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Le blog de Bertrand Ferrier, page 336

ZeneakadĂ©mia (Budapest), BarnabĂ¡s Kelemen et JosĂ© Gallardo, 15 dĂ©cembre 2015

BarnabĂ¡s Kelemen et JosĂ© Gallardo 1
BarnabĂ¡s Kelemen et des p’tits bouts de JosĂ© Gallardo. Photo : Nataly Adrian.

La grande salle de l’AcadĂ©mie de Budapest est pleine Ă  craquer pour le concert de ce 15 dĂ©cembre, il est vrai accessible Ă  des prix gouleyants pour le touriste (9,2 € pour une place impressionnante, type catĂ©gorie 4 Ă  la dĂ©funte Pleyel, soit trois fois moins cher). Le casting de cette soirĂ©e piano-violon y serait sans doute pour quelque chose, puisque la vedette locale, BarnabĂ¡s Kelemen (Kelemen BarnabĂ¡s en hongrois), sĂ©vit sur scène au cĂ´tĂ© de son accompagnateur fĂ©tiche, le jeune barbu JosĂ© Gallardo… sauf que la plupart des concerts donnĂ©s dans cette salle semblent très remplis, ce qui ne peut que rĂ©jouir le boum-boum du mĂ©lomane de passage.
La première partie du show propulse du Ludwig van Beethoven via la Sonate pour violon et piano en fa majeur (opus 24), dite « Printemps ». D’emblĂ©e, ou plutĂ´t dès que l’on a proposĂ© Ă  la touriste française qui nous jouxte de lui dĂ©foncer son tĂ©lĂ©objectif si elle continue Ă  faire bip bip pendant la musique, on est saisi par deux dĂ©lices : l’incroyable complicitĂ© sonore (attaques, nuances, respirations) entre les deux interprètes, d’une part – c’est cette complicitĂ© qu’illustre avec pertinence la photo supra de la romancière Nataly Adrian, oĂ¹ seul un p’tit bout du pianiste dĂ©passe du violoniste ; et la prĂ©cision, Ă  la fois modeste et maĂ®trisĂ©e, du jeu de JosĂ© Gallardo, auteur de piani Ă©poustouflants, sans jamais se dĂ©partir d’une droiture qui privilĂ©gie l’expression sur l’esbroufe. Capable de se mettre en retrait, de se faufiler lors des soli, de tenir tĂªte lors des parties rĂ©ellement dialoguĂ©es, il Ă©clipse malgrĂ© lui son partenaire violoniste, permettant ainsi Ă  l’auditeur d’oublier facilement certaines duretĂ©s d’intonation de B. Kelemen (en clair : quelques rares notes paraissent Ă  la limite de la justesse).
Avant l’entracte, curiositĂ© pour suivre cette très agrĂ©able musique : les deux complices proposent des tangos argentins, en commençant par La milonga del angel. L’intensitĂ© atteinte dans les mouvements vifs de la première sonate peine un chouĂ¯a Ă  poindre dans les tubes d’Astor Piazzolla, interprĂ©tĂ©s avec gourmandise mais sans folie par le musicien du cru. Certes, c’est de la belle ouvrage mais, une fois de plus, la qualitĂ© musicale de l’Argentin l’emporte sur la nĂ©cessaire virtuositĂ© du Hongrois. Son art de l’accompagnement, parfois improvisĂ©, sĂ©duit sans pour autant emporter les rĂ©serves – peut-Ăªtre expliquĂ©es dans le mot manuscrit en hongrois, fourni aux spectateurs mais guère intelligible Ă  tous les touristes – sur le sens de cette association Beethoven / tangos.

L'Académie à la mi-temps. Photo : Bertrand Ferrier.
L’AcadĂ©mie Ă  la mi-temps. Photo : Bertrand Ferrier.

