Airbourne, Trianon, 1er décembre 2016

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AirbourneAller voir Airbourne au Trianon (Paris 18), ne serait-ce que pour faire rager les Marseillais, dont la date australienne a été annulée, pourquoi pas ? Peut-être parce que la pochette de leur dernier disque est fort vilaine ; or, la dernière fois que j’ai renoncé à voir un groupe en concert pour cause de pochette d’album trop moche, c’était les EODM le soir où ils passaient au Bataclan. Allez, je prends le risque, tant pis ; et tant pis aussi si (comme l’impératrice) ledit disque (comme la princesse, cette fois, mais moins chiant) est un peu décevant, mis à part le single éponyme, correct, « Get Back up” et son intro-riff si typique, “It’s never too loud for me”, “I go crazy (when I drink)” et éventuellement le fédérateur refrain, quasi manowarien, d’« It’s all for rock’n’roll”… surtout si l’on compare ces titres à la flopée d’hymnes efficaces glissés dans Black Dog Barking.

Photo : Rozenn Douerin

Photo : Rozenn Douerin

Après une première partie en decrescendo de Leogun (début bien balancé, deux dernières longues chansons au goût fade de blues rock peu inspiré), c’est d’ailleurs sur “Ready to rock”, issu de BDB, que commence le concert des deux frères O’Keeffe et de leurs acolytes. Dans la fosse, l’ambiance est bon enfant, même si ça pogote comme de juste pour accompagner cette musique néo-AC/DCienne. Dans l’antre des auto-tamponneuses sauteuses, on apprécie l’énergie du groupe, le souci de s’adresser au public (non, pas qu’en balançant des canettes de 1664, faux, nul, zéro : y compris par des soli slammés dans la foule) et la volonté de balayer une large partie du répertoire. A posteriori, on regrette peut-être l’absence de titres rares, la brièveté des séquences enchaînées – les pauses permettant toutefois au public comme aux artissses de retrouver leur souffle dans la fournaise ambiante – et la courtitude du concert : à peine 1 h 15, cela semble un brin léger, même s’il paraît qu’il vaut mieux quitter la table en ayant faim qu’en ayant atteint la satiété. Si, c’est quelqu’un qui l’a dit, plus ou moins. De toute façon, pendant que la foule est en liesse et en feu (ça sent la contrepèterie, ou bien ?), le Trianon continue sa vie hiératique, en se demandant ce que ces hordes de vieux sauvages de tout âge viennent faire en son antre…

En conclusion, une ambiance sympa (sauf peut-être pour le spectateur qui fut évacué en chaise roulante), un concert tenu, des standards au rendez-vous et un public qui repart avec le smile et des “woh-oh-oh-woh” pleins la tête : obtenir plus aurait sans doute été ébouriffant mais, pour ce premier des deux soirs parisiens archicomplets, Airbourne a dignement rempli son contrat.

Airbourne et des iPhone

Photo : Rozenn Douerin