Magique ! RĂ©alisez vous-mĂªme votre flailleur pour le rĂ©cital sekspsionnel de Vincent Genvrin en contrecollant les deux photos de ce post. Bravo, et rendez-vous vendredi !
– Bertrand Ferrier, ce mardi, vous vous apprĂªtez Ă rĂ©pĂ©ter avec Fabrice Dupray, baryton au ChÅ“ur de la Philharmonie de Paris, trompettissse virtuose, prof en conservartoire et…
– Certes, ça va, calme-toi…
– Comment vous prĂ©parez-vous ?
– Je suis essstrĂªmement serein, et je n’hĂ©siterai pas Ă lui rĂ©clamer qui un cafĂ©, qui un rhum prĂ©parĂ©. Y a un minimum de respect, quand mĂªme. Quant Ă le « on entend bien qu’vous avez pas enregistrĂ© Ă Abbey Road » et mes interludes en 4/4 contre le 3/4 pour Ă©voquer le temps perdu, si c’est la question…
– Non. En dehors de votre taux d’alcoolĂ©mie, avez-vous vraiment travaillĂ©, notamment les passages qui, lors de la dernière rĂ©pĂ©tition…
– En mĂªme temps, j’ai pas vraiment Ă te rĂ©pondre, gros con.
– Je n’ai pas d’autre question, Votre Honneur.
– Bertrand Ferrier, rude journĂ©e que ce samedi…
– Tout Ă fait. Dans le dĂ©sordre : messe, rĂ©pĂ©tition du concert du 25 novembre avec Vincent Genvrin Ă l’orgue et Samuel Campet comme co-assistant… et dĂ©gustation de diffĂ©rents vins pour accompagner diffĂ©rents foies gras chez Thierry Welschinger.
– Nous n’avons pas d’autre question, Votre Honneur.
Après avoir restaurĂ© l’orgue sans consulter le titulaire (ni son adjoint), après l’avoir inaugurĂ© sans en avertir le titulaire (ni son adjoint), après avoir inaugurĂ© une plaque en hommage Ă Yannick Daguerre sans en avertir personne, après avoir fait physiquement pression sur l’adjoint du titulaire pour qu’il arrĂªte de se mĂªler de ce qui le regarde, la mairie diligente des travaux complĂ©mentaires… sans qu’elle ou le facteur, pensez, daigne en avertir le titulaire (ou son adjoint). On ne peut que saluer la classe et le savoir-vivre de gens qui, tout en rĂ©clamant des gros sous Ă leurs concitoyens pour cette opĂ©ration bĂ¢clĂ©e et boiteuse, commandent des travaux sans un Ă©tat des lieux prĂ©cis, sans appel d’offres, sans devis dĂ©taillĂ©, sans rĂ©ception par les affectataires par dĂ©lĂ©gation, sans concertation ni considĂ©ration pour ceux qui ont le plus grand usage de l’instrument. Comme dirait Isolde en fin de monologue : attristant.
(Je voulais mettre « affligeant », mais la blagounette ne fonctionnait plus, alors bon.)
… et Ă une heure du matin, on dĂ©bat de ma traduction de l’arabe littĂ©raire de « Ya mali Sham ». Je prĂ©fère Ăªtre clair : ces maronites prĂ©parent un concert de ouf, mais c’est logique – ce sont des malades mentaux. Quand je pense que je suis mĂªme pas oriental, c’est bizarre que je me laisse embringuĂ© dans cette secte, mais bon.

Quel joli projet de concert, dans le quartier chic et froid de l’avenue d’IĂ©na oĂ¹ se love l’Institut Goethe de Paris ! Robert et Bettina Aust, frère et sÅ“ur de leur Ă©tat, proposent d’accompagner leur disque Genuin par un « dernier rĂ©cital » français, après une tournĂ©e promotionnelle en Allemagne.
Le show, dĂ©licatement introduit en français par la miss, s’ouvre sur le rare duo pour clarinette et piano op. 15 de Norbert BurgmĂ¼ller (1810-1836). Ces trois mouvements lent-vite-lent enchaĂ®nĂ©s sont mimis tout pleins et mettent en appĂ©tit pour la grande Sonate op. 120 n.1 de Johannes Brahms, un must du rĂ©pertoire pour clarinette, un peu comme le concerto de Carl Maria von Weber. HĂ©las, Ă©ventuellement soucieux de ne pas dĂ©plaire Ă un public Ă¢gĂ© peut-Ăªtre venu pour boire du « Bordeaux supĂ©rieur » gentiment offert par les organisateurs après la prestation (mais très dĂ©cevant : si besoin d’un contact pour un vin beaucoup plus convaincant Ă tarif prĂ©fĂ©rentiel, me contacter, faut bien vivre), les concertistes se contentent des deux derniers mouvements. Un peu comme si on commençait une chanson par le troisième couplet : le concept est sympa, mais c’est dommage, non ?
Digitalement, Robert Aust assure avec sĂ©rĂ©nitĂ©. Jamais en difficultĂ©, malgrĂ© un piano BĂ¼nther ouvert au maximum dont on n’est pas sĂ»r qu’il soit le plus soyeux que l’on ait jamais entendu, il joue sa partition avec rigueur et prĂ©cision. De son cĂ´tĂ©, car les deux sont si habituĂ©s l’un Ă l’autre qu’ils ne surjouent pas la complicitĂ©, Bettina propulse un son chaleureux avec des attaques soyeuses, ni « trop » nettes, ni baveuses. Le rĂ©sultat est plutĂ´t prĂ©cieux, mĂªme si on aimerait voir au moins la soliste se lĂ¢cher davantage.