La seconde partie s’ouvre sur la grande Sonate Ă  Kreutzer (opus 47) de Ludwig van Beethoven, oĂ¹ les qualitĂ©s du duo opèrent derechef (prĂ©cision, symbiose, digitalitĂ© sans exagĂ©ration), mĂªme si la ravissante tourneuse de pages de la première mi-temps a cĂ©dĂ© la place Ă  un tourneur moins pĂ©tillant. Regrette-t-on, plus sĂ©rieusement, une certaine absence de prise de risques, autrement dit une lecture un peu trop sage, dans une partition certes très piĂ©geuse mais pouvant inviter Ă  davantage d’Ă©motions ? Le fait est que, mĂªme après avoir lĂ¢chĂ© le fil pendant les variations du deuxième mouvement (je cherchais le spectateur hongrois qui, derrière moi, battait la mesure sur son sac plastique lors des variations rapides), on apprĂ©cie le finale « presto », d’autant qu’une quasi fausse note exceptionnelle semble libĂ©rer JosĂ© Gallardo, soudain plus expressif dans sa gestuelle, son toucher, ses accents.
Un florilège de tangos (dont AdiĂ³s Nonino) et deux Kreisler (dont le Liebeslied) finissent de conquĂ©rir une salle impressionnĂ©e et touchĂ©e. Pour notre part, nous saluons la performance très pertinente des deux olibrius, leur duo formidablement cohĂ©rent, l’originalitĂ© du programme – mĂªme si l’insertion de tangos entre deux Beethoven laisse un peu sceptique, comme, et c’est sans doute notre cĂ´tĂ© poète de la gastronomie, nous dĂ©sarçonnerait l’introduction de miettes de thon dans un sandwich au poulet – et l’Ă©vident talent d’accompagnateur soyeux qui se dĂ©gage de JosĂ© Gallardo. Une belle dĂ©couverte pour une belle soirĂ©e dans une salle magnifique : what else?

BarnabĂ¡s Kelemen et JosĂ© Gallardo
BarnabĂ¡s Kelemen et JosĂ© Gallardo. Photo : Nataly Adrian.

SPA Grammont, 10 décembre 2015

JennaCe jour, c’est en mode mystère que commence la tournĂ©e avec Jenna (ou Janna, ou je sais pas trop, car je la rĂ©cupère dans l’enclos de l’infirmerie), un poids plume qui fait des cĂ¢lins. Le bandage est manière de bonne nouvelle : elle vient d’Ăªtre stĂ©rilisĂ©e pour adoption imminente.
HaleyPuis, avec Haley, en mode « j’ai l’air de faire la gueule mais mĂªme si en fait non, alors que j’aurais des raisons : je viens d’arriver au refuge donc ça va, quoi ». Avec son cortège de dialogues saturants (« mais tu l’as sortie sans muselière, t’as pas le droit / – Y avait rien de prĂ©cisĂ©, et le mec de la sĂ©curitĂ© du parc vient de me dire que pas de problème / – Mais tu te rends pas compte, c’est un staff / – Non, elle est marquĂ©e ‘croisĂ©e dogue’ / – En tout cas, si la directrice de la SPA te voit, tu / – Eh ben, elle me fera un procès, ça nous occupera »).
BanditEn mode gros nounours avec Bandit, puissant gamin d’un an, expert en gambaderies, roulades, sprints et sollicitations grattouillantes. Pas sĂ»r que son nom soit hypervendeur, mais tant mieux, il n’est pas Ă  vendre, juste Ă  adopter. Du coup, après, je suis allĂ© taquiner le lapin avec Harlow.
Harlow et le lapinC’est le lapin qui a gagnĂ©, vu que laisse et lasso, mais Harlow a tenu Ă  passer en mode gossbo car il estimait avoir « vachement impressionnĂ© son adversaire ». Donc tact.
HarlowAlors, pour terminer, après le « sketch de la pastille rouge » (« tu peux sortir Loulou, il est pas sorti depuis quatre jours ? / – Je veux bien mais il est pastille rouge sous prĂ©texte qu’il est foufou dans sa cage, faut que j’aie l’autorisation / – Et pourquoi tu veux sortir une pastille rouge ? Y a plein d’autres chiens qui / – Oh, dis, hĂ©, va garer ta girafe chez ta mère plutĂ´t que de toquer sur mes noix » or somethin’), j’ai optĂ© pour Okapi. Lui, il Ă©tait en mode joueur (passionnĂ© de bĂ¢ton, mais tout aussi excellent Ă  la balle de tennis). On a bien jouĂ©, et ça m’a conduit tranquillement en mode « bon, faut que je retourne bosser, parfois ». Ă€ suivre, si Dieu le veut, par exemple.
Okapi

