Quand organiste ennuyé, lui parfois faire de drôles de trucs avec les trombones.
Travail sur un projet autour de l’art lyrique. Me voici dans « ma » loge. La confrĂ©rie des bricoleurs et as du BTP tient nĂ©anmoins Ă prĂ©ciser que c’est bien une loge d’opĂ©ra, pas une loge maçonnique dans laquelle mon art de mettre du douze ne permettrait jamais d’Ăªtre admis, mĂªme pour un projet.

InvitĂ© Ă Radio-Courtoisie par Vincent Beurtheret et Annette Ventana, pour y parler de L’Homme qui jouait de l’orgue. Par ma foi, qu’importent inepties et maladresses, on fait c’qu’on peut avec c’qu’on a, ma brave dame…
Première partie (12′) : devenir organiste
Deuxième partie (19′) : exercer comme organiste
Troisième partie (21′) : survivre comme organiste
Romain Didier, c’est le maĂ®tre-mĂ¢le du piano-voix. CĂ´tĂ© fĂ©minin, plane, un cran au dessus peut-Ăªtre, Marie-Paule Belle – c’eĂ»t Ă©tĂ© excitant de voir, pour tout un rĂ©cital, Juliette seule au piano. CĂ´tĂ© mĂ¢le, personne ne peut le contester, le seul Ă pouvoir maĂ®triser son piano tout en, sporadiquement, vous balançant une chanson qui vous dĂ©vaste, et, le reste du temps, en vous sĂ©duisant par la pertinence de sa mĂ©lodie ou de son groove (ses paroliers Ă©tant, parfois, pas tout Ă fait au niveau), se fait appeler Romain Didier.
Son nouveau spectacle, créé cet Ă©tĂ© à – et certainement pas en – Avignon, s’intitule Dans ce piano tout noir, dĂ©but d’une de ses fameuses chansons. ArticulĂ© en trois Ă©pisodes plus bonus, il propose des sĂ©ries de chansons enchaĂ®nĂ©es pendant vingt minutes environ, Ă peine interrompues, le temps de suçoter quelques goulĂ©es, par un fondu au noir, et tuilĂ©es par des interludes musicaux, parfois fondĂ©s sur des airs connus (dont des « tubes » de Barbara, Gilles Vigneault, Jacques Brel, Beethoven…), parfois organisĂ©s autour de chansons ou de modulations improvisĂ©es, parfois thĂ©matiques. PrĂ©sentĂ© comme une sĂ©rie de confidences, le concert balaye une large partie du rĂ©pertoire de l’auteur-compositeur-interprète, en excluant systĂ©matiquement les chansons Ă caractère humoristique. Au point que le public se croit obligĂ© de glousser bruyamment sur la chanson, plaisante, oui, virulente, oui, mais guère hilarante, pointant le rapport entre Gestapo, barbecue et vie mitoyenne…
Remarquable pianiste, grand timide devant l’Éternel (entre autres), Romain Didier trouve ainsi l’occasion de ne presque pas parler au public, en proposant un rĂ©cital assurĂ©ment original oĂ¹ sa voix, devenue beaucoup plus grave qu’à ses dĂ©buts, aligne les chansons connues ou moins courues avec constance. ÉtriquĂ© au dĂ©but, son organe s’affirme après une heure de chant, laissant quelques regrets – ah, si l’artiste avait osĂ© se chauffer « avant »… Quelle joie d’entendre, Ă cĂ´tĂ© de hits, des titres comme « J’ai noté », interprĂ©tĂ©e parlando, ou « Si un jour, c’est fini » (malgrĂ© la difficultĂ© de tonalitĂ© assumĂ©e Ă la quarte infĂ©rieure) ! Et cependant…
Oui, il y a un « cependant » dĂ» Ă l’attente que l’on avait créée Ă l’idĂ©e de revoir un ACI aussi admirable. D’autant que l’on avait applaudi Ă tout rompre son prĂ©cĂ©dent passage parisien au Vingtième ThĂ©Ă¢tre. Cette fois, le spectacle paraĂ®t Ă la fois diffĂ©rent, ce qui est joyeux, mais moins maĂ®trisĂ©. Non Ă cause de rares « trous de mĂ©moire » (y compris sur l’excellent « Ta mĂ©moire », rappelant les trous du Vingtième toujours sur un sujet tout proche) ou des doigts qui rippent sur le clavier, Ă cause de modulations inĂ©dites ou d’arrangements spontanĂ©s ; plutĂ´t par le choix de la linĂ©aritĂ© que semble avoir fait l’interprète. Certes, on apprĂ©cie l’hommage rendu Ă Charles Trenet, Ă Michel Jonasz et Ă Gilbert BĂ©caud, interprĂ©tĂ© avec beaucoup de singularitĂ© ; on apprĂ©cie aussi le silence relatif aux attentats du 13 novembre, Ă©voquĂ©s par une pseudo-citation pertinente en fin de bal plutĂ´t qu’avec des larmes gnangnan qui eussent paru surfaites et plus charlies que sincères ; on apprĂ©cie Ă©videmment l’Ă©vidente dextĂ©ritĂ© globale du musicien. Mais le manque d’aspĂ©ritĂ© du concert, l’absence d’interaction avec le public (elle fait Ă la fois l’originalitĂ© et, Ă notre sens, la limite de l’exercice), le choix d’un spectacle uni et uniquement sĂ©rieux, peuvent motiver une certaine dĂ©ception devant un artiste dont il semble que, de la sorte, en dĂ©pit du travail fourni et de la dissonance de son spectacle dans un univers chĂ©rissant le lol et le rĂ©pĂ©titif, il ne rend pas compte de l’ampleur riche et variĂ©e de son talent.
