Jean Dubois d’après Marcelle Martin, le 18 mars 2026 au théâtre du Gouvernail (Paris 19), à l’occasion du double concert « D’une pierre deux coups ».
Je suis fort persuadé que la chanson avec de la musique et du texte dedans doit parler des choses qu’elles sont extrêmement très sérieuses. Par exemple, sur une planète en surchauffe, évoquer l’exigence de l’hydratation est un devoir citoyen. Jean Dubois a accepté de se joindre à moi pour rappeler cette urgence structurelle qui ne souffre aucun compromis politicien. Il est temps de le rappeler : peu ou prou importe le reste, on veut à boire !
Le 19 mai 2025 au théâtre du Gouvernail (Paris 19), pendant le tour de chant « Tout est un possible ». Photo : Rozenn Douerin.
Il est une catégorie très importante et pourtant souvent ignorée de la chanson que l’on pourrait intituler les « fredonneries ferroviaires ». J’ai moi-même abondé ce catalogue avec nombre de titres, chantant ici l’arrivée du RER B à Venise, çà les enjeux syndicaux du trajet Nanterre-Paris, là le changement d’univers qui s’opère entre Domont et Gare du Nord. En conclusion avant bis du premier concert inclus dans le projet D’une pierre deux coups, j’entonnais un hymne aux gares du Nord, à ras de silence, et ça donnait ça.
Au théâtre du Gouvernail (Paris 19), le 18 mars 2026, lors du double concert « D’une pierre deux coups ». Photo : Rozenn Douerin.
Le capitalisme, c’est « l’expropriation de la masse du peuple par quelques usurpateurs » ; la révolution, c’est « l’expropriation de quelques usurpateurs par la masse du peuple », cinglait Karl Marx à la fin du premier livre du Capital. Force est toutefois de constater que, dans la masse du peuple, certains, à l’instar de tel comique chouchou marocain ou de tel blanc-bec arriviste élu député européen, envisagent de s’exproprier eux-mêmes de leur condition en s’acoquinant avec quelque usurpatrice de l’autoproclamée haute société. Spoiler : c’est rare que ça finisse bien. Faut éviter trop de regrets au pas autoproclamé petit peuple… d’autant que c’est, à quelques chèvres près, le sujet d’cette chanson.
Au théâtre du Gouvernail (Paris 19), le 18 mars 2026, lors du double concert « D’une pierre deux coups ». Photo : Marcelle Martin.
Anne Sylvestre cinglait :
Y en a qui voudraient que je chante
Des grands sujets, des grands machins
Mais, pour la chanson méritante,
J’ai pas le souffle et pas l’entrain.
Même de son vivant, je n’avais de cesse de prévenir : « Anne, tiens-toé ben, j’arrive ! » Car, quand je fredonne, les grands sujets, les grands machins, ça m’fait pas peur. La preuve. Enfin, je crois.
Au théâtre du Gouvernail (Paris 19), le 18 mars 2026, lors du double concert « D’une pierre deux coups ». Photo : Marcelle Martin..
Un jour, je fus las de voir l’usage mortifère que les autoproclamés représentants des capitalistes faisaient des normes. Aussi me dis-je, en ma grande sapience, euphémisme : « Comment expliquer à l’humanité exhaustive que toute norme ou presque est l’anticipation d’une arnaque ? » Je pensai qu’une chanson ferait l’affaire. La voici.
Claudio Zaretti au théâtre du Gouvernail, le 18 mars 2026, lors du double concert « D’une pierre deux coups ». Photo : Rozenn Douerin.
Plus de 40 000 km de diamètre. Plus de 500 millions de kilomètres carrés de superficie. Plus de 1X10 à la puissance 12 de kilomètres cubes (le blog n’est pas paramétré pour ce genre d’infos, alors on bricole).
