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Notre part d’ombre

Première de couverture (détail)

Censée assurer la sécurité de notre petit monde, la police brille par sa face obscure à double titre. D’une part parce qu’elle baigne dans certains des bas-fonds sordides de nos âmes, corps et actes et que, à force de clapoter dans ce marigot, elle se retrouve souvent contaminée ; d’autre part parce qu’elle ajoute plus que fréquemment des couches de ténèbres au noir Soulages de notre vie en cohabitation.
À l’heure du triomphe de Master Poulet, il fallait bien un ancien commandant de cette institution, qui a aimé son métier avec passion, pour dénoncer de l’intérieur, dans La Face obscure de la police qui vient de paraître chez Max Milo, les travers de la grande Boutique en claquant des questions qui fâchent comme :

  • pourquoi la lutte contre le narcotrafic est-elle devenue une mascarade ?
  • pourquoi la police est-elle davantage au service du pouvoir que de la population ?
  • pourquoi de nombreux agents dérapent-ils dans l’exercice de leur fonction ?
  • jusqu’à quel point la franc-maçonnerie tient-elle l’institution ?
  • les syndicats font-ils plus de mal que de bien aux fonctionnaires ?
  • à qui profite le remplacement de la police d’État par ses succédanés piteux et dangereux que sont la police municipale et les entreprises de sécurité privée ?

L’ancien des stups qui a sévi à Marseille et à Paris, lui-même ex-franc-maçon et syndicaliste, répond d’une plume alerte à ces questions et à bien d’autres. En associant expériences vécues, événements tout frais et analyse rigoureuse, il

  • décrit les conséquences délétères de ces moments où la police est incitée à faire du chiffre en interpelant à l’aveugle ;
  • révèle l’influence des réseaux, prompts à promouvoir des incompétents et à protéger des agents déviants ;
  • dénonce la détérioration des conditions de travail des policiers et leur impact direct sur la vie publique ;
  • montre pourquoi les forces de l’ordre ont pris l’habitude de casser du citoyen ; bref, il
  • illustre, exemples précis à l’appui, comment le néolibéralisme macronien – mais pas que – a largement transformé une institution vouée à une mission noble en un pantin politique souvent réduit à jouer des scènes guignolesques pour nourrir les médias, promouvoir des notabilités aux bas instincts et nuire aux citoyens de mille et une façons.

Cette histoire, racontée avec une truculence lucide par un Jean-Pierre Colombiès dépité par la tournure des événements mais croyant toujours à la possibilité d’un sursaut, ça claque et c’est disponible chez votre libraire ou, par exemple, ici. Pour les Franciliens, une rencontre avec l’auteur est prévue le 28 mai à 19 h à la librairie Au bonheur des livres (Paris 17). Au plaisir de vous y retrouver !

Isaure, librairie Au bonheur des livres (Paris 17), 20 novembre 2025

Isaure et Thierry Durnerin le 20 novembre 2025 à la librairie Au bonheur des livres (Paris 17). Photo moche : Bertrand Ferrier.

Souvenir plus qu’archive : le 20 novembre 2025, il y a donc près d’un siècle, Isaure fêtait la réédition en poche de ses Mémoires d’une femme de ménage (Le Seuil, « Points »). Le livre

  • est initialement paru chez Grasset, où il a obtenu un succès considérable,
  • est parti ensuite se promener en Allemagne pour un autre joli succès… et
  • a abouti en poche au Seuil avec, désormais, deux couvertures différentes.

En effet, grâce au succès de la série autour de « la femme de ménage », Le Seuil a choisi de relancer cet essai à la fois

  • autobiographique et sociologique,
  • secouant et drôle,
  • dissonant et intimement tourné vers les autres.

 

Isaure, Thierry Durnerin et des lecteurs, le 20 novembre 2025 à la librairie Au bonheur des livres (Paris 17). Photo : Bertrand Ferrier.

 

Dans le cadre chaleureux de la librairie Au bonheur des livres, l’auteur a répondu aux questions de Thierry Durnerin, le patron du bouge qui a réussi en moins de trois ans à transformer son antre en lieu prisé du quartier des Batignolles ; puis le public venu remplir l’espace disponible a pu échanger avec

  • l’écrivain,
  • la femme et
  • l’ex-p’tite bonne tout terrain.

Bien qu’elle se revendique maladivement timide, Isaure a raconté

  • son expérience professionnelle étonnamment variée,
  • sa vision extérieure de l’intérieur – si, si – en tant qu’image (parfois trompeuse) de nous-mêmes, et
  • les conséquences personnelles de ce bout de vie passé à rendre propre et beau chez les autres.

 

Échange avec le public de la librairie Au bonheur des livres (Paris 17), en présence notamment de Guillaume Vatan, réalisateur, Charlotte Grenat, chanteuse, et Guillaume Karr, auteur. Photo : Thierry Durnerin.

