… après, pourquoi l’on retrouve des lunettes de soleil pour enfant dans la bannette de l’organissse prestigieux que l’on remplace, cela ne me regarde pas, M. le Commissaire.
– Tu regardes l’Ă©quipe de France de foot ?
– Oui.
– T’es vraiment un gros con ! Tu Ă©coutes de la musique contemporaine ?
– Oui.
– T’es vraiment un gros snob. Tu es abonnĂ© Ă l’OpĂ©ra de Paris ?
– Oui.
– T’es vraiment une grosse tafiole bourgeoise.
– C’est ça : je suis une grosse tafiole bourgeoise, snob et con.
– Et qu’est-ce que t’as Ă dire pour ta dĂ©fense ?
– Ben, dĂ©jĂ que je fais ce qu’il me chaut.
– C’est nul.
– Et, en sus, j’ai un sac plein de merdes de chien Ă la main, et je vais donc te repeindre le visage. VoilĂ . Gros bisous. Enfin, de loin, mais ma main dans ta gueule y est, yeah!
Sous la menace de la pluie (que de la gueule), je dĂ©cide de sortir avec un beau gosse puissant et cĂ¢lin. D’accord, son nom actuel a dĂ» Ăªtre inventĂ© par quelqu’un qui le dĂ©testait, mais, du moment que, en jouant avec ce zozo, on peut tendre bien haut au connard qui l’a baptisĂ© un mĂ©dius prĂ©alablement humectĂ©, tout va bien dans ce monde, tout va bien.
Flash, au moins, son nom est bien trouvĂ©. Parce qu’il ressemble au chien-guide d’aveugle iconique ainsi prĂ©nommĂ©. Et parce que c’est une boule d’Ă©nergie. Il fait des bonds, des brabrassades (si), et il va vite. Y a quand mĂªme un moment oĂ¹ je l’ai floutement coincĂ© dans mon plus simple appareil. Le mĂ©tier, probablement. L’amour. La vie. Au fait, quelqu’un reprend un Monaco ?
Après, j’ai nĂ©gociĂ© avec Travis, qui se mĂ©fiait de moi-mĂªme-je. Je le comprends : parfois, j’ai le chagrin qui tire vers les ponts, le soir, quand je le sors. Sans rancune, donc, pour ce p’tit bonhomme qui, après trois jours sans sortir (!), aime surtout jouer et faire le con. Avant, je pensais : « Il aura besoin d’un peu d’Ă©ducation. » Puis il m’a rĂ©pondu : « Toi aussi, non ? » Alors bon.
Enfin, j’avais pas le droit de sortir Herr Golan, le chouchou de tous les bĂ©nĂ©voles de la SPA. Alors, je l’ai sorti parce que c’est aussi mon chouchou, mĂ¢rde. Ricet Barrier le disait dans une chanson très autobiographique pour Bertrand F. : j’peux pas rĂ©sister Ă la tentation ; le dĂ©mon, en somme, Dieu le fit pour ma pomme. Donc, j’ai respectĂ© le choix de Dieu. Yallah !
« C’est lĂ qu’on rĂ©pète.
– Chic. »
« C’est lĂ qu’on joue.
– Re-chic. »
« T’es bien Ă©clairĂ©, ou bien ?
– Bof, Ă©coute, pour ce soir, ça va, ça va. »
« Du coup, on va boire un coup après le boulot ?
– Bon, parce que ça s’prĂ©sente et que tu insistes… »
« En revanche, je crois pas que les champagnes soient ouverts.
– J’vais trouver une soluce en attendant. »
« Enfin, l’important, c’est que tu aies pu jouer Ă la Philharmonie.
– C’est vrai, c’est une salle magnifique. Dès le backstage, on sent le talent pĂ©renne de Jean Nouvel. »
RĂ©pĂ©tition cosy pour un bout du « concert de fin d’annĂ©e » du chÅ“ur de la Philharmonie de Paris (Bizet, Offenbach et plus si affinitĂ©s).
En attendant le baryton, on respire.
Joli jardin, calme, luxe et beautĂ©. Vive la campagne… quand elle est au cÅ“ur du plus bel arrondissement parisien, et accompagnĂ© de monstres qui viennent discuter avec toi Ă la mi-temps.
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