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Jonathan Benichou joue Olivier Greif (Arion) – 5/5

Première de pochette

Avec Paradisiac Memories s’annonce la neuvième sonate pour piano d’Olivier Greif, un temps intitulée « Suite » puis démantibulée pour les besoins d’un concours à l’École Normale de Musique. C’est la pièce majeure de l’édifice pianistique du compositeur, et elle est à l’image de sa production à la fois immédiatement reconnaissable et polymorphe. Par

  • la variété thymique de ses quatre mouvements,
  • l’énigmaticité de ses titres, et par
  • l’étrangeté de sa structure
    • (un miniprologue d’une minute,
    • deux séquences de trois minutes puis
    • un rondo pour piano enflammé qui dépasse largement les sept minutes),

elle pourrait passer pour

  • un autoportrait contrasté,
  • une synthèse anticipée (il l’écrit à vingt ans) de sa créativité ou
  • un acte de foi d’un artiste dans sa liberté, par-delà la convocation de classifications a priori canoniques comme la sonate – classifications à la fois
    • bien connues,
    • caricaturales et
    • joyeusement fourre-tout.

 

 

La miniature « A Mourning Brew » (« Café funéraire » aux accents matinaux) descend dans les graves malgré plusieurs tentatives pour élever les registres. En une fraction de minute, elle oscille entre

  • dégringolade obstinée,
  • stabilité inquiète et
  • mystérieuse suspension.

« The Aegyptian Mathematician » pourrait rendre hommage à Ératosthène, ce qui ne nous avance guère. Sur un rythme latino que le toucher léger mais rythmé de Jonathan Benichou rend d’autant plus sémillant que l’on est entré dans la sonate sous de noires auspices, se développe une mélodie tout à fait pimpante. Le compositeur se délecte de sonorités argentinisantes, et hop, et notamment de cette saudade joyeuse qui associe

  • dynamisme entraînant,
  • harmonies plaisantes jouant avec l’ambiguïté du mode mineur, et
  • savoir-faire roué de l’écriture que maîtrise déjà un qui gravite alors de Luciano Berio.

« Stars! Stars! » serait un hommage à Marylin Monroe et aux points lumineux qui palpitent dans la voûte céleste. Un unisson

  • se contorsionne,
  • reste en suspens,
  • dialogue avec une basse qui se pose.

Le développement cumule

  • scintillement des aigus en loop,
  • brisure de la narration,
  • grondement des graves et
  • imprévisibilité du geste compositionnel, cette versatilité renforçant la puissance narrative et onirique du mouvement.

 

 

Et voici donc ce morceau de concours inspiré, d’une part, par une chanson des années 1930, « 42d Street » et, d’autre part, par le « Caprice pour un sou perdu » de Ludwig van Beethoven, un rondo « à la hongroise » résolument enflammé, limite bien vénère. L’exposition du thème jazzy offre une première démonstration de virtuosité presque moins par la digitalité, pourtant discrètement vertigineuse (les saucisses s’affairent avec hâte) que par

  • l’étagement des accents,
  • la répartition des nuances et
  • le travail sur les touchers assez labiles pour clarifier voire magnifier la polyphonie
    • (accompagnement,
    • mélodie,
    • échanges de rôle et
    • contrechants).

Un second motif moins dansant que martial fracasse cette évidence guillerette.

  • La répétition délicieusement renfrognée des notes et du sujet,
  • le retournement vers une première variation du thème liminaire, et
  • la capacité du compositeur comme de son porte-voix, à faire chanter chaque registre de l’instrument

impressionnent. L’oreille se goberge

  • de la versatilité du propos,
  • des trouvailles harmoniques, et
  • de l’exploration fructueuse des possibles du standard.

Jonathan Benichou tire la plus grande expressivité des mutations de couleur qui témoignent de la fluctuation d’une écriture jamais en repos,

  • tantôt mélodique,
  • tantôt presque mondaine dans son astucieuse technicité, et
  • tantôt massive avec de bons gros coups de colère qui ébranlent la partie gauche du clavier.

