
Et la question du jour est : peut-on faire du thĂ© avec deux violoncelles ? DĂ©jĂ , HervĂ© DĂ©sarbre avait sollicitĂ© Pierre Troisgros afin de lui soutirer le nom de dix plats reprĂ©sentatifs de notre cuisine. Ensuite, il avait soumis la liste Ă des compositeurs pour qu’ils fassent de la bonne boustifaille avec de beaux tuyaux. Pierre Cholley avait ainsi mijotĂ© du bÅ“uf – on en a goĂ»tĂ© une assiette tantĂ´t. Dans cette tradition associant arts de bouche et musique savante, Fabian MĂ¼ller s’inscrit avec un sĂ©rieux respectueux qui dĂ©passe la gastronomie bien d’chez nous, bÅ“uf bourguignon en tĂªte. Logique !
- D’abord, l’art du thĂ©, glorifiĂ© par Achille Talon en personne, c’est pas un truc pour Bozo le clown. On est aussi loin du thĂ© Richard sirotĂ© sur un coin de zinc « parce que c’est trop tĂ´t pour une bière » (genre) « et si je prends un expresso après neuf heures du matin, je ne dormirai pas cette nuit » que du ridicule des bobos transformĂ©s en experts du fromage, du cafĂ© ou du vin parce que leur commerçant local, bio, Ă©quitable et travaillant exclusivement avec des producteurs responsables, leur a offert deux-trois anecdotes en leur refourgant le produit basique qui leur permet de marger de ouf. Non, ici, on parle de l’art du thĂ© ancestral et tout et tout.
- Ensuite, le projet de « faire » du thĂ© est portĂ© par Fabian MĂ¼ller, violoncelliste et compositeur suisse (mĂªme s’il affirme se taĂ¯waniser grĂ¢ce Ă son Ă©pouse) – et tous ceux qui, comme moi, pratiquent un peu le clichĂ© raciste en amateur, savent qu’un Suisse, c’est sĂ©rieux.
- Enfin, les deux violoncelles qui sont ici rĂ©unis sont totalement investis dans le projet : c’est Fabian MĂ¼ller qui prĂ©pare le thĂ©, lui-mĂªme et Pi-Chin Chien qui le servent, et eux deux qui ont fabriquĂ© la tasse – en clair, Fabian MĂ¼ller a Ă©crit la musique, il co-interprète l’album et le produit avec sa complice.
Comme le laisse subodorer le jeu de mots du titre, on est donc en prĂ©sence d’un double dĂ©sir :
- dĂ©sir de synthèse (entre Suisse et TaĂ¯wan, composition et interprĂ©tation), et
- dĂ©sir de synesthĂ©sie entre goĂ»t et audition, que le livret approfondit – en allemand, anglais et chinois. En effet, chacune des dix pièces, oscillant entre 3’30 et 7’30, est accompagnĂ©e d’une prĂ©sentation du thĂ© par Menglin Chou et d’une prĂ©sentation de l’Å“uvre par le compositeur.
La transsubstantiation du thé propulse cette boisson au-delà du prétexte évocateur : elle devient vision, souvenir, histoire, expérience et incertitude.
- Vision, car le compositeur explicite les liens entre les paysages oĂ¹ pousse le thĂ© et sa musique.
- Souvenir, car Fabian MĂ¼ller narre des anecdotes le liant personnellement Ă telle dĂ©couverte ou Ă telle sensation qu’il tĂ¢che d’Ă©voquer.
- Histoire, car les thĂ©s prĂ©sentĂ©s, souvent appuyĂ©s sur un storytelling très marketĂ©, sont aussi des occasions pour Ă©voquer des parties de l’Histoire Ă travers les peuples qui la font ou l’Ă©vitent.
- ExpĂ©rience, car l’auditeur est appelĂ© Ă ne pas Ăªtre seulement auditeur : il devient spectateur, il imagine les odeurs, les couleurs, les goĂ»ts mais aussi la texture des feuilles de thĂ©.
