Bertrand Ferrier voit double dans les loges – ou les chiottes, soit – de Chez Adel. Bon, ça va, appelons cela un selfiotte, OK ?
Claudio Zaretti, le meilleur feel-good singer que je connaisse, m’a invitĂ© Ă revenir Chez Adel. J’y avais pouĂ«t-pouĂ«tĂ© jadis – un souvenir mitigĂ©, souple euphĂ©misme, quand on y avait chantĂ© avec Je m’appelle Firmin, alors qu’on lui avait Ă©crit un hit, quand mĂªme.
Bref, cinq ans après, j’Ă©tais au taquet. Claudio Z. aussi, qui prĂ©pare sa grattouille.

C’est Mr Claudio qui a ouvert le bal avec le tube de son dernier album en date, «Â
Toi qui écoutes ».
Je lui ai rĂ©torquĂ© que tout cela n’Ă©tait que « Gribouillages ». La première chanson, rappelons-le, feat. Pierre Soulages, ce qui n’est pas aryen, mais ce qui n’est pas rien non plus.
CarrĂ©ment, ça a bouleversĂ© le Claudio, qui a affirmĂ© que, s’il pleurait, c’est pas parce que ma musique Ă©tait bonne, bonne, bonne, mais parce que l’homme est « Lacrymal ». Genre.
J’ai Ă©tĂ© obligĂ© de recadrer les dĂ©bats sur le thème « les glandes lacrymales d’une princesse valent-elles celles d’un cordonnier » en claquant « Le cordonnier et la princesse ».
Ce Ă quoi Claudio a rĂ©pondu comme quoi « oui, ça dĂ©pend si le cordonnier est près du cÅ“ur ». J’imagine que c’est pourquoi il a crachĂ© son nouveau tube « Loin des yeux » (en fait, il a aussi crachĂ© deux nouveaux tubes, rendant hommage Ă l’hostellerie et Ă la diversitĂ© nomade, mais nous avons convenu de les rĂ©server pour les curieux qui viendraient battre des mains en direct).
J’ai compris que mon talent si spectaculaire le rendait vert. Mais bon…
… c’Ă©tait placer le dĂ©bat sur un terrain vaseux. J’ai prĂ©fĂ©rĂ© le dĂ©placer grĂ¢ce Ă une de ces chansons ferroviaires dont j’ai le secret, vu qu’il n’est venu Ă personne, sonne, sonne, l’idĂ©e de me le voler. Donc j’ai chantĂ© « Nanterre« , comme un notaire mais en moins riche.
Du coup, Claudio a craquĂ©, il a optĂ© pour une « Utopie, Utopia » qui le projetait dans son adolescence d’après les esssperts-sikatr et lui-mĂªme.
Puisqu’il me cherchait, je fus sans pitiĂ©. Je le sanctionnai d’une belle menace, celle de mettre « Mon nez dans ton cul ». (Si, lĂ , on a dĂ©jĂ affaire Ă une belle menace.)
C’est peu dire que Claudio fut blessĂ©. Comme si je lui avais proposĂ© de invitarme otra vez, solĂ³ me contestĂ³ : « Nunca mĂ¡s ».
Du coup, j’ai fermĂ© les guichets et chantĂ© « À guichets fermĂ©s », ce qui est relativement logique, Ă tout le moinsss.
Il revenait Ă Claudio de conclure la battle avant la moussaka – boulgour du jour, en concluant par la « Chanson des Ă®les ».
Parfait pour engager un dĂ©bat entre mon hĂ´te et Jean Dubois, le chanteur qu’auraient Ă©tĂ© Renaud et Bob Dylan s’ils n’avaient Ă©tĂ© ni Ă©liminĂ©s par eux-mĂªmes ni prix Nobel… et s’ils avaient eu son talent, pour savoir si un chapeau sert Ă rĂ©colter du pognon, Ă imiter Charles Trenet ou Ă contenir sa grosse tĂªte. Controverse en cours.
Claudio Zaretti et Jean Dubois @Chez Adel (Paris 10). Photo : Josée Novicz.
C’Ă©tait joyeux de compter sur votre prĂ©sence massive, attentive et enthousiaste, publics. Merci.
(Eh oui, tous les enregistrements de Claudio Zaretti sont publiĂ©s avec l’autorisation de l’intĂ©ressĂ©, qui ne doit pas Ăªtre si financièrement intĂ©ressĂ© que ça, la preuve.)