
En attendant un nouveau post, voici des nouvelles du monde à travers quelques découpures de presse. D’abord, j’espère que vous allez bien. Ne dites pas non, j’ai lu dans la presse que l’ambiance était plutôt smooth, en ce moment.

Dites-vous que, si vous galérez, vous ne galérez pas vraiment. Vos difficultés ne sont pas le fruit d’une crise, juste d’une « menace de récession ». C’est cool, non ? Et, surtout, vos galères ne sont pas la preuve que Sosotteur Ier de la Pensée complexe a tout foiré pour financer ses petits copains et les lobbys qui vont avec. Pas du tout. Ne faisons pas le jeu de l’extrême-droite ou de Mélenchon ou de la Russie (les trois sont interchangeables). Si ça va mal, ce n’est pas vous qui souffrez, c’est le gouvernement – sans doute une déstabilisation hybride liée à la Russie. Le Monde l’écrit, c’est pas rien, je pense : tout risque de compliquer la rentrée (les vacances, non, c’était tranquille) des privilégiés qui nous dirigent.

Plutôt que de chougner sur votre sort, mieux vaut saluer le beau combat du Figaro pour défendre ceux qui ont le plus besoin d’être défendus : les riches et les hypersubventionnés.

Pourtant, pour faire du fric, on en a, de bonnes idées, en France…

Sans déconner, un lance-pierres, fût-il produit par le parc préféré du mari de la vieille femme dont la fille sort elle aussi avec un jeunot, ô fatalité familiale, c’est dangereux ? Première nouvelle ! Heureusement, même pour se promener, on a de bonnes idées.

Le problème, c’est que, avec ou sans accent, on ne les a pas forcément au bon moment.

Au Japon, aussi, ils ont de bonnes idées : ils pratiquent très bien l’alpinisme et l’excuse. Moi, je suis nul dans les deux sports. Remarquez, c’est peut-être mieux ainsi, même si je n’ai pas d’enfant de sept ans.

Non, je crois que je vais rester Français, même si le populisme des mecs soupçonnés de détournement de fonds publics et de divulgation de données à caractère personnel peut chiffer. Enfin, j’imagine que, à l’ouverture de la chasse, il promettra une prime aux débiles qui tirent sur des animaux pour leur plaisir. Après tout, en France, on n’a pas d’argent mais pas de vergogne non plus, ça compense.

Des explications, on a, mais non, pas de vergogne, ça, incontestablement.

Limite on ne sait pas pourquoi on a inventé ce mot, quand on voit une cochonnerie serrer la main au dictateur barbare avec un torchon sur le crâne.

En revanche, on a de l’humour. Beaucoup. Trop, peut-être. Si, traiter un type de pédé et de rat (même si, dans l’absolu, un rat sera toujours plus respectable qu’un chroniqueur de France Inter), c’est incontestablement trop d’humour.

C’est d’autant plus dommage qu’il y a des domaines où l’on est super bons. La brosse à reluire, par exemple. Et l’art de subvertir le sens des mots comme celui de « diversité ». Pas forcément par méchanceté, hein. L’inculture joue son rôle aussi. Même si elle n’empêche pas d’être mal intentionné en prime.

Après, ce qu’il y a de beau, chez l’humain, c’est qu’il sait perpétuellement s’inventer de nouvelles occupations. Nous rouvrirons donc notre traditionnel catalogue de grandes questions par l’une de ces néo-occupations.

Ça ou autre chose, y a toujours un truc débile à faire, tant qu’on est vivant. C’est chouette ! Las, ne sera-ce pas en faisant n’importe quoi qu’on devient n’importe qui ?

Bien sûr, certaines occupations sont moins chouettes que d’autres, mais faut bien vivre, fût-ce en permettant de tuer toujours plus de gueux. Du moment que c’est pour de l’argent, ne chipotons pas, ça passe.

Après, ne soyons pas chauvins : l’encéphalogramme plat voire creux n’est pas une exclusivité hexagonale.

Toutes les polices du monde entier sont là non pas pour nous protéger mais pour rappeler l’universalité de cette creusalité encéphalogrammique.

Heureusement, moi, j’ai des idées. Par exemple, si tu veux plus du français…

… pourquoi n’en profiterait-on pour économiser 136 millions d’euros ? Un échange de bons procédés, c’est astucieux, n’est-il pas ?

Bon, d’accord, je sens que je suis allé trop loin. Changeons de sujet, si vous le voulez, et parlons sport. Par exemple, savez-vous ce que se dit le meilleur cycliste du monde, et de loin, quand il se fait doubler dans un col monstrueusement difficile ? On l’écoute.