 

Le livre est toujours disponible en librairie ou chez les vendeurs digitaux tel le grand méchant Amazon. Au bonheur des livres organise très souvent des rencontres mais, évidemment, nous attirons l’attention de nos lecteurs sur celle qui aura lieu le jeudi 28 mai, à 19 h : Jean-Pierre Colombiès sera dans la place pour La Face obscure de la police, qui paraîtra chez Max Milo le 5 mai.
Ancien des stups à Marseille puis à Paris, investi dans la lutte contre l’atteinte aux personnes et aux biens, ce flic blanchi sous le harnais profite d’avoir quitté la Boutique, son service accompli, pour promener son regard

  • lucide,
  • acéré et
  • volontiers piquant

sur l’évolution parfois inquiétante d’une institution en butte, notamment, à l’impéritie – pour partie calculée – des gouvernements.

 

On en reparlera !

C’est du propre !

Isaure rhabillée pour l’hiver grâce à sa nouvelle couverture

 

Elle est de retour ! Après avoir

  • cartonné en grand format,
  • séduit les lecteurs de livres de poche,
  • fait rire et vibrer les germanophones,

Isaure revient (peut-être grâce au succès de la série « La femme de ménage », et alors ?) avec une réédition au Seuil, dans la collection « Points », ornée d’une couverture tout à fait cosy. De quoi remettre un coup d’éclairage sur un témoignage choc et puissant qui parle presque moins de l’art du ménage (quoique…) que

  • de ce que nos intérieurs disent de nous,
  • de ce que notre relation au petit personnel révèle de notre rapport au monde, et
  • de ce que notre façon de suivre benoîtement ou de tenter de bousculer nos destins dévoile de notre conception de la vie, entre la tentation risquée d’exercer sa liberté et l’abandon confortablement triste à une existence où, comme le chantait le philosophe Jean-Jacques G., tout serait joué d’avance.

Bref, un livre

  • courageux,
  • corrosif et
  • coruscant

qui, treize ans après sa première édition, n’en finit pas de rester vivant et de vivifier ses lecteurs.

Penser la mort, deuxième

L’affiche (best of)

 

Alors que l’Europe, poussée par les lobbies de l’armement, envisage de déverser des centaines de milliards de sesterces pour financer les industries de mort et détruire la vie des clampins que nous sommes pour complaire les salopards qui nous gouvernent, ma causerie sur (environ) vingt-quatre faits extraordinaires autour de la mort revient sur scène après une apparition au Théâtre-atelier du Verbe.
C’est vrai, on n’aime pas y penser, mais c’est un fait : quelque 600 000 Français meurent chaque année. Un beau jour ou peut-être une nuit, 100 % des êtres vivants feront de même. Le sketch de la mort dure depuis des milliards d’années environ. Pourtant, personne ne sait ce que c’est, la mort, bien que beaucoup – religieux, scientifiques, illuminés, artistes, philosophes, etc. – prétendent le contraire. Après avoir longuement plongé dans ces eaux noires à l’occasion d’une enquête au long cours, je suis remonté à la surface avec quelques éléments de réponse donc pas mal de questions que je trouve plutôt malin de partager.

 

[embedyt] https://www.youtube.com/watch?v=HnIaqQSBNgo[/embedyt]

 

Entre conférence très sérieuse et forme non identifiée, cette performance teintée d’un humour nécessaire et protéiforme s’adresse à tous. Doit-on le préciser ? apparemment, oui, elle ne vise ni à prosélyter – et hop – ni à lénifier mais à nourrir une réflexion sur ce qui nous attend tôt ou tard.
Sa durée d’1 h 15 devrait rendre la chose supportable, d’autant que quelques interventions fredonnées (featuring l’ami Jann Halexander, qui vient de publier Ornithorynque, son nouveau disque), laisseront, à intervalles joyeusement irréguliers, la parole s’enduire de musique et d’autres vibrations.

 

[embedyt] https://www.youtube.com/watch?v=48-B50hyqPM[/embedyt]

 

Le spectacle s’inspire d’un ambitieux projet éditorial cancellé au dernier moment mais updaté fréquemment et disponible en pdf ici. Les places pour la causerie peuvent être réservées . Sur place, s’il en reste à vendre, elles coûteront 15 € à tarif normal ou 10 € en tarif réduit (sans justificatif, on n’a pas à se justifier si on est chiche en fifrelins).
Rendez-vous mortel mais pas macabre le samedi 15 mars à 16 h à la galerie Grand merci, 14 bis, rue Coëtlogon, Paris 6 !

 

Le retour de la nuit

Première de couverture (détail)

 

Plusieurs centaines de traductions ont suivi, mais celle-ci, c’était la première – et c’était donc une joie, un quart de siècle plus tard environ, d’en discuter en live YouTube avec Adrien, fan et fin connaisseur de « Chair de poule ».