- Incertitude, car rien ne garantit que la synesthĂ©sie – telle que reconstituĂ©e par l’auditeur Ă partir des textes et de la musique – Ă laquelle chacun parvient est superposable Ă celle du compositeur qui, lui, connaĂ®t les thĂ©s et les endroits mis en musique.

Cette quintuple extension du domaine du thĂ© dĂ©samorce pour partie le risque de se cantonner dans une musique strictement descriptive. Certes, l’Ă©criture de Fabian MĂ¼ller se sinise volontiers ici – Ă©couter son concerto pour violoncelle en un mouvement permet de dĂ©couvrir d’autres irisations de son Ă©criture – et ne nĂ©glige pas les astuces de l’imitation d’Ă©lĂ©ments reconnaissables ; pour autant, elle ne se contente pas de ces apprĂ©ciables mains tendues Ă l’auditeur. Elle associe :
- savoir-faire de l’artisan,
- libertĂ© fantasmatique de l’artiste et
- engagement des interprètes, essentiel pour faire vibrer ces pièces audibles par tous.
Rougui Hongcha Ă©voque un thĂ© noir, rare et floral, que Fabian MĂ¼ller promet d’honorer par deux thèmes : l’un pentatonique pour Ă©voquer le jardin, l’autre plus rythmique pour rendre hommage aux Bununs, des gens « spĂ©cialement allègres ». Des pizz en accompagnement lancent la machine. Une mĂ©lodie jouĂ©e avec un mĂ©lange de souplesse glissĂ©e et d’Ă©lĂ©gance plante aussitĂ´t le dĂ©cor taĂ¯wanais. Un jeu de quasi canon, ou plutĂ´t d’Ă©change du motif initial prĂ©pare l’arrivĂ©e du second thème rĂ©solument folklorique qui, une fois exposĂ©, entreprend de lutter avec son prĂ©dĂ©cesseur. Pas de vainqueur, sinon la musique, immĂ©diatement plaisante – on comprend que le compositeur ait Ă©tĂ© primĂ© aux États-Unis – et hop, encore un clichĂ©.
Zheng Dongding Oolong Ă©voque un thĂ© Ă la fois rĂ©pandu et chic « qui prĂ©sente un caractère affirmé ». Le compositeur compte lui rendre hommage en cĂ©lĂ©brant la « Lebensfreude » (joie de vivre) et en y glissant un nouveau clin d’Å“il aux Bununs, qui vivent dans l’aire des plantations. De fait, une danse sautillante jaillit d’un violoncelle sur un accompagnement rythmique coll’arco. Les rĂ´les s’Ă©changent. Une partie centrale, partiellement en doubles doubles cordes, apaise l’atmosphère. Une pĂ©dale grave permet Ă l’instrument soliste de dĂ©ployer sa cantilène. La partie A revient d’abord mezza voce avant d’Ă©clater Ă nouveau selon les mĂªmes modalitĂ©s qu’initialement. Un pizz tonique comme un gin conclut cette pièce de danse dense – que c’est drĂ´le – mais pas que puisque Fabian MĂ¼ller veille, mĂªme en 3’30, Ă varier les climats sans perdre en lisibilitĂ©.
Lao Man E Gushu Pu Er se rĂ©fère Ă un thĂ© chinois qui met du temps Ă rĂ©vĂ©ler ses « notes de forĂªt, de tourbe et de prairie », jusqu’Ă apporter calme et luciditĂ© Ă son siroteur. Le compositeur promet de jouer sur la distinction entre l’aciditĂ© liminaire et la sĂ©rĂ©nitĂ© conclusive de la dĂ©gustation, tout en peignant « la beautĂ© unique des montagnes du Yunnan ». Un lamento serein, ponctuĂ© de pizz, ouvre la pièce et se dĂ©ploie, parfois rejoint par l’archet du complice sporadiquement en doubles cordes. La sĂ»retĂ© de ce dialogue doit exprimer la sĂ©rĂ©nitĂ© ; et le rythme du second violoncelle peut Ă©voquer la quĂªte de stabilitĂ© dont les accords finaux signalent la rĂ©ussite. Cette musique planante sĂ©duit grĂ¢ce Ă une interprĂ©tation sensible jusque dans ses fragilitĂ©s voulues (0’16).
