Fruits de la vigne – Los frailes 2024

Photo : Bertrand Ferrier

Voilà long de temps que nous n’avions chroniqué quelque boutanche, et voici qu’une main bien aimable nous offre de découvrir un vin espagnol, en l’espèce un monocépage honorant le mourvèdre (« monastell » en castillan, ce qui a pu inspirer le joli marketing de l’étiquette, appuyé par le fait que « la vinification est effectuée dans les anciens pressoirs des moines » : en œnologie, le storytelling est désormais essentiel). Jadis producteurs de vin en vrac, les vignerons responsables du breuvage tentent une montée en gamme qui s’affiche à Paris autour de dix euros – hors frais de cochon, on peut le trouver sur Internet à moins de neuf euros la quille.
La tisane post-monacale assume une treizaine de degrés, et sa robe ne joue pas les mijaurées, ce qui nous permet d’employer un terme qui se fait rare, hélas. Dans le chaud de l’été, elle assume

  • une teinte légèrement griotte,
  • un velours clair et
  • une texture aérée.

Son nez n’est (haha) pas simple à caractériser. On y décèle

  • une prédominance de sucre,
  • une pincée de notes boisées, type bois de senteur, et
  • une pointe oscillant entre épices (cannelle ?) et fruits confits.

Sa bouche est ambiguë. Selon l’estime dans laquelle on la tient, on la pourra bombarder comme

  • concentrée ou unidimensionnelle,
  • agréablement directe ou manquant de profondeur,
  • équilibrée ou peu ébaubissante en dépit d’une pointe d’amertume bienvenue.

En réalité, il s’agit d’un vin très doux et fort agréable pour peu que l’on ne le confronte pas à des mets trop toniques qui risqueraient d’étouffer ses qualités au lieu de les étoffer, et hop. En bref, profitons de sa simplicité sans chichi dans un monde où, souvent, « on a le cœur trop vieux pour penser un enfant » (Rainer Maria Rilke, Vergersin : Mon beau navire, ô ma mémoire. Un siècle de poésie française (Gallimard, 1911-2011), Gallimard, « Poésie », 2011, p. 161).

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