Notre logement,
la zone d’errance où nous baguenaudons plus que nous ne vaquons,
la planète bleue comme un trou noir dont nous habitons une fraction fragile :
non,
rien n’est grand (d’autant que, comme le chantait Pain dans le pont du magistral « Dancing with the dead », « too much is never enough »),
rien n’est petit (même si, souvent, notre logement fait vachement bien semblant),
tout est une question d’échelle, surtout quand on en est tombé.
En souvenir du mendiant paki avec qui j’eus jadis l’habitude d’échanger longuement et souvent en franco-anglais, l’été devant ce qui est devenu un parc canin, près du square des Batignolles, l’hiver au-dessus d’une bouche qui crachait un peu d’air chaud, rue de Rome, j’aime bien fredonner cette chanson qu’il m’a inspirée.
Tantôt, je récidivai avec le soutien de Claudio Zaretti, devant un public qui constatait comme moi que, pour qu’une guitare électro-acoustique fonctionne, c’est mieux si les branchements ont été consciencieusement faits et vérifiés – rassurez-vous, les gens, je m’en rendis compte itou mais, quand les dés sont jetés, rien ne va plus, on y va, et merci aux curieux qui survécurent à cet incident technique. En plus d’être souvent petit, le monde du live est souvent complexe, so let’s kiffe the vibe, won’t we?
Bertrand Ferrier au théâtre du Gouvernail (Paris 19) lors du double concert « D’une pierre deux coups », le 18 mars 2026. Photo : Cendras Djedda.
Mais, vous savez, moi, je ne crois pas qu’il y ait de bon ou de mauvais prénom. Moi, si je devais résumer ma vie, aujourd’hui, avec vous, je dirais que c’est d’abord des rencontres, des gens qui m’ont tendu la main, peut-être à un moment où je ne pouvais pas, où j’étais seul chez moi. Et c’est assez curieux de se dire que les hasards, les rencontres forgent une destinée.
Surtout quand on s’appelle Pétronille, évidemment.
plus d’un millier de chansons « avec du texte et de la musique dedans » colportées de bistros en théâtres,
j’ai éprouvé l’envie de donner un concert bilan… mais en mieux. Évidemment en mieux, voyons. Tsss, tsss. J’ai donc décidé de suivre le mantra d’Alexandre Astier, lequel clamait :
Je vois pas l’intérêt de faire ce métier si c’est pour péter au niveau de son cul : je veux faire des grands trucs, les p’tits trucs m’intéressent moins que les grands.
Résultat, un double concert, ce mercredi 18 mars, dans un coquet théâtre où je ploume-ploume depuis quelques années :
à 19 h, « classiques et favoris », soit un florilège des chansons qu’il a le plus poussées sur scène ;
à 21 h, « raretés et nouveautés », soit une poignée de nouvelles fredonneries et d’hymnes moins connues.
J’ai décidé de privilégier la matrice piano-voix que je préfère… mais en mieux. Évidemment en mieux, voyons. Tsss, tsss. Aussi ai-je invité des complices de longue date, dont cinq ont finalement pu être du voyage :
Pierre-Marie Bonafos (et son bonnet) au sax,
Sébastyén Defiolle le guitariste fou,
Jean Dubois, le chanteur et néopianiste,
Jann Halexander le « petit mouton noir et frisé de la chanson française », et
Claudio Zaretti, le gratteux que tout Paris ou presque surnomme il Professore.
Dans un méli-mélo d’influences allant de la chanson rive gauche à la pop en passant par des chansons-fleuves voire expérimentales alla Higelin, j’espère proposer un moment joyeux, secouant et multiple associant
sourires,
bonne intelligence et
vibrations tonifiantes.
Infos pratiques
Où ? Théâtre du Gouvernail | 5, passage de Thionville | Paris 19 | Métro : Laumière ou Crimée Quand ? Le mercredi 18 mars. Mais encore ? 19 h : classiques et favoris | 20 h 15 : entracte | 21 h : raretés et nouveautés | 22 h 15 : fin. Comment réserver ?Ici pour l’intégrale, çà pour le concert de 19 h, là pour le concert de 21 h. Un secret ? Avec vous serait un plus.