Oriental Beauty est censĂ© Ăªtre le meilleur oolong, avec notes de miel, de fleurs et de fruits pour rĂ©sultat d’un traitement spĂ©cifique. La musique compte Ă©voquer les cigales qui chantent dans les cyprès gĂ©ants de la jungle de TaĂ¯wan. Sans aller jusqu’Ă lorgner vers l’Insektarium d’Andreas Willscher, Ă©voquĂ© lui aussi tantĂ´t, cette astuce se rĂ©fère au storytelling qui accompagne l’invention d’un thĂ© dont le naming ne nĂ©glige point d’aguicher. Le frottement des cordes lance donc le bal. Un motif Ă©nergique s’impose, entraĂ®nant l’accompagnateur dans la danse. BientĂ´t, des pizz pulsent derrière l’archet et les quelques doubles cordes du lead. Un bref solo glissĂ©, travaillant la matière mĂªme du son, marque le mitan de la pièce. Une modulation agrĂ©mente le retour du dĂ©bat entre les compères, puis les pizz se risquent jusque dans les harmoniques pour mieux accompagner la beautĂ© orientale dont les voilures disparaissent Ă travers une coda bien troussĂ©e.
Bi Luo Chun est un thĂ© vert lĂ©ger que le compositeur a choisi de sertir dans une gamme pentatonique centrĂ©e sur la tonalitĂ© de Si bĂ©mol qui, pour lui, Ă©voque le vert clair, et pourquoi pas ? Une fausse chanson folklorique sonne d’emblĂ©e, accompagnĂ©e de doubles cordes souvent graves. Les harmonies revendiquent une simplicitĂ© qui n’exige pas moins une interprĂ©tation prĂ©cise et complice. Au milieu du morceau, une pulsation nouvelle dynamise provisoirement le discours tentĂ© par la modulation. Les rĂ©pĂ©titions incomplètes (il manque un bout du thème Ă la seconde Ă©vocation, ou l’accompagnement passe du pizz Ă l’archet, de la rĂ©ponse directe Ă la simple pĂ©dale grave, etc.) guident l’auditeur puis retiennent son attention jusqu’Ă l’harmonique qui dissout, cristalline, cette Ă©vocation.
Buddha’s hand Alishan est un thĂ© aux reflets dorĂ©s et aux effluves agrumĂ©s, et hop. Le compositeur souhaite Ă©voquer dans la pièce ainsi intitulĂ©e le lever du soleil sur le mont Alishan – d’autant que, « si l’on s’en tient Ă leurs splendides paysages de montagne, TaĂ¯wan et la Suisse se ressemblent beaucoup » jusque dans leurs chansons pose, amusĂ©, Fabian MĂ¼ller. Un solo Ă©nigmatique, semblant enregistrĂ© de très près, est bientĂ´t enrichi par une double pĂ©dale grave et repris partiellement en pizz. Les pizz du second violoncelle libèrent un nouveau thème. Une danse explose alors, le premier violoncelle y renonçant bientĂ´t : ainsi s’associent l’Ă©nergie de l’accompagnateur et la langueur du lead. Le retour des pizz au second violoncelle rĂ©introduisent Ă mi-course le pattern entendu tantĂ´t. La danse, version brève, accompagne cette reprise. Un solo grave, qui se plaĂ®t Ă sculpter le son, interrompt la cavalcade et se laisse envahir par la rĂ©ponse du second violoncelle puis par son retour Ă la double pĂ©dale. Le jeu sur les glissendi, les sons dĂ©timbrĂ©s, l’hypnotisme contemplatif et la rĂ©sorption prompte de toute tentative de sautillement dessinent les contours d’un morceau Ă©lĂ©gant que l’on ne manquera pas de dĂ©conseiller aux amateurs de hard rock – ou alors d’un Metallica en manque d’inspiration, peut-Ăªtre.