Je ne renonce pas Ă  Budapest pour autant

HONGRIE

Comme un goût de solitude

8 dĂ©cembreSortie de convoi. L’hiver, le morne, le vrai. Repartir, re-repartir et revenir dans 3 h. Et re-repartir, inch’allalah.

C’Ă©tait dans « Le Journal du dimanche »…

Bertrand Ferrier au JDD

C’Ă©tait dans « France-Dimanche »…

BF FD

SPA Grammont, 5 décembre 2015

LinoxD’abord, ça commence bien : il fait presque beau – pour un lunettard, ça compte. Et voici que surgit le premier candidat autorisĂ© Ă  la sortie, Mr Linox ! MalgrĂ© la collerette, une bonne tĂªte, non (photo non retouchĂ©e) ? Gentil, cĂ¢lin, sympa et a priori bientĂ´t adoptĂ©, souplesse. Vient alors le temps du plus costaud : Capitaine, une vieille connaissance typique des bergers allemands non-nazis – il gambade et fait des cĂ¢lins comme un nounours.
Capitaine(Oui, je sais, j’ai oubliĂ© ma laisse et mon lasso, du coup c’est pas très assorti, mais bon.) Après, y avait celui qui est censĂ© Ăªtre une terreur, mais une terreur autorisĂ©e aux bĂ©nĂ©voles de base. Il s’appelle Ector. Sans m’vanter, oh non, on est dĂ©jĂ  sortis ensemble, et sa vie est un peu triste parce qu’il vient d’Ăªtre ramenĂ© par son adoptante, manière de cruche – pardon, madame – qui « avait du mal Ă  canaliser sa joie de vivre ». C’est vrai, ce quasi-labrador est puissant (mais ça se voit de suite) ; so what? Il est incapable de mĂ©chancetĂ© – mĂªme quand il vous saisit le bras pour jouer, il ne sait pas serrer les mĂ¢choires… Il court, il joue, il se roule par terre et il attend les grattouillis. Plus, ce serait trop, je suppute.
EctorEnfin, comme j’ai toujours pas le droit de sortir Bill, l’un des chiens les plus rigolos du coin (il fait des bonds de cinq mètres de haut alors qu’il mesure environ vingt centimètres, il fait des cĂ¢lins Ă  tous ceux qui passent devant sa cage, il pleure quand on s’Ă©loigne, bref, un monstre), j’ai optĂ© pour Corso. Un nounours hyper vexant puisque, mĂªme blessĂ© Ă  une patte, il m’a obligĂ© Ă  troquer le footing prĂ©vu avec un sprint d’une demi-heure (mais je veux toujours pas me vanter, Dieu m’ait en sa sainte garde). C’est un peu triste de partir, mais comme on disait quand j’avais des notions de sportitude : j’ai tout donnĂ©. Aux adoptants de jouer.
CorsoD’ailleurs, j’ai appris que MaĂ¯tika, que j’avais prĂ©sentĂ©e Ă  des adoptants, est en cours de stĂ©rilisation pour l’adoption – pas de mot d’excuse de la SPA pour m’avoir tancĂ© après ma prĂ©sentation, comme c’est bizarre ; et j’ai eu la joie de voir Grace en enclos avec des adoptants potentiels (pour voir les phĂ©nomènes, rendez-vous ici). Si si wesh gros, ça fait zizir.

Pom pom pom

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Quand l’organiste joue du trombone

TromboneQuand organiste ennuyé, lui parfois faire de drôles de trucs avec les trombones.

Répété

Post-rĂ©pèteRentrer d’une rĂ©pĂ©tition tenue par des gens compĂ©tents. Bricoler une assiette et un verre. Kiffer la vibe Ă  base de tranquillade. Et, pour le reste, on verra plus tard.