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Le blog de Bertrand Ferrier, page 315

Squat

20161031_220811Répétition difficile. Un mec en slip habitait mon piano en plastique. J’ai dû trouver un argument pour l’inciter à se translater de quelques mètres. Je l’ai suivi pour partager, mais c’est moins ma faute que l’habitude de jouer dans les bistros, je suppute.Sleepy et La Plaid'

Soum-soum, Les chanteurs à guitare 4, 4 novembre 2016

Soum-Soum du 4 novembre 2016Ouh-la-la-la, qu’est-ce qu’on est bien, dirait Claudio Zaretti, au Soum-Soum, authentique « découvreur de talents » (près du passage Choiseul, juste à côté de l’Opéra-Comique, Paris 02), pour dispenser de la chanson grattée à la guitare. La scène partagée, qui commence à s’animer méchamment, a permis de se mesurer à un p’tit nouveau à belle voix grave, joli sens de l’interprétation et excellent choix de chansons.
Moi, j’étais juste dans « La moyenne »…

… tandis que Barthélémy Saurel propulsait ses magnifiques chansons, en l’espèce « Les filles me font envie ».

C’était peu sport de la part de ce zozo, donc je proposai une version brève de « Mon nez dans ton cul ». Comme le titre l’indique, c’était un cadeau fait à la poésie, si congrue dans ce monde peu féru d’esthétique…

… mais Barthélémy Saurel claquait une version brève d’un de ses tubes, « La poire en deux » (trouve le couplet qui manque et flanque-lui une baise sur la banane).

J’ai pas eu le choix. J’ai dû sévir en offrant une sévère tournée de « Chocolat noir », mon hit depuis un post joyeusement controversé par les paltoquets et les lèche-fions. Fallait pas m’chercher. Non mais.

Pour les gourmands, qui jouent de la guitare en chantant ou l’inverse, ou pour ceux qui veulent découvrir les gourmands décrits ci-avant, rendez-vous ce vendredi 11 novembre, pour le prix d’une conso, ce qui n’est rien quand on pense que Barthélémy a presque promis une version chaude et napoléonienne de Sambre-et-Meuse, c’est dire.

Regard

Chat AulnayQuand un seul regard signifie : « Bertrand Ferrier vient répéter ici ? sans que j’aie donné mon autorisation ? C’t une blague, j’espère ? »

Before

Dégustation BourgogneAvant un concert, je me recentre sur moi-même et me concentre comme un bon vin. Ou je vais déguster de bons vins, ça dépend.

Rendez-vous Chez Adel

chansonsJeudi, 20 h – 21 h 30, Claudio Z. m’invite à siffloter quelques tunes en sa compagnie. C’est la folie dans le studio : cinq ans après y avoir chanté avec Je m’appelle Firmin (donc Titi Tonelli à la contrebasse et Damien Ferrier à la gratte, au bonnet et à la vocalité), je reviens Chez Adel (entrée libre, pop-corn offert, adresse dans le lieu ci-d’sous). Au plaisir d’y croiser les curieux, les gourmands et les zozotres.


Chez Adel / 10, rue de la Grange-aux-Belles / Paris 10 / M° : Gare de l’Est

Théâtre Nout, 2 octobre 2016… en gros

Décor scène Théâtre NoutAu théâtre Nout, je faufilai tantôt deux fredonnements en première partie de Bernard Joyet. Désormais, le souvenir, filmé par Monique Hottier et supprimé de ce site par cette cochonnerie de hacker si proche d’Elsa Gelly, est disponible en deux exemplaires.

Ou…
Bon visionnage de votre vidéo identique mais préférée !

Improvisations de concert à l’orgue de Saint-André de l’Europe, octobre 2016

Inauguration de l'orgue restauré de Saint-André-de-l'Europe. Photo : d'après une captation de Mary Douerin.
Inauguration de l’orgue restauré de Saint-André-de-l’Europe avec Mgr Thibault Verny. Photo : d’après une captation de Mary Douerin.

