
Tu sais que t’es vieux si, à l’époque où on t’a offert ta clarinette, c’était pas bizarre d’avoir un téléphone à sept chiffres.

Si chanter, c’est fermer deux fois la gueule aux cons, alors chanter en chœur de la musique contemporaine dans l’un des départements les plus pauvres d’Île-de-France, c’est faire encore mieux. Surtout quand ça se pratique dans la bonne entente, le professionnalisme et l’enthousiasme.

Après, qui dit 93, dit forcément problèmes religieux. À titre personnel, je propose un gros culte du diapason beaucoup plus en contact avec le son. Mais bon, chacun peut faire ce qui lui chaut. Comme ne disait pas jadis un chiadiss : aussi loin que concerné je suis, j’m’en fous.


Ce vendredi, au théâtre L’Odéon – Jean-Roger Caussimon de Tremblay-en-France, a été créé Tian Wen II de Huihui Cheng par le chœur Soli-Tutti (dans lequel je glisse quelques sons de basse 1), sous la direction de Denis Gautheyrie, avec l’orchestre Densités issu de l’ensemble Divertimento, feat. notamment les excellents Yves Bruchon, première clarinette, et Sandrine Roche, piano, sous la direction de Zahia Ziouani. Juste avant, une partie des ensembles répétait les Řykadla de Leoš Janáček.
Les reconnaisseurs reconnaissent le régisseur, toujours attentif et serviable (si, un mec qui s’occupe du plateau puis qui tient la porte à une trentaine de clampins, c’est un mec attentif et serviable) à son bun, uniforme de la fonction à égalité avec le casque-micro pendant le feu de l’action. Quant à moi, j’ai vu la mort me faire couroucoucou dans les coulisses : la dernière fois que j’étais venu dans ce théâtre, c’était pas pour chanter de la musique hypercontemporaine, c’était pour applaudir comme spectateur fanatique les Jambons, formidable groupe mouvant marqué par la personnalité de l’excellentissime Philippe Chasseloup.
Si je devais bilaniser cette expérience, ce qui ne veut RIEN dire mais le dit BIEN, je proposerais cette formule : le temps passe ; les souvenirs de charcuterie, non. Bizarreries de la cognition humanoïde.

Enfin, quelques photos scluziv, volées avant le passage du chanteur, dans l’intimité des coulisses où je grenouillais afin de fredonner deux p’tites tunes.

Le reste, bien sûr, ne se raconte pas. D’autant que j’ai bien foiré ma jolie photo du fer à repasser. Je trouvais ça tellement classe que cet accessoire fût prévu dans la loge. Genre, hyperpro, non ? Baste, tenons-nous-en au symbolique, puisque mon médiocre photophone le décida. Parfois, il a plus raison que moi. Ce qui n’est pas si difficile, mais bon.


La fierté : être invité par Jean Dubois, un des chanteurs que j’estime le plus, à « faire » la moitié de son concert du 16 décembre, pour que j’y étrenne des chansons pas pareilles et différentes de celles qui étaient pareilles aux pas différentes. En plus, ça se passait au Petit théâtre du bonheur, merveilleuse petite salle au milieu des escaliers de Montmartre, avec excellent son, accueil souriant et même passage d’une chanteuse dont j’ai une dizaine de disques chez moi. Tout n’était pas parfait, mais c’était déjà joyeux d’être encore vivant ; de surcroît, en sus et sans supplément, voici l’occasion, à travers quelques extraits, de remercier les publics et les pairs plus gradés que moi qui me soutiennent aussi malgré que, genre Jann Halexander ou Claudio Zaretti. I owe you that, zozos.
1. Prologue parlé
2. Rien de plus compliqué (Bertrand Ferrier, création)
3. C’est par sécurité (Bertrand Ferrier, création)
4. Interlogue parlé
5. Sur un malentendu, ça passe (Bertrand Ferrier)
6. Un cèdre sur ton toit (Jann Halexander)
Et le plus incroyable, c’est que, en bonus, Jean Dubois m’a fait le cadeau de ressortir une de mes chansons en m’accompagnant. J’étais foufou. J’espère que cela a aussi fait pétiller ceux qui nous ont fait l’amitié de venir en bravant la pluie et en abandonnant miss France à ses porcs, et que cela amusera ceux qui ont la gentillesse de feuilleter le présent site. Merci de votre curiosité, et bonne soif à nous tous !

Bonus : Glotte sèche (Bertrand Ferrier, feat. Jean Dubois, guitar and vocals)
Ce soir, je chante à Montmartre, au Petit théâtre du Bonheur, mais pas de bonne heure, ha-ha. Rendez-vous, donc, dans un théâtre cosy, pile au milieu des marches. Avec Jean Dubois, croisement de Renaud quand il avait du talent et de Bob Dylan quand il prononçait encore des mots, mais les deux en mieux.
Moi, j’étrennerai de nouvelles chansons, différentes pas pareilles que celles d’avant. Les deux compris, ça dure une heure dix à tout casser, c’est une entrée libre mais ça s’annonce bien quand même. Bref, vous pouvez viendre, et hop.

Quand t’es pas Johnny, l’avantage, c’est que t’es pas encore mort. Et l’autre, c’est que tu es parfois invité à survivre artistiquement en faisant la première partie d’artistes qui t’accordent leur confiance alors qu’ils savent que t’es pas hyperbankable. Ce qui est fort flippant parce que t’as plus qu’à être bon. J’en accepte l’augure (aime bien cette expression même si pas sûr de quoi qu’elle signifie) et donne rendez-vous métro Ourcq aux curieux de chansons indépendantes, pour découvrir Jann Halexander à qui j’ouvrirai la voie avec deux chansons en version piano-voix :
… et pour les ceusses qui veulent découvrir un nouveau répertoire, je chante demi-heure ce 16 décembre au Petit théâtre du bonheur, en première partie du grand Jean Dubois, ce qui fait que ceux qui se seront morfondus repartiront avec un sourire d’autant plus dentesque. Je suis fier comme un waker de cette perspective, mais l’être le jour J devant des curieux comme vous, plus mieux serait ça se, assurément. Donc, bon, voilà, ça s’passe là, et c’est entrée libre.
(Oui, comme, apparemment, je suis pas hypervendeur, le théâtre a caché que je chantais avant la star, mais, inquiétez-vous : je chanterai quand même !)