Irakly Avaliani joue Franz Schubert posthume (Sonogramme) – 6/6

Quatrième de pochette

En guise de dernier épisode de notre visite posthume à Franz Schubert, guidée par Irakly Avaliani, voilà que s’avance le huitième impromptu, un allegro scherzando en fa mineur à trois croches par mesure. L’œuvre apparaît comme un éloge

  • de l’élan
    • (appogiatures envolantes,
    • trillles énergisantes,
    • accélérations réjouissantes avec des triples croches en quintolets, sixtolets, septolets voire treizolets – y a sans doute un vrai mot pour ça, mais celui-ci est assez rigolo – à défaut de soupolets),
  • du rebond (staccati et notes répétées) et
  • du contretemps qui pulse voire propulse (dans la première section, le rythme de la main gauche est calqué sur une logique binaire qui frotte avec la tonicité ternaire de la dextre ; dans la deuxième, les mouvements sont inversés : quand la main droite monte, la main gauche descend, et inversement).

L’impromptu secoue son propre prunier en égrenant legato la gamme de La bémol majeur, relative de fa mineur. On se pourlèche les oreilles du contraste

  • des touchers,
  • des nuances,
  • des modes et des tonalités.

 

 

Irakly Avaliani nous donne moins à entendre des notes que

  • de l’énergie,
  • de la tonicité et
  • une sorte d’urgence à pétiller

que zèbrent mystérieusement des breaks fort efficaces pour nourrir l’écoute et le suspense.

  • Des gammes modulantes en unisson octavié traversent le clavier ;
  • de grands mouvements secouent l’ivoire ;
  • des silences défient l’évidence

jusqu’au retour du premier motif, associant la puissance des réflexes de la senestre à la netteté des pirouettes ou des jaillissements de la main droite. Une main gauche grave et sombre interroge les sauts de la main droite, préparant la voie à une coda qui

  • bouscule,
  • ébouriffe et
  • nous pousse à crier « BRAVO » au gramophone de service.

Une ultime piste remarquable et palpitante pour un disque de haute et belle tenue.


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