Sur la dernière partie, l’on ne peut qu’être émoustillé par

  • les suspensions précautionneuses alla Panthère rose,
  • la formidable préparation d’une coda explosive qui n’arrivera jamais vraiment mais que l’on aura pieusement imaginée, et
  • la musicalité dans laquelle tout cela est trempé.

Le disque, passionnant de bout en bout, s’écoute gratuitement ici et s’achète moins gratuitement par exemple . Dans un mois, Jonathan Benichou sera en concert à l’hôtel de ville de Versailles, en duo avec la soprano Jessica Naïm. Entrée gratuite, programme en marbre de Carrare, affiche ci-dessous (cliquer pour agrandir). Nota bene : ceci n’est pas un publireportage mais un partage pour ceux qui aiment frétiller des esgourdes. Belles découvertes à chacun !

Comprendre les forces du désordre

Capture d’écran

Dans son nouveau livre, Jean-Pierre Colombiès sort la sulfateuse. L’inspecteur devenu commandant honoraire ne décolère pas de voir sa chère police s’embourber dans une mascarade à tous les étages dont témoignent

  • les opérations XXL contre le trafic de drogue, grotesques, vaines,  et coûteuses mises en scène à la gloire d’un ministre de l’Intérieur qui ment à la population en laissant croire, par exemple, que mobiliser cent flics dont le RAID et la BRI à Nantes pour choper « deux kilos de drogue » (dont du cannabis de faible valeur) et interpeler « six personnes » (plus probablement des choufs que des caïds), ça va régler le problème ;
  • les décisions stratégiques pour piloter l’institution, toutes encore plus dangereuses que stupides ;
  • l’abandon d’une large partie de la population à des conditions de vie et de sécurité indignes ;
  • les réseaux internes et externes qui conduisent à la promotion non pas des meilleurs éléments mais des personnels les mieux introduits, pour ainsi dire ;
  • les fautes professionnelles qui dérapent parfois en crimes et mettent en danger tant la population que la réputation même donc la capacité d’action de l’institution ;
  • la tentation de céder aux pressions politiques pour se mettre corps et âme au service des gouvernants et non plus au service des citoyens ;
  • les manipulations qui conduisent à perdre le sens du métier en le remplaçant par l’art d’une embrouille délétère dont les victimes sont toujours les Français dits, avec ce mépris de l’élite autoproclamée, « de base » ;
  • le grand remplacement de l’autorité régalienne par une multitude d’acteurs locaux et low cost du juteux marché de la sécurité, des policiers municipaux aux vigiles, effaçant ainsi à la fois la substantifique moelle de l’État et l’égalité censée être garantie à l’ensemble de ses habitants sur l’ensemble du territoire ; etc.

 

 

Avec sa faconde de Marseillais que ses années parisiennes ont à peine mâtinée de diplomatie narquoise in extremis, Jean-Pierre Colombiès évoque quelques-uns des ces aspects dans sa toute nouvelle interviouve.
Pour retrouver ses diatribes solidement étayées, l’on peut lire son livre fraîchement paru en l’allant quérir chez votre libraire ou ici. Pour le découvrir en chair et en os et échanger avec lui sur Paris, une seule date est prévue pour le moment : le jeudi 28 mai, à 19 h, à la librairie Au bonheur des livres. Au plaisir de vous y croiser !

 

Jonathan Benichou joue Olivier Greif (Arion) – 4/5

Première de pochette

Avec la sonate intitulée Le Rêve du monde, nous sommes entrés dans le cœur mystique battant qui a animé, submergé et parfois même annihilé l’inspiration d’Olivier Greif. Après « Wagon plombé pour Auschwitz », le compositeur creuse sa veine la plus noire avec le « Thrène des désincarnés » qui constitue le troisième mouvement.

  • Graves,
  • résonances lugubres,
  • surgissements à la fois doux et déstructurés

suscitent une atmosphère fantasmatique. Ça sent

  • les ossements qui grincent,
  • la poussière ouatée et poussiéreuse qui frissonne lentement,
  • le rai de lumière qui rend encore plus lugubre l’étouffante obscurité.