Peut-Ăªtre faudra-t-il attendre un prochain disque studio pour se laisser derechef stupĂ©fier par Romain Didier comme on l’avait Ă©tĂ© au Vingtième thĂ©Ă¢tre pour le spectacle Au singulier. Cela ne doit pas empĂªcher de saluer le plaisir de retrouver un chanteur dans sa meilleure prĂ©sentation (en piano-voix), ainsi que la performance qui consiste, en dĂ©pit d’un Ă©clairage sans intĂ©rĂªt (la diffĂ©rence d’intensitĂ© se contentant de marquer le passage d’une chanson Ă l’autre), Ă faire coĂ¯ncider chanson, piano, variĂ©tĂ© et mĂªme pop avec un talent patent fondĂ© sur une remarquable maĂ®trise des codes classiques. Manqueront toujours l’évidence, la profondeur et la prĂ©sence d’un Allain Leprest, soit. N’en Ă©clatera pas moins la singularitĂ© gourmande d’un Romain Didier, aucun doute… surtout avec une voix retrouvĂ©e.
C’est une histoire qui commence comme ça. Par un long tunnel, avec une laisse et un lasso sur un siège. Puis ça continue avec Grace, championne du monde de cĂ¢lins au point que je prĂ©fère la photographier comme ça, c’est plus simple :
Mais après une grande sortie (ce p’tit ressort n’Ă©tait pas sorti depuis le 15 novembre !), je rĂ©ussis Ă dĂ©rober un clichĂ© un peu plus vraisemblable.
Je l’aurais bien emmenĂ©e dans ma poche, mais il paraĂ®t que ça ne se fait pas. Alors, je suis rentrĂ© avec elle, et j’ai aidĂ© une postulante qui voulait adopter Looni, un mini croisĂ© de ratier, car elle avait constatĂ© que son mari alzheimerisĂ© Ă©tait plus calme avec un p’tit bonhomme. Après, Ă´ esprit biographique quand tu nous tiens, j’ai croisĂ© d’autres adoptants intĂ©ressĂ©s par MaĂ¯tika, un chiot berger femelle (non, on ne dit pas une chiotte) excellentissime. L’occasion de se faire de nouveaux amis Ă demi-rateurs parmi les caciques de la SPA (« on ne met pas les chiens en enclos avec les adoptants sans nous consulter, gnagnagna / – Attends, je suis lĂ pour vĂ©rifier si tout se passe bien, ils sont contents d’attendre avec elle que vous rameniez votre fraise alors que vous Ăªtes dĂ©bordĂ©s, comme souvent le samedi, je vĂ©rifie qu’ils ne ne risquent rien / – Mais tu ne connais pas la fiche de l’animal, il faut nous demander, gnagnagna / – Écoute, ils sont sous le charme, les deux filles et la mère sont mĂªme en train d’appeler le papa tellement elles sont sĂ©duites, ils cherchent une jeune chienne comme MaĂ¯tika, ils veulent rĂ©server spĂ©cifiquement cette nĂ©nette, oĂ¹ est la testicouille ? / – Mais c’est pas la question, y a des règles, gnagnagna »). Puis l’occasion aussi d’aller se promener avec la miss avec, d’abord une photo bien cadrĂ©e mais dans le mauvais sens…
Du coup, j’ai sollicitĂ© de sa bienveillance un remix de face qui rende compte de sa bonne bouille de chiot qu’on a envie, once again, de mettre dans la poche. Ça a donnĂ© ça :
Par consĂ©quent, un, si vous voulez adopter MaĂ¯tika, a priori, il faut se bouger ; et, deux, ma rĂ©putation de smartphotographe naze semble faite. MĂªme Lugelec, un adorable croisĂ© labrador qui aime courir puis jouer et faire des gros cĂ¢lins, a abandonnĂ© – Ă la millième tentative environ – l’idĂ©e de vous sĂ©duire par mon intermĂ©diaire avec, dans son regard, un je-ne-sais-quoi qui associe la compassion avec la pitiĂ© or something.
J’essayerai de faire mieux une prochaine fois, mais je ne peux mĂªme pas promettre de ne pas faire pire. Malepeste !
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