Allez, toujours si vous le souhaitez, nous pouvons continuer de fouiller les sujets essentiels. Ainsi, certains garçons se demandent qui a la plus grosse. Certaines filles aussi. Toutefois, ils ne parlent pas de la même chose. L’une des choses est obscène, l’autre indécente. Je crois que je préfère largement l’une.

Attendez, attendez, on peut faire plus pétaradant, comme synthétiser, dans un grand précipité, des éléments évoqués supra. Par exemple, on peut mix’n’matcher
- brosse à reluire,
- journalisme d’investigation et
- grandes questions sociétales.

Que ces problématiques vertigineuses ne nous éloignent pas de la substantifique moelle de la vie – laquelle reste, toujours, l’argent et la nécessité d’en gagner. Si nous en manquons voire que nous devons aller taffer pour en gagner, ça arrive, c’est tout de suite un problème. Si les vedettes en manquent et se rendent compte qu’elles aussi doivent se sortir les doigts, c’est quelque chose entre une info et un drame abyssal. Nuance.

Partant, bien entendu, il faut jober, voire jobi-jober, mais peut-être pas au point de vouloir endosser l’uniforme, n’exagérons pas. Ni de réaliser des documentaires de propagande financés par la police. Même si le niveau intellectuel du film est à la hauteur de son sujet, jolie coïncidence !

Si vous tenez absolument à vous engager, ne déconnez pas : privilégiez
- le féminisme,
- le cuirisme et
- l’absence de courage politique.
C’est plus sûr. Tout le monde vous trouvera méga braves voire pimpants, ne serait-ce que pour ne pas être accusé de crime par la pensée. Bravo, j’en frémis d’avance pour vous.

Moi, pour vivre, j’essaye de vendre des livres que j’ai aidé à écrire. Voici donc une séquence promotion pour le livre de Jérôme Pensu sur le trafic animal, disponible chez votre libraire ou ici, et toujours d’une violente actualité.

Après la réclame à laquelle, je suis sûr, vous n’aurez pas manqué d’être sensible, et je vous en remercie, reprenons le cours de notre émission. Avec sérieux, d’abord, en rappelant que « s’immoler », c’est se donner la mort en se sacrifiant pour une cause. (Ne faites pas les étonnés, j’avais dit : « Sérieux », je tiens parole.) Avec prudence, ensuite : on ne s’immole pas pour s’amuser. D’une façon générale, je ne vois pas l’intérêt de s’immoler, mieux vaut manger une bonne mimolette si l’on veut quelque chose d’approchant. Mais s’immoler pour s’amuser, c’est pas un oxymoron, c’est ce que les spécialistes appellent – et ça, pour le coup, c’est une hénaurme litote, oxymoron patenté s’il en est – une connerie.

À présent, petit flash info d’actualité avant notre dernière séquence…

… et, maintenant, place à une rubrique qui nous est chère mais ne coûte rien : l’hommage aux sportifrançais. On le sait, « sportifrançais » ne désigne pas juste un Français qui pratique un sport ; c’est un concept en soi qui rappelle un personnage toujours sur le point de conclure mais – non, y a rien après « mais ». Plus précisément, c’est un sujet qui permet aux médias
- de vendre la prochaine victoire d’un compatriote, en un mot ou deux, puis
- d’annoncer sa défaite souvent lamentable sinon grotesque, et enfin
- d’interviouver le gusse pour qu’il explique « ce qui s’est passé » (« en vrai, les autres étaient meilleurs » ou « je me suis viandé » ne sont pas autorisés dans ce genre d’entretien).
Trois en un, hyper économique ! Dans cette perspective, pour terminer les découpures de presse du jour, rendons hommage à deux sportifrançais, à commencer par un cycliste « au niveau des meilleurs du monde » (c’est lui qui le dit) donc « plein d’ambition », c’est louable et logique.

Mais la réalité est cruelle, parfois…

Précisons que perdre une course, être blessé, cela n’a rien de grotesque ou de honteux, c’est plutôt ça qui donne du charme au sport en créant un suspense, même si, comme le soulignait avec pertinence le journaliste sportif Michel Berger, « ça fait mal, ça fait mal ». Ce qui est un peu rigolo et très gênant aussi, c’est la fanfaronnade des sportifrançais donc des commentateurs comparée aux résultats qui suivent. Exemple avec un joueur de tennis – et après, c’est fini pour cet épisode, promis.

Là, c’est sûr, c’est bétonné, Arthur va tout déchirer et gagner un tournoi du grand chelem. Hélas, hélas, trois fois hélas (j’ai recompté), c’est un sportifrançais. De sorte que, oui, il est des nôtres, mais ce n’est pas sans conséquence.

Décidément, la réalité est cruelle, mais elle est. Puisse-t-elle nous faire sourire parfois. À suivre !