Le tempo a le temps. Il

  • s’étire,
  • se rétracte,
  • se diffracte,
  • se suspend, et
  • se décompose comme le laisse espérer le titre.

Rien d’uniforme, cependant.

  • Des coups d’éclat agitent l’ossuaire ;
  • des réminiscences thématiques se glissent entre rotules et humérus ;
  • un calme feutré semble aspirer à un repos encore troublé.

Les registres s’écartent. Le grave s’impose, mais l’aigu surplombe. Peu à peu, le silence prend possession de la musique et la recouvre. La procession funèbre s’éloigne ou retourne à la poussière. Plus de lamentation crépitant à nos oreilles. Ainsi que l’aurait stipulé le grand philosophe s’il en est qu’est Jean-Jacques Goldman, « réponse ou question, je sais pas ».

 

 

« Un éblouissement de Sri Ramakrishna » se déploie alors sur neuf minutes. La notice promet une transe chorégraphique et des souvenances de motifs ouïs précédemment. L’affaire s’ouvre sur un balancement tranquille mais épicé par des dissonances rugueuses.

  • Ressassement obsessionnel qui n’est pas sans résonner avec un certain minimalisme,
  • fusées graves et
  • déséquilibres productifs

grignotent progressivement la partition. Jonathan Benichou dirige son orchestre digital dont l’ampleur se révèle, cherchant à associer

  • clarté du propos,
  • mystère ineffable et
  • éblouissements envolants.

L’interprète met judicieusement en valeur

  • son art du crescendo lent,
  • la force des piani brusques, et
  • le délicieux binôme régularité – dérèglement

qui pimpent l’écoute. Sa science

  • du toucher,
  • de la nuance et
  • de l’étagement des voix

scintille dans cette synthèse musicale d’une sonate

  • fringante,
  • explosive,
  • soignée et
  • fragmentaire

qui se dissout dans une coda abrasive et un point d’orgue presque infini (regrettons au passage que le montage ne laisse pas respirer quelque peu la musique en insérant quelques secondes de silence entre les sonates…).

  • Divers,
  • riche,
  • stimulant :

de quoi se préparer dans l’émotion à la neuvième sonate du compositeur, considérée comme un monument du piano du vingtième siècle. À suivre !

L’hydratation, combat du siècle

Jean Dubois d’après Marcelle Martin, le 18 mars 2026 au théâtre du Gouvernail (Paris 19), à l’occasion du double concert « D’une pierre deux coups ».

Je suis fort persuadé que la chanson avec de la musique et du texte dedans doit parler des choses qu’elles sont extrêmement très sérieuses. Par exemple, sur une planète en surchauffe, évoquer l’exigence de l’hydratation est un devoir citoyen. Jean Dubois a accepté de se joindre à moi pour rappeler cette urgence structurelle qui ne souffre aucun compromis politicien. Il est temps de le rappeler : peu ou prou importe le reste, on veut à boire !

 

Jonathan Benichou joue Olivier Greif (Arion) – 3/5

Première de pochette

Dernière sonate en termes chronologiques, Le Rêve du monde, composé en 1993, est placé au centre du disque de Jonathan Benichou. C’est habile – d’une part parce que la conclusion de la prochaine sonate est trop spectaculaire pour souffrir quelque autre œuvre après, d’autre part parce que la pièce elle-même est composée en symétrie, avec un mouvement « tourné vers l’orient », deux mouvements « tournés vers l’occident » et un dernier mouvement « tourné vers l’orient ». Partant, elle convient bien à sa position centrale et nous permet d’effleurer une période mystique de la vie d’Olivier Greif, qui a cherché dans le spiritisme puis chez un gourou de la méditation des raisons de vivre voire de ne plus créer.
« Le garçon (pur) comme l’or » s’inspire d’une statue bouddhiste mais, dans le même temps, revendique le compositeur, se refuse à n’être qu’une « musique descriptive ». C’est en tout cas une musique suspendue comme les aime Nicolas Horvath, partagée entre

  • graves profonds,
  • médiums réguliers et
  • aigus suggestifs.