Après que s’est carapatĂ©e sans vergogne la tourneuse de page (quel spectateur invitĂ© ne s’est pas offusquĂ© devant l’inconduite du petit personnel ? bon, quand mĂªme !), la cĂ©lèbre Fantaisie pour clarinette seule en sera peut-Ăªtre l’occasion. SignĂ©e par Jörg Widmann alors qu’il n’avait que vingt ans, elle tient particulièrement Ă la clarinettiste car elle a travaillĂ© sur cette partition avec le « komponist » – ce qu’elle n’a pu faire, admet-elle avec un humour pince-sans-rire, ni avec Brahms, ni avec Schumann. Franchise et clartĂ© caractĂ©risent son jeu, qui brille particulièrement dans les moments rapides et acrobatiques seyant Ă cette pièce plus propice Ă tester les capacitĂ©s de l’instrumentiste qu’Ă mettre en valeur la richesse mĂ©lodique et chaleureuse de l’instrument. Pourtant, c’est sur une pièce de concours, le Tema con variazoni de Jean Françaix, que s’achève le rĂ©cital. Comme l’exige le genre, Robert Aust n’est alors qu’un valeureux faire-valoir, et la soliste se montre assurĂ©e techniquement, au point de tenter de faire de la musique avec cette composition fonctionnelle, ainsi qu’elle l’explique en prĂ©ambule, quoique fort agrĂ©able.
En rĂ©alitĂ©, il faut attendre, en bis, le deuxième mouvement de la Sonate de Leonard Bernstein pour entendre un vrai dialogue entre piano et clarinette. Avec un regret consĂ©quent : que les deux zozos ne nous aient pas proposĂ© une Å“uvre aussi riche en intĂ©grale (10’, c’était jouable) au cours du concert, assortie de l’intĂ©grale du Brahms. Si cette insolente stratĂ©gie marketing visait Ă susciter l’achat de leur disque, c’est finaud… mais, Ă l’heure des Paul Meyer et du gang Moragues, pour citer parmi d’autres quelques grrrrands dans la place, c’est un peu frustrant car on ne fait, parfois, que deviner le charme de Bettina Aust derrière son savoir-jouer remarquable.
En rĂ©sumĂ©, un très agrĂ©able moment entre gens de bonne compagnie, prĂ©sentĂ© avec chaleur et francophonie, c’est rare ! Pour jauger de l’intĂ©grale capacitĂ© des artistes du soir, sans doute faudra-t-il recourir Ă l’écoute de leur enregistrement, disponible ici, oĂ¹ sont gravĂ©es l’intĂ©grale du Brahms et du Bernstein… ou attendre un prochain rĂ©cital parisien. Malin.
Mon voisin n’est pas milliardaire, enfin, je crois pas. En revanche, il Ă©crit des livres pour les jeunes et leurs parents conscious. Convaincu que notre environnement polluĂ© est une donnĂ©e contre laquelle nul ne peut lutter mais chacun peut s’adapter, il propose un manuel de survie pour parents soucieux de participer Ă la prĂ©servation de la santĂ© de leurs enfants. Son engagement, volontiers bio et sain, se dĂ©cline en quatre points :
Dans ce cadre, il a lancĂ© une sĂ©rie avec l’illustrateur iamo’i’s, intitulĂ©e « Les bons conseils de la fĂ©e Sana ». Deux perspectives : lutter contre la pollution et s’ouvrir aux bĂ©nĂ©fices de la nature. Un avertissement : « Je ne suis pas mĂ©decin. En revanche, je veux 1) compiler des Ă©tudes, 2) partager des retours d’expĂ©rience, et 3) tĂ©moigner de ce que je vis avec ma famille. » Rien, donc, de sectaire ou d’illuminĂ©, mais un engagement sincère et permanent que le nommĂ© Guillaume tĂ¢che de pĂ©dagogiser Ă destination de tous les parents curieux et de leur progĂ©niture.
Aussi ses albums s’articulent-ils autour de deux axes, après une mini-prĂ©face d’une autoritĂ© (Denis Zmirou-Navier, caĂ¯d des risques environnementaux en France ouvre le troisième tome) :
L’initiative est Ă©volutive : l’auteur et l’illustrateur ont fait le choix, après les deux premiers tomes, de mener une consultation ambitieuse associant lecteurs primaires (parents), lecteurs secondaires (enfants), prescripteurs (libraires, mĂ©diathĂ©caires) et techniciens (Ă©diteurs). L’objectif n’est pas de repositionner le produit, mais de l’optimiser afin qu’il porte encore mieux le message nĂ©o-hygiĂ©niste ici appelĂ© « bonnes pratiques »… lesquelles sont parfois très Ă©loignĂ©es de ce que l’on pourrait imaginer Ăªtre de bonnes pratiques.
Le projet reste ouvert Ă beaucoup d’Ă©volutions (publication sur un papier recyclĂ© dès que le succès le permettra ? relecture professionnelle pour Ă©viter que les « tĂ¢ches » de boue ne fassent sursauter le psychorigide traquant la fote d’orthographe ? composition justifiĂ©e plutĂ´t qu’en drapeau afin de fluidifier la lecture ? etc.). En l’Ă©tat, on ne peut que saluer une initiative singulière, personnelle, engagĂ©e et joyeuse, une sorte de « Il Ă©tait une fois la vie » conjuguĂ©e au futur sain. Chaque tome rĂ©serve son lot de rĂ©vĂ©lations au curieux. Le troisième, sans doute le plus abouti et le plus provocateur (pourquoi c’est bien de se salir dans la nature ? pourquoi – sinon les insectes – du moins certains microbes sont-ils nos amis ?), vient de sortir. DĂ©couvrez-le avant que le quatrième, annoncĂ© sur le thème de l’alimentation, ne vous happe !
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