  • Des extraterrestres,
  • des citrouilles,
  • de l’obscurité,
  • des enfants perdus :

autant d’ingrédients pour éprouver le plaisir du p’tit frisson et dévoiler des bribes du making of.  Certes, la vidéo s’adresse à ceux qui disposent d’un cellulaire plutôt que d’un ordinateur ; mais il paraît que c’est désormais chose bien établie dans ce monde, alors bonne écoute aux curieux !

 

[embedyt] https://www.youtube.com/watch?v=_naXZV_YWK0[/embedyt]

 

PS : sans rapport, un petit message personnel pour « Armand » dit Dino le corbeau qui, tout en renseignant semble-t-il un faux courriel (ma réponse n’est pas parvenue à destination), a eu la douceur de m’envoyer un message. Objectif : me demander d’effacer toute mention de Fabrice Dupray sur ce site car cela « ferait tache », le zozo ayant jadis été condamné par Dame Justice.
Fabrice est un excellent trompettiste et non moins savoureux chanteur avec lequel j’ai travaillé joyeusement de longues années. Or, je ne pratique pas la cancel culture et suis plutôt indifférent non pas à d’éventuelles souffrances d’autrui mais, fussent-ils habillés d’un aimable compliment, aux

  • piapiapias,
  • délations, et
  • « conseils » aka pressions

qui me peuvent parvenir. Par conséquent, je n’effacerai pas mon ami Fabrice de ces pages web, ni ne cèlerai

  • le plaisir que j’ai eu de musiquer avec le gaillard,
  • l’amitié qui s’en est suivie et
  • le respect réciproque, je crois, que nous avons construit.

Peut-être une requête en réécriture trouvera-t-elle un écho plus favorable dans des institutions ayant davantage pignon sur rue, comme Sciences Po ou l’IMA ?

 

[embedyt] https://www.youtube.com/watch?v=vV0dJcDGMPY[/embedyt]

 

Fantaisie académique

Première de couverture, best of

 

C’est une œuvre pour la jeunesse bien sous tous rapports :

  • le personnage principal est une fille au tempérament de garçonne ;
  • elle a deux mamans ;
  • ses aventures sont un hymne à l’acceptation de la différence.

Un tournoi d’enfer est le deuxième tome d’une série qui s’inscrit dans l’effort de poly-exploitation de la marque « Donjons & dragons ».

  • Écrit par Madeleine Roux,
  • illustré par Tim Probert et
  • traduit par votre serviteur,

il s’amuse à mêler les codes du jeu original et ceux de « Harry Potter ».

 

Incipit du roman

 

Au programme,

  • internat de jeunes élèves,
  • compétition (l’un des grands « trucs » des livres pour la jeunesse, avec l’inusable – hélas – préparation d’un spectacle),
  • multitude de monstres en tout genre,
  • aventures et twists

agitent gentiment le bocal des lecteurs en maniant à la fois l’académisme woke et la fantasy scolaire bon teint. Le plaisir de conter dont Madeleine Roux fait montre contribue à la réussite de cet amusant divertissement « pour les 8-12 ans » que l’on peut découvrir ici et acheter .

 

Eragon en direct !

Illustration : Sidharth Chaturvedi. Illustration disponible sur amazon.com.

 

Eragon, c’est le livre qui a écrit beaucoup de ma vie. Parce que j’en ai traduit le premier tome, parce qu’il m’a ouvert mille portes et, finalement, fermé davantage. Dois-je le stipuler ? Sa nouvelle édition, illustrée par Sidharth Chaturvedi, me réjouit – et c’est pas si pire, je pense, de partager ici quelques réjouissances simples !

 

 

 

Retour en transmédiaticité

Photo : Rozenn Douerin

 

Enfin un post avec un titre qui claque, non ? En voici la traduction. Pendant dix ans, au Mans, à Rennes, à Bordeaux et à Toulouse, j’ai enseigné à l’université, notamment en

  • littérature,
  • édition et
  • traduction pour la jeunesse.

J’ai soutenu une thèse de littérature très comparée sur le sujet. J’ai publié

dans ces domaines, les livres étant toujours disponibles aux Presses Universitaires de Rennes. Même si je suis un peu sorti du game pédagogique, je suis forrrrrrrt ravi et fier de revenir à la fac comme invité de la table ronde de la Quatrième biennale de littérature pour la jeunesse de l’université de Cergy-Pontoise, où j’échangerai avec

  • la plasticienne Isabelle Duval,
  • l’éditrice Charlotte Moundlic et
  • les étudiantes interviouveuses (pas la peine de s’offusquer, il semble qu’il n’y ait que des étudiantes, grâces à elles d’être dans la place !)

autour de la transmédiaticité dans la culture pour le jeunesse, et hop (en gros, pourquoi un livre pour la jeunesse n’est pas forcément qu’un livre en tant que tel, mais peut être issu d’un autre produit culturel comme

  • un film,
  • un joujou,
  • un jeu vidéo,
  • une série télé,
  • une marque quelconque, etc.),

une question que j’ai longtemps arpentée, par exemple au sujet du sacro-saint Petit Prince.