La paix ambiante, fomentée par

  • le tempo calme,
  • l’itération et
  • le ressassement,

est troublée par

  • des courants d’air debussystes,
  • des accents éclairant la méditation,
  • des intensités étagées et
  • des suspensions interrogatives.

Olivier Greif y déploie

  • son goût pour l’intériorisation,
  • le développement statique et
  • le dévoilement du son quand il mâche l’os de son motif jusqu’à la substantifique moelle.

Attentif

  • au toucher,
  • au phrasé et
  • aux résonances,

Jonathan Benichou tire le meilleur d’une musique

  • de la contemplation,
  • du détachement mondain et
  • du questionnement introspectif

jusqu’à la longue persistance du coup de gong presque final.

 

 

« Wagon plombé pour Auschwitz » associe une main gauche obstinée autour d’un motif évoquant les roues de la voiture et un « chant synagogal » voué à

  • apparaître,
  • disparaître et
  • se disloquer.

Le travail sur

  • les registres,
  • les attaques et
  • les nuances

met en valeur la profondeur de cette musique et l’écho émouvant qu’elle trouve chez Jonathan Benichou, donc chez son auditeur. À un premier mouvement austère s’oppose presque frontalement un deuxième acte dont l’expressivité passe par

  • les contrastes,
  • l’élargissement du spectre et
  • l’exploration des abîmes graves

que quelques éclats suraigus éclairent à peine puisque la fusée retombe presque aussitôt dans les ténèbres.

  • Les suspensions inquiétantes,
  • la puissance des boucles et
  • l’habileté dans le traitement du thème religieux, disloqué comme si le compositeur s’interrogeait sur le sens de la transcendance divine face à l’horreur du Mal,

captivent et sonnent avec une force singulière sous les doigts de l’interprète. Une prochaine notule nous conduira à travers les deux derniers paysages de cette vingtième sonate. À suivre, donc !


Pour écouter le disque intégralement et gracieusement, c’est par exemple ici.
Pour l’acheter moins gracieusement mais avec un disque, un emballage et un livret, c’est par exemple .

Du plaisir amer d’avoir raison

Capture d’écran

Jean-Pierre Colombiès est un franc-tireur qui, comme le veut sa fonction, tire franchement. Mais, si ses balles sont réelles, elles

  • sont faites d’encre et de mots,
  • ne visent pas à préserver un business ou un territoire mais
  • aspirent à proposer des pistes solides, sérieuses et efficaces afin de sauver le soldat Ryan qu’est la France face à l’hyperpuissance des narcotrafiquants (entre autres).

Dans une nouvelle intervention fracassante, le commandant de police honoraire, qui a notamment sévi aux stups à Marseille et à Paris,

  • pointe l’hypocrisie des déclarations ministérielles devant les drames des fusillades qui se multiplient,
  • dénonce l’accumulation de mesures cosmétiques qui feraient rire si c’était leur intention – et si le contexte n’était pas aussi macabre et dramatique – tant elles sont
    • maladroites,
    • sous-dimensionnées,
    • ou les deux mon capitaine, et
  • pose
    • des explications à cette situation,
    • des démontages de carabistouilles ainsi que
    • des réflexions nourries par son expérience policière et par le prisme dont il a hérité

avec un objectif : limiter l’emprise croissante de cette plaie béante qu’est le marché de la drogue, dorénavant au cœur de notre société. Autant d’éléments qu’il développe plus longuement et pourtant sans davantage de longueurs dans La Face obscure de la police (Max Milo), le livre que je l’ai aidé à peaufiner et qui est disponible chez votre libraire chéri ou chez des Grands Méchants comme celui-ci. Les Franciliens intrigués pourront

  • se procurer l’ouvrage,
  • interroger l’auteur,
  • discuter avec lui et
  • acheter un exemplaire à un vrai libraire de quartier

lors du lancement parisien de l’ouvrage, le jeudi 28 mai à 19 h à la librairie Au bonheur des livres (Paris 17), jouxtant quasiment le métro Rome. En attendant, les amateurs de punchlines peuvent se goberger en replayant, et hop, son inneterviouve à partir de 48 minutes environ ici.

