en fusion (un chef italien, quoi), onze « choristes » ont signé une prestation magnifique pour le seul plaisir de partager de la grande musique interprétée avec de grands talents pour qui n’en veut. Touchant et fort. Méritaient bien un coquetèle de prestige, ces artiss, avec verre en cristal, caviar et champagne grand cru, nom d’une tartiflette.


Merci à chacun des treize olibrius venus passer leur dimanche après-midi en l’église Saint-André de l’Europe, et merci aux frappadingos qui ont bravé la tempête de neige (aka les quelques flocons parisiens) pour les applaudir. À chacun, rendez-vous le 8 avril, 17 h, pour le concert héroïque de l’organiste belge de l’année – je sais pas pourquoi, Komm, Bach! est obsédé par les organistes belges : l’an passé, on accueillait la pépite Jean-Luc Thellin ; cette année, ce sera cet escogriffe de François-Xavier Grandjean pour un programme pyrotechnique allant de Bach à la musique contemporaine, en passant par Franck et Gigout, toujours précieux pour l’interprète virtuose qui souhaite se dégourdir les saucisses. Fais-tu pas ton maudit nigaud de niaiseux, rates-tu pas ça, malheureux !

Un peu de popopopo dans un monde de pipes

L’organiste Dominique Aubert par Rozenn Douerin

C’était un concert improbable à l’aune des bienséances compassées : orgue et flûte de Pan autour de classiques de la musique ancienne.
C’était aussi un pari audacieux, fomenté notamment par Philippe Emmanuel Haas, venu spécialement de Suisse pour souffler dans ses tuyaux, et soutenu par Dominique Aubert à l’accent du Sud aussi solide que ses vingt doigts, fins dans l’accompagnement, sûrs dans le diptyque du Bach au programme ce soir-là.
Un concert construit, maîtrisé et réjouissant, à l’image de deux artistes… et de l’assistante de l’organiste. Joyeux de partager cela avec un public trié par lui-même sur le volet. Merci à lui et à eux.

Philippe Emmanuel Haas par Rozenn Douerin

Révolte !

Le ténor 3, en clef de sol, au-dessus, chante un fa et dit : « Fa. »
Le basse 2, en clef de fa, tout en bas, chante un fa et dit : « Fa. »
Comme de par hasard, le compositeur essaye de piéger le basse 1, en lui faisant chanter un si tout en disant : « Fa. » Comme de par hasard, le basse 1, c’est moi. De par haasard, donc, ou complot scientifique ?

La Bastille prend l’Europe

Le week-end magique de Saint-André de l’Europe s’ouvre ce samedi, à 20 h, avec un incroyable concert orgue et flûte de Pan ; et il s’achève ce dimanche, avec un concert qui commencera à 17 h pétouillantes. Au programme, un chœur formé par les meilleurs choristes titulaires de l’Opéra national de Paris et quelques-uns de leurs estimés collègues, le tout piochant dans les plus brillants gosiers du monde, entre Chine, États-Unis, Espagne, forcément Italie et même, pour la couleur locale, France. Sur leur set-list, des motets magnifiques qui vont de Bach (né en 1685) à Piotr Janczak (né en 1972). À l’orgue, un jeune continuiste formé par les meilleurs rganisss italiens et, côté secouage des saucisses, par un certain Christophe Rousset (Noëlle Spieth vient de le prendre en mains au CRR de la rue de Madrid, ça promet).
Du coup, on va pas se mentir : vous pouvez rater le concert du samedi qui s’annonce original et cultivé, ou ce concert qui s’annonce spectaculaire et poignant, hein. C’est l’inconvénient de la liberté. Parfois, ça pousse à faire des bêtises.  Mais comme ça pousse aussi, parfois, à venir aux concerts Komm, Bach!, ça nous va bien.

L’orgue de Saint-André s’enrichit de nouveaux tuyaux !

C’est samedi !

Ben voilà. L’heure approche, et non le rap roche, ça ne voudrait guère dire. Afin d’imploser le médiocre et le banal, Komm, Bach! vous invite à profiter d’un week-end magique, qui commence ce samedi 17 mars avec un concert orgue et flûte de Pan. Mais pas orgue et flûte de Pan genre bonnet et condor qui passe dans le métro. Non, orgue et flûte de Pan genre frac et Bach-Mozart-Petrali-entre-autres. Dominique Aubert tiendra les orgues, Philippe Emmanuel Haas soufflera ses tuyaux, Rozenn Douerin filmera le récital pour que vous en profitiez en direct sur grantécran, et vous, vous pourrez venir écouter et donc, voir, librement ce duo improbable. À samedi !

Saint-Denis, terre de néoculture

Avec Frédérique Épin, Emmanuelle Isenmann, sopranos ; Caroline Tarrit, alto ; Eloan, le percussionniste ténor ; et Olivier Fourcade, basse. Photo : Rozenn Douerin.

Si chanter, c’est fermer deux fois la gueule aux cons, alors chanter en chœur de la musique contemporaine dans l’un des départements les plus pauvres d’Île-de-France, c’est faire encore mieux. Surtout quand ça se pratique dans la bonne entente, le professionnalisme et l’enthousiasme.

Photo : Rozenn Douerin

Après, qui dit 93, dit forcément problèmes religieux. À titre personnel, je propose un gros culte du diapason beaucoup plus en contact avec le son. Mais bon, chacun peut faire ce qui lui chaut. Comme ne disait pas jadis un chiadiss : aussi loin que concerné je suis, j’m’en fous.

Tous les chanteurs pratiquent la religion du diapason, mais les cultes varient parfois. Photo : Rozenn Douerin.

Partout, pour tous

Parfois, on regrette que chanter de la musique contemporaine n’implique pas d’être transporté  en limousine vers des contrées aux paysages enchanteurs. Mais c’est joyeux qu’un département croie encore que la musique de qualité, à défaut de sauver le monde, réunit les curieux et propose un partage un brin plus stimulant qu’une émission de la télé publique, pourtant infiniment plus coûteuse. Bref. Et puis marcher plus d’un kilomètre entre le métro et le lieu du concert, ça inspire pour le post du jour. Alors bon.