
Trois mouvements, trois cellules matricielles, trois citations : avec son troisième quatuor, écrit en 1983, Alfred Schnittke déploie
- sa capacité de penser polymorphe,
- son art du contrepoint et
- sa propension à la diversité de l’écriture.
Le premier mouvement – le seul ici interprété par le Chaos String Quartet – s’ouvre sur les trois citations :
- une du Stabat mater d’Orlando de Lassus,
- une de la grande fugue beethovénienne op. 133 qui conclura le disque, et
- une égrenant les quatre lettres-notes constituant la signature de Dmitri Chostakovitch, DSCH.
Le son
- émerge doucement du silence,
- y retourne,
- s’en libère.
Le compositeur frictionne
- les intensités,
- les harmonies,
- les modes de jeu
- (pizzicati,
- coll’arco,
- glissendi…).
La partition laisse résonner les différentes citations, travaillant les mutations
- d’intensité,
- de dynamique et
- d’esthétique.
Entre
- collage,
- superposition et
- fondu-enchaîné,
l’andante procède d’une expressivité
- parfois à fleur de peau,
- souvent imprévisible et
- toujours palpitante,
ce qui dessine par projections interposées un chaos hésitant avec passion entre
- ordre contrapuntique,
- entrelacs labyrinthiques et
- explosivité étincelante.
Une dernière transition conduit vers le quart d’heure beethovénien que nous écouterons dans une prochaine notule. Les artistes répètent « Die Groβe Fuge » sur différents registres, accompagnés par leurs instruments jusqu’à un unisson filé. Une dernière incartade avant d’entamer le monument. À suivre !
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