Jonathan Benichou joue Olivier Greif (Arion) – 2/5

Première de pochette

Bien plus long que les deux premiers mouvements cumulés que nous écoutâmes ici, « Chasse » offre plus de douze minutes « dans le goût ancien ». L’incipit fait sonner les trompes, avec de brusques sautes

  • d’intensité,
  • d’humeur,
  • de style et
  • de groove.

Olivier Greif joue sur

  • la concaténation,
  • la suspension et
  • la confrontation

des couleurs musicales.

  • Pédales obstinées,
  • graves festonnants,
  • suspensions mystérieuses et
  • réexpositions éclatées

offrent un large éventail de possibles dont Jonathan Benichou rend la sapidité par une attention particulière

  • aux articulations,
  • à la résonance et
  • à la construction de son, du staccato limpide au brouhaha savoureux.

 

 

Olivier Greif joue sur la tentation du fugato qu’il manie avec un époustouflant savoir-faire toujours masqué par une science ravissante – ce qui est rare pour une science – de la muscialité. Le jeu avec

  • les harmonies changeantes,
  • les topoï de la musique ancienne et
  • les frictions de dissonances joyeusement envahissantes

saisissent l’auditeur pour ne le plus lâcher grâce au souffle dont fait preuve l’interprète.

  • Des explosions,
  • des accents,
  • des contretemps et
  • des breaks

développent les recherches rythmiques dans un esprit profus qui ne craint ni d’explorer une idée dans ses moindres recoins, ni de poser çà un motif pour le reprendre là.

  • L’imprévisibilité de la geste créative,
  • l’oxymorique développement sans développement qui consiste à ressasser et ressasser et rererasser un segment sans relâche, comme pour en révéler l’ensemble des facettes, et
  • le plaisir de se couler dans l’espèce de vortex où se retrouve confiné une cellule rythmique secouée dans tous les sens

conduisent l’auditeur jusqu’à une coda

  • d’abord virtuose,
  • bientôt grondante,
  • enfin tonnante,

où se dilue, liquide, l’obsession musicale ayant envahi le mouvement, avant de se dissoudre dans un dernier coups de tut-tut de chasse. Massif et saisissant !


Pour écouter le disque intégralement et gracieusement, c’est par exemple ici.
Pour l’acheter moins gracieusement mais avec un disque, un emballage et un livret, c’est par exemple .

Petits papiers – 17

L’actu lorientaise en continu, c’est fort (capture d’écran).

En attendant un prochain post, quelques nouvelles du monde. À commencer par les questions structurelles des grands médias d’information.

 

Continuons par un point sur le festival de Connes.

 

Je précise que le titre du nouveau disque des rappeurs irlandais n’est pas mon autobiographie. Enfin, I believe so.

 

Franchement, si personne n’est accidenté, wtf?

 

Je crois que, souvent, on ne se pose pas les vraies questions qui changent tout.

 

Le mytho chauvin.

 

La réalité chauvinisée.

 

La dernière phrase de cette découpure de presse est un bisou. Un bijou, pardon.

 

L’Europe en vrai.

 

N’oublions pas que, sans IA, les citoyens ont élu et réélu Sosotteur Ier de la Pensée complexe. Alors bon, quoi de pire ?

 

Quand, au Monde, ça en a fumé une trop bonne.

 

Les drames de la life belliqueuse, niveau de ouf.

 

C’est vrai, les temps sont durs et les p’tits poissons font la gueule. Mais, quand même, y a des trucs encore plus graves qu’il conviendrait de savoir. Enfin, je sais pas vous, mais, moi, je trouve que ce serait bien si.