Trois types d’improvisations au programme…
1. L’improvisation brève en série, en réponse à la parole
Improvisation 1 : bénédiction solennelle de l’orgue (7 octobre 2016, avec Mgr Thibault Verny)

Des personnalités soutiennent la réinauguration de l'orgue
Des personnalités soutiennent la réinauguration de l’orgue

2. L’improvisation sur un thème musical imposé
Improvisation 2 : variations improvisées sur l’incipit de la toccata BWV 565 (concert Bach, 16 octobre 2016)

Improvisation 3 : difractions impromptues autour du prélude BWV 846 (concert Bach, 16 octobre 2016)

Captation de l'orgue par Vincent Hildebrandt, le 29 octobre 2016
Captation de l’orgue par Vincent Hildebrandt, le 29 octobre 2016

3. L’improvisation sur un projet musical : découvrir l’orgue de Saint-André-de-l’Europe
Improvisation 4 : voyages dans l’orgue (enregistrement pirate sucré le 29 octobre 2016, lors de la captation vidéo d’improvisations, à paraître dans quelques semaines sur la chaîne YouTube de Vincent Hildebrandt avec, en prime, une vraie captation audio)

Et si plaisir de chanter ne dure qu’un instant…

Bertrand Ferrier au Soum-soum (Paris 2) par Josée Novicz.
Bertrand Ferrier au Soum-soum (Paris 2) par Josée Novicz.

… je veux chanter de suite, et mourir maintenant – une de mes mille chansons préférées…

… ce qui fait que, en attendant son prochain concert, avec un « a » et santé, Bertrand Ferrier chante « Nanterrrrreuh »…

… Barthélémy Saurel chante les magnifiques « 2 h 30 »…

… Bertrand Ferrier, du coup, chante une chanson chiante, type « À guichets fermés »…

Barthelemy Saurel par Rozenn Douerin
Barthelemy Saurel au Soum-Soum, vu par Josée Novicz

… par vengeance, Barthélémy Saurel crache l’un de ses tubes, « Incinéré au feu d’bois »…

… alors, j’ai été sec. Précis. J’ai chanté le tapin et les latrines. Ou les lapins et les tartines, en somme.

Bienvenue, organissse… et casse-toi

Programme enterrement

Lucia di Lammermoor, Opéra Bastille, 26 octobre 2016

Décor final Lucia di LammermoorMalgré la rentabilisation d’un tube du répertoire exigeant la présence d’un plateau virtuose, l’Opéra de Paris ne réussit pas à faire salle comble. Comme si la médiocrité de l’enjeu artistique finissait par convaincre les spectateurs que ce brio spectaculaire mais vain n’est rien sans la puissance dramatique censée le sous-tendre… 
L’histoire :
Enrico s’escagasse que sa sœur Lucia refuse d’épouser Arturo, seul gogo susceptible de le sauver de la ruine. En fait, Lucia kiffe Edgardo, qui échange avec elle un anneau de promesse (une écharpe, selon le metteur en scène, toujours plus malin que les auteurs), acte I. Edgardo étant obligé de s’absenter, il envoie des lettres à sa chérie qu’Enrico intercepte afin de la convaincre, avec l’aide d’un homme d’Église, que son chéri la berne. Lucia cède, acte II (1 h 20’ avant entracte de 30’). Ensuite, c’est la teuf au château mais Lucia apparaît ensanglantée : elle a buté son époux sur son lit nuptial. Folle, mourante, elle périt à son tour. Son chéri, revenu au moment de ses épousailles, se suicide – acte III, 50’
Le concept : opéra musiqué par Gaetano Donizetti. Livretté par Salvatore Cammarano. D’après Walter Scott. Chef d’orchestre : Riccardo Frizza. Mise en scène (55ème représentation dans cet immondice) : Andrei Serban. Décors et costumes : William Dudley. Lumières : Guido Levi. Chef des chœurs : José Luis Basso. Enrico : Artur Ruciήski. Lucia : Nina Minasyan. Edgardo : Rame Lahaj. Arturo : Oleksiy Palchykov. Raimondo : Rafal Siwek. Alisa : Gemma Nί Bhriain. Normanno : Yu Shao. Et si l’État français arrêtait de subventionner ou l’Opéra national de Paris, ou les écoles françaises censées former des gens capables d’intervenir à ce niveau ?

