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Le blog de Bertrand Ferrier, page 336

Simple comme bnojuor

A nos tationsEn fait, Ă  la base, je voulais juste mettre quelques p’tits commentaires pour guider ma remplaçante Ă  l’orgue, ce premier dimanche de janvier. Las, je crains qu’il n’Ă©prouve un certain recul en constatant la somme de conseils. Peste.

Boss(er)

VincennesNan, mais je crois que, avant tout, le 31 dĂ©cembre, pour un organissse, c’est d’abord l’occasion de bosser, Ă©ventuellement au contact de la nature Ă  Vincennes.

SPA Grammont, 30 décembre 2015

RaskalVoilĂ  Raskal. Comme trois des quatre chiens du jour et, il a Ă©tĂ© abandonnĂ© le 28 dĂ©cembre. C’est censĂ© Ăªtre un croisĂ© boxer, je soupçonne plutĂ´t le croisĂ© nounours. Cela ayant Ă©tĂ© stipulĂ©, je suis pas vĂ©to non plus, j’avoue, t’as vu. Après, j’ia Ă©siocr Srma tout emmĂªlĂ©.
Mars 1Monsieur Mars est un border collie, poids plume, qui kiffe la gambade et surtout rester sur le dos afin que quiconque le grattouille.
20151230_101648HĂ©las, y avait aussi d’autres zozos Ă  faire gambader. Par exemple le chasseur de la bande, Kitaro, magnifique spĂ©cialiste de la traque des odeurs et des cĂ¢lins pour qu’on ne le quitte pas, comme disait Jacques PrĂ©vert ou l’autre Jacques, je sais plus.
KitaroEt l’Ă©pisode du jour finit avec Nina, un monstre tonique d’une trentaine de kilos qui est toute mimi quand on lui fournit du matos…
20151230_111727… toute sĂ©rieuse quand on lui demande de s’asseoir…
Nina 2… et prĂªte Ă  bondir quand elle entend du monde. Ceux qui prĂ©fèrent les moules et les mots, ou les mous et les molles (humour), peuvent bien aller se faire lanlère, non mais. Les autres peuvent aller au refuge de Grammont pour adopter ces stremons.
Raskal

Les meilleurs jeux du monde

ND Travail orgue transversalDisons-le : l’orgue de Notre-Dame du Travail, c’est un joli joujou avec plein de jeux dedans.

ND Travail les plus beaux jeux du mondeMais je crois que j’ai trouvĂ© mes prĂ©fĂ©rĂ©s (en haut au centre sur la photo).

Musique moderne

Presque partocheMe prĂ©parer une partition, c’est gentil. VĂ©rifier le pdf avant de l’imprimer, c’est bien aussi.

Vivant

Orgue chèque
Non, on ne joue pas de l’orgue que pour l’argent. Mais y a pas Ă  dire : l’esprit de NoĂ«l, ça motive.

Cantique de l’Emmanuelle

EmmaLes « chants de l’Emmanuel » ont envahi les Ă©glises, avec leurs mĂ©lodies faibles, leurs harmonisations Ă  refaire et leur pseudo-modernitĂ© surannĂ©e. D’autres arrivent : après un « repas de NoĂ«l » dans les « salles paroissiales » d’une Ă©glise, les musiciens ont oubliĂ© le stock des cantiques qu’ils ont interprĂ©tĂ©s afin de fĂªter l’amour et mettre le feu aux cÅ“urs (pour commencer). Dont ce chant très pieu de l’Emmanuelle…

Dans les sacristies

Dans les sacristies

Et sinon, Budapest

BUDA

ZeneakadĂ©mia (Budapest), BarnabĂ¡s Kelemen et JosĂ© Gallardo, 15 dĂ©cembre 2015

BarnabĂ¡s Kelemen et JosĂ© Gallardo 1
BarnabĂ¡s Kelemen et des p’tits bouts de JosĂ© Gallardo. Photo : Nataly Adrian.