Mao Er Duo Gushu est un thĂ© Pu Er dont les feuilles Ă©voquent des oreilles de chat… et « un voyage scolaire dans les montagnes » oĂ¹ « des Ă©coliers innocents et insouciants seraient assis dans une prairie fleurie, au creux d’un vallon abrité ». Après, voilĂ , chacun ses visions ectoplasmiques. La musique veut Ă©voquer la vie et la joie afin que, en l’entendant comme en ingurgitant le breuvage, « notre esprit devienne plus lĂ©ger ». En effet, ça sautille, sur un zoum-zoum simplissime que les deux partenaires Ă©changent parfois. Une reprise signe l’aspect populaire de ce thème, après quoi le calme semble revenir dans des harmonies plus complexes. Des effets d’Ă©cho entre les acolytes font osciller doucement cette partie mĂ©diane avant que la gigue initiale ne revienne, au second puis au premier violoncelles, selon la forme ABA privilĂ©giĂ©e dans ces Ă©vocations. La belle synchronisation, les formes de dialogue employĂ©s – solo versus accompagnement, dialogue par effets d’Ă©cho ou par parallĂ©lisme, renversement du lead – et le travail du son Ă l’approche de la coda, pour offrir une autre couleur au Ă©nième retour du thème, contribuent au charme de cette piste (de danse) enlevĂ©e.
Zhencong Muzha Tie Guanyin produit une infusion intense qui Ă©voque Ă Menglin Chou le moment oĂ¹ son grand-père sirotait cette dĂ©coction dans son rocking chair. Le compositeur se concentre sur deux points l’aspect nostalgique (des danses brèves apparaissent et s’Ă©vanouissent comme autant de souvenirs de festivitĂ©s rĂ©volues) et la dimension mĂ©taphysique, Guanyin dĂ©signant une dĂ©esse « d’une beautĂ© surnaturelle ». C’est le mouvement le plus dĂ©veloppĂ© parmi les dix proposĂ©s dans ce petit catalogue de thĂ©s. Le dĂ©but solennel se dĂ©cante peu Ă peu pour s’ouvrir Ă l’association traditionnelle pizz + lead Ă©lĂ©giaque. Ensuite, les deux violoncelles se font Ă©cho coll’arco. Une danse accompagnĂ©e en doubles cordes graves s’Ă©vanouit dans le retour de la formule liminaire (pizz + lead puis danse). Comme aime le faire Fabian MĂ¼ller, le thème ressassĂ© est alors repris en pizz par le premier violoncelle, accompagnĂ© par le tremblement de son complice. De jolies oscillations tonales et des trouvailles de sonoritĂ©s harmoniques sinon harmonieuses (autour de 6′) Ă©clairent le propos que couronnent la formule liminaire abrĂ©gĂ©e et sa minicoda. Ainsi, la suite semble se caractĂ©riser ici par une double tension :
- macrotension structurelle entre clartĂ© de la forme et embardĂ©es du discours qu’entraĂ®nent l’insertion d’Ă©pisodes intermĂ©diaires et la rĂ©utilisation tronquĂ©e ou mĂ©lodiquement modifiĂ©e d’un motif ;
- microtension ontologique de la musique elle-mĂªme, fondĂ©e sur des Ă©lĂ©ments d’apparence très simples dont le compositeur va rĂ©vĂ©ler le potentiel grĂ¢ce Ă , par ex., des (per)mutations, des changements d’accompagnement, et des modifications d’atmosphère ou de tempo.