Gemma Nί Bhriain (Alisa), Yu Shao (Normanno), Artur Ruciήski (Enrico); Riccardo Frizza (el jefe), Nina Minasyan (Lucia); Rame Lahaj (Edgardo), Rafal Siwek (Raimondo), Oleksiy Pachlykov (Arturo)
Gemma Nί Bhriain (Alisa), Yu Shao (Normanno), Artur Ruciήski (Enrico); Riccardo Frizza (el jefe), Nina Minasyan (Lucia); Rame Lahaj (Edgardo), Rafal Siwek (Raimondo), Oleksiy Pachlykov (Arturo)

La musique : après un prélude détestable (on veut bien que les cuivres aient besoin de se chauffer, même si on comprend mal pourquoi ils ont besoin de le faire devant les auditeurs ; mais en quoi la harpiste a-t-elle besoin de répéter ses traits en direct, gâchant le plaisir de son duo avec la vedette ?), le chef montre de nettes difficultés à coordonner un orchestre puissant et un chœur en décalage. Admettons qu’il s’agisse de la première de l’équipe B (la vedette américaine jouant Lucia s’est carapatée et ne reviendra que pour les dernières). Sur le plateau, on est plutôt séduit par la prestance et la présence de Rame Lahaj et par les graves de Rafal Siwek. Gemma Nί Bhriain ne démérite pas non plus en suivante sérieuse. En dépit du rôle virtuose qui échoit à Nina Minasyan et à son joli minois, on sera plus circonspect devant cette interprète : les notes extrêmes sont là, les vocalises sont escaladées avec souplesse, mais la beauté des attaques est inégale, et la justesse fait souvent défaut – comme en témoignent les duos très limite avec la flûte ou le violon. Cela n’empêche pas de saluer l’impressionnante performance ; mais cela empêche de s’enthousiasmer pleinement en dépit de, précisément, l’impressionnante performance.
Le spectacle : la consternation s’abat sur le spectateur un brin sensé. Tout se passe dans un gymnase. Pourtant, on a lu l’histoire, le synopsis, la partition. Nulle part on ne nous a parlé de forts des halles jouant au bras de fer, s’exerçant à la corde, s’amusant aux barres parallèles ou au cheval d’arçon. À ce que l’on sache, l’histoire n’est pas censée se passer au dix-neuvième siècle, avec chapeaux haut de forme et chœur qui s’emmerde sans vergogne pendant le – censément – bouleversant III. La source n’a jamais été une rangée de robinets (pourquoi pas de chiottes, si on veut démythifier ?). Aucun figurant n’a été sollicité pour culbuter des pouffes dans la paille ou des brouettes. Jamais Lucia n’a été annoncée comme fanatique de balançoire ou de tape-cul. Bien sûr, on aimerait s’esbaudir devant une inventivité aussi inattendue ; mais comment admettre qu’un crétin de seconde zone ose caviarder l’opéra de ses sales pattes en y plaquant son manque de créativité au profit de hors sujets lamentables et souillons ?

Nina Minasyan et Rame Lahaj
Nina Minasyan et Rame Lahaj

En conclusion, on se réjouit presque que ce tube opératique, passionnant et sans temps mort, suscite un intérêt mitigé d’un public international mais peu français autour de nous. Nombreuses sont les places vides, nombreuses les « promotions ». Las, l’on sait bien que cela n’a rien à voir avec la qualité de la mise en scène, mais si cela pouvait avoir un lien et inciter l’Opéra dirigé par Stéphane Lissner à encourager les artistes français, d’une part, et les metteurs en scène respectant l’opéra de répertoire, d’autre part, ce serait joyeux.