La grande salle de l’AcadĂ©mie de Budapest est pleine Ă  craquer pour le concert de ce 15 dĂ©cembre, il est vrai accessible Ă  des prix gouleyants pour le touriste (9,2 € pour une place impressionnante, type catĂ©gorie 4 Ă  la dĂ©funte Pleyel, soit trois fois moins cher). Le casting de cette soirĂ©e piano-violon y serait sans doute pour quelque chose, puisque la vedette locale, BarnabĂ¡s Kelemen (Kelemen BarnabĂ¡s en hongrois), sĂ©vit sur scène au cĂ´tĂ© de son accompagnateur fĂ©tiche, le jeune barbu JosĂ© Gallardo… sauf que la plupart des concerts donnĂ©s dans cette salle semblent très remplis, ce qui ne peut que rĂ©jouir le boum-boum du mĂ©lomane de passage.
La première partie du show propulse du Ludwig van Beethoven via la Sonate pour violon et piano en fa majeur (opus 24), dite « Printemps ». D’emblĂ©e, ou plutĂ´t dès que l’on a proposĂ© Ă  la touriste française qui nous jouxte de lui dĂ©foncer son tĂ©lĂ©objectif si elle continue Ă  faire bip bip pendant la musique, on est saisi par deux dĂ©lices : l’incroyable complicitĂ© sonore (attaques, nuances, respirations) entre les deux interprètes, d’une part – c’est cette complicitĂ© qu’illustre avec pertinence la photo supra de la romancière Nataly Adrian, oĂ¹ seul un p’tit bout du pianiste dĂ©passe du violoniste ; et la prĂ©cision, Ă  la fois modeste et maĂ®trisĂ©e, du jeu de JosĂ© Gallardo, auteur de piani Ă©poustouflants, sans jamais se dĂ©partir d’une droiture qui privilĂ©gie l’expression sur l’esbroufe. Capable de se mettre en retrait, de se faufiler lors des soli, de tenir tĂªte lors des parties rĂ©ellement dialoguĂ©es, il Ă©clipse malgrĂ© lui son partenaire violoniste, permettant ainsi Ă  l’auditeur d’oublier facilement certaines duretĂ©s d’intonation de B. Kelemen (en clair : quelques rares notes paraissent Ă  la limite de la justesse).
Avant l’entracte, curiositĂ© pour suivre cette très agrĂ©able musique : les deux complices proposent des tangos argentins, en commençant par La milonga del angel. L’intensitĂ© atteinte dans les mouvements vifs de la première sonate peine un chouĂ¯a Ă  poindre dans les tubes d’Astor Piazzolla, interprĂ©tĂ©s avec gourmandise mais sans folie par le musicien du cru. Certes, c’est de la belle ouvrage mais, une fois de plus, la qualitĂ© musicale de l’Argentin l’emporte sur la nĂ©cessaire virtuositĂ© du Hongrois. Son art de l’accompagnement, parfois improvisĂ©, sĂ©duit sans pour autant emporter les rĂ©serves – peut-Ăªtre expliquĂ©es dans le mot manuscrit en hongrois, fourni aux spectateurs mais guère intelligible Ă  tous les touristes – sur le sens de cette association Beethoven / tangos.

L'Académie à la mi-temps. Photo : Bertrand Ferrier.
L’AcadĂ©mie Ă  la mi-temps. Photo : Bertrand Ferrier.

La seconde partie s’ouvre sur la grande Sonate Ă  Kreutzer (opus 47) de Ludwig van Beethoven, oĂ¹ les qualitĂ©s du duo opèrent derechef (prĂ©cision, symbiose, digitalitĂ© sans exagĂ©ration), mĂªme si la ravissante tourneuse de pages de la première mi-temps a cĂ©dĂ© la place Ă  un tourneur moins pĂ©tillant. Regrette-t-on, plus sĂ©rieusement, une certaine absence de prise de risques, autrement dit une lecture un peu trop sage, dans une partition certes très piĂ©geuse mais pouvant inviter Ă  davantage d’Ă©motions ? Le fait est que, mĂªme après avoir lĂ¢chĂ© le fil pendant les variations du deuxième mouvement (je cherchais le spectateur hongrois qui, derrière moi, battait la mesure sur son sac plastique lors des variations rapides), on apprĂ©cie le finale « presto », d’autant qu’une quasi fausse note exceptionnelle semble libĂ©rer JosĂ© Gallardo, soudain plus expressif dans sa gestuelle, son toucher, ses accents.
Un florilège de tangos (dont AdiĂ³s Nonino) et deux Kreisler (dont le Liebeslied) finissent de conquĂ©rir une salle impressionnĂ©e et touchĂ©e. Pour notre part, nous saluons la performance très pertinente des deux olibrius, leur duo formidablement cohĂ©rent, l’originalitĂ© du programme – mĂªme si l’insertion de tangos entre deux Beethoven laisse un peu sceptique, comme, et c’est sans doute notre cĂ´tĂ© poète de la gastronomie, nous dĂ©sarçonnerait l’introduction de miettes de thon dans un sandwich au poulet – et l’Ă©vident talent d’accompagnateur soyeux qui se dĂ©gage de JosĂ© Gallardo. Une belle dĂ©couverte pour une belle soirĂ©e dans une salle magnifique : what else?

BarnabĂ¡s Kelemen et JosĂ© Gallardo
BarnabĂ¡s Kelemen et JosĂ© Gallardo. Photo : Nataly Adrian.