 

À suivre !

Jonathan Benichou joue Olivier Greif (Arion) – 1/5

Première de pochette

S’il est un compositeur contemporain ou presque qui continue d’agréger des fans à sa gang de fidèles, c’est bien Olivier Greif. Avec Jonathan Benichou, compositeur et pianiste, il trouve post mortem une nouvelle occasion d’ébaubir les curieux et de réjouir les déjà-convaincus. Au programme de ce disque, trois sonates pour piano.
En première position, la quatorzième intitulée « Dans le goût ancien ». Ça se passe en 1967. Le compositeur a dix-sept ans. C’est un fan des Beatles, nous raconte son frère Jean-Jacques. À Londres, il devient plus dandy que crocodile. Le sérialisme l’emmerde. Il préfère la pataphysique. Donc il écrit une sonate en trois mouvements pas vraiment dans la veine des musiques savantes des sixties. La « symphonia » qui ouvre le bal assume sa dimension de prélude dont Jonathan Benichou rend la liberté faussement improvisée. Jamais mignarde, la musique sourd d’un piano massif et truculent, capté par Robin Rieuvernet, offrant à l’auditeur une étonnante diversité

  • de couleurs,
  • d’intensités et
  • de silences suspendus entre deux idées musicales.

Variant les registres, la partition ose les ruptures

  • d’harmonie,
  • de propos et
  • de dynamiques.

L’interprète semble se goberger d’une explosion d’idées presque collées les unes aux autres, dont il rend à la fois

  • l’imprévisibilité,
  • le bouillonnement et
  • la cohérence dans l’envie d’avancer

jusqu’au second mouvement, une « musette » de plus de sept minutes.

  • Détaché pétillant,
  • pédalisation dramatique et
  • obstination énergique

se côtoient et s’animent, poussés par une tentation de fugato particulièrement habile. Grâce à un impeccable étagement des voix, l’interprète, à son affaire, donne simultanément une impression

  • d’évidence,
  • de fourmillement et
  • de densité.

 

 

La musique motorique, traversée

  • d’accents,
  • de ressassement et
  • de suspensions

est à la fois

  • savante et souriante,
  • roborative et finaude,
  • plaisante et riche.

La virtuosité sans fanfaronnade de Jonathan Benichou en restitue

  • la vigueur ébouriffante,
  • la singularité intrigante et
  • la force enthousiasmante.

La connivence entre

  • le pianiste,
  • le piano et
  • l’œuvre

laisse peu de place au doute. Nous pouvons le révéler formellement à nos lecteurs :

  • ici une nuance,
  • çà une respiration,
  • là un phrasé

nous convainquent que, en vrai du vrai, ce triptyque n’a pas été écrit par Olivier Greif mais par l’interprète. Si.

  • D’une inspiration sans limite,
  • d’une inventivité constamment renouvelée,
  • d’un sens narratif consommé,

l’atypique  sonate s’achève dans un troisième mouvement d’une douzaine de minutes, intitulé « Chasse ». Nous l’esgourderons dans une prochaine notule. À suivre !


Pour écouter le disque intégralement et gracieusement, c’est par exemple ici.
Pour l’acheter moins gracieusement mais avec un disque, un emballage et un livret, c’est par exemple .

Une histoire de chemin de faire

Le 19 mai 2025 au théâtre du Gouvernail (Paris 19), pendant le tour de chant « Tout est un possible ». Photo : Rozenn Douerin.

Il est une catégorie très importante et pourtant souvent ignorée de la chanson que l’on pourrait intituler les « fredonneries ferroviaires ». J’ai moi-même abondé ce catalogue avec nombre de titres, chantant ici l’arrivée du RER B à Venise, çà les enjeux syndicaux du trajet Nanterre-Paris, là le changement d’univers qui s’opère entre Domont et Gare du Nord. En conclusion avant bis du premier concert inclus dans le projet D’une pierre deux coups, j’entonnais un hymne aux gares du Nord, à ras de silence, et ça donnait ça.