Mengku Yesheng Hong Cha est un thĂ© issu d’arbres vivant en quasi autarcie Ă 2000 mètres au-dessus du niveau de la mer donnant. Le rĂ©sultat hĂ©site entre dattes et effluves mĂ©diterranĂ©ens. Le compositeur annonce une pièce ouverte et fermĂ©e sur une mĂ©ditation archaĂ¯sante, avec une partie centrale cĂ©lĂ©brant en dansant la proche venue du printemps – Ă©poque de la rĂ©colte pour ce thĂ©. En effet, les deux violoncelles semblent chercher la voie idĂ©ale dans un prologue interprĂ©tĂ© avec soin – Ă©coutez le decrescendo parfait Ă 0’35 et 3’19 ! La danse, très rythmĂ©e, suscite un dialogue animĂ© entre les musiciens. Le retour de la mĂ©ditation dans l’aigu interrompt l’incartade puis l’efface dans une jolie tenue finale.
Bai Mao Hou est issu d’un arbre couronnĂ© de cheveux blancs – d’oĂ¹ son nom qui signifie « singe Ă poils blancs ». Ce thĂ© aux touches florales a inspirĂ© au compositeur une pièce d’oĂ¹ il souhaite Ă©liminer toute amertume ou pointe d’aciditĂ©. Pour cela, une introduction mĂ©ditative prĂ©lude, nous annonce-t-on, Ă une danse taĂ¯wanaise dont la notice stipule que passe, mĂªme si nous serions incapable de la remarquer, l’ombre du compositeur Teng Yu-Hsien. Le prologue, d’une grande richesse, fait plutĂ´t ressortir des bribes du dĂ©but de la Suite en sol de Bach (0’56 Ă 0’58 ou 4’20 Ă 4’22, par ex.). La danse pĂ©tille avec un lead lyrique et un accompagnateur bondissant – toujours ce souci de lisibilitĂ© du propos. Un intermède reprend le langage initial. Un nouveau motif, avec thème au premier violoncelle sur pizz rĂ©sonnants, prĂ©cède une danse confiĂ©e au second violoncelle sur un bariolage intense du frangin Ă quatre cordes. La troisième Ă©nonciation du motif mĂ©ditatif annonce l’approche de la coda et l’arrivĂ©e du Mi majeur.
Dix secondes de silence résorbent ces cinquante minutes de musique au cours desquelles on aura apprécié, notamment :
- la science du compositeur,
- la qualitĂ© de l’interprĂ©tation,
- l’originalitĂ© du projet,
- le souci de finition.
Certes, Fabian MĂ¼ller privilĂ©gie la cohĂ©rence du projet et l’unitĂ© de cette Å“uvre en dix Ă©pisodes au dĂ©triment des cahots, de la foucade et de l’inattendu. EĂ»t-on espĂ©rĂ© çà et lĂ des structures moins similaires ? EĂ»t-on mĂªme espĂ©rĂ© Ăªtre davantage bousculĂ©, inquiĂ©tĂ©, perdu parfois dans la jungle musicale des thĂ©s d’exception convoquĂ©s sur la platine ? Sans doute nous contenter eĂ»t-il dĂ©truit la soliditĂ© de ce dĂ©fi original et musicalement abouti. Au lieu de chercher Ă sĂ©duire en optant pour une diversitĂ© plus aguicheuse en cas d’Ă©coute continue, Fabian MĂ¼ller et Pi-Chin Chien prĂ©fèrent laisser parler leurs fantasmes de thĂ© musical, leur art d’interprète et la puissance kalĂ©idoscopique de leurs instruments. Il faudrait bien de la mauvaise foi pour affirmer que ce disque singulier ne mĂ©rite pas l’attention des mĂ©lomanes assez curieux pour dĂ©guster dix thĂ©s aux notes aussi sapides.
Pour Ă©couter le disque en intĂ©grale, c’est ici.
Pour acheter le disque, c’est lĂ .