 

[embedyt] https://www.youtube.com/watch?v=ShzupbaNl_0[/embedyt]

 

Cela s’annonce palpitant :

  • le projet de cette biennale a l’air habilement ficelé,
  • l’approche envisagée par les intervenants retenus est multiple, et
  • la table ronde promet de tourner.

M’est avis que l’on va bien réfléchir, rire et, j’espère, s’écharper – avec l’aide d’un large public serait un plus positif, évidemment. Avant de revenir incessamment à plus de notules sur la musique savante, à commencer par anthèmes de Pierre Boulez (ça, ça rigole pas, ce me semble), rendez-vous ce 27 juin 2024 à 17 h à l’ex-IUFM devenu INSPÉ, c’est hyperplus classe, sis à Genevilliers, ce jeudi à 17 h.


Problématiques du colloque ici.
Programme des festivités .
Rendez-vous à l’INSPÉ de l’Académie de Versailles | ZAC des Barbanniers | Avenue Marcel Paul | 92 Genevilliers

 

La revanche d’une femme

 

Sophie Grimbert n’est pas rancunière, au contraire. Quand elle fait le bilan, calmement, elle est même capable d’être reconnaissante envers ceux qui ont détruit des pans entiers de sa vie et de ce qu’elle aurait pu être. Tout n’a pas été horrible – cela a contribué à empirer le drame, en donnant à la pas-que-malheureuse des raisons de rester. N’empêche, la dame a de la suite dans les idées. Elle n’oublie pas, merci pour elle. Elle réfléchit. Se reconstruit. S’autonomise. Trie, teste, choisit ses mots. Raconte moins sa vie en tant que suite d’événements que ce qu’elle a vécu en tant qu’enchaînement de ressentis. Vise juste pour n’avoir point besoin d’expliquer. Pas de sous-titres redondants, de coups de Stabylo pour lecteur un peu concon, de modes d’emploi lourdingues. Des faits, des émotions, et l’évidence qui en sourd, cette sorte de lumière qui, à elle seule ou presque,

  • démonte les mécanismes,
  • rend limpide l’opaque et
  • désosse les carcasses les plus solides qui
    • emprisonnent,
    • ensuquent et
    • étouffent.

Donc Sophie Grimbert a attendu de se sentir

  • assez forte pour mettre les points sur les I,
  • assez pondérée pour rugir doucement et
  • assez sereine pour raconter son histoire stupéfiante – à laquelle j’ai prêté une main ou deux.

42 ans durant, elle a vécu sous la coupe de la Société Watchtower, structure chapeautant les Témoins de Jéhovah. À mots comptés, avec quelques ellipses pudiques et prudentes, elle raconte, pêle-mêle, l’emprise mentale, le contrôle social, les limitations qui sclérosent les individus, bref, le travail

  • insidieux,
  • spectaculaire,
  • sournois et
  • ravageur

d’un tourbillon illustrant à la fois le danger des fanatismes et la difficulté de lutter contre les effets pernicieux des organisations religieuses dont la dimension autarcique s’apparente à des mécanismes sectaires. Mais l’auteur chante aussi ces rêves que la foi puis la prison morale n’ont pu briser. Elle chante Céline Dion, elle chante l’amour, elle chante les désirs (intellectuels, sexuels, sociaux), elle chante le houla-houp de l’espérance et la possibilité d’aller plus loin que l’horizon – après tout, la Terre est ronde, on ne risque pas de tomber de l’autre côté.
Le résultat est une ruade bienvenue dans une société qui s’écrase devant les intolérances religieuses en prétextant le respect même si, en l’espèce, ce « respect » n’est rien d’autre que le pseudonyme de la lâcheté la plus nauséabonde ou celui, guère préférable, de la complicité docile avec les loups menant les moutons en ponctionnant

  • leur laine,
  • leur chair et
  • leur âme.

On peut acquérir le résultat, puissant, chez tout libraire possédant échoppe ou, par ex., ici.

 

La mort, modes d’emploi

 

1 pdf.
340 pages.
900 000 signes.
Et toujours ces questions du type :

  • « Qu’est-ce que mourir ? »
  • « Pourquoi y penser tant qu’il est temps ? »
  • « La mort est-elle la fin de tout ? »
  • « Comment et pourquoi vivre alors que je sais que je vais mourir ? »

Huit ans après L’Homme qui jouait de l’orgue, le nouveau livre digital du même auteur enfin disponible exclusivement ici.